Visiter le 16e arrondissement de Paris

Visiter le 16e arrondissement de Paris

En prenant le RER C en direction du Paris, j’ai à plusieurs reprises aperçu ces grands bâtiments de l’autre côté de la Seine. Un florilège d’architecture semblait s’y trouver. Mais j’en étais alors à la visite du cinquième arrondissement. Autant dire que j’avais encore le temps avant de découvrir le seizième ! Mais après la visite du sud de Paris, et une pause hivernale après le quinzième arrondissement, il est temps de reprendre les visites de Paris avec le seizième arrondissement. Mais ce ne sera pas une tâche aisée. En effet, le printemps 2023 et le début de l’été ne se caractérisent pas par leur météo ensoleillée. Il me faudra ainsi plusieurs essais pour réaliser des photos sous le soleil.

Visiter le seizième arrondissement, ça occupe, puisque c’est le deuxième plus grand arrondissement (sans compter les bois de Vincennes et de Boulogne), et qu’il comporte plusieurs monuments, musées, ainsi que de nombreux beaux immeubles de la fin du XIXe siècle et début XXe. Le seizième arrondissement a en effet bien profité des aménagements depuis les travaux du baron Haussmann. Mais trêve de bavardage, et découvrons sans plus tarder ce que le seizième arrondissement nous réserve.

L’article, très long, se divise en quartiers et se termine par le bois de Boulogne. S’il est écrit en suivant un unique itinéraire, rien ne vous empêche de faire un quartier par jour. De toute façon, vous ne pourrez pas tout faire en une seule journée.

Un peu d’histoire

Au VIIe siècle, le territoire de l’actuel 16e arrondissement est couvert de forêts, parmi lesquelles se trouve un village, Nimio. Petit à petit, ses habitants fondent le village de Chaillot, tandis que d’autres s’éloignent pour donner naissance au village d’Auteuil. La paroisse d’Auteuil s’agrandissant, on la coupe en deux, une partie devenant la paroisse de Passy. Pendant plusieurs siècles, l’endroit demeure un coin de campagne, entre vignes et forêts.

Chaillot accueille en 1627 la manufacture de la Savonnerie, Passy plusieurs grands domaines, tels que le château de Boulainvilliers. Passy reste en dehors de Paris lors de l’agrandissement du mur des fermiers généraux entre 1785 et 1789. Enfin, Auteuil est un village paisible où vivent des artistes tels que Molière et Boileau.

En 1860, les trois villages sont intégrés à la ville de Paris. On détruit le mur des fermiers généraux et on élargit plusieurs avenues. Passy et surtout Auteuil vont subir de grandes transformations au cours du XIXe siècle et vont être grandement aménagés avec différents styles architecturaux.

Le quartier de Chaillot

Un peu d’histoire du quartier de Chaillot

Au XIIe siècle, le village de Chaillot se trouve au milieu des vignes et produit un vin réputé. Lors de la guerre de Cent Ans, Chaillot accueille les sœurs de l’abbaye royale de Longchamp. Au XVe siècle, Chaillot est un lieu où s’implantent de nombreux couvents. C’est aussi un lieu de villégiature pour la haute aristocratie. En 1787, le mur des Fermiers généraux coupe le faubourg en deux. Au siècle suivant, c’est un quartier résidentiel avec plusieurs usines, telles une fonderie où les frères Pereire faisaient construire les machines à vapeur de leurs trains, ou une usine de fabrication de matériel de distillation. Sous le Second Empire, le baron Haussmann entreprend des travaux d’arasement et aménage le quartier. Rapidement, les bâtiments haussmanniens remplacent le village de Chaillot. Lors des Expositions universelles, Chaillot permet d’observer les installations du Champ-de-Mars, avant d’accueillir des édifices lors de l’Exposition universelle de 1878.

Le Trocadéro

La place du Trocadéro

Plusieurs projets d’aménagements ont été imaginés pour la partie haute du couvent des Visitandines de Chaillot. Un obélisque, un palais, reste à en décider la fonction, ou un arc de Triomphe ? Finalement, on inaugure en 1951 une statue du maréchal Foch et sur le mur séparant la place du cimetière de Passy, le sculpteur Paul Landowski réalise un Monument à la gloire de l’armée française.

Le parvis du Trocadéro

Nous commençons notre visite avec l’un des lieux les plus connus de Paris, et gardons les découvertes pour la suite. Pour trouver le parvis du Trocadéro depuis la place du même nom, rien de plus simple, il suffit de suivre la foule ! Aussi appelée Parvis des droits de l’Homme, l’esplanade du Trocadéro offre certainement le point de vue le plus célèbre sur la tour Eiffel.

Le Palais de Chaillot

Il est temps de parler du Palais de Chaillot, soit les bâtiments qui nous entourent.

En 1583, Catherine de Médicis acquiert ces terrains pour se faire construire une maison de plaisance. Les lieux changent plusieurs fois de main et en 1811, Napoléon 1er décide de faire construire le palais du roi de Rome, rien de moins qu’un immense édifice pour la résidence de son fils qui doit naître un mois plus tard. Le projet ne voit jamais le jour, tout comme le suivant, la villa Trocadéro, un quartier du nom du fort espagnol défendant le port de Cadix, pris par l’armée française en 1823. Alors on projette d’y placer le tombeau de Napoléon 1er, mais il ira finalement dans l’église des Invalides, un monument à la Liberté, une fontaine monumentale, une statue de la France intelligente éclairant le monde… Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne manque pas d’idées !

A l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, Gabriel Davioud et Jules Bourdais construisent le palais du Trocadéro, un édifice mélangeant des inspirations mauresques et néo-byzantines. Puis vient l’Exposition universelle de 1937. Le Palais de Chaillot remplace le palais du Trocadéro, mais réutilise ses structures. Pas moins de trois architectes coopèrent pour réaliser ce nouveau projet : Louis-Hippolyte Boileau, Léon Azéma et Jacques Carlu.

Le style Art déco caractérise ce palais monumental. La grande rotonde du palais du Trocadéro laisse place à un vide faisant contrepoint à la tour Eiffel et permettant d’aménager une esplanade offrant une vue dans l’axe de la tour Eiffel à l’école militaire. Les ailes sont agrandies et deux pavillons sont édifiés autour de l’espace central. Elles présentent une forte symétrie autour de l’esplanade centrale. En contrebas, entre le palais et la Seine, le jardin du Trocadéro s’organise autour d’un bassin avec fontaines. Au milieu des arbres se trouvent une grande hétérogénéité de sculptures, une exposition de l’art sculptural français des années 1930.

Plusieurs musées se trouvent à l’intérieur. Deux dans l’aile nord, présentés en premier ici, et deux dans l’aile sud.

Vue sur la célèbre vue sur la tour Eiffel.
La Cité de l’architecture et du patrimoine

La Cité de l’architecture et du patrimoine accueille l’Institut français d’architecture, l’école de Chaillot, formant les architectes du patrimoine, ainsi que le musée des Monuments français. On y trouve des reproductions des monuments français, de nombreux murs sculptés d’églises ou d’hôtels particuliers depuis le Moyen-Âge, sans oublier l’architecture moderne. J’ai en réalité visité le musée bien avant le seizième arrondissement, profitant d’une exposition temporaire sur l’Art déco en France et aux Etats-Unis.

Le théâtre de Chaillot

Le théâtre national de Chaillot se cache sous l’esplanade du Trocadéro. En 1920, Firmin Gémier crée ici le Théâtre national populaire. C’est à l’intérieur du théâtre de Chaillot que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est signée le 10 décembre 1948.

Le musée national de la Marine

Qui s’intéresse à la marine française doit visiter le musée national de la Marine (à ne pas confondre avec l’hôtel de la Marine !). Quand j’ai visité le 16e arrondissement, le musée était fermé. Mais s’il y a un avantage au fait que je publie très en retard par rapport à la visite, c’est bien celui que le musée a eu le temps de rouvrir.

L’histoire du musée national de la Marine commence en 1752, lorsque Henri Louis Duhamel du Monceau offre une collection de modèles de navires au roi Louis XV. Celui-ci l’installe dans le palais du Louvre. Depuis 1943, le public peut visiter le musée dans le palais de Chaillot. Il a fait peau neuve après une fermeture pour rénovation du 31 mars 2017 au 17 novembre 2023.

Au programme de ce musée flambant neuf : un plongeon dans l’histoire de la marine française, avec la construction navale, grâce à la présentation de modèles par exemple, les outils pour se repérer en mer, les naufrages, les décorations de pouvoir (par les figures de proue notamment), et la présentation de l’évolution de la marine française depuis le XVIIe siècle. Plusieurs tableaux viennent compléter les divers outils, maquettes et vidéos. Les plus beaux sont certainement ceux sur le thème des naufrages et l’ensemble de tableaux commandés à Joseph Vernet par le roi Louis XV au milieu du XVIIIe siècle. Le seul petit reproche que je ferais au musée est de commencer au XVIIe siècle. La Marine royale étant créée en 1624, c’est logique, mais des éléments de contexte et de présentation de la flotte française avant cette date auraient été intéressants.

La visite principale avec audioguide dure une heure et demie. Cependant, j’y ai passé 3h45. En effet, je prends beaucoup de photos et il y avait du monde ! Mais même sans ça, j’y serais sûrement resté plus longtemps. La visite audioguidée se fait avec son téléphone, pensez à prendre vos écouteurs. Il est néanmoins possible de lire les textes équivalents. Cependant, je trouve assez regrettable cette nouvelle manie qu’ont les musées à mettre les audioguides par téléphone. Les personnes sans smartphone n’y ont ainsi pas accès. N’ayant pas mes écouteurs, je me suis permis d’écouter sans… Peut-être que cette nouvelle mode permet de s’affranchir du coût de l’audioguide pour le visiteur ? Au moins pour le musée, en tout cas.

Le musée de l’Homme

Le musée de l’Homme a une histoire qui remonte à 1882. C’est alors le musée d’ethnographie, dont le but était de conserver ce qui était en train de disparaître à cause de la colonisation ou de l’évolution de la société. Mais le musée n’avait pas suffisamment de moyens et les objets s’entassaient, de plus en plus dans le désordre. Le musée de l’Homme à proprement parler ouvre en 1937 et récupère les salles d’anthropologie du Muséum d’Histoire naturelle.

Le musée de l’Homme a pour principal sujet… Nous ! Si vous avez des questions existentielles à propos d’où vous venez, comment notre espèce a évolué, vous êtes au bon endroit. Le musée de l’Homme présente aussi des œuvres d’art préhistoriques, ainsi que les dernières découvertes scientifiques sur l’espèce humaine. Il s’organise en trois parties, visant à répondre aux questions “Qui sommes-nous ?”, “D’où venons-nous ?” et “Où allons-nous ?”. Comptez bien l’après-midi pour tout visiter.

Là aussi, l’audioguide est sur téléphone. J’avais 15% de batterie en entrant, autant dire que c’était mal parti… Heureusement, des audioguides étaient tout de même disponibles. Bien que la personne m’ait indiqué qu’ils ne fonctionnaient pas très bien, je n’ai rencontré aucun problème lors de ma visite.

L’Aquarium de Paris

L’Aquarium de Paris occupe dès l’Exposition universelle de 1878 une ancienne carrière. Les visiteurs peuvent observer cinq-cents espèces de poissons.

Arrivé devant la Seine, nous tournons à gauche, avenue Albert de Mun puis à droite, avenue d’Iéna.

Autour de la place d’Iéna

Quelques bâtiments d’intérêt

Au numéro 10, avenue d’Iéna, l’hôtel Shangri-La a pris place dans l’hôtel particulier construit de 1892 à 1895 dans un style éclectique pour le prince Roland Bonaparte, petit-neveu de Napoléon 1er. Sur la place d’Iéna, au numéro 1 de la rue de Longchamp, l’immeuble dispose d’une grande serre d’hiver au premier étage. Etonnant !

Le Palais d’Iéna

Le Palais d’Iéna est l’un des édifices permanents issu de l’Exposition universelle de 1937. Construit par Auguste Perret, qui avait échoué à obtenir la construction du palais de Chaillot, le palais d’Iéna comporte un majestueux escalier. En prenant rendez-vous, il est possible de visiter l’intérieur.

Dehors, plusieurs mosaïques ornent la façade. Réalisée par Guardigli en 1992 d’après les dessins de Martial Raysse, elles présentent plusieurs symboles francs-maçonniques. Ces symboles constituent la raison pour laquelle elles n’ont pas été réalisées après la construction du bâtiment, durant la Seconde Guerre mondiale.

Devant l’édifice, Martial Raysse a réalisé une statue nommée Sol et Colombe ou La naissance de la pensée. Elle représente l’image d’un jeune couple qui anime l’esprit du pays et en assure la pérennité et la gloire. En réalité, les deux colonnes encadrant les deux personnages symbolisent celles de l’ancien temple de Salomon à Jérusalem, la femme représente Isis et l’homme Horus. Je n’avais pas du tout compris, je pensais plutôt à une statue bouddhiste (pour celle assise). Peut-être parce que le musée national des arts asiatiques se trouve en face… La statue de l’homme regarde celle de Washington, franc-maçon de haut grade.

bâtiment avec grande rotonde et mosaïques avec des symboles franc-maçonniques
De curieuses mosaïques et une curieuse statue !

Le musée national des arts asiatiques

En 1879, le collectionneur Emile Guimet fait construire ce qui deviendra le musée national des arts asiatiques à Lyon. Puis, en 1889, l’État construit le bâtiment du musée à Paris, où Guimet transférera sa collection, car il y aura plus de visiteurs dans la capitale. Plusieurs expéditions scientifiques dans la première moitié du XXe siècle permettent d’établir une large collection d’objets provenant d’Asie centrale, de Chine, du Japon, et de toute l’Asie du sud-est.

bâtiment avec grande rotonde d'angle
Un musée où je vais souvent. Mais Georges Washington se trompe de chemin !

Engageons-nous dans l’avenue du Président Wilson, en direction de l’est.

D’autres musées du quartier de Chaillot

Le Palais de Tokyo

immeuble art déco avec grands bas-reliefs
La version des années 1930 du classicisme !

Le palais de Tokyo est le troisième et dernier édifice permanent résultat de l’Exposition universelle de 1937. Également de style Art déco, ce sont les architectes André Aubert et Marcel Dastugue qui l’ont construit.

Parmi les nombreux projets d’aménagement de la place du Trocadéro, Auguste Perret imaginait une plaine des musées. Avec quatre musées dans le palais de Chaillot, on peut déjà dire qu’une partie de ce projet a vu le jour. En 1934, l’Etat et la ville de Paris veulent tous deux construire un musée d’art moderne. Ainsi, le palais de Tokyo, construit sur une partie des terrains de la manufacture de la Savonnerie, accueille deux musées.

Le palais de Tokyo est un site de création d’œuvres contemporaines où le visiteur peut comprendre la démarche artistique des auteurs grâce à des médiateurs culturels, afin de créer du lien entre les œuvres et les spectateurs.

Le musée d’Art moderne de Paris

Le musée d’Art moderne de Paris présente l’art du XXe siècle à nos jours à travers onze mille œuvres. La fée électricité de Raoul Dufy mérite une salle à elle toute seule. Il faut dire qu’avec ses 600 m², elle ne laisse pas beaucoup de place à la concurrence ! Durant la visite, on retrouve des noms déjà rencontrés dans le quartier de Montparnasse, ainsi que plus récemment, celui de Martial Raysse par exemple. Des expositions temporaires sont aussi organisées dans ce musée.

Le musée Yves Saint-Laurent

Le musée Yves Saint-Laurent, qui ouvre le 3 octobre 2017, s’est installé dans un hôtel de style Napoléon III. Il permet de découvrir de nombreux modèles de couture, des prototypes de mannequins… A noter que les pièces ne sont pas très grandes et qu’il y a beaucoup de monde.

Nous continuons sur l’avenue Marceau et tournons à gauche, rue Georges Bizet. Nous passons devant la cathédrale grecque Saint-Étienne de Paris, construite par l’architecte Emile Vaudremer en 1890. Le commanditaire eut la bonne surprise de voir le projet coûter presque deux fois moins cher que l’investissement prévu initialement !

Nous tournons ensuite à gauche, avenue Pierre 1er de Serbie. Avant de parler du Palais Galliera, allons voir l’immeuble au numéro 4 de la rue Galliera, bel immeuble haussmannien qui servit de résidence à plusieurs membres de la noblesse. Cela explique sûrement la belle et majestueuse porte d’entrée.

Le Palais Galliera

L’entrée du Palais Galliera se trouve à l’intersection entre la rue de Galliera et l’avenue Pierre 1er de Serbie. Le square du côté de l’avenue du Président Wilson, en face du palais de Tokyo, permettait d’admirer ce beau bâtiment. L’architecte Léon Ginain construit entre 1878 et 1894 cet édifice pour le compte de la duchesse de Galliera, qui souhaite s’en servir pour des œuvres caritatives. Elle prévoit de léguer ensuite ce musée à la ville de Paris.

Mais en 1886, la Chambre des députés adopte une loi obligeant les chefs de familles ayant régné en France à quitter le pays, avec leurs héritiers directs. Cette loi n’est pas du goût de la duchesse de Galliera qui, si elle ne peut revenir sur sa décision de léguer le musée à la ville de Paris, quittera la France pour l’Italie avec l’intégralité de sa collection ! Après tout, celle-ci n’était pas comprise dans le leg. En 1977, le palais Galliera devient le musée de la Mode de la ville de Paris, mode actuelle comme celle du XVIIIe siècle et des suivants.

Autour de la place des Etats-Unis

L’hôtel d’Heidelbach

L’avenue Pierre 1er de Serbie nous ramène sur la place d’Iéna, depuis laquelle nous pouvons aller en direction du nord-est, avenue d’Iéna. L’architecte René Sergent construit cet hôtel néoclassique pour un couple de banquiers américains. L’hôtel d’Heidelbach est désormais une annexe du musée Guimet et accueille une exposition sur le thé et les meubles chinois. A l’arrière du bâtiment se cache un magnifique jardin japonais et un pavillon de thé. Impossible de le deviner depuis la rue !

Quelques immeubles intéressants

Quelques mètres plus loin, nous apercevons la place des Etats-Unis, à gauche. Mais avant de nous y intéresser, tournons à gauche, rue de Lübeck. Cette rue présente un bel enchaînement d’immeubles. Sur la façade de celui au numéro 16, deux lions soutiennent un balcon. L’angle avec la rue de l’Amiral Hamelin présente un médaillon sculpté, des guirlandes et des pilastres corinthiens. Il en est de même pour le bâtiment au numéro 18, qui semble un peu plus récent et se rapproche de l’Art nouveau.

Faisons demi-tour et tournons à gauche, rue de l’Amiral d’Estaing. Des coquillages soutiennent le balcon de l’immeuble au numéro 7, tandis que des mascarons surmontent ses fenêtres. De nombreuses guirlandes et décorations florales ornent la façade de l’immeuble au numéro 23, construit en 1910.

Nous arrivons à la place des Etats-Unis, au milieu de laquelle se trouve le square Thomas Jefferson.

La place des Etats-Unis

A gauche, les statues de La Fayette et de Washington sont l’œuvre de Bartholdi, également auteur de la fameuse statue de la Liberté. Du côté de l’avenue d’Iéna se trouve un monument en hommage aux volontaires américains morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale, réalisé par Boucher.

Au numéro 11, le musée Baccarat occupe l’hôtel de Noailles, construit en 1880 par Paul-Ernest Sanson pour Ferdinand Raphaël Bischoffsheim, un banquier et homme politique belge. L’hôtel porte le nom de Marie-Laure de Noailles, descendante de Ferdinand. Le musée présente une collection de pièces issues de la cristallerie Baccarat, située en Lorraine. On profitera également, pendant la visite, des somptueux décors intérieurs.

L’immeuble au numéro 12, qui fait l’angle avec la rue Galilée, dispose d’une serre d’hiver, quoique moins impressionnante que celle de l’immeuble de tout à l’heure, situé sur la place d’Iéna. Elle est surmontée par une fenêtre encadrée de deux pilastres corinthiens soutenant un fronton triangulaire richement sculpté.

Vers l’Arc de Triomphe

Engageons-nous dans la rue Dumont d’Urville, puis à droite dans la rue Auguste Vacquerie. Nous retrouvons l’avenue d’Iéna, qui par la gauche nous emmène vers l’Arc de Triomphe. Cinq pilastres corinthiens ornent la façade de l’immeuble au numéro 57.

Nous tournons à gauche, rue de Presbourg. L’immeuble au numéro 9 est l’ancien hôtel Mercedes. Construit en 1902 par Georges-Paul Chedanne, il présente plusieurs hauts-reliefs. Ceux-ci, consacrés à l’automobile, donnent alors des allures modernes à cet hôtel. C’est ainsi qu’on voit un homme réparer sa voiture, une femme rouler cheveux au vent, tandis que plusieurs conducteurs déterminés scrutent les passants.

La façade de l'ancien hôtel Mercedes arbore des hauts reliefs sur le thème de l'automobile

L’avenue Foch

L’avenue Foch se trouve à cheval entre le quartier de Chaillot et le quartier Porte-Dauphine. Je présenterai la plupart des numéros de rue dans cette partie.

L’avenue Foch est ouverte en 1854 et se voit attribuer le nom d’avenue de l’Impératrice. Alors que la Troisième République débute, on la renomme tout simplement “avenue du Bois-de-Boulogne”, puisqu’elle y mène ! A la fin du XIXe siècle, plusieurs personnalités de la haute société abandonnent le centre de Paris et se font construire des hôtels particuliers le long de cette avenue de 120 mètres de large (jardins compris). Ce grand déménagement se poursuit au XXe siècle, avec des mondains ou des chefs d’état étrangers. L’avenue Foch devient ainsi l’une des plus huppées de Paris. Il faut dire que ce n’est pas partout dans Paris que l’on bénéficie de jardins juste devant chez soi !

L’avenue étant très large, fréquentée, il n’est pas évident de la traverser à n’importe quel moment. Et depuis l’un des côtés, difficile de voir les bâtiments de l’autre côté. J’ai donc alterné et ai peut-être raté d’intéressants bâtiments.

Maurice Ephrussi et Béatrice de Rothschild sont parmi les premiers à s’installer dans la nouvelle avenue. Ils se font construire un hôtel au numéro 19. Au numéro 25, les balcons des troisième et cinquième étages sont soutenus par des pilastres. Ceux soutenant le balcon du troisième étage sortent du mur et forment des colonnes. Celui au numéro 28 est d’un style bien différent : Art déco. Belle façade ornée de pilastres au numéro 34, devant laquelle deux petits sphinx se font face. L’immeuble au numéro 42 est quant à lui de style Haussmannien, avec un grand médaillon au niveau du troisième étage.

Le bel hôtel particulier néo-Renaissance situé aux numéros 66 et 68 se trouve juste avant la villa Saïd, qui commence au numéro 70. Une grille l’isole de l’immense avenue Foch, et empêche malheureusement de la parcourir. Au numéro 27 se trouve un immeuble construit par Auguste Perret en 1927 et 1928. Au numéro 55, l’immeuble est de style Art nouveau et une grande guirlande s’étend sur toute la longueur du balcon du quatrième étage.

Le quartier Porte-Dauphine

Un peu d’histoire du quartier Porte-Dauphine

Jusqu’au XIXe siècle, l’actuel quartier Porte-Dauphine est une terre de cultures et de vignes. Le lotissement des lieux débute en 1825, mais se fait notamment entre 1872 et 1911, avec des hôtels particuliers luxueux. Le quartier Porte-Dauphine bénéficie dès 1854 de la ligne de chemin de fer d’Auteuil, la première construite en France. La période d’aménagement du quartier explique la forte représentation des styles haussmanniens et post-haussmanniens, tandis que l’Art nouveau et l’Art déco ont peu percé dans ce quartier.

L’avenue Foch dans le quartier Porte-Dauphine

Le musée d’Ennery

Le musée d’Ennery est une annexe du musée Guimet présentant une collection d’objets provenant d’Asie de l’Est et issus de la période du XVIIe au XIXe siècle. Ils constituaient la collection de Clémence d’Ennery, une riche collectionneuse du XIXe siècle, qui a rassemblé une collection de 7000 objets de Chine et du Japon. On inaugure le musée en 1908, qui présente depuis la disposition dans laquelle ses propriétaire le conservait avant son leg à l’Etat. Un vrai cabinet de curiosités !

La station de métro Porte-Dauphine

Il va être question ici plus précisément de l’édicule d’entrée réalisé par Guimard pour l’entrée nord de la station et inauguré le 13 décembre 1900. Des panneaux de lave émaillée soutiennent une verrière à double pente inversée. Hector Guimard réalisa 167 entrées de métro, parmi lesquelles la plupart des édicules ne furent pas préservés. Leur destruction commença dès l’entre-deux guerres, alors que la mode était celle de l’Art déco, et que le mobilier urbain était vu comme devant correspondre à la mode de son temps.. Il reste 87 entrées de métro dont Guimard est l’auteur, par exemple j’avais signalé l’entrée de la station Cadet, lors de notre visite du neuvième arrondissement.

édicule guimard couvert surnommé édicule libellule
Cette magnifique entrée de métro se trouve malheureusement loin des lieux de passage !

Nous tournons à gauche, rue de la Faisanderie.

Autour du boulevard Lannes

Le musée de la Contrefaçon

Ce musée a pris place dans une copie conforme d’un hôtel particulier du XVIIe siècle. Un hôtel contrefait pour le musée de la Contrefaçon ? L’Union des fabricants fonde ce musée en 1951 afin de sensibiliser le public à l’ampleur de ce phénomène. On y découvre également les mesures qui sont prises pour lutter contre la contrefaçon et pour garantir la propriété intellectuelle.

Des immeubles le long du boulevard Lannes

A côté du musée de la contrefaçon, deux immeubles Art déco mitoyens (datant de 1929 pour l’un et 1939 pour l’autre) se trouvent aux numéros 22 et 26 de la rue de la Faisanderie. Un autre immeuble de style Art déco se trouve un peu plus loin, au numéro 10 de la rue Bénouville. Continuons et tournons à droite, rue de Longchamp. Nous arrivons au boulevard Lannes, où se trouvent plusieurs immeubles d’intérêt.

Au numéro 11, un immeuble Art nouveau avec une belle loggia à l’avant-dernier étage. Immeuble du même style au numéro 21, dont les fenêtres du troisième étage sont surmontées de visages entourés de motifs végétaux.

façade ornée de plusieurs visages
Les visages des premiers occupants des appartements ?

Au numéro 23, une maison, coincée entre deux immeubles, semble sortie tout droit de la campagne. Revenons sur nos pas. L’avenue de Pologne nous mène à l’avenue du Maréchal Fayolle. Au numéro 45 se trouve un ancien bunker datant de la Seconde Guerre mondiale. Retournons ensuite boulevard Lannes. Au numéro 43, un grand immeuble Art nouveau avec des balcons ondulants. Un visage se trouve au-dessus de la porte. Au numéro 55, l’architecte Lucien Hesse réalise en 1918 un immeuble en briques Art nouveau. Edith Piaf vécut ses dix dernières années au numéro 67. Au numéro 69, l’immeuble de style Art déco présente des motifs sculptés ainsi que des balcons typiques de ce style.

La place de Colombie

Du côté où nous nous trouvons, un monument à Pilâtre de Rozier, qui réalisa le premier vol en montgolfière le 21 novembre 1783, se tient au centre de la place. Il y a également en périphérie de la place un monument dédié à Pierre 1er de Serbie, qui a aussi une rue à son nom dans les huitième et seizième arrondissements, et à Alexandre 1er de Yougoslavie. Symbolisant l’amitié entre la France et la Yougoslavie, il est érigé peu après le meurtre d’Alexandre 1er de Yougoslovie par un terroriste croate alors qu’il débarque à Marseille pour une visite officielle en France.

Passage dans l’avenue Henri Martin

Quelques immeubles intéressants

A droite, nous avons une vue sur le boulevard Jules Sandeau, qui présente une belle succession d’immeubles. Avec le boulevard Emile-Augier, il encadre l’ancien chemin de fer d’Auteuil.

A gauche se termine l’avenue Victor Hugo. Nous aurons l’occasion d’y marcher plus longuement un peu plus tard au cours de la visite. Une statue réalisée par Rodin, Victor Hugo et les Muses, se trouve à l’angle entre cette avenue et l’avenue Henri Martin. Je signalerais dès maintenant l’immeuble au numéro 198, de style post-haussmannien avec de nombreuses guirlandes, et l’immeuble au numéro 199, de style Art nouveau, sur lequel on peut voir des fleurs encadrant les fenêtres, ainsi que d’autres fenêtres surmontées de frontons sur lesquels sont sculptés des motifs floraux.

De retour sur l’avenue Henri Martin, nous arrivons devant le square Lamartine, qui se trouve à notre gauche. Encore un immeuble Art nouveau au numéro 4, reconnaissable aux motifs végétaux au-dessus des portes et autour de l’oriel qui fait l’angle avec l’avenue Henri Martin. L’immeuble au numéro 9 est quant à lui de style Art déco.

Le puits artésien de Passy

Un puits artésien se trouve au centre de la place. Inauguré en 1866 après onze ans de travaux, le puits artésien de Passy devait alimenter en eau les habitants du quartier, mais aussi remplir les lacs du bois de Boulogne ! Il est toujours en activité mais son débit, initialement de 25 000 mètres cubes, a été divisé par 71, pour atteindre 350 mètres cubes.

Au XIXe siècle, on a aménagé plusieurs puits artésiens dans Paris (nous avons déjà vu le puits de Grenelle lors de notre précédente visite). En creusant profondément, on espérait atteindre de l’eau plus pure, notamment vis-à-vis de la contamination bactérienne. Un objectif nécessaire après les épidémies de choléra de 1832 et 1849.

Nous continuons notre promenade avec la rue Spontini. Une tête de bélier se trouve au-dessus de la porte de l’immeuble au numéro 52. Faisons demi-tour et tournons à gauche, rue de Longchamp. Au numéro 127, l’immeuble est décoré de nombreuses guirlandes végétales, et des visages sculptés surmontent les fenêtres du deuxième étage. En face se trouve un hôtel particulier néo-gothique. Au numéro 132, de curieuses têtes de lions encadrent les fenêtres sous les deux bow-windows. Enfin, au numéro 140 se trouvent deux hôtels particuliers de style néogothique jumeaux.

deux hôtels particuliers de style néogothique
Un petit jeu des sept différences ?

Tournons à gauche, avenue Victor Hugo.

L’avenue Victor Hugo

L’avenue Victor Hugo dans le quartier de la Porte-Dauphine

L’immeuble de style Art nouveau au numéro 140 dispose d’une porte entourée de décorations végétales, avec un visage sculpté sur le fronton. Cela fait beaucoup de visages sur les immeubles du quartier, représentaient-ils des gens habitant dans les immeubles ? Toute une ribambelle de guirlandes végétales surmontent les fenêtres du troisième étage, ainsi que celles du quatrième. Des guirlandes végétales, on en trouve aussi sur la façade de l’immeuble au numéro 124. C’est dans l’hôtel particulier situé ici, mais détruit avant la construction de l’immeuble actuel en 1907, que Victor Hugo vécut ses dernières années. Son visage sculpté, au-dessus de la porte d’entrée, observe les passants. Au numéro 111, Henri Sauvage et Charles Sarazin réalisèrent un immeuble Art nouveau rassemblant des hébergements bon marché et une galerie commerciale. Sur la façade en briques, la structure en acier est apparente et s’orne de motifs floraux en dessous des bow-windows.

immeuble en briques avec galerie marchande au rez-de-chaussée
Si la galerie marchande est encore ouverte, c’est un centre commercial où j’ai envie d’aller faire mes courses ! Au moins une fois.

L’église Saint-Honoré d’Eylau

Nous allons d’abord visiter l’ancienne église Saint-Honoré d’Eylau, qui se trouve place Victor Hugo.

L’ancienne église Saint-Honoré d’Eylau est construite en 1855 à Passy, une zone rurale accueillant plusieurs communautés de moines. Construite dans un style néo-roman, d’inspiration byzantine visible dans les représentations graphiques des saints notamment, son portail présente des éléments qui sont plutôt issus de la Renaissance florentine. Juste avant le chœur, la grande verrière horizontale qui éclaire l’intérieur, est décorée d’une croix au milieu de rayons de soleil et de motifs floraux. L’ancienne église Saint-Honoré d’Eylau est toujours en service et est affectée aux moniales de Bethléem.

vitrail zénithal où les couleurs jaune et bleue dominent
Ce soleil éclaire-t-il bien l’église Saint Honoré d’Eylau ?

Au numéro 66 de l’avenue Raymond Poincaré, la nouvelle église Saint-Honoré d’Eylau est construite en 1896, comme chapelle provisoire de l’ancienne église du même nom. Elle est plus vaste que l’ancienne église, qui finalement ne se verra pas remplacée par un édifice plus vaste. Les fidèles iront tout simplement dans la chapelle, qui deviendra la nouvelle église Saint-Honoré d’Eylau. L’architecte Paul Marbeau utilise une structure métallique dans un souci de coût moindre et de construction plus rapide. Si la façade était d’inspiration romane, l’intérieur est plutôt de style néo-gothique.

Les vitraux de la nouvelle église Saint-Honoré d’Eylau forment deux rangées sur deux niveaux. Les vitraux du bas racontent tout un tas d’histoires, tandis que ceux du haut sont uniquement constitués de motifs Art déco. Un style que l’on retrouve dans la chapelle Sainte-Thérèse-de-Lisieux, que j’ai découvert complètement par hasard. En effet, elle se trouve au fond d’un couloir, à gauche de l’autel. C’est un habitué de l’église qui m’a indiqué sa présence et m’y a amené. Je n’aurais pas pensé à y aller sans cette rencontre ! Sur les murs de la chapelle, Alfred Sauvage réalisa des fresques représentant les sept sacrements.

L’avenue Victor Hugo dans le quartier Chaillot

Avant de poursuivre notre découverte de l’avenue Victor Hugo, faisons un passage rapide dans la rue Copernic. Encore des visages sculptés sur la façade de l’immeuble au numéro 46, sous les bows windows notamment. Pareil pour le numéro 44 adjacent.

Reprenons maintenant notre promenade sur l’avenue Victor Hugo. Georges Mandel habita au numéro 67, dans un immeuble Art nouveau avec une belle loggia et un oriel entouré de motifs végétaux. Un style que l’on retrouvera dans cette avenue. Belle succession d’immeubles à gauche, dans la rue Georges Ville, du nom d’un ingénieur agronome.

Au numéro 50, l’immeuble construit en 1901 est de style Art nouveau. Pas d’extravagance ici, l’architecte Charles Plumet met en place des formes bien proportionnées et uniformément réparties. Entre les deux bow-windows et sous la loggia, plusieurs visages sculptés sont entourés de végétaux.

immeuble avec loggia à arcades
Un immeuble Art nouveau avec loggia, comme nous en avons vu dans le 15e.

L’immeuble au numéro 48 impressionne par ses colonnes ioniques qui supportent le long balcon du quatrième étage. Charles Plumet est également l’auteur du bâtiment du numéro 39. Mais cet immeuble, lui aussi de style Art nouveau, est plus tardif que le premier. Datant de 1913, il est réalisé alors que l’Art nouveau laisse sa place à l’Art déco. Pourtant, ce nouveau style ne semble pas avoir influencé cet immeuble. En effet, il présente les formes ondulées et les décors sculptés végétaux sous la loggia, typiques de l’Art nouveau.

immeuble avec loggia à arcades
Le même style d’immeuble 12 ans plus tard !

Tournons à droite, rue du Dôme, puis de nouveau à droite, rue Lauriston pour retrouver la rue Copernic.

La rue Copernic

Le mur en pierres meulières cache la retenue d’eau de Passy. L’ingénieur Eugène Belgrand met en place ce réservoir et l’alimente grâce à la pompe d’Auteuil, qu’il fait reconstruire.

Au numéro 11, l’ambassade du Vénézuela a pris place dans un hôtel particulier sur la façade duquel un visage sculpté est positionné au-dessus de chaque fenêtre. Pas de visage sculpté mais de nombreuses rambardes de balcons au numéro 10. Trois visages se trouvent au-dessus des fenêtres centrales de l’hôtel particulier au numéro 7. On trouve également des motifs végétaux, floraux et même deux guirlandes de fruits. Petit immeuble Art nouveau au numéro 5, datant de 1902. Bien qu’il y ait quelques motifs végétaux sur la façade de l’immeuble au numéro 3, je pense plutôt à un style post-haussmannien. En effet, il ne possède aucun autre attribut de l’Art nouveau, et les motifs végétaux sont très peu visibles. Enfin, l’immeuble au numéro 1 présente des fleurs au milieu de médaillons entourés de guirlandes végétales.

A droite, l’avenue Kléber nous ramène sur la place du Trocadéro, d’où nous commencerons notre visite du quartier de la Muette.

Le quartier de la Muette

Un peu d’histoire

Le territoire du quartier de la Muette correspond à peu près à celui du village de Passy. Terre agricole, Passy est aussi le lieu de la découverte d’une source en 1638. Tout comme le village de Chaillot, Passy accueille plusieurs communautés de moines. Une période d’industrialisation a lieu au XIXe siècle. En 1811, une première raffinerie de sucre et de betterave y est construite. On relance la production d’eau minérale et on lotit à partir de 1825 plusieurs quartiers. L’ouverture de la ligne de chemin de fer accélère le développement urbain du quartier. 

Les jardins du Trocadéro

Des vestiges du palais des Tuileries et de l’ancien hôtel de ville se cachent dans tout Paris. Nous en avons vu dans le square George Caïn (3e arrondissement), un vestige de l’hôtel de ville dans le parc Monceau (8e arrondissement), ou du palais des Tuileries dans la cour du 9 rue Murillo, toujours dans le 8e arrondissement. Il y a un morceau de chaque édifice au sud-ouest du jardin du Trocadéro.

Le boulevard Delessert

Nous montons une petite côte le long du boulevard Delessert, qui traverse l’emplacement d’un ancien couvent des Minimes de Chaillot. L’immeuble au numéro 2 dispose d’une loggia à colonnes ioniques au dernier étage. Plusieurs médaillons avec des visages sculptés ornent les hauteurs de cet immeuble à grande tourelle d’angle. L’immeuble au numéro 19 est de style Art nouveau et se caractérise par quelques fleurs et des pommes de pin, nombreuses au-dessus de la porte d’entrée. Porte d’entrée à décors fleuris !

Nous arrivons au niveau de la place du Costa-Rica. Après la place de Colombie, le seizième arrondissement serait-il un quartier hispanique ?

La rue de la Tour

Nous allons faire un aller retour dans la rue de la Tour pour aller voir quelques immeubles ainsi que quelques surprises. Deux colonnes ioniques encadrent la porte du numéro 49 et soutiennent un fronton avec des guirlandes florales, guirlandes que l’on retrouve sur le reste de la façade. Une impasse campagnarde se cache derrière la grille du numéro 70, mais elle n’est malheureusement pas visible. Au contraire de la villa Guibert, au numéro 83. Plusieurs hôtels néo-gothiques s’y trouvent. Au numéro 98, le grand immeuble de style Art nouveau construit en 1902 et décoré de fleurs (surtout en dessous des bow-windows), arbore sur son côté sud-est un médaillon indiquant la villa de la Tour. Là encore avec un visage au-dessus du médaillon !


Nous faisons demi-tour et à l’intersection entre la rue de la Tour et la rue Desbordes-Valmore, une curieuse tour est visible à gauche et émerge des immeubles. Surmontée à l’origine d’un moulin, elle a donné le nom à la rue du Moulin-de-la-Tour, puis rue de la Tour.

Dans la rue Desbordes-Valmore, l’architecte Louis Salvan construisit en 1879 un bel alignement d’hôtels néo-gothiques. Louis Salvan est également l’auteur des hôtels néo-gothiques de la villa Guibert.

rangée d'hôtels particuliers de style néogothique

Retournons sur la place du Costa-Rica.

Le musée Clemenceau

Georges Clemenceau vécut plus de trente ans au 8 rue Benjamin-Franklin, de 1896 à 1929. Le visiteur du musée peut découvrir son appartement avec son bureau, sa salle à manger… Il permet de découvrir la carrière journalistique et politique du personnage avec des explications et des documents d’époque. La visite était très intéressante.

La rue de l’Alboni

La rue de l’Alboni se caractérise par ses immeubles aux grandes tourelles d’angles, surmontées d’une lanterne du côté de la place du Costa-Rica. C’est de cette rue que la ligne 6 sort de terre pour traverser la Seine sur le pont de Bir-Hakeim, une vue très célèbre de Paris. Quant à moi, je découvre enfin ces immeubles de plus près ! En effet, je les ai souvent vus de loin en prenant le RER C, que ce soit pour aller voir ma famille en Seine-et-Marne que pour visiter Paris, 5e, 6e, 7e et 15e arrondissements notamment.

Louis Dauvergne réalisa tous les immeubles de la rue. Ceux à lanternes étaient des hôtels. Construits en 1899, soit un an avant l’Exposition universelle de 1900, ils disposaient d’électricité, de téléphones, d’ascenseurs… Ils devinrent ensuite des immeubles de rapport.

En décembre 2021, la rue de l’Alboni prit le nom complet de la cantatrice Marietta Alboni. Lors de mon passage en juin 2023, les panneaux indiquant le nom de la rue n’indiquaient toujours pas cette nouvelle dénomination…

Descendons jusqu’au square de l’Alboni et tournons à droite. La rue des Eaux nous amène… au musée du Vin !

Le musée du Vin

C’est sûrement en souvenir du vignoble de Passy (dont on retrouve quelques traces, par exemple dans la toponymie avec la rue des Vignes) que l’on a installé ici le musée du Vin. Les frères du couvent des Minimes de Passy en produisaient aux XVIe et XVIIe siècles. Les moines sont expulsés à la Révolution et ce n’est qu’en 1984 que le musée ouvre. Dans d’anciennes galeries de carrières du Moyen-Âge, qui ont ensuite servi de celliers au XVe siècle, le visiteur découvre la viticulture grâce à des centaines d’outils et d’objets dans le thème du vin (bouteilles, verres…). Plusieurs panneaux expliquent la géomorphologie de la région et comment se sont formées les pierres dont on s’est servies pour construire les immeubles de Paris. Le musée me rappelait mes études d’agronomie, mais en plus mes deux années de classe préparatoire !

Un immeuble Art nouveau en briques jaunes se trouve à l’angle de la rue des Eaux et de la rue Charles Dickens. La rue des Eaux se termine par un escalier d’une centaine de marches. Elle doit son nom aux sources qui se trouvaient à Passy.

La rue Raynouard

Quelques immeubles de la rue Raynouard

L’immeuble au numéro 6 est un autre exemple d’immeuble Art nouveau décoré de guirlandes végétales. Au centre de celles sous les bow-windows se trouve un visage sculpté. Au-dessus des médaillons, la tête est celle d’un lion et non d’un humain. Au numéro 16, le square Raynouard présente des immeubles assez homogènes, avec deux grandes tourelles d’angle à l’intersection avec la rue Raynouard. Aux numéros 13, 15 et 17, le bel immeuble Art déco construit en 1931 entoure une cour offrant une vue sur Paris en contrebas.

L’immeuble au numéro 1 de la rue Chernoviz présente une belle tour d’angle. Aux numéros 51-55, l’Union internationale des architectes a pris place dans un immeuble construit par Auguste Perret en 1930. En plus d’y installer son agence, il y vit de 1932 à sa mort, en 1954. Auguste Perret utilise ici l’ossature en béton armé qui l’a rendu célèbre, et utilise également ce matériau pour les panneaux de remplissage.

La maison de Balzac

Au numéro 47, nous apercevons la maison de Balzac en contrebas. C’est la troisième demeure de Balzac que nous voyons (après le 18 rue Balzac – anciennement rue Fortunée, dans le huitième arrondissement et le 1 rue Cassini, dans le quatorzième arrondissement). L’écrivain y habita de 1840 à 1847. Mais inutile alors de le chercher à cette adresse. Il y habitait en effet sous le nom de sa gouvernante, afin de se cacher de ses créanciers ! Créanciers auxquels il pouvait échapper grâce à la deuxième entrée, donnant sur la rue Berton. Pour entrer, il fallait apporter de la dentelle de Belgique (mot de passe !). Splendeurs et misères des courtisanes ou La cousine Bette furent écrits ici.

maison avec jardin et vue sur la tour eiffel
S’il n’y avait pas la tour Eiffel en arrière plan, on pourrait penser que je suis parti en week-end à la campagne !

L’Obélisque de Benjamin Franklin

A l’angle de la rue Raynouard avec la rue Singer, un obélisque encastré dans le mur nous informe que Benjamin Franklin installa le premier paratonnerre de France dans le jardin de l’hôtel de Valentinois en 1756. Remarquons le panneau indiquant la rue Singer en mosaïques.

La rue Berton

A gauche, l’escalier mène à la rue Berton. Quelle surprise de trouver ici une rue de campagne, à l’aspect peut-être pas très éloigné de celui des rues de Passy d’il y a deux siècles ! Une porte du jardin de la maison de Balzac donne sur cette rue, permettant au romancier de s’échapper, si d’aventure ses créanciers frappaient à sa porte.

A droite, l’ambassade de Turquie a pris place dans l’hôtel de la princesse de Lamballe. Cet hôtel fût la clinique du docteur Émile Blanche, qui a donné son nom à une rue que nous découvrirons plus tard lors de la visite. Parmi ses patients, Guy de Maupassant, cumulant syphilis, perte de vue et accès de folie, meurt avant son quarante-troisième anniversaire, Gérard de Nerval affirmait descendre d’un roi et certains l’auraient vu promener un homard en laisse dans le palais royal, ou Théo Van Gogh (frère du peintre), atteint de syphilis et qui décède de la paralysie générale des aliénés.

petite ruelle encadrée de murs avec un air de campagne
Nous sommes toujours à Paris ! Ici sur les traces de Balzac.

Nous continuons tout droit, avenue Marcel Proust puis tournons à gauche, avenue du Parc de Passy. Une avenue sans trafic, puisque c’est un escalier ! Il mène à ce qui est longtemps resté un terrain vague. En effet, l’escalier menait à un établissement thermal. Celui-ci ferme à la fin du XIXe siècle. La ville de Paris en hérite, en quelque sorte, sous condition de ne pas y construire d’immeubles. Ce n’est qu’en 2004 que l’actuel parc ouvre ses portes !

De retour sur la rue Raynouard, nous tournons à gauche puis à droite, rue de l’Annonciation.

L’église Notre-Dame de Grâce de Passy

Le seigneur de Passy fait ériger une première chapelle en 1666. L’architecte Eugène Debressenne l’agrandit en deux temps : de 1846 à 1849 puis de 1856 à 1859. Presque tous les éléments actuels de l’église datent de cette époque. L’intérieur de l’église est riche en peintures et est de ce fait très coloré. Il contient des copies de tableaux du Titien, de Nicolas Poussin, de Luca Giordano…

Le chœur a décidé de se faire bien voir !

La rue de Passy

A droite, la rue Jean Bologne nous mène à la rue de Passy. C’était la rue principale du village de Passy. Elle était alors appelée “grande rue” mais avec le rattachement de Passy à la ville de Paris, ce nom n’aurait eu guère de signification. Nous pouvons aller à droite pour voir plusieurs immeubles de la rue Chernoviz, tels que le numéro 13, un immeuble Art nouveau d’un style plus géométrique que les autres. Parcourons maintenant la rue de Passy dans l’autre direction.

Au numéro 48, le hameau de Passy est un petit passage campagnard débutant en retrait de la rue.

petite ruelle avec plante grimpantes sur les murs
Un souvenir de Passy ou une reconstitution ?

A gauche, dans la rue Duban, nous pouvons voir le marché de Passy, ayant lieu dans un bâtiment d’architecture moderne.

Autour de la Chaussée de la Muette

La bouche de métro menant à la station de la Muette se trouve à l’intersection de la chaussée de la Muette, de la rue de Passy et de l’avenue Mozart. Un bel immeuble de style Art nouveau se trouve au numéro 5 de cette dernière. Les bow-windows sont ornés de décors végétaux et d’oriels en forme de bourgeons.

immeuble avec bow-windows aux bas-reliefs végétaux
Je me demande bien quelle idée a germé dans l’esprit de l’architecte pour qu’il réalise ces petites fenêtres !

Bel immeuble à bow-window et tour d’angle au numéro 4 de la chaussée de la Muette.

Autour du jardin du Ranelagh

L’ancienne gare de la Muette

La chaussée de la Muette mène au jardin du Ranelagh, qu’une partie suivante présentera. Elle mène également devant l’ancienne gare de la Muette, une gare de la Petite Ceinture. Elle fût en service de 1864 à 1980 et est désormais un restaurant.

Nous prenons la rue d’Andigné puis tournons à droite, rue Albéric Magnard puis à gauche, rue de Franqueville.

Le siège de l’OCDE

Le siège de l’OCDE s’est établi dans le château de la Muette, édifié en 1921-1922 par Lucien Hesse pour Henri de Rothschild.  Plusieurs châteaux se sont succédé en ce lieu : le château de la reine Margot à la fin du XVIe siècle, puis un château construit par Jacques V Gabriel et Ange-Jacques Gabriel pour Louis XV. Sous la Révolution, le centre du bâtiment est détruit, tandis que les ailes sont restaurées sous la Restauration. Le terrain avait déjà été divisé en lots à bâtir, si bien que le château est désormais plus petit qu’à l’origine. Deux parcelles nord sont vendues à Henri de Rothschild, qui y fait construire sa demeure. Ses héritiers la vendent à l’OCDE en 1848.

L’OCDE, Organisation de coopération et de développement économique, regroupe 38 Etats membres. Elle publie des rapports, des études et des recommandations aux gouvernements pour les aider dans la gestion publique et leur politique. Elle sert de plateforme pour discuter des politiques économiques, sociales, environnementales et éducatives et fournit de l’aide à ses membres à l’élaboration de solutions aux défis mondiaux.

La rue de Franqueville débouche sur la place de Colombie. Tournons à droite, boulevard Suchet.

Des immeubles du boulevard Suchet

Nous n’allons pas parcourir tout le boulevard, mais il serait dommage de rater les immeubles Walter, situés aux numéros 1 à 9. L’architecte Jean Walter construit ces bâtiments de style Art déco en 1931. Nous avons affaire ici à des immeubles d’habitation de luxe, construits selon le concept de cité-jardin.

A gauche du boulevard se trouve le jardin du Ranelagh, où débute l’allée Pilâtre de Rozier.

L’allée Pilâtre-de-Rozier

Pilâtre-de-Rozier, physicien, offre ses services aux frères Montgolfier à leur arrivée à Paris en 1783. Le 19 septembre de cette même année, un coq, un canard et des moutons embarquent dans une montgolfière. Il reste à convaincre le roi d’autoriser un vol avec des humains. Le 21 novembre, Pilâtre de Rozier se trouve dans les jardins du château de la Muette avec le marquis d’Arlandes, qui a décidé de rejoindre le physicien dans son premier vol libre. Car Pilâtre a déjà embarqué dans la montgolfière, mais des cordes de trente mètres la retenaient. Cette fois, les deux compères s’envolent et parcourent Paris. La montgolfière se pose sans encombre sur la Butte-aux-Cailles. Pilâtre-de-Rozier décèdera deux ans plus tard, alors qu’il essayait de traverser la Manche.

Le musée Marmottan Monet

Il se trouve à l’ouest du jardin du Ranelagh, au 2 rue Louis Boilly. Le musée Marmottan-Monet rassemble les collections de Paul Marmottan, historien d’art, qui en 1883 hérite de son père de cet hôtel qui fût le pavillon de chasse de François Christophe Edmond Kellermann, troisième duc de Valmy. A sa mort en 1932, il lègue sa collection à l’Académie des Beaux-Arts, ainsi que l’hôtel qui devient deux ans plus tard le musée Marmottan.

Mais alors, pourquoi y a-t-il le nom de Monet derrière ? Cet ajout date de la fin du XXe siècle. En 1940, l’héritière de Georges de Bellio donne sa collection de peintures au musée. Georges de Bellio était médecin et comptait parmi ses patients de nombreux peintres impressionnistes. Ainsi, le musée peut se targuer d’accueillir une exposition présentant soixante-cinq œuvres de Monet, dont Impression, soleil levant, ainsi que des œuvres de Gauguin, Renoir, Le Sidaner, Lebourg, Signac… En plus des tableaux, le visiteur découvre du mobilier de l’époque du Consulat et de l’Empire, des enluminures et des tableaux de primitifs italiens et allemands. Il termine la visite par une salle présentant des épées d’apparat, offerte par l’Académie des Beaux-Arts à ses membres.

Comptez trois heures pour visiter le musée, collection permanente et exposition temporaire.

La rue Louis Boilly

Plusieurs immeubles de style Art nouveau se trouvent dans la rue Louis Boilly. Deux femmes dans des décors végétaux se trouvent au-dessus de la porte d’entrée de l’immeuble au numéro 3. L’immeuble au numéro 4 a une grande tourelle d’angle, un élément que l’on retrouve décidément beaucoup dans le seizième arrondissement, aussi quand on le compare aux autres. Enfin, l’immeuble au numéro 9 présente des consoles en forme de fougère ainsi qu’une loggia dans la tourelle d’angle. Des rameaux de rosiers ornent le fronton de la porte, rosiers aussi présents sur la porte d’entrée en fer forgé et verre, sur lesquels deux chats marchent. Avec cet immeuble construit en 1912, Charles Labro remporte le concours de façades de la ville de Paris de 1914.

porte avec des ferronneries représentant des chats marchant sur des rosiers
Décidément, les chats sont partout !

Le jardin du Ranelagh

Le 25 juillet 1774, un garde de la barrière de Passy obtient l’autorisation de clôturer un terrain situé dans les jardins du château de la Muette, dans lequel il aménage un restaurant et un café. Il s’inspire des jardins créés par un certain lord anglais, Lord Ranelagh, qui a ouvert les jardins Ranelagh dans sa propriété de Chelsea en 1742. Des bals s’y déroulent, mais un ouragan provoque l’effondrement du bâtiment qui les abrite en 1818.

En 1860, Adolphe Alphand aménage un jardin à l’anglaise dans une partie des jardins du château de la Muette. Il prend le nom de “jardin du Ranelagh”, rappelant le bal qui s’y déroulait. Un théâtre de marionnettes, un manège, une rotonde et un terrain de jeu se trouvent au milieu des arbres, dont certains sont centenaires. Plusieurs statues s’y trouvent, dont une statue représentant le corbeau et le renard de la fable de La Fontaine, ou une statue en marbre, Caïn, réalisée par Joseph-Michel Caillé.

Le boulevard de Beauséjour

Nous commençons avec le numéro 7, où commence la villa de Beauséjour, une voie privée dont une grille ferme l’accès. Des maisons traditionnelles russes s’y cachent, datant de l’Exposition universelle de 1867, qui a eu lieu sur le Champ-de-Mars. Quelques immeubles intéressants se trouvent le long du boulevard de Beauséjour, tels que celui au numéro 23 de style Art nouveau, celui au numéro 21 avec un médaillon curieusement vide, ou celui au numéro 27, un immeuble Art déco dont le bow-window est agrémenté de motifs sculptés. 

L’avenue Vion-Whitcomb, présentant un bel alignement d’immeubles, relie le boulevard de Beauséjour à la rue du Ranelagh. Mais une grille en ferme l’accès, ce qui va nous obliger à faire un petit détour pour rejoindre cette dernière. Ce n’est pas très grave, puisque ça va nous permettre de continuer notre découverte architecturale du boulevard de Beauséjour. 

C’est le style post-haussmannien qui est à l’honneur avec l’immeuble au numéro 29. Les consoles ont cependant des motifs végétaux et un visage, un médaillon ou un coquillage ornent chaque fenêtre. Au numéro 51, c’est un style Art déco assez particulier avec ses balcons semi-circulaires. De part et d’autre de la façade, deux bow-windows encadrent des motifs floraux faisant la jonction entre les deux styles du début du XXe siècle. Une statue de femme et d’un animal se trouve de chaque côté de la façade. Enfin, au numéro 61, l’architecte Emile Bainier a réalisé en 1900 et 1901 un grand immeuble semblant sortir de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance. La partie à l’angle, avec ses deux tours, se distingue particulièrement, ainsi que ses balcons. Remarquez le panneau avec le nom de rue étant accroché à l’immeuble, en mosaïques dorées et entouré de motifs sculptés.

La rue du Ranelagh

Dans la famille du Ranelagh, après le jardin et l’avenue (se trouvant au centre du jardin), je voudrais la rue ! Nous découvrons tout d’abord une suite d’hôtels particuliers du XIXe siècle, entre les numéros 90 et 123. De l’autre côté, l’hôtel particulier du numéro 94, construit en 1885 par Auguste Duvert, est de style néo-gothique. Le style est reconnaissable à ses fenêtres et son balcon, aussi à la porte d’entrée du mur extérieur, mais surtout à sa tourelle en poivrière !

hôtel particulier de style néogothique avec une tourelle médiévale
Un manoir médiéval en plein Paris !

Belle tour d’angle de l’immeuble au numéro 86, avec des visages et médaillons ornant sa façade. Un grand médaillon, avec une tête de lion, un livre ouvert et des branches ornent l’angle de l’immeuble au numéro 74. Au numéro 60, la rue Robert-le-Coin est une impasse privée présentant, tout comme l’avenue Vion-Whitcomb, un bel enchaînement d’immeubles. J’aime de plus en plus les prendre en photos, depuis que j’ai découvert les villas du quatorzième arrondissement. En face, les murs du lycée Molière trahissent un style Art nouveau. Enfin, de nombreux motifs sont sculptés sur la façade de l’immeuble au numéro 65, dont des guirlandes de fleurs.

Nous croisons la rue de Boulainvilliers, dont le nom rappelle le domaine de Boulainvilliers, vendu en 1825 et dont le château a été démoli pour lotir un nouveau quartier. Nous tournons à droite dans cette rue et arrivons devant la Maison de la Radio et de la Musique.

La Maison de la Radio et de la Musique

bâtiment rond

D’une hauteur de soixante-huit mètres en haut de la tour, ce grand édifice a une circonférence de 500 mètres ! L’architecte Henry Bernard le construisit de 1952 à 1963. En 1975, tous les grands services de la radio française s’y installent. Un morceau du mur de Berlin se trouve dans le jardin de la Maison de la Radio et de la Musique, au nord du côté de la Seine.

La rue de l’Assomption

Quelques immeubles de la rue de l’Assomption

La rue de l’Assomption tient son nom des religieuses de l’Assomption. Au Moyen-Âge, cette rue était le chemin des Tombereaux. C’était en effet par là que la tuilerie d’Auteuil évacuait ses déchets. Tuilerie d’Auteuil qui donnera son nom au château de la Tuilerie, dont les religieuses font l’acquisition en 1855.

L’immeuble au numéro 18, de style Art nouveau, se distingue par le visage d’homme, dont les cheveux ressemblent à des grappes de raisins, qui vomit une substance non identifiée. Les conséquences d’une consommation excessive d’alcool ? La vigne est en tout cas à l’honneur sur cet immeuble puisque des rameaux de vignes se trouvent en dessous des balcons, ainsi qu’une grappe de raisin sous un verre.

façade d'immeuble avec motifs végétaux, colonnes et visage vomissant
Je me demande à quoi ce curieux visage est dû !

Au numéro 21, c’est surtout la porte qui se remarque, avec ses fleurs sculptées et le motif en éventail au-dessus. QuelL’immeuble au numéro 44, construit au début des années 1930, est de style Art déco. Il utilise des briques grises.

L’église Notre-Dame de l’Assomption de Passy se trouve trois-cents mètres plus loin.

L’église Notre-Dame de l’Assomption de Passy

L’histoire de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Passy débute dans la rue de Varennes, dans le septième arrondissement. Les pères de la Miséricorde y occupent une chapelle. Mais ils se font expulser en 1891. Ils démontent alors l’église pierre par pierre afin de la reconstruire ici. Étant donnée la proximité des religieuses de l’Assomption, l’église prend le nom de Notre-Dame de l’Assomption. L’architecte (Charles ?) Labro l’agrandit en 1934 puis on construit une seconde nef en 1952. L’église, de style néoclassique, est ainsi plus longue que la normale. Tout en blanc, l’intérieur est très lumineux. Une coupole se trouve au-dessus du chœur. On remarque sa couleur bleue claire, les fleurs qui l’ornent et les décors tout autour. Parmi les éléments décoratifs de l’église, un christ en croix, fabriqué en cristal par Lalique.

La rue Mallet-Stevens

rue mallet-stevens avec immeubles cubiques
Un manifeste d’architecture moderne !

L’architecture moderne est à l’honneur dans la rue Mallet-Stevens. L’architecte Robert Mallet-Stevens réalise plusieurs bâtiments en 1926, qui constituent son œuvre majeure, alors qu’il débute sa carrière. Son agence se trouve au numéro 12 tandis que des sculpteurs (Jean et Joël Martel), une pianiste (Mme Reifenberg), Daniel Dreyfus et la famille Allatini (Eric Allatini est nouvelliste) occupèrent les autres bâtiments. Le gardien occupait le numéro 1. Les immeubles sont construits avec un mélange de volumes cubiques, de gradins, de tours, de toits-terrasses, de simples terrasses… Ils ont subi des modifications dans les années 1970, avant que la rue ne devienne un site inscrit en 1975.

immeuble de style moderne construit par Robert Mallet-Stevens

Le quartier d’Auteuil

Un peu d’histoire

Des sources mentionnent Auteuil dès 623, mais ce n’est encore qu’une fontaine ! Au siècle suivant, l’abbaye de Saint-Denis et l’abbaye de Sainte-Geneviève se partagent les terres à l’ouest de la Seine. Au XIe siècle, Auteuil fait partie des donations aux abbés de la nouvelle abbaye du Bec, en Normandie. Mais les chanoines de l’abbaye Sainte-Geneviève récupèrent ces terres au cours d’un échange contre des possessions en Normandie. Ce sont les seigneurs de Passy qui collectent l’impôt. Auteuil acquiert le statut de paroisse en 1192. Des paysans y cultivent la vigne. Alors que la guerre de Cent Ans se termine, les infrastructures agricoles sont en très mauvais état et Auteuil a perdu l’immense majorité de ses capacités de production. Mais le village en lui-même a curieusement bien résisté aux conflits.

Lors des guerres de Religion, Auteuil se compose de 10% d’habitants protestants. Elle devient commune lors de la Révolution. La révolution industrielle entraîne un développement de la ville dès le début du XIXe siècle. La première usine moderne, une manufacture de cuir conçue selon un plan rationnel pour augmenter la productivité, s’installe sur l’île de Sèvres. Un premier pont suspendu voit le jour en 1824 tandis qu’on aménage l’année suivante un quartier résidentiel de luxe. L’industrie automobile s’y développe, ainsi le village accueille également une population ouvrière.

Malgré cela, Auteuil reste réputée pour son eau minérale et son atmosphère champêtre, où de riches parisiens installent leur maison de campagne. Le centre d’Auteuil est rattaché à Paris en 1860, tandis que la partie sud l’est à Boulogne-sur-Seine, qui deviendra Boulogne-Billancourt. De nombreuses parcelles non bâties vont permettre la construction de bâtiments d’architecture nouvelle, représentant un terrain de jeu pour plusieurs architectes de renom, ou en quête de renommée.

Nous continuons notre promenade sur la rue du docteur Blanche. Au 25 rue de l’Yvette se trouve l’ancien atelier du sculpteur Henri Bouchard. Celui-ci était un musée et exposait ses œuvres, mais il a définitivement fermé en 2007. Son atelier et ses 1300 œuvres se trouvent désormais dans le musée de la Piscine, à Roubaix. Depuis la rue du docteur Blanche, nous tournons à droite, square du docteur Blanche.

La Fondation Le Corbusier – Maison La Roche

Nous continuons notre visite dans le thème de l’architecture moderne avec la villa La Roche, construite par le Corbusier pour le mécène Raoul La Roche de 1923 à 1925. Il est possible de la visiter et de découvrir le style de l’architecte, les jeux de volumes et de cloisons, etc… Elle est mitoyenne de la maison Jeanneret, qui abrite désormais la Fondation Le Corbusier. Pierre Jeanneret a collaboré avec Le Corbusier lors de la construction de ces deux maisons. C’est Albert Jeanneret, frère de Le Corbusier, qui sera le premier occupant de la maison. L’organisation de cette maison s’adapte à une famille avec enfant, tandis que celle de la villa La Roche doit avant-tout permettre au collectionneur Raoul Albert La Roche d’exposer sa collection de tableaux puristes et cubiques.

Faisons demi-tour dans la rue du docteur Blanche et tournons tout de suite à droite, rue Henri Heine.

La rue Henri Heine

Nous allons ici présenter plusieurs immeubles se trouvant dans la rue Henri Heine, qui représentent l’architecture des années 1920. Mélangeant briques et pierres, le grand immeuble au numéro 24, construit par Jean Boucher en 1925, présente une grande tour d’angle. L’immeuble au numéro 22 possède des décors végétaux sous les balcons de l’avant-dernier étage.

Avec la construction en 1926 de l’immeuble au numéro 18, Hector Guimard s’éloigne du castel Béranger et du style qui a fait sa renommée et propose ici une interprétation personnelle de l’Art déco. On observe une certaine symétrie autour du bow-window central. L’immeuble fût parmi les lauréat du concours de façades de la ville de Paris de 1926. L’architecte y a vécu avec sa femme jusqu’en 1938, année durant laquelle il part vivre aux Etats-Unis.

immeuble Art déco avec large bow-window central
La conversion d’Hector Guimard à l’Art déco. Réussie ?

Des numéros 8 à 12, le grand bâtiment est un ancien central téléphonique. L’architecte Paul Guadet le construit en 1913 en béton recouvert de briques et de quelques mosaïques. La porte d’entrée se trouve au 21 rue Jasmin. C’est une porte imposante en fer forgé, qui est entourée de plusieurs rangées de tuiles émaillées et vernissées de couleur verte et jaune. Au numéro 2, l’immeuble de style Art déco en briques grises rappelle celui au numéro 44 de la rue de l’Assomption.

Nous tournons à gauche, avenue Mozart.

Autour de l’arrêt Jasmin

Nous commençons par la gauche, au 1 rue de l’Yvette. L’architecte Jean-Marie Boussard construit en 1911 un immeuble à la place d’une ancienne villa avec jardin. L’immeuble est plutôt original et se distingue par son répertoire sculpté. Une rangée d’atlante supporte le balcon du quatrième étage, tandis que les quatre cariatides ont décidé de faire grève. En effet, elles sont assises autour des fenêtres du premier étage situées à chaque extrémité du bâtiment. Le reste des décorations se compose de coquillages et de visages.

De l’autre côté de l’avenue Mozart se trouve la rue Ribéra. Elle a aussi été le terrain de jeu de Jean-Marie Boussard, qui avait son agence au numéro 38. Le numéro 45 (construit en 1894) se distingue avec son fronton sculpté et les têtes de lion au niveau du premier étage, tandis que le numéro 41 (construit la même année) dispose de loggias à tous les étages, avec bas-reliefs au plafond et une colonne ionique au centre de chacune d’elles.

Nous tournons à gauche, rue Jean de la Fontaine.

La rue Jean de la Fontaine

La rue Jean-de-la-Fontaine est l’occasion d’une belle découverte architecturale. Comme de nombreuses rues lors de notre visite finalement !

L’hôtel Mezzara

Situé au numéro 60, rue Jean de la Fontaine, l’hôtel Mezzara est l’œuvre d’Hector Guimard pour le compte de l’industriel du textile et créateur de dentelles Paul Mezzara. Tous deux vice-présidents de la Société des artistes décorateurs, c’est sûrement par ce biais qu’il font connaissance. Paul Mezzara confie à l’architecte la construction de son hôtel particulier, réalisée en 1910 et 1911. Non visible depuis la rue, l’hôtel dispose d’une verrière zénithale, fidèle à ce que Victor Horta a mis en œuvre dans l’hôtel Tassel. Cette verrière, avec un beau vitrail, permettait d’éclairer les créations de Paul Mezzara, qu’il exposait dans le grand hall intérieur. On rejoint l’étage par un escalier monumental, véritable démonstration des nouveaux motifs en fonte réalisés par l’architecte. Guimard réalise également les décors intérieurs et une partie du mobilier. On a d’ailleurs ici le seul ensemble mobilier de Guimard encore à son emplacement d’origine.

Bel hôtel cherche occupant !

Paul Mezzara déménage deux ans seulement après la construction de son hôtel. Les sœurs Lacascade en font l’acquisition en 1930 et y installent une salle de cours. Une vocation qu’il pourrait conserver, puisqu’en 1956, elles le vendent à l’Education nationale. L’hôtel Mezzara devient une annexe du lycée Jean-Zay.

Jusqu’en 2015, c’est un internat pour une trentaine de lycéennes. Mais la même année, il est déclaré inutile au service public et est mis en vente pour sept millions d’euros. Le Cercle Guimard se mobilise pour transformer l’hôtel en musée et centre de recherche sur l’Art nouveau, d’autant plus qu’il n’existe à ce jour aucun musée ayant pour thème Hector Guimard. Le seizième arrondissement serait pourtant un emplacement tout trouvé. En 2021, l’hôtel Mezzara est proposé à la location via un bail emphytéotique de cinquante ans, les futurs locataires devant entretenir les lieux et en ouvrir l’accès au public au moins cinq jours par an. Cette proposition de location est reconduite en 2023. Malheureusement, le musée n’a donc toujours pas vu le jour. Espérons que ça finisse par être la vocation de ce bâtiment !

La chapelle Sainte-Thérèse

Au numéro 40 se trouve la fondation des Apprentis d’Auteuil, qui se consacre à l’accueil et à l’aide à l’insertion de jeunes en difficulté sociale. Fondée en 1866 par l’abbé Louis Roussel, la fondation accueille alors des orphelins, leur apprend à lire et à écrire et les forme à un métier, tel que cordonnier ou menuisier.

A l’arrière de la cour, la chapelle Sainte-Thérèse, construite de 1923 à 1925 dans un style néogothique, abrite des reliques de sainte Thérèse et le tombeau de Daniel Brottier, un directeur de la fondation. Les architectes Henri Chailleux père et fils se sont inspirés de la Sainte-Chapelle. La cinquantaine de vitraux sont cependant bien plus petits. Réalisés par la société Mauméjean frères en 1927, ils représentent des anges munis des instruments de la Passion du Christ, des litanies de la Vierge et des saints servant de modèles pour les orphelins d’Auteuil. Les ateliers Mauméjean sont aussi à l’origine des mosaïques du chemin de croix.

8e station du chemin de croix en mosaïques
Le chemin de croix de la chapelle Sainte-Thérèse.

La rue François Millet

Nommée en l’honneur d’un artiste peintre, pastelliste, dessinateur et graveur, la rue François Millet a vu son nom échangé avec celui d’une rue du quinzième arrondissement, aujourd’hui rue François Bonvin. Au numéro 11 se trouve un immeuble de style Art nouveau réalisé par Hector Guimard en 1909. Utilisant les mêmes briques que l’hôtel Mazzara, il se caractérise par son grand bow-window central, la forme de ses fenêtres et les motifs des rambardes du balcon, typiques de ce style.

Les mêmes briques que les immeubles Agar, et un agencement de la façade que l’on retrouvera.

La villa Patrice Boudard

Un peu plus loin, la villa Patrice Boudard est un autre exemple de ces petites impasses encadrées de beaux immeubles de la fin du XIXe siècle. L’appellation villa ne tient pas à la présence ici d’une villa, mais caractérise les ruelles de campagne à Paris, avec des espaces verts et des maisons.

Les immeubles Agar

Ouverte en 1911 et d’abord nommée “rue Moderne”, la rue Agar porte depuis 1912 le nom de l’actrice dramatique Marie-Léonide Charvin, surnommée Agar. Un grand projet immobilier devait voir le jour, dont seulement deux immeubles ont finalement été réalisés. Hector Guimard signe en 1911 les deux immeubles aux numéros 8 et 11, dont les appuis de fenêtres, les balcons et les portes d’entrées sont caractéristiques de son style. La plaque indiquant le nom de la rue est elle aussi stylisée suivant l’Art nouveau.

immeubles en briques claires et colonnes végétales surgissant du haut des portes
Un important ensemble de bâtiments ! Jusqu’où montent ces colonnettes depuis les portes ?

Le Castel Béranger

immeuble art nouveau construit en pierres de taille et briques avec des décors de diables, d'hippocampes, etc.
Un bien curieux immeuble que le Castel Béranger. Mais est-ce vraiment une maison des Diables comme ses détracteur ont pu le surnommer ?

C’est à quelques mètres des immeubles Agar qu’Hector Guimard réalisa l’un de ses grands chefs-d’œuvre. Au milieu des années 1890, Hector Guimard approche à peine de ses trente ans. Bien qu’il ait quelques réalisations à son actif, il n’est pas encore très connu. C’est peut-être l’un de ses clients de ses premières années professionnelles qui l’introduit dans la communauté bourgeoise catholique d’Auteuil. C’est ainsi qu’il rencontre Elisabeth Fournier. Devenue veuve, celle-ci souhaite investir son argent dans l’immobilier locatif, dans un quartier d’ouvriers, artisans et commerçants, peu embourgeoisé. Elle fait l’acquisition d’une parcelle de terrain à bâtir et établit sa stratégie : elle compensera les loyers modestes grâce à la construction d’un grand nombre d’appartements.

Hector Guimard dépose deux projets en 1895. En attendant la validation de son projet, l’architecte ne reste pas oisif. Il surveille d’autres chantiers mais surtout, il utilise une bourse d’études gagnée peu avant pour se rendre en Belgique. Il y rencontre Paul Hankar et étudie les travaux de Victor Horta, qui vient de terminer l’hôtel Tassel, à Bruxelles. De retour à Paris, Hector Guimard modifie ses projets. Il est trop tard pour modifier la structure du bâtiment, mais il a tout loisir de modifier les décors, aussi bien intérieurs qu’extérieurs.

Fidèle au principe d’œuvre d’art totale, telle que la définit Victor Horta, Hector Guimard va apporter grand soin à tous les éléments du second œuvre. Il mêle plusieurs éléments : briques, céramiques, grès flammé, porcelaine, fer forgé dessinant des masques ou un hippocampe… Étant donné que les locataires auront leurs propres meubles, il n’en réalise pas mais aménage une cabine téléphonique dans le vestibule d’entrée.

Mais ces extravagances ont un coût : la critique est mitigée, si bien que certains détournent le nom du Castel Béranger pour le nommer Castel Dérangé. Néanmoins, cela ne l’empêche pas de mener une intense campagne promotionnelle : d’abord un article, puis un album de photos et de dessins représentant aussi bien l’extérieur que l’intérieur, ainsi que des meubles (et tant pis s’ils ne s’y trouvent pas). Inaugurer le bâtiment ? Pas de problème, mais il s’arrange pour repousser la date, afin de pouvoir graver sa victoire au premier concours de façades de la ville de Paris sur l’un des murs de l’immeuble. Finalement, le Castel Béranger apporte une grande notoriété à Hector Guimard, autant qu’il alimente les débats entre les amateurs et les détracteurs de l’Art nouveau.

porte avec lignes courbes
La porte d’entrée annonce la couleur !
hall d'entrée du castel béranger avec parement en grès flammé et ferronneries courbées typiques de guimard
Ca, c’est du hall d’entrée !

Divers immeubles autour de la rue Jean de la Fontaine

Dans cette partie, nous allons quitter la rue Jean de la Fontaine pour nous rendre… dans la rue Jean de la Fontaine. Dit comme ça, cela ne paraît pas être le plan de l’année, mais ne vous en faîtes pas.

Une église cachée et la rue George Sand

Nous faisons demi-tour et tournons à gauche, rue Gros. Nous en profitons pour admirer l’arrière des immeubles Agar. Puis nous tournons à droite, avenue Théophile Gautier. Une église catholique russe se cache au numéro 39 de la rue François Gérard, que nous atteignons après une marche de quatre-cent mètres. Et quand je dis qu’elle se cache, je n’exagère pas. Elle ne semble pas indiquée dans la rue et se trouve en fait au sous-sol d’un immeuble datant des années 1960. Nous tournons ensuite à droite, rue George Sand. La villa George Sand débute au numéro 24. Une autre villa aux immeubles typiques de la fin du XIXe siècle à Paris. L’immeuble au numéro 26 marque l’angle avec une tourelle aux murs en briques. Un panneau entouré de décors floraux indique le nom de la villa.

La villa Flore

Tournons maintenant à gauche, avenue Mozart. Au numéro 120 débute la villa Flore, dont le nom est indiqué de façon stylisée. Parlons d’abord de l’immeuble au numéro 122. De style Art nouveau, Hector Guimard le construit de 1909 à 1912. Au cas où vous ne reconnaîtriez pas son style (encore très semblable aux immeubles Agar ou à l’hôtel Mezzara), ses initiales inscrites au-dessus de la porte d’entrée l’attestent. Ayant tout juste épousé l’héritière d’un banquier New-Yorkais, Hector Guimard achète ici une parcelle et déménage du Castel Béranger pour habiter dans l’hôtel Guimard, qu’il construit ici. L’hôtel Guimard se distingue par son asymétrie, notamment au niveau des fenêtres dont la disposition semble hasardeuse. L’hôtel doit permettre la vie du couple tout en comprenant l’agence de Guimard et l’atelier de son épouse, Adeline Oppenheim.

L’hôtel Guimard représente bien le style de l’architecte dans sa période Art nouveau autour de 1910.

En face, au numéro 120, l’immeuble est également l’œuvre de Guimard. Un immeuble bien plus tardif, de 1927, l’un des derniers de l’architecte. En pleine période Art déco, Hector Guimard construit désormais dans ce style. Il se caractérise par des fenêtres séparées de pans de murs sur lesquels les briques forment des renfoncements rectangulaires et des bow-windows. Il n’y a que quelques décorations : ces carrés faits par retraits de briques et les balustrades des balcons qui présentent des motifs se répétant.

Un peu plus loin, à droite, un panneau en mosaïques indique la rue du capitaine Olchanski, encadrée par des immeubles de styles homogènes.

Retour dans la rue Jean de la Fontaine

Nous retrouvons la rue Jean de la Fontaine et tournons à gauche pour voir deux immeubles. Henri Sauvage construit l’immeuble au numéro 65 entre 1926 et 1928. Des ateliers d’artistes se trouvent entre les murs décorés de grès cérame de cet immeuble de style Art déco. Un peu plus loin, un immeuble avec une tourelle d’angle et des murs en briques orange fait l’angle avec la rue des Perchamps.

La villa Montmorency

Faisons demi-tour et tournons à droite, rue Poussin. Au numéro 12 se trouve l’entrée de la villa Montmorency, un ensemble de rues privées. De nombreuses personnalités politiques, du cinéma ou du monde des affaires habitent dans cette grande résidence très surveillée.

La villa Montmorency occupe dès les années 1850 le site où se trouvait le château de Boufflers, où la propriétaire des lieux recevait des personnalités de son temps. En 1852, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, dirigée par les frères Pereire, rachète la propriété pour y construire la ligne de chemin de fer d’Auteuil. Certaines parcelles vont quant à elles accueillir la villa Montmorency, qui devient vite une villa huppée. L’architecte Théodore Charpentier réalise plusieurs dizaines d’habitations avec jardin, dans un style plutôt homogène. A partir des années 1970, des personnalités du monde du spectacle viennent y habiter, rejointes dix ans plus tard par des grands entrepreneurs.

Nous tournons ensuite à gauche, rue Girodet ou rue Isabey, puis de nouveau à gauche, rue d’Auteuil.

La rue d’Auteuil

Cette rue était au cœur du village d’Auteuil, où de nombreux écrivains vécurent (Molière, Boileau, Racine, Châteaubriand, Victor Hugo, les frères Goncourt…). Au numéro 59, Mme Helvétius, épouse d’un philosophe, tenait un salon dans son hôtel où se rendaient Malesherbes, Condorcet ou Turgot. Aux numéros 43-47, l’hôtel Antier, où hôtel de Verrière, se trouve comme coincé entre les deux immeubles mitoyens. C’est aujourd’hui le siège du CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Nous parlions d’écrivains au début de ce paragraphe. Molière, Racine, Boileau ou encore Jean de la Fontaine avaient leurs habitudes à l’auberge du Mouton Blanc, au numéro 40. L’hôtel Véron, construit au XVIIIe siècle dans un style néoclassique, se cache derrière la porte du numéro 16. Au numéro 11 bis, le lycée Jean-Baptiste Say occupe l’ancien château Ternaux, que l’on aperçoit à travers la grille.

Les églises d’Auteuil

La chapelle Sainte-Bernadette de Paris

L’architecte Paul Hulot construit cette chapelle, de la taille d’une église, en 1936 et 1937. La façade en briques est soutenue par une armature en ciment. Elle se trouve en retrait de la rue, la façade alignée sur les immeubles voisins est un ajout de Raymond Busse en 1953. L’intérieur dévoile une voûte en forme de coque renversée et des vitraux de Mauméjean, réalisés selon une technique économique mise au point en 1929 : la dalle en verre. Le vitrail est alors composé de plusieurs pièces de verre, assemblées avec du béton ou de la résine. Ne pas rater le vitrail au-dessus de la porte d’entrée. Il faut dire que ce serait difficile, au vu de sa taille !

L’église Notre-Dame d’Auteuil

façade de l'église notre-dame d'auteuil avec clocher

Une première église est construite ici au XIe siècle, puis une nouvelle au XIVe siècle, agrandie aux siècles suivants. Auteuil est rattachée à Paris en 1860 et la population augmente fortement. L’architecte Emile Vaudremer, également auteur de l’église Saint-Pierre de Montrouge (14e arrondissement) et de l’église des Quinze-Vingts (12e arrondissement), construit une nouvelle église de 1877 à 1892. Cette église, de style romano-byzantin, est très sombre à l’intérieur. Seuls d’étroits vitraux éclairent la nef, dans laquelle le visiteur découvre quelques sculptures plutôt que des tableaux. Parmi ses sculptures se trouvent le Christ entouré des symboles des quatre apôtres évangélistes sur le tympan, ainsi que des statues de la Vierge en marbre. Il y a aussi quelques bas-reliefs en bronze doré. Enfin, une grande peinture murale, dans un style byzantin, recouvre la voûte de la chapelle de la Vierge.

Autour de la rue Chardon-Lagache

L’hôpital Chardon-Lagache

Sur ce site ayant appartenu à l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris de 1109 à la Révolution, Pierre-Alfred Chardon et Marie-Pauline Lagache fondent une maison de retraite destinée aux personnes de revenus modestes en 1857. Les deux époux habitent alors dans l’hôtel Véron. La maison de retraite est maintenant l’hôpital Chardon-Lagache.

Nous continuons notre promenade dans la rue Chardon-Lagache, qui longe au début des bâtiments du lycée Jean-Baptiste Say datant du début du XXe siècle.

De hauts bas-reliefs

Au numéro 16 de la rue Chardon-Lagache, Jean Hillard construit un immeuble de style Art déco en 1934. Georges Maxime Chiquet sculpte sur la façade plusieurs bas-reliefs sur le thème de la paysannerie. Ces bas-reliefs ont la particularité de s’étendre sur quatre étages !

Nous tournons à droite, rue Molitor.

Des villas

La villa et la rue Boileau

Au 18, rue Molitor, débute la villa Boileau, entourée d’hôtels particuliers. Elle se situe quelques mètres après le croisement avec la rue Boileau, que nous prenons en direction du sud. Au numéro 34, le mur et la grille dissimulent l’hôtel Roszé, construit par Hector Guimard en 1891. Au numéro 40, l’édifice a des influences stylistiques du Maghreb. Des carreaux de grès couvrent son architecture en béton armé. Construit par Joachim Richard et Henri Audiger en 1906, c’est alors l’un des premiers bâtiments construits en béton armé de Paris. Bien que son style pourrait s’expliquer par le fait qu’il accueille l’Ecole internationale algérienne, il a été construit pour le peintre Lucien Simon.

La rue Jouvenet et la villa Molitor

Nous tournons à gauche, rue Jouvenet. Le numéro du premier bâtiment à droite, le 39, est indiqué en grand, entouré de décors floraux indiquant un style Art déco, de même que le mettent en évidence la porte et le double bow-window. Même style architectural au numéro 29 (visible surtout dans la porte) et sur l’immeuble en face, en briques rouges. Cet immeuble est mitoyen de la villa Molitor, qui débute au croisement entre la rue Jouvenet et la rue Chardon-Lagache. Cette rue fermée et arborée est créée en 1873.

La villa de la Réunion et l’hôtel Jassedé

Presque en face, de l’autre côté de la rue Chardon-Lagache, se trouve la villa de la Réunion. La villa de la Réunion ouvre en 1804, mais seule la rue actuelle subsiste depuis 1899. Elle comporte plusieurs maisons construites par Hector Guimard. Nous citerons ici l’hôtel Jassedé, au numéro 41 de la rue Chardon-Lagache. A vingt-cinq ans, Hector Guimard fréquente la petite bourgeoisie d’Auteuil, village d’ouvriers et de commerçants. C’est dans ce quartier qu’il a réalisé un premier hôtel particulier (34 rue Boileau) et une salle de café-concert. Ce qui, avec un pavillon de l’exposition universelle de 1889, établit ses constructions au nombre de trois. Louis Jassedé, quant à lui, est propriétaire d’une épicerie dans le quartier. Il projette de se faire construire un hôtel particulier près de la villa de la Réunion et fait appel à Hector Guimard.

Guimard va se servir des fondations du bâtiment préexistant pour construire un hôtel de style néogothique en 1893. Lecteur assidu de Viollet-le-Duc, Hector Guimard met en place des décrochements, des ruptures de volumes en opposition à la symétrie classique. Mais les décrochements de façades traduisent les différentes fonctions des pièces de l’intérieur, et ils utilisent différents matériaux tels que la pierre de taille, la pierre meulière, la brique… Guimard joue aussi avec les céramiques pour décorer la façade. Cet hôtel particulier sera en fin de compte l’occasion pour l’architecte de tester des nouveautés, un an avant la commande du Castel Béranger.

Un petit détour pour découvrir l’immeuble Jassedé

Avant de continuer notre visites des villas du 16e, faisons un petit détour pour découvrir une autre réalisation d’Hector Guimard pour Louis Jassedé. Prendre pour cela la rue Jouvenet puis la rue Lancret, à gauche. Nous arrivons sur l’avenue de Versailles. A l’angle des deux voies, sur la droite, se trouve l’immeuble Jassedé. En 1904 et 1905, Hector Guimard construit deux immeubles mitoyens pour Louis Jassedé, qui cherche à réaliser un investissement locatif. L’immeuble de l’avenue de Versailles est en pierre de taille et destiné à une clientèle bourgeoise, tandis que celui de la rue Lancret est en brique claire vernissée et destinée à une clientèle plus modeste.

Les deux immeubles partagent la même cour, ce qui offre de fait une certaine mixité sociale. Cependant, l’immeuble bourgeois a sept étages, contre cinq pour l’autre. Il a des oriels et des balcons, ce qui offre plus de surface. Mais ils sont de la même couleur et partagent les mêmes éléments en fonte. L’ensemble se distingue avec les motifs floraux sur les rambardes des balcons ou les linteaux, les courbes au-dessus des fenêtres, qui ressemblent à des bourgeons, tout comme les lucarnes en haut. Les formes ne sont pas droites, c’est visible à l’angle avec ce balcon qui pointe à côté et les deux petits balcons qui ne sont pas dans la même direction. On notera également les ferronneries autour des fenêtres.

immeuble avec fenêtres de toit en forme de bourgeons
Un immeuble évoquant une peu le printemps avec ses fenêtres de toit !

Nous retournons ensuite sur la rue Chardon_Lagache, où nous continuons notre promenade en direction du sud.

D’autres villas

Le laboratoire aérodynamique Eiffel

Nous tournons à droite, rue de Musset. Au numéro 20 se trouve la plus petite bibliothèque de Paris, dans un bâtiment du XXe siècle. A côté, le laboratoire aérodynamique Eiffel servait à Gustave Eiffel à tester des modèles d’aéroplanes. Il étendit ses activités à l’automobile et au bâtiment. L’une des deux souffleries, la plus grande, est toujours en activité.

Il est possible de visiter le laboratoire aérodynamique Eiffel sur rendez-vous, par téléphone.

La villa Sommeiller

A gauche, la rue Boileau débouche sur le boulevard Exelmans. Nous allons faire une boucle pour aller voir quelques villas. Nous tournons à gauche dans le boulevard Exelmans, puis à droite, rue Chardon-Lagache. Remarquons l’immeuble assez original au numéro 88. La rue Chardon Lagache se termine au niveau de l’avenue de Versailles. Nous tournons tout de suite à gauche, rue Claude Terrasse. La villa Sommeiller relie le 43, rue Claude-Terrasse au 149, boulevard Murat. Cette voie fermée ouverte en 1890 se colore en mai, lors de la floraison des rosiers.

petite allée verte et fleurie et entourée de maisons ou petits immeubles
Je n’ai pas visité le 16e arrondissement pendant la saison des roses. Cela vous donne une raison de faire la visite au printemps prochain !

La villa Mulhouse

Retournons dans l’avenue de Versailles, tournons à gauche puis à droite, rue Boileau et enfin à gauche, rue Parent de Rosan. Entre cette rue et la rue Claude Lorrain se trouvent plusieurs villas, formant la villa Mulhouse, et portant des noms d’alsaciens célèbres.

L’ensemble est construit entre 1882 et 1892. Auteuil est alors un quartier avec une forte population ouvrière, travaillant dans plusieurs usines. Emile Cacheux, spécialiste du logement ouvrier, prévoit de construire quatre-cent maisons. Il souhaite s’inspirer de la cité pavillonnaire créée à Mulhouse, d’où le nom de cet ensemble. Il commence par construire dix maisons sur un modèle anglais, maisons mitoyennes avec jardins, mais faute de capital, il les vend à la société anonyme des maisons ouvrières de Passy-Auteuil. Celle-ci va reprendre les travaux, mais en suivant un modèle moins onéreux que celui prévu par Emile Cacheux. Ces logements se destinent à des ouvriers très qualifiés, ayant donc les moyens de s’offrir un certain standard.

De la rue Parent de Rosan, nous tournons à droite, avenue de la Frillière. L’école au numéro 11 a été construite par Hector Guimard en 1895. Les murs en briques semblent posés sur une architecture en métal.

école du sacré-cœur avec piliers en fonte s'élevant en V
Une petite surprise dans une petite rue ! Il y en a une deuxième en entrant : la façade est tout ce qu’il reste de la réalisation de Guimard. Les surprises ne sont pas toujours bonnes.

La suite, autour de la porte d’Auteuil, n’est pas très intéressante. Vous pouvez réorganiser cette partie de façon à terminer par la villa Sommeiller, puis par la porte de Saint-Cloud, toute proche.

La rue Claude Lorrain

Les villas précédemment citées sont visibles depuis la rue Claude Lorrain. Au numéro 19 se trouve l’église orthodoxe de Tous-les-Saints-de-la-Terre-Russe, rien que ça. Elle a pris place dans un bâtiment en briques du début du XXe siècle, l’entrée se faisant par la villa Mulhouse. En face, au numéro 18, c’est une église polonaise qui se cache au fond d’un passage.

L’immeuble au numéro 15, en briques oranges et en pierres de taille, est de style Art nouveau. Une rangée de tournesols (ou des marguerites ?) occupent le fronton de la porte et il présente des balcons et des bow-windows arrondis ainsi que des petits auvents à leurs sommets. Au numéro 11, ce sont des pommes de pin qui ornent le fronton de la porte, ainsi que de curieuses fleurs dans un médaillon en briques. De l’autre côté, le bâtiment au numéro 14 a été construit en 1913 par Auguste Perret. Ses balcons ressemblent un peu à des péniches et les deux premiers étages présentent une façade très hétérogène, ainsi que d’intéressantes ferronneries sur les portes et les fenêtres.

Nous tournons à gauche, rue Boileau, et retrouvons le boulevard Exelmans, que nous prenons à gauche.

Autour de la Porte d’Auteuil

Le boulevard Exelmans

A gauche, au numéro 9 de la rue du Général Delestraint, l’immeuble de style Art nouveau est décoré de bas-reliefs végétaux et de mosaïques sous les balcons. Le petit bâtiment au numéro 87 est une église orthodoxe russe. Cette concentration d’églises russes s’explique par l’émigration de nombreux russes après la révolution de 1917. La France fût en effet leur première destination, et la moitié des émigrés en France s’installèrent à Paris. Appréciant le quartier, les émigrés aisés s’y sont installés et y ont construit plusieurs églises, pour continuer leur vie à Paris. Bel immeuble Art déco en briques rouges au numéro 107, avec des ferronneries représentant des paniers de fruits ou de fleurs sur les balcons. Il est visible également depuis le boulevard Murat. Pour l’atteindre, faire demi-tour, tourner à droite, rue Molitor et tout de suite à droite, boulevard Murat. L’immeuble rouge se trouve dans une rangée d’immeubles colorés.

Nous continuons sur la place de la Porte Molitor puis tournons à droite, avenue du Général Sarrail. A gauche, nous trouvons l’entrée du square des Poètes.

Le jardin des Poètes

Créé en 1954, ce jardin prend immédiatement le nom de jardin des poètes. C’est en effet le président de la Société des poètes français qui est à l’origine de sa création. Au milieu des arbres, dont un pin noir d’Autriche planté en 1900, un amandier et un peuplier blanc, des bustes de poètes côtoient de nombreux vers d’autres poètes que l’on peut lire sur des plaques.

Le square des poètes donne accès, à l’ouest, au jardin des serres d’Auteuil.

Le jardin des serres d’Auteuil

Un premier jardin botanique voit le jour en 1761 dans la rue d’Auteuil. En 1859, Adolphe Alphand aménage un jardin fleuriste sur des terrains du bois de Boulogne. Trente serres abritent trois millions de plantes. En 1898, on le transfère à Auteuil. Jean Camille Formigé est alors chargé d’y créer un nouveau centre horticole. L’objectif est de produire les plantes qui iront verdir les espaces verts de la capitale. Il réalise plusieurs serres, tandis que Jules Dalou met en place une fontaine ornée d’un haut-relief en pierre et que Rodin sculpte des mascarons, visible sur le mur de soutènement des terrasses au nord du jardin.

En 1968, la construction de l’échangeur d’Auteuil pour le boulevard périphérique ampute le jardin des serres d’Auteuil, qui est de plus séparé du square des poètes. Mais ce n’est pas la seule difficulté à laquelle le jardin fait face. En effet, l’extension du stade de Roland-Garros entraîne la destruction de plusieurs serres, malgré l’opposition des associations de défense de l’environnement et du patrimoine. Il est toujours possible de découvrir cinq mille espèces végétales et une petite volière. A l’extérieur se trouvent des jardins de plusieurs styles (français, anglais, japonais…).

extérieur d'une serre du jardin des serres d'auteuil
J’ai bien envie de rester sous ce beau ciel bleu, mais cette serre m’intrigue. Pas vous ?
intérieur d'une serre
On les connait moins que la grande serre du jardin des plantes, mais les serres d’Auteuil présentent d’intéressants spécimens.

Le stade Roland Garros

Le stade Roland-Garros, du nom d’un célèbre aviateur, est le lieu d’un célèbre tournoi de tennis. Mais savez-vous qu’il est possible de le visiter ? En plus des vestiaires ou le court central, le visiteur peut se rendre au musée du tennis qui présente l’histoire du tennis français.

L’appartement-atelier Le Corbusier

Depuis le boulevard d’Auteuil, la rue Nungesser et Coli mène à l’appartement-atelier du Corbusier, situé au numéro 24. Aménagé par Le Corbusier et son cousin, Pierre Jeanneret, entre 1931 et 1934, il résume sa pensée architecturale, puisque l’architecte y a mené plusieurs tests lors de la construction de cet immeuble. Les deux architectes dotent  l’immeuble de façades entièrement vitrées, une première dans l’histoire ! La visite, sur rendez-vous et uniquement le jeudi et vendredi après-midi, ainsi que le samedi, permet de découvrir le duplex avec l’atelier du Corbusier, les chambres, et deux beaux panoramas sur les alentours.

Le stade Jean Bouin et le parc des Princes

Un premier stade est construit en 1925, mais le stade Jean Bouin actuel est construit entre 2010 et 2013. Toute la façade extérieure du stade est recouverte de triangles en béton. Le stade Jean Bouin est principalement dédié à la pratique du rugby. De l’autre côté de la rue Claude Farrère, le parc des Princes est quant à lui un stade de football. Mais au XVIIIe siècle, c’était un lieu de promenade pour les rois et les princes royaux. De premiers aménagements sont réalisés et le nom de “parc des princes” apparaît, faisant référence à la Route des Princes, issue du XVIIIe siècle. En 1881, on mène ici des recherches sur la chronophotographie (prendre une succession de photographies pour étudier un mouvement).

Le 18 juillet 1897 a lieu l’inauguration du stade-vélodrome du Parc des Princes. Mais hors de question d’accéder à la tribune ! Les autorités ne sont en effet pas très confiantes sur la qualité du travail, la construction ayant été réalisée rapidement. Après des travaux de consolidation, à la fin de l’année 1897, cinq-cents spectateurs assistent au premier match de football du stade. C’est dans ce stade qu’a lieu le premier match officiel de l’équipe française de football. Le 12 février 1905, elle affronte la Suisse et remporte le match 1-0.

Des courses de vélos et des matchs de rugby ont également lieu dans le stade. Face à l’affluence du public, plusieurs agrandissements sont réalisés. En 1932, le Parc des Princes est rénové et peut accueillir 45000 personnes. Le Tour de France y réalise son arrivée jusqu’en 1967, avant que l’on se rende compte que les Champs-Elysées, c’est quand même plus beau !

L’édifice actuel date du début des années 1970. Il a fallu construire de nombreux piliers souterrains afin de permettre au boulevard périphérique de passer en dessous du stade. La façade elliptique présente des portiques en porte-à-faux. A l’intérieur, l’affluence fait oublier les cinq-cents spectateurs du début, montrant le développement du football au cours du siècle dernier !

Nous tournons à droite, avenue du Parc des Princes, qui nous mène à la Porte de Saint-Cloud.

La porte de Saint-Cloud et l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal

En plus d’un grand immeuble de style Art déco, ce style est présent dans les deux fontaines centrales. Représentant les sources de la Seine, ces fontaines sont couvertes de bas-reliefs réalisés par Paul Landowski en 1936.

place avec fontaines à bas-reliefs et immeuble art déco en briques en arrière plan
Je suis souvent passé ici avant de visiter le 16e arrondissement. La place de la porte de Saint-Cloud est un bel exemple d’aménagement des années 1920-1930, bien que tous les immeubles ne datent pas de cette période.

L’église Sainte-Jeanne de Chantal date de la même époque. Un don d’une habitante avant d’entrer dans un couvent permet de financer la construction dans un premier temps. Celle-ci débute en 1932. L’architecte Julien Barbier réalise un édifice de style romano-byzantin, qui ne sera achevé qu’en 1962. En effet, les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont entraîné plusieurs réaménagements.

église avec haut clocher indépendant et coupole centrale
Une référence claire aux églises byzantines !

Sous la structure en béton, il n’y a que peu de décorations. Les principales sont les vitraux de l’abside, réalisés par Le Chevallier et représentant les Litanies de la Vierge, et la fresque de René Dionnet représentant le Couronnement de la Vierge. On trouve aussi à l’intérieur de l’église plusieurs statues et un orgue sur un buffet en acier.

station du chemin de croix : jésus est dépouillé de ses vêtements
Un dessin très années 1930 !

Le bois de Boulogne

Loin de sa réputation, nous allons ici présenter les lieux à visiter dans le bois de Boulogne, de préférence durant le jour. Je fais ici une partie indépendante, car il est difficile d’intégrer le bois de Boulogne dans une visite du seizième arrondissement. De toute façon, il y a de quoi nous occuper pendant une journée ! Nous allons le parcourir dans le sens horaire, en partant de la place de la Porte de Maillot.

En 1308, Philippe IV rentre de pèlerinage… à l’église Notre-Dame de Boulogne sur mer. Oui, ça a moins de classe qu’un pèlerinage à Jérusalem, mais on y trouve tout de même le reliquaire du Saint-Sang ! De retour à Paris, il décide de faire construire une église semblable à celle qu’il a vu une fois arrivé à destination de son pèlerinage. Il reste maintenant à choisir son emplacement. Au sud-ouest de Paris, l’un de ses prédécesseurs a racheté la forêt aux moines de Saint-Denis qui l’occupent depuis le VIIIe siècle. Ce sera l’emplacement de sa nouvelle église, qui donne son nom au bois, le bois de Boulogne. Les pèlerins vont désormais pouvoir marcher jusqu’à cette nouvelle église, autant dire que ça leur raccourcit grandement le voyage !

La forêt est en partie incendiée durant la Guerre de Cent Ans. Les rois vont la réaménager en plantant de nouveaux arbres mais aussi un château. François Ier fait ainsi construire le château de Madrid. De nouveau mis à mal en 1814 et 1815, le bois de Boulogne est reboisé sous la Restauration. Mais c’est durant le Second Empire que les aménagements sont les plus importants. En 1852, le bois de Boulogne devient propriété de la ville de Paris qui dispose de quatre ans pour l’aménager. Jacques Hittorff avec le paysagiste Louis-Sulpice Varé, puis avec Adolphe Alphand et le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, aménagent un parc de style anglais.

Des pavillons

Gabriel Davioud réalise plusieurs pavillons de garde autour du bois de Boulogne, ainsi que le pavillon de l’Empereur, qui se trouvait au pied de la Grande Cascade. Plusieurs pavillons veillent aux bordures du bois. Ils faisaient partie de la clôture qui entourait alors le bois de Boulogne.

Deux lacs

Tout comme le lac Daumesnil, le lac inférieur peut se parcourir en barque. Cela permet de s’approcher davantage des deux îles qui se trouvent au milieu de l’eau. A l’origine, ces deux lacs ne devaient pas exister. En effet, Napoléon III souhaitait faire réaliser une rivière. Mais le dénivelé n’aurait pas permis une telle réalisation. Le baron Haussmann décide alors de transformer la rivière que Louis-Sulpice Varé avait réalisée en deux lacs. Une digue, qui constitue un chemin entre les deux lacs, crée une retenue d’eau.

Le jardin du Pré Catelan

Le jardin du Pré Catelan, à ne pas confondre avec les prés catalans que l’on trouve en Catalogne, est un parc où l’on trouve de nombreuses espèces d’arbres, tels qu’un hêtre pourpre, un séquoia géant, un araucaria venant du Chili ou un magnolia grandiflora.

A l’ouest du Pré Catelan, la sœur de Saint Louis fonde en 1255 l’abbaye de Longchamp désormais disparue. Depuis cette disparition plusieurs sites ont pris sa place. Avant d’y arriver, traversons le carrefour de Longchamp, à côté duquel se trouve une cascade artificielle.

L’hippodrome de Longchamp

Napoléon III inaugure l’hippodrome de Longchamp en 1857. Mais ce n’est pas une course hippique que commémore la stèle située au sud de l’hippodrome. En effet, le 12 novembre 1906, l’aviateur Santos-Dumont réalise ici un record de vol : il parcourt 200 mètres en 21.4 secondes. Plus rapide qu’un cheval ?

Le château de Longchamp

Lorsque le baron Haussmann aménage le domaine de Longchamp, une maison se trouve à l’emplacement de l’actuel château de Longchamp. Gabriel Davioud construit à la place une nouvelle maison avec deux ailes. Cela pourrait être une résidence pour le prince impérial. Mais celui-ci est encore très jeune, et Napoléon III l’attribue à Haussmann comme maison de vacances. Et le mot “vacances” n’est pas pris à la légère, puisque c’est à la ville de Paris qu’incombera la tâche d’entretenir cette résidence, son mobilier et son jardin. L’ancien colombier de l’abbaye se trouve à quelques mètres du château et s’est retrouvée transformée en tour médiévale de défense. 

L’édifice actuel n’est cependant pas celui du XIXe siècle. Le parfumeur François Coty le fait détruire et reconstruire entre les deux guerres mondiales. Après le décès de François Coty, la ville de Paris devient propriétaire du château. Le Centre international de l’enfance s’y installe, puis le WWF France. En 2015, la mairie le confie à la fondation GoodPlanet.

Le château de Longchamp accueille des expositions sur le développement durable.

Le Parc de Bagatelle

En 1777, alors que la cour royale séjourne à Fontainebleau, le comte d’Artois, futur Charles X réfléchit à se faire construire une maison de vacances. Sa belle-sœur Marie-Antoinette lui parie qu’il n’aura pas le temps de le faire construire avant le retour de la cour à Paris, dans cent jours. Une histoire qui inspirera Astérix et Obélix: mission Cléopâtre ? Le comte accepte de relever le défi. Pari tenu ! En effet, c’est en seulement soixante-quatre jours que la Folie du comte d’Artois voit le jour sur un terrain où se trouve déjà la Folie de la maréchale d’Estrées. Ces activités fêtardes vaudront à la nouvelle Folie le nom de Bagatelle.

Rapide dans la construction, le comte est aussi visionnaire puisque l’architecte François-Joseph Bélanger réalise sous ses ordres un édifice néoclassique, bien avant que ce style ne devienne à la mode. En plus de faire appel à des centaines d’ouvriers pour respecter les délais, il engage les artistes renommés de son époque pour décorer sa Folie. Le jardin entourant le château est de style anglo-chinois. Tant de moyen pour une simple maison de vacances, nous pouvons dire que c’est quelque-chose de fou !

A la Révolution, le château devient bien national, puis Napoléon l’occupe le temps d’un séjour en 1806. Durant la Restauration, Charles X revient en France et récupère la Folie de Bagatelle. Mais durant son exil, il a promis, à la mort de sa maîtresse, de ne plus se remarier. Il est même devenu pieux. C’est pourquoi il fait revêtir toutes les statues de femmes dénudées se trouvant dans le château.

Louis-Philippe vend le domaine au marquis d’Hertford, anglais, en 1835. Celui-ci ajoute un étage au château et fait construire des écuries. Si le marquis d’Hertford n’est pas très connu en France, son fils, qui hérite du domaine, l’est davantage. Il s’agit de Richard Wallace, créateur des fontaines Wallace. Richard Wallace n’ayant pas d’héritier, c’est son secrétaire particulier qui hérite de son domaine. La ville de Paris l’achète en 1905, mais un grand nombre d’œuvres d’arts et de pièces de mobilier ont déjà été vendues.

On trouve là encore de nombreuses espèces d’arbres dans le parc de Bagatelle. Ceux-ci cachent des décors divers et variés : plusieurs étangs, des cascades, des fausses ruines, une grotte, une pagode chinoise… Le parc est peuplé de plusieurs paons qui se promènent dans ce décor pittoresque. Une grande roseraie occupe la partie ouest du parc. 1200 variétés s’y trouvent et donnent lieu à un concours international de roses nouvelles en juin, le plus ancien concours de roses du monde.

jardin fleuri
De Paris à la Provence !
étang avec petite cascade au fond
Nous oublierions presque que nous ne sommes qu’à quelques centaines de mètres de Paris !

La Fondation Louis-Vuitton

La Fondation Louis-Vuitton a pris place dans le jardin d’acclimatation. La construction de ce bâtiment moderne en verre est confiée à l’architecte Frank Gehry en 2001. La Fondation ouvre ses portes en 2014 et se consacre principalement à l’art contemporain. Les amateurs d’architecture apprécieront également le bâtiment en lui-même, pour lequel des techniques modernes d’architecture ont été mises en œuvre. Frank Gehry, également auteur de la Cinémathèque française dans le douzième arrondissement, a apporté au bâtiment un style déconstruit.

Mais qu’est-ce que le déconstructivisme ? Comment un bâtiment peut être déconstruit ?

Le déconstructivisme est un style architectural qui remet en question les règles traditionnelles de l’architecture. Il se caractérise par des angles, des formes morcelées et des éléments non continus. Ce style a émergé dans la décennie 1980.

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L’atelier Le Corbusier

Le mot de la fin

C’est sur cette découverte architecturale que se termine notre visite du seizième arrondissement. Et quoi de plus approprié qu’un paragraphe sur l’architecture pour clore un article riche en découvertes architecturales, justement ? En fin de compte, le seizième arrondissement ne comporte pas beaucoup de sites très connus. Il y a bien sûr le Trocadéro et sa vue sur la tour Eiffel, qui accueille de très (trop ?) nombreux touristes. Mais une fois que nous en sortons, la visite du seizième arrondissement invite à la contemplation des immeubles dans chaque rue, tant la richesse des décors et l’inventivité des architectes et des sculpteurs sont présentes. Un manuel d’architecture du Second Empire aux années 1920-1930, qui mérite amplement une relecture.

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