
Visiter Ronda de son pont à ses paysages incroyables
Ronda, le premier village blanc du voyage, est mondialement connu pour son grand pont, emblématique de la ville. On le retrouve sur toutes les cartes postales. Mais c’est loin d’être le seul site touristique de ce village, qui attire les touristes depuis le XIXe siècle. Dans cet article, nous verrons comment Ronda a su attirer les touristes européens depuis 150 ans et les richesses (ou monuments) à découvrir pour toute personne décidant de ne pas focaliser son attention uniquement sur le pont. Dit comme ça, on dirait l’introduction d’une dissertation de philosophie, mais je vous promets, la visite de Ronda sera plus fun.
Un peu d’histoire
Les Hommes occupent le site de Ronda dès la Préhistoire. Divers peuples se succèdent, mais ce sont les musulmans, à la suite de la conquête islamique de la péninsule ibérique, qui développent la ville et ont laissé des signes de présence encore visibles de nos jours. Ronda est située sur un promontoire rocheux, coupé en deux par la gorge connue sous le nom de “El Tajo”. Cela en fait un site facile à défendre. Au Xe siècle, Ronda devient le centre de l’une des taïfas qui succèdent au sultanat de Cordoue. Elle se retrouve dans l’émirat de Grenade, qui subsiste après la chute des grandes villes telles que Séville et Cordoue. Mais en 1482, les Rois Catholiques se lancent dans la conquête de l’émirat de Grenade, et s’emparent de Ronda en 1485.
Ils distribuent Ronda et sa région aux nobles ayant participé à sa conquête, à la suite de laquelle de nombreux habitants quittent la ville. Ce n’est qu’en XVIIIe siècle que Ronda retrouve un développement rapide. Considérée comme le berceau de la tauromachie moderne, on y construit au XVIIIe siècle ce qui est aujourd’hui l’une des plus anciennes arènes d’Espagne. A la même époque, le Pont Neuf enjambe la gorge du Tajo. Au XIXe siècle, Ronda acquiert une image romantique, qui attire déjà quelques touristes. Une réputation qui va aller grandissant jusqu’à aujourd’hui.
Une promenade dans le centre historique de Ronda
Mon objectif premier était de faire une grande promenade dans Ronda. Cependant, alors qu’il fait très beau la première journée, de la pluie est prévue pour le lendemain. Face à ce désagrément, je mets en pause mon projet de randonnée et privilégie la promenade dans le centre afin de faire des photographies. Je garde les visites de musées ou d’églises pour le lendemain.
Les points de vue autour du Pont Neuf
Des points de vue en tout genre
Le Pont Neuf, c’est un peu la tour Eiffel de Ronda. Il a beau de pas s’élever à 312 mètres au-dessus du sol, il attire toute l’attention des touristes. C’est ainsi que chacun à son petit point de vue préféré sur le pont neuf. Nous en verrons plusieurs au long de cet article et commençons ici par ceux qui se trouvent près du pont. Ce sont ces points de vue avec lesquels j’ai commencé ma visite de Ronda.
Je débute donc ma visite de Ronda devant l’Office du Tourisme, qui se trouve face aux arènes. Il y a un parc à l’ouest de l’Office du Tourisme, au bout duquel le mirador de Ronda – La Sevillana offre une vue panoramique sur l’ouest de la ville. C’est un paysage de campagne et de montagne, auquel on va avoir plaisir à s’habituer pendant cette visite. Pas de pont à l’horizon, mais une très belle vue quand même.

Un chemin se dirige vers le sud-est où le mirador de Aves permet de voir le pont. Mais ce n’est certainement pas la meilleure vue de celui-ci.
Le pont en lui-même constitue un bon point d’observation sur la campagne environnante. Un pont qui peut aussi être admiré depuis le mirador de Aldehuela, qui permet de voir l’autre côté du pont. Ce mirador est accessible tout de suite à gauche après avoir traversé le pont.
Un peu plus loin, signalons l’ensemble de panneaux en céramiques représentant Ronda et des descriptions de la ville que des écrivains en ont faites. Cet ensemble s’intitule le “Mirador des voyageurs romantiques”. Au XIXe siècle, le courant romantique véhicule une image de Ronda et de ses alentours comme une région où l’on croise bandits et toréros. Plusieurs écrivains, tels qu’Alexandre Dumas avec son livre De Paris à Cadix, participent à la renommée de la ville.

Pour atteindre un autre point de vue sur le Pont Neuf, tournons à gauche, dans une rue qui descend fortement. Nous passons devant la maison du roi maure, dont nous reparlerons, puis sous l’arc de Philippe V. Nous traversons un autre pont puis entrons, à gauche, dans les jardins de Cuenca. Le mirador de Cuenca offre une nouvelle vue sur le Pont Neuf. Nous sommes plus éloignés du pont qu’avec les deux miradors précédents, mais la vue n’en est que plus belle ! Nous pouvons enfin voir le pont dans toute sa grandeur, toute sa majesté. Et comme nous sommes encore prêts du pont, nous pouvons constater sa taille impressionnante. Tout comme ces parois abruptes, que la rivière du Guadalevin creuse depuis des millions d’années.

Des ponts plus anciens
A trop vouloir regarder le Pont Neuf, on en oublie les autres ponts ! Le Pont Neuf n’est peut-être pas tout jeune, mais il y en a d’autres qui sont encore plus anciens que lui. C’est le cas du pont que nous avons traversé pour nous rendre au mirador de la Cuenca. C’est le Vieux Pont, qui succède au pont arabe. Il avait pour fonction de relier la vieille ville au quartier du marché. Conçu avec une arche unique traversant la rivière et la dominant de trente-et-un mètres, il est reconstruit en 1486, puis de nouveau en 1616 après avoir été détruit par une crue. Des destructions qui expliquent la hauteur supérieure du Pont Neuf. S’il est possible de regarder facilement le cours de la rivière depuis le Vieux Pont, c’est grâce à des grilles ajoutées lors d’une restauration récente.

C’est ce pont qui permettait de relier la vieille ville à la partie plus récente avant la construction du Pont Neuf. Après être descendus jusqu’ici, on comprend mieux le côté pratique du Pont Neuf !
Les bains arabes
Alors que je partais pour faire uniquement une promenade dans le centre historique de Ronda, je me suis arrêté aux bains arabes afin de tout de même faire une visite. Au moins celle-ci, je l’aurai faite sous le soleil. Les bains arabes de Ronda datent du XIIIe et du XIVe siècle et sont bien conservés. On découvre pendant la visite les trois salles sous un plafond voûté et percé d’ouvertures en forme d’étoiles. Dans la dernière salle, un petit film fournit plus d’explications. Il permet de mieux repérer la roue et l’aqueduc, ainsi que de mieux comprendre le fonctionnement de l’ensemble. C’était d’autant plus intéressant que sans ce petit film, les bains arabes de Ronda seraient très semblables à tous les autres que nous avons visités dans les villes précédentes.

La visite dure une demi-heure et coûte 4.50€.
La porte Almocabar et les murailles de Ronda
Après la visite des bains arabes, il faut remonter jusqu’à la rue principale, au niveau de laquelle on tourne à gauche. Avant cela, nous passons devant le minaret de Saint Sébastien. Il appartenait à une mosquée aujourd’hui disparue. Il tient son nom de Saint Sébastien du fait qu’il a ensuite été le clocher de l’église Saint-Sébastien. Mais le temps n’a pas davantage épargné l’église que la mosquée. On distingue trois étages, les deux premiers sont ceux du minaret, tandis que le troisième est un ajout du temps ou la tour était un clocher.

La route principale débouche sur la porte Almocabar et un fragment de l’ancien mur d’enceinte de Ronda. Nous passons ici sous l’un des plus beaux fragments de ce mur, bien que celui se trouvant à l’est soit bien conservé également. La porte Almocabar a été construite au XIIIe siècle. Elle se trouvait près du cimetière et se compose de deux grandes tours et de deux portes. L’ouvrage défensif de la ville comprenait également une kasbah, dont les ruines dominent aujourd’hui encore la porte Almocabar.


Je me suis ensuite promené à l’ouest de Ronda, un début de promenade que je compléterai le lendemain. J’en parlerai un peu plus tard dans l’article.
Le palacio de Mondragon
Après cette petite promenade, j’ai visité le palais de Mondragon. Ce bâtiment mêlant les styles mudéjar et Renaissance construit en 1314, et qui servait de résidence au gouverneur de la ville, se constitue de cours intérieures et d’un jardin offrant une belle vue depuis la falaise. De l’édifice original, il ne reste presque rien. C’est à partir du XVIe siècle que l’on reconstruit progressivement les bâtiments. Les cours, aménagées à trois époques différentes, présentent de ce fait trois styles distincts. On trouve ainsi une cour de style mudéjar, une de style castillan du XVIIe siècle et une troisième cour du XVIIIe siècle.

L’autre intérêt du palais est qu’il héberge le musée de Ronda depuis 2006. C’est très intéressant car on y explique une longue période de temps, de la préhistoire à l’Antiquité tardive/début du Moyen-Âge. De nombreux panneaux expliquent, en espagnol et en anglais, l’histoire de toute cette période dans la région de Ronda en le remplaçant dans le contexte de ce qu’il se passait dans le bassin méditerranéen par exemple. On découvre aussi des grottes de la région, comment elles se forment, avec même une reconstitution dans l’une des salles. Enfin, des panneaux présentent toute la région de Ronda, si vous voulez parcourir les alentours ! La visite coûte 4€ et dure au moins une heure.
Parmi ce qu’on apprend au musée, je citerais les différentes formes d’habitats dans la région. Les paysans libres cultivaient des terres pour leur autosuffisance alimentaire. Ils s’installaient dans les montagnes afin d’échapper à l’autorité des seigneurs, grands propriétaires de terres. Ils trouvaient dans les montagnes un relief propice à leur défense. Des hauteurs de la montagne, les habitants pouvaient voir le danger arriver. C’est ainsi que des paysans pouvaient fonder des villages. Ils construisaient des murs défensifs autour de leurs villages.
Les aristocrates entretenaient un lien féodal avec des paysans. Ils concentraient leur activité autour d’une tour de défense. Ils commercialisaient le surplus de production et s’inséraient ainsi dans le commerce régional.
Enfin, les grottes de la région sont aussi au programme. En effet, l’eau ne s’est pas contentée de couper la falaise de Ronda en deux. Elle a aussi formé des grottes dans les montagnes de la région.
Les visites principales dans la vieille ville de Ronda
Je voulais initialement consacrer la deuxième journée à une randonnée autour de Ronda. Mais de la pluie était prévue, alors j’ai gardé des visites d’intérieur pour cette deuxième journée.
Visiter le pont Neuf
Le Pont Neuf est construit entre 1751 et 1793, d’où son appellation. D’ailleurs, avant cette date, c’était le Vieux Pont qui s’appelait “Pont Neuf” ! En 1735, le roi Philippe V lance la construction d’un nouveau pont mais celui-ci s’effondre. Quarante-deux ans seront nécessaires pour édifier l’ouvrage actuel. Un temps plus long que les huit mois prévus initialement pour le premier pont, mais au moins est-il toujours debout aujourd’hui ! D’une hauteur de presque cent mètres, il est a priori moins exposé aux crues du Guadalevin. Monument le plus connu de Ronda, il permet de relier la vieille ville au reste de la cité. Il sert aussi d’aqueduc pour acheminer de l’eau vers le quartier de la Ciudad, qui sinon manque cruellement de source d’eau potable.
Nous pouvons voir une petite fenêtre sous l’arche principale. Cette salle servit de prison. Ce qui est sûr, c’est que les prisonniers n’ont pas dû s’évader en passant par la fenêtre ! Désormais, on peut y visiter un musée qui présente la construction du pont, le développement urbain de Ronda, des anciennes photos de la ville et des photos de célébrités qui y sont passées (sans les noms donc il faut les reconnaître !).
La visite dure vingt minutes et coûte 2.50€.
Monument emblématique de Ronda, le pont neuf peut être admiré depuis plusieurs endroits, comme nous l’avons déjà vu et le verrons un peu plus tard.
Profitons d’être au cœur de la ville pour dire quelques mots sur sa situation particulière. La région de Ronda fait partie de la Serrania de Ronda, une chaîne de montagnes qui s’est formée par un soulèvement tectonique. Le plateau de Ronda se compose de roches sédimentaires qui sont assez résistantes à l’érosion, et qui se sont formées dans un milieu marin peu profond, il y a plusieurs millions d’années. L’eau de la rivière a trouvé des failles dans le plateau de Ronda et a agrandi ces fissures, jusqu’à creuser une gorge de plus en plus profonde. C’est ainsi que le Tajo de Ronda a vu le jour. Les roches n’ont pas toutes la même résistance à l’érosion. C’est ainsi que les roches les plus dures ont résisté et ont formé les falaises abruptes sur lesquelles on a construit la ville de Ronda.
L’église Sainte-Marie la majeure

L’église Sainte-Marie la majeure domine la place principale de la vieille ville. Elle prit la place de l’ancienne mosquée du XIIIe siècle après la conquête de la ville par les Rois Catholiques. L’intérieur de l’église a été enrichi au cours des siècles de décorations de styles Renaissance et baroques. La visite permet de découvrir plusieurs retables sous les ogives gothiques. L’élément caractéristique de cette église est sûrement le chœur en bois de cèdre séparant l’édifice en deux parties. A noter également les peintures (datées de 1982) par Raymonde Pagegie, une artiste française. La crypte présente de nombreuses copies de manuscrits anciens.
Prévoyez une heure pour la visite de l’église, qui coûte 4.50€, audioguide inclus.
La maison du roi maure
L’endroit se compose d’un jardin, d’une mine et d’une maison. La maison est d’ailleurs le seul élément des trois que l’on se contente de voir de l’extérieur durant la visite de la maison du roi maure. Tout d’abord, on découvre le jardin, aménagé par Jean-Claude Nicolas Forestier, un français qui a travaillé avec le maréchal Lyautey au Maroc, et qui a également aménagé le parc Maria Luisa à Séville.

Juste après la maison du roi maure, nous bénéficions d’un beau point de vue sur les maisons de Ronda et la falaise creusée par la rivière.

Puis, nous descendons dans la mine. Un escalier de 187 marches mène jusqu’au niveau de la rivière ! Il passe devant un lieu où les prisonniers étaient retenus captifs, une salle du trésor de la princesse, la salle des gardes… Tout cela a été aménagé en profitant d’une fissure dans la falaise, que l’on a pu agrandir.

La visite permet d’en apprendre plus sur le système défensif qui protégeait Ronda, et comment celui-ci a été contrecarré par les armées des Rois Catholiques, qui sont entrés par la mine, grâce à la complicité d’un habitant de Ronda. L’approvisionnement en eau ayant été coupé, la ville a dû se rendre. L’ouverture qu’ils ont faite pour y entrer est encore visible. Ce fût également pour moi l’occasion de prendre quelques photographies animalières.

La visite se fait avec un audioguide à partir d’une application à télécharger sur son téléphone. L’application fonctionne avec le bluetooth, et c’est la localisation du téléphone par rapport à une borne qui déclenche l’explication associée.
Là aussi, la visite m’a pris une heure. Elle est par contre plus chère que celle de l’église, puisque le tarif est de 10€.
Une randonnée à l’ouest de Ronda
Finalement, la pluie n’est pas arrivée et l’après-midi était ensoleillé. Je me suis donc lancé dans une promenade à l’ouest de Ronda. Depuis la porte Almocabar, il faut tourner à droite sur la rue du Prado. Rapidement, deux choix s’offrent au promeneur : continuer tout droit et tourner à gauche. La veille, j’avais continué tout droit, c’est pourquoi j’ai choisi cette fois de tourner à gauche.
Commençons par parler du chemin qui continue tout droit. Il nous mène à un point de vue sur le pont neuf. Un autre chemin permet de s’en approcher davantage. Pour le trouver, c’est très simple : suivez les voitures ! Il y a en général toujours au moins quelques personnes à ce point de vue.


Un peu plus haut, nous pouvons voir des vestiges du mur d’enceinte de Ronda. Après être passé sous une petite arche du XIIe siècle, un chemin s’approche du pont. A plusieurs reprises, il y a deux chemins possibles. Je les ai tous un peu explorés et il semblerait que ce ne sont pas des chemins très praticables. Ils se terminent souvent en cul-de-sac ou dans les buissons, de sorte qu’on puisse penser que personne ne les a empruntés depuis un certain temps ! En revanche, il y a bien un chemin qui s’approche du sentier aérien en préparation, qui devrait ouvrir dans les prochaines années.
Parlons maintenant de la route qui tourne à gauche. Le chemin est plus long, puisqu’elle s’éloigne de Ronda. Sur Google Maps, je peux voir que cette route passe par “Ronda best viewpoint”. Je devais aller le voir ! Effectivement, je ne peux que le recommander. En plus, il n’y avait personne.

Sur une distance de 3 kilomètres, la route parcourt un paysage de campagne, ce même paysage qui était visible depuis les points de vue près de l’Office du Tourisme.
La route descend longuement jusqu’à traverser une petite rivière et monte après des écuries. Puis sur la droite, il y a des pins et des panneaux de direction, juste après être passé devant un hôtel. Il faut prendre à droite (direction Ronda 20 minutes). Nous longeons alors un point de vue à droite et des pins à gauche.

Nous continuons tout droit, il y a ensuite un mur à droite. Il ne faut pas aller vers la route très fréquentée. Le mur fait place à un grillage puis il y a de nouveau deux chemins possibles. Cette fois il faut aller à gauche car celui de droite descend. C’est par là que je serais arrivé si j’avais pris le chemin court. On longe ensuite un muret et on arrive à Ronda.
C’est l’occasion de passer devant cette peinture murale qui nous souhaite bienvenue à Ronda et de contempler une nouvelle fois le paysage depuis le mirador de la Vierge du Rosaire.


Enfin, nous suivons la rue Jerez qui nous mène devant l’église Notre-Dame de la Miséricorde, que je n’ai pas visitée car elle était toujours fermée lorsque je passais devant. La promenade se termine devant les arènes de Ronda et la place d’Espagne.
Des arènes que je n’ai pas visitées, mais je vais quand même en dire deux mots. Elles sont parmi les plus anciennes d’Espagne. Inaugurées en 1785, elles virent évoluer le célèbre toréro Pedro Romero. Avec sa famille et ses collègues, il remit au goût du jour les corridas à pied et établit les règles de la corrida moderne, telles que nous les avons évoquées lors de notre visite des arènes de Séville. Ayant déjà visité ces dernières, je n’ai pas visité celles de Ronda. J’ai privilégié les autres monuments historiques.
Bonus avec d’autres visites de musées
Un imprévu dans la visite des villages blancs, que je développerai dans le prochain article, a fait que j’ai logé à Ronda plus longtemps que prévu. J’ai alors pu faire quelques visites supplémentaires que je présente dans cette partie.
La maison-musée de Don Bosco
La maison de Don Bosco est une demeure de style maniériste construite au milieu du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Les religieux de l’Ordre des Salésiens en ont hérité, afin de s’en servir comme maison pour les prêtres âgés et malades. Une fonction que la maison avait encore récemment. A l’intérieur, nous découvrons une cour intérieure, des carreaux de faïence sur les murs, des tapisseries et du mobilier en bois de noyer. Le tout est d’époque. La maison de Don Bosco dispose également d’une terrasse et d’un jardin au bord de la falaise, qui offre un paysage sur l’ouest de Ronda, ainsi qu’une nouvelle perspective sur le Pont Neuf.


La visite du musée Don Bosco coûte 2.50€. Je ne me souviens plus combien de temps cela m’a pris, mais c’était assez rapide.
Le musée Joaquin Peinado
Ce musée d’art est consacré au peintre Joaquin Peinado. Né à Ronda, c’est un ami de Picasso, dont l’influence lui a inspiré les formes abstraites et le style cubiste.
D’abord voué à une toute autre carrière – il suit des études de commerce à Séville – il intègre finalement l’Académie royale des Beaux-Arts à Madrid, où il a comme professeur, entre autres, Julio Romero de Torres. En 1923, il va à Paris où il rencontre Picasso et intègre le cercle de l’Ecole espagnole de Paris. Revenu en Espagne, il remporte en 1927 le prix de peinture du Conseil de Malaga et participe à des expositions de l’avant-garde espagnole. Il vit à Paris pendant la guerre civile et la Seconde Guerre mondiale puis en 1969, il devient membre de l’Académie royale des Beaux-Arts de San Telmo, à Malaga. Il meurt à Paris en 1975.
Le musée retrace toute l’évolution du style du peintre, dans un bâtiment historique de Ronda : un palais du XVIIIe siècle.
Il faut bien 40 minutes pour visiter le musée Joaquin Peinado, pour un tarif de 4€.
La Casa del Gigante
La Casa del Gigante est une maison de style nasride construite à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle, bien conservée. En plus de découvrir l’intérieur de la demeure, le visiteur peut en apprendre plus sur la vie dans la cité à l’époque de sa construction. La maison doit son nom, non pas à sa taille, mais à la statue en pierre qui y a été découverte.

La visite de la Casa del Gigante dure vingt minutes et coûte 2.50€.
Le sanctuaire de Marie l’Auxiliaire
Face à l’église Sainte-Marie la Majeure, le sanctuaire de Marie l’Auxiliaire est un édifice récent, ouvert en plein milieu du XXe siècle. Pour y aller, il a fallu braver la forte pluie qui tombait alors. L’élément qui distingue cette église est sûrement la présence de peintures sur les murs, sur lesquels on reconnaît par exemple le Pont Neuf.
Des tickets combinés pour faire du tourisme à Ronda
Parmi les documents que j’ai obtenus à l’Office du Tourisme, un dépliant présentait un pass d’entrée à plusieurs musées de la ville. Pour 12€, le ticket municipal donne ainsi accès au centre d’interprétation du Pont Neuf, à la Casa del Gigante, aux bains arabes, au Palais de Mondragon, au couvent de Saint Domingue et au musée Joaquin Peinado. Le ticket premium ajoute au ticket de base l’accès à l’église Sainte-Marie la Majeure, à la maison Don Bosco, au musée Lara et au musée des calèches, pour un prix total de 25€.
J’aurais peut-être pu prendre le premier ticket, mais il faut préciser que j’ai visité des musées que je n’avais initialement pas prévu…
Où dormir à Ronda ?
J’ai passé toutes mes nuits dans un AirBnB chez un certain Salvador. J’étais à une dizaine de minutes à pied du centre. Salvador est un écrivain et fait aussi de la peinture. C’était très intéressant d’en discuter avec lui, malgré la barrière de la langue, que je surmontais tant bien que mal. Il ne faut cependant pas avoir peur des animaux. Les deux chiens ne sont pas méchants, mais l’un d’eux est très (trop !) affectueux ! Je logerais de nouveau chez Salvador sans hésitation si je retournais à Ronda !
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Le mot de la fin
Après plus de deux jours passés à Ronda, je peux dire que je comprends bien pourquoi elle attire autant de touristes. Bien sûr, j’ai photographié le Pont Neuf sous tous les angles possibles, mais j’ai pu découvrir le riche patrimoine de la ville en visitant le palais de Mondragon, l’église Sainte-Marie la Majeure, ou la maison du roi Maure afin de mieux comprendre son passé. Ronda constitue ainsi une formidable introduction aux villages blancs, qui arriveront donc bien logiquement dans le prochain article.



3 réflexions sur « Visiter Ronda de son pont à ses paysages incroyables »
Merci pour ce passionnant reportage @Thibaudvoyage ! Je ne suis jamais allée en Andalousie, mais sûr qu’un jour j’irai à Ronda, l’article incite au voyage.
Super, j’espère que tu partageras un projet en lien avec Ronda sur ton blog !
Sans aucun doute !