Visiter le 20e arrondissement de Paris

Visiter le 20e arrondissement de Paris

Nous voici arrivés à la dernière étape de notre découverte de Paris : le 20e arrondissement. Au nord-est de la capitale, il a commencé son développement plus tard que les autres. Malgré des aménagements urbains récents et pas toujours respectueux du passé, le 20e arrondissement a gardé une ambiance de campagne, à la lisière de la capitale. Il a aussi conservé plusieurs cités ouvrières, rappelant que ces villages ont longtemps accueilli une population pauvre, avant de se gentrifier en partie ces dernières années. Le célèbre cimetière du Père Lachaise ne doit pas éclipser les autres lieux plus méconnus qui valent le détour, parfois pittoresques, incongrus ou vestige d’un passé que les récents aménagements n’ont pas réussi à effacer.

Un peu d’histoire

Le territoire de l’actuel 20e arrondissement est longtemps une zone de campagne, où des religieux s’installent au milieu des champs. Au XIIIe siècle apparaît le village de Belleville, dont le nom proviendrait non pas du fait qu’elle est belle, mais de la belle vue que l’on a depuis ses hauteurs. C’est aussi de cette époque que proviennent les premières traces de Ménilmontant. Montant vers les hauteurs de Belleville peut-être. C’est l’abbaye de Saint-Magloire qui s’installe en ces lieux, avec notamment un vignoble reçu du roi Robert le Pieux. De nombreuses communautés religieuses la rejoignent.

En plus de l’agriculture, les abbayes exploitent les sources jaillissant de la colline. Elles fournissent de l’eau aux Parisiens, qui la préféraient sûrement à l’eau de la Seine ! La hauteur des sources facilitait son transport vers la capitale, notamment via l’aqueduc de Belleville.

De riches parisiens viennent installer dans ce coin de campagne leur résidence de villégiature, qui leur permet le temps d’un week-end d’échapper à l’animation parisienne. Ils sont nobles, riches marchands, ou filles de roi. En 1719, la duchesse d’Orléans fait l’acquisition du domaine de Bagnolet. Mais cinquante ans plus tard, Louis-Philippe d’Orléans le vend à un orfèvre et un horloger qui spéculent sur le terrain et en vendent la quasi-totalité en lots.

Au milieu des activités agricoles, des cabarets se développent. Accueillant les habitants des villages ou les bourgeois parisiens en repos dans leur maison de campagne, ils proposent du vin local. Tout ce commerce profite de la localisation en dehors de la barrière d’octroi. Une barrière qui devient physique au XVIIIe siècle, mais qui n’arrête pas la contrebande. Progressivement, les grands domaines sont vendus les uns après les autres et la Révolution termine le travail avec la vente des derniers biens ecclésiastiques.

Alors que le Premier Empire se termine, Belleville et Charonne sont encore deux villages de campagne. La population de Belleville atteint 8000 habitants. Elle se développe ensuite rapidement, en même temps que l’idée d’un mur d’enceinte autour de Paris. Les discussions vont bon train pour décider de la forme et de l’emplacement que doivent prendre ces fortifications. Les habitants de Belleville, dont les terres seraient traversées, s’y opposent. Finalement, Belleville et Charonne se retrouveront presque intégralement incluses dans le mur d’enceinte.

En 1860, la population de Belleville atteint 60000 habitants. C’est ainsi la treizième ville la plus peuplée de France ! Les bourgeois s’installent en son centre, tandis que les classes ouvrières occupent les faubourgs. L’aménagement se fait d’abord grâce aux initiatives privées, de façon plutôt anarchique. Des usines viennent s’installer, chassées du centre de Paris. Elles trouvent ici de la main d’œuvre, la population étant majoritairement ouvrière. En outre, nombreux sont les ouvriers à avoir travaillé avant cela dans le cadre des Ateliers Nationaux, mis en place par la Seconde République pour répondre à la crise consécutive à la révolution de 1848.

Le rattachement de Belleville à Paris en 1860 coupe la ville en deux, entre le 19e et le 20e arrondissement. Il représente pour la commune une aubaine pour lui permettre des aménagements impossibles jusque-là. Les spéculateurs espèrent quant à eux vendre leurs terrains lors de travaux d’aménagements du baron Haussmann. Mais leurs espoirs vont être rapidement déçus : l’éclairage public et le meilleur réseau hydraulique se font attendre, les aménagements Haussmanniens ne sont pas de grande importance, et les commerces sont maintenant soumis à l’octroi parisien. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, les habitants de Belleville s’engagent dans la Garde Nationale. Ils se joignent en masse à la Commune et le quartier conservera une image de révolutionnaires. 

L’aménagement des rues principales se fait sous la IIIe République et amène une population plus aisée. Le 20e arrondissement devient une terre d’accueil pour des immigrés, par exemple des juifs ashkénazes chassés d’Europe centrale. Entre les deux guerres, on construit des ensembles de HBM. Après la Seconde Guerre mondiale, nombre de logements ouvriers sont considérés insalubres et sont détruits. Ils laissent progressivement place, au grès du budget disponible pour la construction, à des immeubles plus ou moins modernes. Heureusement, l’urbanisme tend maintenant à privilégier la réhabilitation et essaie de conserver des activités artisanales et des petits jardins dans le 20e arrondissement.

Promenade à Belleville

Petite histoire de Belleville

Déjà commencée dans la partie précédente, l’histoire de Belleville est celle d’une commune de campagne, proche de Paris. Elle se rapproche donc tout d’abord de celle d’autres villages dont nous avons parlé dans les articles parisiens précédents. Au Moyen-Âge, elle est d’abord marquée par plusieurs dons royaux aux différentes abbayes parisiennes, qui participeront à l’aménagement du territoire. Puis, de riches bourgeois parisiens y construisent des demeures. A la fin du Moyen-Âge, les cultures de vignes se répandent. Le développement de Belleville se fait au gré des guinguettes et reste longtemps assez modéré. Ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il va s’accélérer, mais de façon non organisée. Des ouvriers, chassés des quartiers centraux, s’entassent notamment à Belleville.

Le peu de ressources des habitants de Belleville entraîne une mauvaise conservation des édifices. Ainsi, une première série de rénovations touche le quartier dans les années 1960 et 1970. Les petits immeubles et rues étroites laissent place à de grands immeubles et de longues et larges rues. Dans les années 1980 et 1990, une deuxième série de rénovations est mise en place. Celle-ci se concentre davantage sur la réhabilitation de l’ancien parc de logements et l’aménagement d’espaces verts, tout en préservant l’activité artisanale du quartier.

Autour de la rue de Belleville

Notre promenade débute dans la rue de Belleville, que nous avons déjà visitée lors de l’article précédent. La rue de Belleville marque en effet la séparation entre le 19e et le 20e arrondissement. Tout de suite à droite, la rue Dénoyez est le royaume de l’art urbain du 20e. Les dessins ornent les murs sur toute la longueur de la rue.

rue avec boutiques couvertes de graffitis
Tout a l’air fermé !

Les portes de la rue Belleville cachent des petits chemins et des cours verdoyants. C’est par exemple le cas du numéro 18 et du numéro 35, que j’ai pu apercevoir à la sortie d’un résident. L’immeuble 51 contraste un peu avec les autres immeubles plutôt communs de ce début de la rue de Belleville. Au numéro 72, une plaque indique le lieu de naissance d’Edith Piaf, qui est en fait née à l’hôpital Tenon.

Faisons demi-tour et tournons à gauche, rue Piat. Nous trouvons sur la droite une entrée du parc de Belleville.

Le parc de Belleville

Le parc de Belleville se trouve sur la colline de Belleville, où on cultivait au Moyen-Âge de la vigne. Une carrière de gypse ouvre, remplaçant progressivement l’activité agricole, les ouvriers des carrières prenant la place des vignerons. Le parc de Belleville, contrairement au parc des Buttes-Chaumont avec lequel il partage un passé minier, ne date pas des travaux du baron Haussmann. En effet, il est conçu par l’architecte François Debulois et le paysagiste Michel Viollet en 1988. 1200 arbres de plusieurs espèces différentes se trouvent dans le parc, et offrent de l’ombre bienvenue pour les promeneurs faisant une pause sur les bancs. Quelques vignes témoignent du passé viticole de la colline de Belleville.

Quelques mètres après l’entrée que nous avons empruntée, un escalier descend jusqu’à une rue en contrebas. Nous bénéficions d’une première vue sur Paris, notamment sur la tour Eiffel. Mais le principal panorama est visible depuis le belvédère de Belleville, rue Piat. Le Panthéon, la cathédrale Notre-Dame… Je vous laisse reconnaître les lieux que nous avons visités lors de nos promenades parisiennes !

panorama avec la tour eiffel et la tour montparnasse
Nous ne terminons pas par le plus beau point de vue de Paris ! Mais on ne va pas couper tous les arbres !

Des villas au nord du parc de Belleville

Après la rue Piat, nous continuons d’abord avec la rue du Transvaal. Nous découvrons, à droite, la villa Castel, un agréable petit passage campagnard avec de la verdure. Mais celui-ci étant privé, nous nous contentons de le regarder depuis la grille d’entrée.

petite ruelle avec maisons, arbres et buissons
Photo à travers la grille ! Les habitants sont vraiment tranquilles ici.

Faisons demi-tour et tournons à droite, rue des Envierges. Cet ancien chemin dans le vignoble est aujourd’hui devenu une rue sans intérêt. Au numéro 9, la villa Faucheur était un lieu de résidence d’ouvriers, puis un repaire anarchiste dans la seconde moitié du XIXe siècle.

La rue des Envierges débouche sur une petite place tranquille. Remarquons le bâtiment au numéro 84 de la rue de la Mare, l’école Levert, dont la façade est en briques oranges et rouges, avec un auvent au sommet et les armoiries de Paris à l’angle des façades.

Découverte du réseau d’irrigation dans la rue des Cascades

Notre découverte du réseau d’irrigation de l’est de Paris a débuté dans l’article précédent, avec le regard de la Lanterne. D’autres regards se trouvent eux dans le 20e arrondissement. Pour les découvrir, prenons la rue des Cascades. Un autre bâtiment Art nouveau, au style semblable à celui du 84, rue de la Mare, se trouve aux numéros 78-80 de la rue des Cascades. Même briques colorées et des fleurs en hauteur. Un autre représentant de ce style se trouve au numéro 81. La façade est là encore en briques, certaines qui dessinent des fleurs sur le bow-window central.

Le premier regard que nous trouvons, au 42 rue des Cascades, est le regard Saint-Martin, édifié par les religieux du prieuré Saint-Martin-des-Champs et ceux du prieuré hospitalier du Temple, comme indiqué par l’inscription, et rénové en 1633. Le deuxième est le regard de la Roquette, visible depuis le 41 rue des Cascades, en contrebas, et le 38 rue de la Mare. Il se trouve sur l’une des anciennes sources des eaux de Belleville. L’édifice actuel date de la première moitié du XVIIe siècle. Enfin, le troisième regard, le regard des Messiers, se trouve dans la cour d’un immeuble, et est un peu plus caché que les deux précédents. Datant de 1822, il serait ainsi plus récent que les deux autres. Son appellation fait référence aux gardes qui étaient chargés de surveiller les vignes, les messiers.

Le regard Saint Martin, deux yeux, une bouche…
petite maisonnette en pierre cachant un regard
Le regard de la Roquette est un peu timide !

A quoi ça sert, tous ces regards ?

Depuis le XIIe siècle, l’eau de Belleville est utilisée pour alimenter Paris en eau potable. Cela se traduit aujourd’hui dans le nom de certaines rues. Pour acheminer l’eau des côtes de Belleville jusqu’à Paris, on construisait des sortes de canalisations en pierres qui menaient à des réservoirs. Pour pouvoir les inspecter, on creusait un trou, recouvert par un petit bâtiment : un regard. Il permettait de regarder ce qu’il se passait au niveau des réservoirs et des canalisations.

Enfin, signalons que quelques œuvres d’art urbain décorent les murs d’immeubles de la rue des Cascades.

couple s'embrassant avec des masques contre le covid-19
Un petit souvenir d’une époque révolue !

Autour de la rue de Ménilmontant

Nous arrivons sur la rue de Ménilmontant, depuis laquelle nous pouvons profiter d’un point de vue sur Paris. On reconnaît notamment le Centre Beaubourg. La rue de Ménilmontant menait au hameau de Ménilmontant, et pour monter, elle monte ! Au niveau de la place Jean-Ferrat, en bas, nous sommes à 54 mètres d’altitude tandis que l’entrée de la rue Saint-Fargeau, à l’autre bout, culmine à plus de 100 mètres.

La fresque de Jérôme Mesnager

Aux numéros 54-56, face au panorama sur Paris, Jérôme Mesnager a réalisé en 1995 une grande fresque : La Ronde des p’tits gars de Ménilmontant. Une phrase chantée par des personnages peints en blanc sur une façade rouge.

L’église Notre-Dame de la Croix

Les habitants de Ménilmontant vont longtemps célébrer la messe à l’église Saint Jean-Baptiste de Belleville. Il faut attendre 1823 pour qu’une première chapelle soit construite à Ménilmontant. Car elle devient rapidement trop petite, l’architecte Louis-Jean-Antoine Héret construit une nouvelle église entre 1863 et 1880. Si la première chapelle est devenue trop petite, ce risque est moindre avec l’édifice actuel. En effet, avec ses 20 mètres de hauteur, 97 mètres de longueur et 38 mètres de largeur, l’église Notre-Dame de la Croix est la quatrième plus grande église de Paris ! Elle présente un mélange de styles néo-roman et néo-gothique et son clocher est visible de loin. Il faut dire qu’elle se trouve déjà en hauteur, si bien qu’un escalier mène à l’entrée, pour compenser la pente.

Les portes d’entrée sont surmontées d’intéressants tympans et donnent accès à un vaste intérieur dont le plafond est soutenu par des arcs en fonte visibles. Les principaux éléments décoratifs de l’église Notre-Dame de la Croix sont les chapiteaux stylisés, les culots représentant des visages humains et surtout de nombreux tableaux. Plusieurs sont de potentielles copies, d’autres sont des œuvres authentiques. C’est le cas de La mort de Joseph, par Jean-Jacques Lagrenée, et de La descente du Christ aux limbes, par Pierre-François Delorme, représentant des thèmes originaux. Dans le transept droit, Albert Chanot a réalisé une œuvre composée d’une sculpture représentant le Christ en croix et la Vierge, devant un tableau dépeignant l’Histoire de l’humanité souffrante et sauvée.

D’autres tableaux se trouvent dans le déambulatoire, et notamment dans la chapelle de la Vierge,et des peintures émaillées ornent le maître-autel.

nef de l'église avec arcs en fonte soutenant le plafond visibles
Je vous laisse découvrir les peintures de l’église !

Faisons demi-tour jusqu’à la rue Boyer, à droite.

La rue Boyer

Au numéro 21 se trouve l’ancien bâtiment de la Bellevilloise. C’est aujourd’hui une salle de concert et d’expositions mais à sa création en 1877, c’était une coopérative ouvrière. Elle propose à ses membres des produits de consommation courante à des prix attractifs, en les achetant en masse aux producteurs. Grâce à ses bénéfices, dont profitent les sociétaires, elle finance des actions sociales, telles que des occupations pour les enfants, l’ouverture d’un cinéma, d’une bibliothèque… Elle propose également des services de santé, des caisses de prêts ou de secours, etc. C’est enfin un haut lieu du militantisme ouvrier et des conférences et rassemblements politiques y ont lieu. La coopérative fait faillite en 1936, faisant face à des difficultés économiques et affectée par la faillite de la Banque ouvrière et paysanne. Elle prolonge certaines de ses activités jusqu’en 1939.

L’édifice au 21, rue Boyer, construit de 1908 à 1911, se veut une maison du peuple. Au numéro 25, un nouvel édifice est construit en 1927 pour compléter le premier et fêter le cinquantième anniversaire de la coopérative. A l’intérieur se trouve la Salle Lénine, aujourd’hui le Solaris, une salle de spectacle de style Art déco, comme le reste du bâtiment. Le marteau et la faucille ornent un bas-relief au-dessus de la grille d’entrée, rappelant la fonction première du bâtiment.

édifice en briques avec de grandes baies vitrées
La Maison du Peuple (21 rue Boyer).
bâtiment de la bellevilloise en briques avec grandes fenêtres et mosaïques
La Bellevilloise au 25 rue Boyer

La Maison du Peuple accueille le siège d’une caisse de retraite après la Seconde Guerre mondiale puis devient un siège social. Elle rouvre en 2005 sous la forme de salle d’exposition, salle de débats ou encore salle de concerts. La salle Lénine voit son cinéma fermé en 1939. Un nouveau ouvre jusqu’en 1956, date à laquelle le bâtiment devient une cantine d’entreprise puis un théâtre. La salle est réhabilitée en 2018 et prend le nom de Solaris. Le Solaris est désormais une salle pour des événements privés comme des mariages ou des tournages de films. 

En parlant d’Art déco, c’est un style que l’on retrouve dans l’immeuble au numéro 107 de la rue de Ménilmontant. Ici aussi, les briques oranges sont un élément important de la façade. Continuons sur la rue de Ménilmontant et remarquons à gauche la Cité de l’Ermitage.

La Cité de l’Ermitage

En quelques mètres, la Cité de l’Ermitage permet de s’échapper de l’animation de la rue de Ménilmontant. Les grands immeubles et les voitures laissent place à un petit chemin à l’ombre des arbres. Un cadre bucolique, vestige d’une ancienne cité ouvrière, et qui a conservé l’atmosphère de l’ancien Belleville. Ce n’est pas le seul endroit dans ce cas, comme nous le verrons bientôt.

petite ruelle à l'ombre des buissons des jardins des maisons

La rue du Retrait

On trouve dans la rue du Retrait, située un peu plus loin, à droite, le théâtre de Ménilmontant, rouge, à côté d’une école colorée, et une peinture urbaine au numéro 17.

théâtre rouge et école rouge décorée de plusieurs autres couleurs
Le résultat des cours d’art plastique de l’école ?

Retournons sur la rue de Ménilmontant et continuons notre promenade.

Le Pavillon Carré de Baudouin

Le Pavillon Carré de Baudouin est une folie datant du XVIIIe siècle, dont Nicolas Carré de Baudouin fût l’un des premiers propriétaires. Il fît construire la façade de style palladien avec les quatre colonnes ioniques. Elle fût plus tard la propriété de la famille Goncourt et devint ensuite un orphelinat. La ville de Paris la rachète en 2003 et y ouvre un espace culturel avec un auditorium, des salles d’expositions et des bureaux d’associations.

pavillon avec une façade de style palladien
Je me demande à quoi ressemblait sa demeure principale si ceci est sa maison de vacances !

Nous allons maintenant à gauche, rue des Pyrénées. Tout de suite à gauche se trouvent deux petites voies.

Autour de la rue des Pyrénées

La Cité Leroy

A droite, la Cité Leroy conserve une ambiance villageoise. Créée en 1869, cette cité ouvrière possède alors un puits et une fosse d’aisance. Toute une partie de la cité aurait pu disparaître à la fin du XXe siècle, laissant place à un projet immobilier. Mais la mobilisation des habitants et la fragilité du sol empêchent le projet de voir le jour.

petite ruelle avec maisons de campagne

La Villa de l’Ermitage

Créée la même année que la Cité Leroy, la Villa de l’Ermitage est une étroite ruelle encadrée par des maisons ou des immeubles bas. Sa particularité est sa verdure, si bien qu’on a l’impression de faire un tour en forêt ! Mais il nous faut revenir dans la rue des Pyrénées pour la suite de notre visite. On l’avait presque oubliée, cette grande rue !

petite ruelle à l'ombre des arbres avec des petites maisons

Quelques bâtiments d’intérêt

Dans la rue de l’Est, l’église Notre-Dame des Coptes a remplacé la Compagnie parisienne de distribution d’électricité. Au 296 rue des Pyrénées, le gymnase des Pyrénées s’est installé dans un bâtiment en brique, dont le haut présente une architecture en métal avec de grandes verrières, typique de l’architecture industrielle de la fin du XXe siècle. Au numéro 324, c’est un immeuble de style éclectique qui se présente à nous, avec notamment plusieurs styles de fenêtres. Un peu d’art urbain se trouve au 88 rue des Rigoles, sur la place Henri Malberg, autour d’une grille donnant accès à une voie avec ce qui ressemble à des garages individuels.

Nous tournons à droite, rue Levert ou plus loin, rue de Belleville, puis de nouveau à droite, rue Olivier Métra.

La villa Olivier Métra

La villa Olivier Métra, créée en 1906 sur une parcelle de vignes, n’est qu’une partie de la voie d’origine. Cette cité ouvrière est un autre témoignage de l’ancien Belleville, ayant échappé aux aménagements urbains ayant eu lieu dans le quartier au cours du XXe siècle.

ruelle avec maisons et végétation
Le 20e arrondissement est une très bonne visite lors des chauds mois d’été.

Les travaux menés par le baron Haussmann ont peu touché le 20e arrondissement. L’urbanisme s’est fait de façon non organisée autour des voies préexistantes, ce qui explique la présence de nombreuses ruelles aux airs de campagne comme celles dont il a été question jusqu’ici dans cet article. L’absence d’aménagements Haussmanniens a limité la spéculation sur les terrains, ce qui a de fait sûrement permis la construction de cités ouvrières.

La rue Olivier Métra coupe la rue Pixérécourt, que nous traversons pour prendre le passage de la Duée.

Le quartier Saint-Fargeau

Un peu d’histoire du quartier Saint-Fargeau

Le quartier Saint-Fargeau occupe en partie l’ancien parc du château de Ménilmontant. Il est en grande partie aménagé au XXe siècle, comme nous le verrons dans le style des bâtiments.

Autour du square des Saint-Simoniens

Le passage de la Duée

Le passage de la Duée est l’une des voies les plus étroites de Paris. Un peu moins de plantes dans ce petit passage, mais des bâtiments en bois avec un toit végétalisé. Il doit son nom à sa proximité avec la rue de la Duée, du nom d’une ancienne source.

Tournons à droite, rue de la Duée, puis à gauche rue Pixérécourt et enfin de nouveau à gauche, rue de Ménilmontant. Nous découvrons, à droite, la rue Hélène Jakubowicz.

Les HBM de la rue Hélène Jakubowicz

Tout autour de la rue Hélène Jakubowicz (du nom d’une résistante membre des Jeunesses communistes morte en déportation à Auschwitz) se trouve un groupe de HBM construit entre 1922 et 1928 par Louis Bonnier. Ce grand ensemble contient 584 logements et est organisé autour d’un parc central. Chaque immeuble présente un soubassement en pierres meulières, surmontées de murs en briques colorées. La rue Hélène Jakubowicz n’existait alors pas. Elle a été percée dans les années 1990, détruisant quelques immeubles au passage. Les grilles entourant les immeubles ont été retirées, reliant ainsi l’ensemble au reste du quartier.

grands immeubles en briques jaunes et rouges pour la décoration et les derniers étages
Une cité dans le 20e arrondissement.

L’église Notre-Dame de Lourdes

La rue Saint-Fargeau se trouve dans le prolongement de la rue de Ménilmontant. A l’angle de cette rue et de la rue Pelleport, l’église Notre-Dame de Lourdes se trouve au rez-de-chaussée d’un immeuble. Immeuble construit à l’emplacement d’une chapelle. L’architecte Jean Vidal aménage une église à l’intérieur sobre. Il se distingue cependant grâce à des vitraux modernes présentant les demandes faites par la Vierge à Bernadette Soubirous lors de son apparition à Lourdes, ainsi que par un bas-relief représentant Notre-Dame de Lourdes. Le chemin de croix est constitué de petites stations bleues avec des dessins blancs modernes. Enfin, on remarquera le vitrail de l’entrée, qui la différencie d’une entrée classique d’immeuble.

station représentant le christ crucifié en blanc sur fond bleu
Une représentation moderne de la crucifixion.
vitrail moderne représentant la crucifixion

Nous empruntons la rue Pelleport en direction du nord puis tournons à gauche, rue de la Duée.

Les petites maisons de la rue de la Duée

Cela est moins évident qu’avec la rue de la Mare ou la rue des Cascades, mais le nom de la rue de la Duée fait aussi partie du champ lexical de l’eau. En effet, la duée est une ancienne appellation pour désigner une source jaillissant de terre.

Au milieu des bâtiments sans charme, la villa Georgina et la rue Taclet se composent de maisons ouvrières ayant résisté aux aménagements même récents. Des oubliés des travaux, et tant mieux !

Faisons demi-tour et continuons rue Borrégo puis tournons à gauche, rue du Télégraphe.

Vers le cimetière de Belleville

La rue du Télégraphe

Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous visitons la bonne partie de la rue du Télégraphe, puisque l’autre côté semble n’être bordé que d’immeubles des plus quelconques. Au numéro 28, le bureau de poste se trouve au rez-de-chaussée d’un immeuble HBM en briques, certaines oranges formant des motifs. On reconnaît des fleurs au dessin stylisé.

Au numéro 29, l’immeuble de l’école publique du Télégraphe est de style Art déco, style principalement visible au niveau des grilles d’entrée et sur la partie centrale de la façade. La crèche se trouve quant à elle dans un édifice de style Art nouveau, style reconnaissable par les frontons des fenêtres et la mosaïque florale sous le auvent formé par le toit.

Le cimetière de Belleville

Nous arrivons plus loin à l’entrée du cimetière de Belleville, inauguré en 1804 pour compléter le cimetière de l’église Saint Jean-Baptiste de Belleville. Adjacent au cimetière, le réservoir de Belleville a été construit de 1862 à 1865 par Eugène Belgrand. La hauteur du site facilite la distribution de l’eau aux foyers en contrebas. Deux châteaux d’eau sont venus compléter l’ouvrage en 1919, alors que des immeubles de plus en plus grands étaient construits. Dans le cimetière, on trouve la tombe de Léon Gaumont, un pionnier de l’industrie du cinéma, et qui fonda la société Gaumont, ainsi qu’un monument à la mémoire des otages tués lors de la Commune de Paris. Nous en reparlerons bientôt.

tombes et château d'eau en arrière plan
Le gratte-ciel de Belleville.

Un autre personnage, bien qu’absent du cimetière de Belleville car enterré au cimetière du Père-Lachaise, est indissociable du lieu. Il s’agit de Claude Chappe. Vous vous souvenez de lui ? Sinon, je vais vous rafraîchir la mémoire.

Nous avons parlé de lui au cours de notre visite du 7e arrondissement. Au 103, rue de Grenelle, une tour Chappe se cache dans la cour. Plusieurs tours comme celle-ci vont mailler le territoire français à partir de la fin du XVIIIe siècle. Pour quelle raison ? Eh bien, ces tours permettent des liaisons télégraphiques. Claude Chappe est l’instigateur de cette nouvelle technologie, mais ses débuts furent mouvementés.

Tout commence alors que le jeune scientifique s’amuse à communiquer avec un ami grâce à des sémaphores. Il réalise vite que cette invention pourrait être utilisée à plus grande échelle. Afin de mieux l’étudier, il s’installe d’abord à l’emplacement de la place de l’Etoile, mais se fait voler son matériel. Il déménage alors en haut de la butte de Belleville.

Il n’y a pas encore de cimetière à cette époque. Mais sa drôle d’installation attire l’attention de révolutionnaires. Et si Claude Chappe cherchait à communiquer avec le roi Louis XVI ? Il échappe de justesse à la vindicte populaire, contrairement à son matériel. Finalement, il parvient à faire la démonstration de l’efficacité de son système à l’Assemblée et un premier message parti du Nord atteint Paris en seulement six heures. Des tours Chappe poussent alors dans tout le pays, formant une sorte de réseau 1G (ce n’est pas encore le haut débit !).

Comment ça marche, une tour Chappe ?

En fait, le système repose sur une communication optique. Une structure mobile permettait de faire des signes, chaque signe étant associé à une lettre. Des opérateurs présents dans chaque tour relayaient le message qu’ils recevaient de la précédente. Claude Chappe et sa famille furent ainsi les premiers opérateurs de télécommunication en France.

Un télégraphe à bras mobile a été placé sur la tombe de Claude Chappe, située dans le cimetière du Père Lachaise, 29e division. Elle est en retrait du chemin, à droite quand on regarde vers l’ouest. Vous pourrez ainsi voir à quoi cela ressemble.

En quelques décennies, le réseau de tours Chappe couvre 5000 km. Il ne faut plus que neuf minutes pour transmettre un message de Lille à Paris ! Mais le réseau Chappe va rapidement disparaître. En effet, la première ligne de télégraphe électrique voit le jour en France en 1845 et relie Paris à Rouen.

De nos jours, l’un des grands dangers d’internet est d’être victime d’un piratage. Mais le réseau d’avant était-il plus sûr ? Entre 1834 et 1836, le réseau de tours Chappe a été victime d’une sorte de piratage. Les frères François et Joseph Blanc sont deux hommes d’affaire bordelais. Ils comprennent vite l’intérêt de ce nouveau système de communication rapide. Ainsi, ils décident d’utiliser le réseau de tour Chappe afin de connaître avant tout le monde le cours de la Bourse de Paris. Ce détournement est découvert, mais les deux frères échappent à toute condamnation. En effet, aucune loi n’interdisait l’usage qu’ils ont fait des tours Chappe. Leur action ne pouvait donc pas être déclarée illégale !

Revenons au niveau de la rue du Borrégo et tournons à gauche.

Autour de la rue Haxo

La villa du Borrégo

La villa du Borrégo commence au 33, rue du Borrégo. Créée en 1909, cette petite rue pavée s’étend sur une cinquantaine de mètres. C’était elle aussi une ancienne cité ouvrière.

Tournons ensuite à gauche, rue Haxo.

La villa des Otages

Aux numéros 85 et 87 se trouve un immeuble de style Art nouveau. Sa façade couverte de briques présente deux bow-windows arrondis et une série de mosaïques florales en dessous de l’unique balcon au cinquième étage. Le 85 est aussi le point de départ de la villa des Otages. Bien moins charmante que les précédentes, elle est néanmoins chargée d’histoire. Elle doit son nom au sort d’otage des communards. Devant la progression des troupes versaillaises, les communards transfèrent cinquante otages de la prison de la Roquette, majoritairement des gardes et des prêtres, à Belleville. Ils sont exécutés dans la cour du quartier général de la garde nationale situé rue Haxo. Le monument élevé dans le cimetière de Belleville commémore cet événement.

L’église Notre-Dame des Otages

En 1894, les Jésuites font construire une première chapelle à la mémoire des otages exécutés deux décennies auparavant. Finalement, l’architecte Julien Barbier bâtit une église entre 1936 et 1938, dans un style néo-roman sobre. Il se contente d’une voûte en berceau recouvrant une nef unique, sans un quelconque pilier. Les vitraux, par trois, apportent des couleurs à un intérieur éclairé par ailleurs par plusieurs lampes. Le chemin de croix se constitue de stations en mosaïques. On retrouve des mosaïques derrière le maître-autel, constituées de motifs géométriques. Le maître-autel est surmonté d’un groupe sculpté représentant le Calvaire, tandis que les deux oculi représentent l’Ascension et l’Assomption.

Une fresque en trompe l’oeil

Au numéro 61, Philippe Rebuffet a réalisé en 2000 une grande peinture en trompe-l’œil sur toute la hauteur de la façade. L’immeuble semble étroit et un pont le relie à l’immeuble des années 70 situé à côté. Avec sa voiture à cheval de pompiers, et ces derniers qui sauvent un chat perché sur un pont, la fresque rend hommage aux pompiers de la caserne de Ménilmontant. Ce trompe-l’œil est vraiment très réussi. Une originalité que je devais signaler au passage !

fresque en trompe l'œil faisant apparaître une rue à droite de l'immeuble
Assez réaliste, mais la construction blanche que l’on voit en bas à droite gâche tout !

Autres éléments d’intérêt

Nous longeons ensuite un immeuble en pierres et briques avec une façade uniforme, puis traversons l’avenue Gambetta et tournons à gauche, rue Darcy. La rue Darcy longe le réservoir de Ménilmontant, construit par Eugène Belgrand en 1865. Il devait alors alimenter en eau un sixième de la population de Paris, à partir d’eau amenée par l’aqueduc de la Dhuis, qui va chercher l’eau à Pargny la Dhuys, dans le département de l’Aisne.

Nous tournons ensuite à droite, rue du Surmelin.

Le sud du quartier Saint-Fargeau

Quelques immeubles du début du XXe siècle

Nous allons voir quelques immeubles Art déco dans cette partie. Tout d’abord, au numéro 46, rue Etienne Marey, un immeuble couvert de briques rouges avec deux bow-windows, à la façade est asymétrique. Plus loin, au numéro 1 de la rue du Surmelin se trouve un immeuble Art déco construit en 1932, plus haut de gamme : le bow-window est en béton, ses balcons ont de plus belles balustrades et un petit bas-relief orne le haut du bow-window.

Revenons sur nos pas et tournons à droite, rue de la Dhuis. Cette rue est un étonnant mélange architectural où quelques maisons aux airs de campagne ont survécu aux aménagements récents et cohabitent avec des immeubles quelconque. Deux exemples : les numéros 11 et 13, et surtout la petite maison au numéro 12, cachée derrière la végétation et comme écrasée par les deux immeubles mitoyens.

maison très étroite entre deux immeubles
On doit se sentir un peu à l’étroit dans cette maison !

Nous arrivons à un croisement. Tournons à droite, rue de l’adjudant Réau. Au numéro 1 se trouve un autre immeuble avec une façade couverte de briques, dont la couleur orange n’est brisée que par l’irruption de bow-windows blancs. Au centre se trouve une colonne de fenêtres aux balustrades représentant des fleurs. Chaque bow-window est encadré par des oriels. De plus, l’immeuble possède une belle porte en fer forgé, entourée par un arc de cercle. Retournons au croisement, mais avant de visiter l’église, remarquons à sa droite la villa Etienne Marey.

L’église du Coeur Eucharistique de Jésus

église avec un clocher au dessus du porche
Petite église de campagne…

Quand on regarde la petite église du Cœur eucharistique de Jésus, nous n’avons pas l’impression de regarder une église parisienne, que ce soit par sa taille ou les éléments qui l’entourent. Cette église est construite en ciment armé par Charles Venner en 1938. Sa façade semble être en pierre, un matériau qui renforce le style d’église de campagne. L’intérieur est plutôt commun mais on peut signaler la représentation de la Cène derrière le maître-autel, ainsi que les jolis vitraux.

Charles Venner est un architecte ayant construit de nombreuses églises dans le cadre de l’Œuvre des Chantiers du Cardinal, dont plusieurs se trouvent dans la proche banlieue. L’église du Cœur Eucharistique de Jésus est cependant sa seule réalisation parisienne.

En sortant de l’église, nous continuons notre promenade à droite, rue du Lieutenant Chauré.

Un air de campagne dans la rue du Lieutenant Chauré

Remarquons tout d’abord le square Chauré, une petite rue pavée ouverte en 1926. La rue du Lieutenant Chauré est bordée de petits immeubles ou de maisons. Par exemple, celle au numéro 8 en pierres meulières, ou l’étrange bâtiment en briques au numéro 2, avec de belles ferronneries.

Tournons ensuite à droite, rue Pierre Mouillard, puis à droite rue Irénée Blanc, pour entrer dans la campagne à Paris. Et dans le quartier de Charonne par la même occasion. Avant de présenter la campagne à Paris, un peu d’histoire de ce quartier.

Promenade dans le quartier de Charonne

L’histoire du quartier de Charonne

L’abbaye de Saint-Magloire obtint les droits sur les terres du village de Charonne en 1008 et les conserva jusqu’en 1576. Le village de Charonne est un petit village au milieu de la campagne. Les alentours deviennent un lieu de villégiature : la Folie-Regnault est construite pour un commerçant au XVe siècle, ainsi que plusieurs hôtels seigneuriaux comme le château de Bagnolet et le château de Charonne du XVIe siècle. Mis à part ça, les terrains sont couverts de vignes, qui trouvent ici une exposition idéale.

Le village se développe dans la seconde partie du XIXe siècle, c’est-à-dire après son rattachement à Paris. Il faudra attendre 1933 pour que le quartier soit relié au reste de la ville par la ligne 9 du métro, et encore, la ligne de Petite Ceinture ferme le trafic aux voyageurs un an plus tard.

La campagne à Paris

La campagne à Paris se trouve sur une ancienne carrière. C’est aujourd’hui une petite colline car son propriétaire la transforma en décharge où furent entreposés les déblais provenant du percement de grandes avenues. En 1908, la société La Campagne à Paris acquiert le terrain et construit, de 1911 à 1928, un peu moins d’une centaine de pavillons, alors destinés à des ouvriers ou employés à faibles revenus. La construction de ces maisons s’inscrit ainsi dans la loi relatives aux habitations à bon marché, mais le résultat n’est pas un grand ensemble d’immeubles en briques. La société la Campagne à Paris porte bien son nom, si bien que je n’ai pas besoin de vous la décrire.

petite ruelle bordée de maisons
petite ruelle bordée de maisons
petite ruelle bordée de maisons
maison avec motifs en briques et panneaux de céramique représentant des fleurs

Nous en sortons par un escalier partant de la rue Irénée Blanc. Il nous mène face à un grand immeuble à la façade en briques et aux bow-windows triangulaires.

immeuble couvert de briques et avec bow-windows triangulaires
La question que je me pose est la suivante : pourquoi des bow-windows triangulaires et non rectangulaires comme souvent ?

Descendons la rue Géo Chavez vers la place de la Porte de Bagnolet et tournons à droite, rue de Bagnolet.

Le début de la rue de Bagnolet

Remarquons tout d’abord un bel immeuble de style Art déco au numéro 166, blanc et orangé. Plusieurs bas-reliefs décorent la façade sous le balcon.

Le pavillon de l’Ermitage

Plus loin, toujours à gauche de la rue de Bagnolet, se trouve un jardin. Le pavillon de l’Ermitage est une petite bâtisse proche de la rue. Ce pavillon de style Louis XV est un vestige du château de Bagnolet, construit au XVIIe siècle. Parmi ses occupants, la fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan fait construire trois pavillons dans le parc de 80 ha, dont le pavillon de l’Ermitage entre 1723 et 1727. Le château est vendu en 1769 puis démoli. Le pavillon de l’Ermitage devient un refuge pour des conjurés royalistes qui tenteront de faire évader Louis XVI, puis Marie-Antoinette. On construit bien plus tard, en 1884, l’hospice Alquier-Debrousse, sur une partie du terrain de l’ancien domaine de Bagnolet. Désormais, il est possible de visiter le pavillon de l’Ermitage de début mars à fin juillet et de début septembre à mi-décembre.

L’église Saint Cyrille et Saint Méthode

Henri Vidal commence la construction de l’église Saint Cyrille et Saint Méthode en 1935, dans le cadre des Chantiers du Cardinal. Interrompue par la Seconde Guerre mondiale, elle se termine en 1963. Cette église est peu décorée, ce qui s’explique par le but des Chantiers du Cardinal : construire des églises en périphérie de Paris pour éviter la déchristianisation des habitants. Au nord-est, la population ouvrière est pauvre et ne peut donc financer des décorations somptueuses. Malgré cela, le maître-autel se trouve devant une grande verrière abstraite réalisée par Paul Bony en 1958. Quelques statues se trouvent dans l’église, ainsi qu’un unique vitrail figuratif et des stations en bois sculpté pour le chemin de croix.

Quelques mètres plus loin, nous arrivons devant l’église Saint-Germain de Charonne, qui domine ce qu’était le centre du village de Charonne. Montons les escaliers pour aller voir cette église de plus près !

L’église Saint-Germain de Charonne et son cimetière

Selon la légende, l’église Saint-Germain de Charonne aurait été construite à l’endroit où Saint Germain aurait rencontré, vers 430, la future sainte Geneviève. La construction de l’église débute au XIIe siècle dans un style roman et continue jusqu’au XVe siècle, avec quelques modifications au XVIIIe, durant lequel on ajoutera des éléments classiques. De 2009 à 2016 ont eu lieu des travaux de stabilisation de l’édifice, qui repose sur une couche argileuse.

Sans sa présence dans cet article, auriez-vous deviné que cette église se trouve à Paris ?

Le style roman est présent dans le clocher, tandis que la porte est de style classique. Il en résulte un étonnant mélange dans cette église qui semble celle d’un village de province. A l’intérieur, il n’y a pas beaucoup de décorations. Un tableau représente la rencontre entre saint Germain et sainte Geneviève.

A l’arrière de l’église se trouve un cimetière. L’église saint-Germain de Charonne est ainsi la seule église parisienne, avec l’église Saint-Pierre de Montmartre, à avoir conservé son cimetière paroissial. Avec 650 tombes, le cimetière de Charonne a bravé l’interdiction faite en 1804 des inhumations dans l’enceinte des villes et villages. Au fond du cimetière, une statue ressemblant fort à celle de Jean-Jacques Rousseau se trouve sur la tombe de François Bègue, dit le père Magloire, un personnage fantasque se prétendant le secrétaire de Robespierre, mais aussi philosophe, poète et peintre en bâtiment.

Si l’église Saint-Germain est une église de village, où se trouve donc celui-ci ? Sûrement juste en face, dans la rue Saint Blaise.

Des rues à l’ambiance de village

La rue Saint Blaise

rue avec maisons de ville
Un Village à Paris !

Cette rue pavée est tout de même bordée par des immeubles de trois étages, ce qui rappelle des villes de province. La plus grande curiosité de la rue se trouve au numéro 46. Dans un bâtiment moderne, on peut voir un portail de style Louis XV, surmonté d’un mascaron représentant Neptune. C’est un vestige d’une maison de plaisance du XVIIIe siècle. Il y en avait plusieurs en ces lieux, comme aux numéros 2 et 5.

porche surmonté d'un mascaron représentant le dieu romain neptune
Une curiosité du 20e arrondissement !

Plus loin, on peut voir un immeuble du début du XXe siècle au numéro 54, avec de belles balustrades et une grande porte en fer forgé. Au numéro 58 se trouve un immeuble en briques claires, de style Art nouveau, avec quelques guirlandes végétales, surtout sur le fronton de la porte.

Faisons demi-tour et tournons à droite, rue Vitruve. 

La rue Vitruve

On peut aussi trouver des maisons dans la rue Vitruve, où la plus grande manufacture de bougies de Paris s’était installée au XIXe siècle. Sur la gauche, nous trouvons le square des Grès. Plusieurs maisons de campagne entourent ce square où on rendait la justice au Moyen-Âge. Faisons maintenant demi-tour. La chanteuse Barbara vécut au numéro 50, comme l’indique une plaque. Enfin, à l’angle de la rue Vitruve et de la rue Albert Marquet, une grande salamandre sculptée s’agrippe au mur.

Nous prenons la rue Florian, à droite, et rejoignons la rue de Bagnolet.

Deuxième partie de la rue de Bagnolet avec ses villas

Divers lieux de la rue de Bagnolet

Notons la présence de deux immeubles en briques des années 1920 ou 1930 à droite, au numéro 117. Mais c’est à gauche, en direction du sud-ouest, que va se dérouler le reste de la promenade. Nous passons devant la Flèche d’Or, qui était l’ancienne gare de Charonne, située sur la ligne de la Petite Ceinture. Elle fût longtemps un bar à ambiance et est désormais une salle de spectacles gérée par neuf collectifs et s’appuyant sur des initiatives locales.

Découvrons maintenant plusieurs petites ruelles autour de la rue de Bagnolet.

La villa Godin

La villa Godin est une ruelle étroite recouverte par le feuillage des arbres situés dans les jardins de maisons de campagne. En plus d’être au vert, les habitants sont au calme. Une grille avec digicode leur réserve l’accès à ce témoignage de ce qu’était le village de Charonne lors de son rattachement à Paris. Mais ne vous en faîtes pas, toutes les villas suivantes sont accessibles.

La rue de Lesseps

Créée en 1889, la rue de Lesseps est plus large que la villa Godin. Les maisons laissent place ici à des immeubles, mais remarquons tout de même les bâtiments du numéro 2 au numéro 8. Construits en utilisant des briques rouges, ils présentent des décorations et un style inhabituel à Paris.

Au fond de la rue, à gauche, se cache le jardin naturel Pierre-Emmanuel.

Le jardin naturel Pierre-Emmanuel

Dans ce jardin créé en 1995, les services de la mairie n’interviennent guère pour faucher l’herbe ou l’arroser : tout est laissé à la nature, qui reprend ces droits. Une expérience qui rappelle le jardin Saint-Vincent à Montmartre. Les citadins pourront se renseigner sur ce petit écosystème, proche de ceux d’Ile de France, en lisant les panneaux ou en participant à des ateliers pédagogiques. Nous en sortons par la rue de la Réunion et revenons rue de Bagnolet.

De retour sur la rue de Bagnolet, remarquons l’immeuble au numéro 24. Sa façade se compose de briques grises, au milieu desquelles des briques bleues dessinent quelques décorations. Cet immeuble de rapport de style Art nouveau, aussi décoré par plusieurs bas-reliefs, visait une population d’employés ne logeant pas dans des HBMs mais pas non plus assez riches pour habiter dans un immeuble en pierre de taille.

La villa Riberolle

La villa Riberolle est une petite voie avec d’anciens ateliers d’artisans travaillant le bois et le métal. Une entreprise de sablage de verre et de métal y exerçait toujours jusqu’en 2017, étant l’une des dernières usines industrielles située dans Paris.

La Cité Aubry

Débutant dans la villa Riberolle, la Cité Aubry forme un arc de cercle qui rejoint la rue de Bagnolet. Elle est bordée de petits immeubles qui témoignent de son passé ouvrier, certaines fabriques ayant été transformées en logements.

Avant d’aller visiter le cimetière du Père Lachaise, tournons à gauche rue Planchat puis de nouveau à gauche rue Alexandre Dumas. Nous trouvons un bijou d’Art déco avec l’église Saint Jean Bosco.

L’église Saint-Jean-Bosco

L’architecte Dumitru Rotter construit l’église Saint-Jean-Bosco de 1933 à 1937, dans un style Art déco qui trouve ici son plus bel exemple parmi les églises parisiennes. Sa construction a beau s’être faite dans le cadre des Chantiers du Cardinal, elle est richement décorée. Construite en béton armé, elle présente de nombreuses mosaïques de Charles Mauméjean, telles que celle entourant le baptistère, qui représente le baptême de Jésus, le Massacre des Innocents et le martyre de saint Rogatien, ou celles dans les transepts, celles constituants le chemin de croix, ou encore celles de l’abside. Les fresques murales rivalisent avec les mosaïques. On découvre une Cène, les noces de Cana, plusieurs scènes de la passion du Christ sur les pans inclinés de la voûte. Avec tout ça, il ne faudrait pas oublier les vitraux, qui présentent les motifs géométriques typiques de l’Art déco.

Elle me fait tellement penser à la cathédrale Saint Pierre de Rabat ou l’église du Sacré-Cœur de Casablanca !
fresque représentant la cène

Au départ, l’église Saint-Jean-Bosco devait se trouver au milieu d’un ensemble comprenant des écoles et des internats. Mais le financement, qui provient exclusivement de dons privés, suffit déjà à peine à la construction de l’église. La construction des écoles et internats sera abandonnée définitivement après la Seconde Guerre mondiale. Ces problèmes de financement causeront même un changement d’équipe dans la réalisation des vitraux !

De retour sur la rue de Bagnolet, nous tournons à droite, boulevard de Charonne et ensuite encore à droite, rue du Repos.

Autour du cimetière Père Lachaise

Des marques sur un mur

De discrètes inscriptions sont gravées à l’angle de la rue du Repos et de la rue Pierre-Bayle : Cte FF et Cte GG. Mais qu’est-ce que ce charabia ? Comme à l’angle de la rue de Charonne et de la rue du Faubourg Saint-Antoine, elles proviennent du recensement des maisons ordonné par Louis XV en 1724. Il visait à prévenir la construction de maisons sans autorisation. “Cte” signifie “Comité”, abréviation suivie d’un code pour la rue.

La rue Pierre-Bayle rejoint le boulevard de Ménilmontant, que nous prenons en direction du nord. Au passage, remarquons l’immeuble aux numéros 18 et 20. Cet immeuble de style Art déco présente des décorations différentes de celles dont nous avons eu l’habitude jusque là, ainsi que de belles portes peintes en vert. Le numéro 8 correspond quant à lui à l’entrée principale du cimetière du Père Lachaise, réalisée en 1825 dans un style néo-classique par Etienne-Hippolyte Godde.

Le cimetière du Père Lachaise

En préparant l’itinéraire de cet article, je me suis rendu compte d’un fait cocasse. Les visites parisiennes, qui ont commencé au premier arrondissement sous un grand soleil, se terminent deux ans plus tard dans un cimetière. Ainsi meurent les visites parisiennes, tout comme la vie de chacun d’entre nous. Et quoi de mieux que le cimetière du Père Lachaise pour les enterrer ?

Pour ce faire, un peu d’histoire sur ce cimetière bien connu.

Les origines du cimetière du Père Lachaise

Au XVIe siècle, les lieux sont la propriété des Jésuites. Parmi eux, le père François de La Chaise. Pendant 34 ans, il occupe le poste de confesseur du roi Louis XIV. C’est qu’il devait avoir des anecdotes croustillantes à raconter. Cette proximité avec le roi lui vaut de nombreuses visites, les gens espérant obtenir les faveurs de Louis XIV par son biais. Tout ce beau monde lui rendait donc visite dans sa maison de campagne, histoire d’être à l’aise. 

En 1804, il n’est plus question d’ouvrir des cimetières dans Paris, au contraire ! On ouvre, entre autres, le cimetière du Père-Lachaise à l’Est de Paris et on lui donne le nom du confesseur de Louis XIV. Alexandre-Théodore Brongniart, auteur du palais de la Bourse, aménage le cimetière sous la forme d’un jardin à l’anglaise. Il ne réalise qu’un seul monument funéraire : le caveau de la famille Greffulhe, avec un style néo-gothique à la place du style néo-classique, à la mode à cette époque.

Mais malgré la loi, quand il s’agit de se faire enterrer si loin de Paris, dans des faubourgs pauvres, les gens y vont à reculons. Un petit malin lance donc une opération de communication : on retrouve les tombeaux de La Fontaine et de Molière, ainsi que d’Héloïse et Abélard, et on les déménage dans le cimetière. Être enterré auprès de ces deux illustres hommes de lettres ou d’un célèbre couple d’intellectuels, ça vaut bien un dernier voyage dans les champs, non ? Les parisiens commencent à y réfléchir, et découvrent un autre avantage, plus pratique : la place n’étant alors pas limitée, ils peuvent laisser libre court à leurs rêves de grandeurs. Et c’est ce que font des parisiens fortunés, qui rivalisent d’imagination.

Visiter le cimetière du Père Lachaise

Si vous trouvez ça bizarre de vous promener dans un cimetière, dîtes vous que 3.5 millions de personnes font chaque année la même chose. Le cimetière du Père Lachaise s’étend sur 44 hectares, ce qui en fait le plus grand espace vert de Paris ! On peut y voir 69000 tombes, avec de jolies surprises, tant le répertoire statuaire est varié. La partie la plus intéressante est celle se trouvant près du boulevard de Ménilmontant. Plus ancienne, c’est un site historique classé. Le mieux est de déambuler parmi les chemins pour découvrir au hasard des éléments étonnants ou incongrus.

Parmi les célébrités inhumées au cimetière du Père Lachaise : le baron Haussmann, Chopin, plusieurs maréchaux du Premier Empire, Edith Piaf, Oscar Wilde, Auguste Comte, Delacroix, Balzac, Apollinaire, Alfred de Musset, Sarah Bernhardt, Claude Chappe… On trouve aussi des tombes de franc-maçons : Arago, Raspail, Monge, André Citroën, Oscar Wilde… Des symboles maçonniques sont représentés par-ci par-là, si vous cherchez une idée pour pimenter votre visite à la recherche d’éléments insolites. Les pyramides peuvent aussi témoigner de la mode égyptienne qui touche Paris à la suite de la campagne d’Egypte de Napoléon Bonaparte.

On trouve deux bâtiments : plus ou moins au centre se dresse le crématorium-columbarium du Père-Lachaise, construit à la fin du XIXe siècle par Jean-Camille Formigé dans un style néo-byzantin, avec des vitraux de Carl Mauméjean. Plus au sud se trouve la chapelle du Père-Lachaise, à côté du grand monument d’Adolphe Thiers. Elle se dresse à l’emplacement de la maison du Père Lachaise, où devait à l’origine s’élever une grande pyramide. Etienne-Hippolyte Godde propose plusieurs projets entre 1818 et 1820 avant de construire l’édifice actuel en réutilisant les matériaux de l’ancienne maison. Dos à la chapelle, on profite d’une belle vue sur Paris.

Pierre Abélard (1079 – 1142) est un philosophe et théologien chrétien, à l’origine de la scolastique et du conceptualisme. Bien qu’il fût abbé puis moine, il se maria avec Héloïse (1100 – 1164). Celle-ci fût la première abbesse de l’abbaye du Paraclet, créée par Abélard, et qui devint un refuge de femmes savantes. Héloïse est en effet une femme de lettres, et les deux entretiennent une liaison passionnelles. Leur correspondance érudite et passionnée est un « monument » de la littérature. Le médiéviste Alexandre Lenoir dresse l’actuel mausolée, que l’on place en 1817 près de l’entrée ouest du cimetière.

Par endroits, le cimetière du Père Lachaise est presque comme une forêt !
Une ruelle de campagne un peu macabre.

Le cimetière du Père Lachaise et la Commune

Le mur des Fédérés

Le 28 mai 1871, le terrain contrôlé par les communards se réduit comme peau de chagrin. Ayant fusillés leurs prisonniers, ils savent qu’ils n’ont guère de chance de s’en sortir. Le cimetière du Père Lachaise, où ils se réfugient, est le théâtre d’un affrontement sanglant. Les survivants sont fusillés contre le mur d’enceinte. Le mur des Fédérés se trouve à l’est du cimetière du Père Lachaise, près des mémoriaux des guerres du XXe siècle. Les communards exécutés sont ensuite enterrés dans une fosse commune creusée à côté du mur.

Le mur des fantômes des Fédérés

Dans le square Samuel Champlain se trouve un autre mur : le mur des fantômes des Fédérés. Créé en 1909 par Paul Moreau-Vauthier, il laisse apparaître des silhouettes fantomatiques au milieu d’impacts de balles. Construit avec des pierres du mur d’origine contre lequel les exécutions se sont faites, les effets sont très réussis.

mur avec statues fantomatiques représentant des communards fusillés
L’effet est plutôt bien réussi je trouve !

Le square Samuel Champlain, tout comme la mairie du 20e arrondissement, est accessible depuis la sortie du Nord-Est. Pour le square, prendre à gauche, rue des Rondeaux. L’entrée se trouve à gauche quelques mètres plus loin. Pour la mairie, prendre l’avenue du Père Lachaise, tout droit dès la sortie. Nous arrivons ainsi à la place Gambetta.

La mairie du 20e arrondissement

Construite entre 1867 et 1877 par Léon Salleron, la mairie du 20e arrondissement n’est pas la plus mémorable de Paris. On remarque quelques mascarons et un campanile au centre. Au centre de la place se trouve une fontaine. Je ne crois pas y avoir vu d’eau et me suis donc demandé ce qu’était ce drôle de truc.

Le sud du 20e arrondissement

Allez, pour ne pas finir notre visite par un cimetière, allons voir le sud du 20e arrondissement. Il reste en effet une grande partie du 20e arrondissement au sud du cimetière du Père Lachaise que nous n’avons pas visitée. Et elle n’apparaît pas dans les guides de voyage.

Quelques bâtiment du début du XXe siècle

Nous marchons dans le boulevard de Ménilmontant en direction du sud, puis sur le boulevard de Charonne. Tournons ensuite à gauche, rue de la Plaine. Ce n’est pas une plaine mais un ensemble d’immeubles qui bordent cette rue. Un ensemble de HBM se trouve au numéro 48, et un autre au numéro 60. Si celui au numéro 48 se constitue d’immeubles classiques en briques rouges, on peut apercevoir des baies vitrées sombres, sûrement au niveau des cages d’escalier, au numéro 60. Les immeubles s’organisent autour d’une cour qui gagnerait à être réaménagée en jardin.

Nous tournons ensuite à droite, rue des Pyrénées. Nous arrivons au niveau de l’église Saint-Gabriel, de l’autre côté de la rue de Lagny. Un autre ensemble de HBM se trouve face au chevet de l’église Saint-Gabriel.

L’église Saint Gabriel

L’histoire de l’église Saint-Gabriel débute dans un hangar à pommes de terre. On y aménage une chapelle dédiée à sainte Cécile, dans un quartier où vit une population pauvre. En 1932, le cardinal Verdier, responsable des Chantiers du Cardinal, ouvre un nouveau chantier pour construire une église à l’emplacement d’une ancienne usine à gaz. En trois ans, Louis Murcier bâtit une église de style néo-roman avec des touches Art déco. L’église change de patronage après un don important, prenant le nom d’église Saint-Gabriel.

A l’intérieur, on découvre mieux la grande verrière de la façade principale, représentant des croix empilées, et courbées. Les autres vitraux ne sont pas figuratifs, hormis ceux du chœur, réalisés par Charles Mauméjean et qui représentent la Crucifixion, l’Annonciation et la Résurrection. Le chœur est entouré d’une fresque peinte en arc triomphal, sur laquelle on peut voir des prophètes, les apôtres évangélisateurs tels que saint Jean et l’aigle ou saint Luc et un taureau. Le Christ se trouve au centre, et en haut, de l’arc, avec deux hommes qui ressuscitent. Remarquons enfin l’autel avec ses lys et colombes, en mémoire du martyre des Carmélites, exécutées pendant la Terreur et enterrées dans le cimetière de Picpus.

Nous prenons la direction de l’est, rue de Lagny.

Un passage à niveau

Nous arrivons devant un passage à niveau. Celui-ci est le seul à Paris et permet de traverser une voie menant les métros de la ligne 2 à un atelier de maintenance.

Rien de bien intéressant, c’était presque d’un ennui mortel. Je retourne au cimetière.

A ne pas manquer

Le cimetière du Père Lachaise.
La Campagne à Paris.
La plus belle église : l’église Saint Jean Bosco.
La plus belle ruelle : la villa de l’Ermitage.

Le mot de la fin

Malheureusement, mon souci de plus grande exhaustivité ne me permet pas de terminer cet article sous les meilleurs hospices. Ces derniers endroits ne rendent malheureusement pas justice à ces deux années passées dans Paris, pratiquement tous les week-ends. Du 20e arrondissement, je retiendrai cette recherche de vestiges de l’ancienne campagne, présents un peu partout. De même, j’ai apprécié parcourir le cimetière du Père Lachaise, tant les petits éléments inattendus rendent chaque tombe unique et nous réservent moultes surprises. Finalement, terminer la visite de Paris par le 20e arrondissement et sa campagne pas si lointaine n’est-il pas un appel à sortir en province pour découvrir davantage de notre beau pays ? Sinon, j’ai de nombreuses idées pour découvrir Paris autrement, tout en complétant nos visites. Rien que Paris, cela peut nous occuper encore longtemps ! J’ai hâte de compléter tout ça !

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