Visiter le 10e arrondissement de Paris

Visiter le 10e arrondissement de Paris

Le dixième arrondissement se distingue par la présence de deux gares, la gare du nord et la gare de l’est. Ces quartiers animés sont très cosmopolites, différentes communautés s’y étant installées au cours du siècle dernier. Dans la partie est de l’arrondissement, le canal Saint-Martin représente une partie plus calme, où il est possible de se promener près de l’eau à l’ombre des platanes. Au sud, l’agitation des Grands Boulevards, que nous avons parcourus durant notre visite précédente, et qui continuent leur route ici, relie l’ouest et l’est. A première vue, nous ne sommes pas partis pour la plus intéressante de nos promenades. Voyons néanmoins ce qu’il y a à découvrir dans le dixième arrondissement et quelles surprises il nous réserve.

Un peu d’histoire

Durant l’Antiquité, le territoire du dixième arrondissement est un marécage. Deux routes, menant à Beauvais et à Saint-Denis, le traversent. Au Moyen-Âge, il se situe toujours en dehors des murs de la ville. Dès le VIe siècle, des moines fondent un monastère et assèchent les marécages pour mettre les terres en culture. Au début du XIIe siècle, on construit une léproserie sur la route de Saint-Denis. Elle devient l’enclos Saint-Lazare. De nombreux marchands et artisans quittent les murs de la ville pour échapper aux taxes. C’est ainsi qu’au XIVe siècle, on voit l’apparition de plusieurs faubourgs autour de la capitale, qui subsistent aujourd’hui dans les noms des quartiers ou de certaines rues.

Au XVIIIe siècle, après la destruction des remparts par Louis XIV en 1670 et avec le percement des Grands Boulevards, le quartier est en plein essor. L’aristocratie investit les lieux et de nombreux théâtres s’installent. En 1780, tous ces terrains se retrouvent inclus dans Paris intra-muros. Au XIXe siècle, de grandes avenues sont créées et des travaux d’aménagements pour l’approvisionnement en eau potable sont réalisés, la population augmentant rapidement. Au siècle suivant, de nombreuses communautés s’installent dans le dixième arrondissement, qui devient l’un des quartiers les plus cosmopolites de Paris.

Le quartier Saint-Vincent-de-Paul

Cap à l’ouest du quartier Saint-Vincent-de-Paul

La gare du Nord

Se donner rendez-vous à la gare du nord peut être pratique : quatre lignes de RER s’y arrêtent. Mais cela a aussi un inconvénient de taille : en effet, c’est la première gare européenne en termes de fréquentation et les multiples sorties font qu’il est difficile de s’y retrouver.

Quoi qu’il en soit, nous commençons donc notre visite à la gare du Nord. Entre 1861 et 1864, l’architecte Jacques Hittorff construit cette gare en utilisant les matériaux de l’époque, c’est-à-dire la fonte et le métal. La façade de l’entrée principale est particulièrement impressionnante avec ses trois fenêtres arquées séparées de colonnes corinthiennes et supportant plusieurs statues. Celles-ci représentent les villes qui étaient alors accessibles depuis la gare. La statue centrale représente Paris.

gare du nord
Ne me demandez pas ce que représente la statue rouge au premier plan !

Nous nous engageons ensuite dans le boulevard de Denain.

Vers l’église Saint-Vincent-de-Paul

Au numéro 6 du boulevard de Denain se trouve un immeuble Art nouveau, un peu caché derrière les platanes. D’habitude, les boulevards sont de grandes avenues, très empruntées. Mais ici, le boulevard de Denain ne fait que 30 mètres de large et 110 mètres de long ! Nous sommes loin des dimensions des Grands Boulevard ou du boulevard de Magenta, que nous traversons pour continuer sur la rue La Fayette, à droite.

Au croisement de la rue La Fayette avec le boulevard de Magenta, l’immeuble au numéro 127 dispose d’une façade très chargée, avec des décorations au centre, des frontons sur les fenêtres du deuxième étage et un bow-window. Au numéro 124, l’immeuble est de style Art nouveau et est décoré de guirlandes. En arrivant sur la place Franz Liszt, l’église Saint-Vincent-de-Paul capte notre attention. Mais avant de la visiter, remarquons l’immeuble au numéro 6, où deux atlantes portent le balcon du deuxième étage.

immeuble au 6 place franz liszt
Pourtant richement décorée, la façade de cet immeuble n’attire pas forcément toute l’attention, déjà captée par l’église Saint Vincent de Paul.

L’église Saint-Vincent-de-Paul

église saint vincent de paul
Une église à voir au printemps, quand les arbres fleurissent. J’étais un peu en avance !

L’église Saint-Vincent-de-Paul surplombe la rue La Fayette et le square Aristide Cavaillé-Coll. En cela, elle s’inspire de la Piazza di Spagna à Rome. Les architectes Jean-Baptiste Lepère et Jacques Ignace Hittorff débutent les travaux de cette église néoclassique en 1824, alors que de nombreuses constructions ont été réalisées dans le quartier, notamment un lotissement sur la place Franz-Liszt. Les travaux durent vingt ans. En 1844, un édifice de plan basilical se dresse sur une butte située parmi les terrains dépendant autrefois de la Maison Saint-Lazare, dont nous reparlerons. Comme Saint-Vincent-de-Paul y mourût le 27 septembre 1660, le nom de cette église fût tout trouvé !

L’extérieur fait la part belle aux sculptures avec le fronton représentant l’Apothéose de saint Vincent de Paul, tandis qu’à l’intérieur, une frise d’inspiration byzantine, peinte entre 1848 et 1853 par Hippolyte Flandrin, entoure la nef et représente cent-soixante saints et saintes. La couleur dorée domine l’édifice, que ce soit le plafond à la charpente aux airs métalliques ou les colonnes encadrant la nef et qui portent le regard jusqu’au maître-autel qui présente un calvaire de bronze réalisé par François Rude. Au-dessus du maître-autel se trouve une peinture, également d’inspiration byzantine. Si le maître-autel est en bronze, le reste des décorations, telles que les grilles, la porte monumentale ou les bénitiers, sont en fonte.

frise peinte représentant une procession de saints et de saintes
Pire qu’une file d’attente pour un parc d’attraction ?

L’église Saint-Vincent-de-Paul est une belle découverte de cette visite du dixième arrondissement.

Jacques Ignace Hittorff est un architecte de la Restauration et du Second Empire, qui a participé aux grands travaux d’Haussmann et à l’aménagement de la place de la Concorde et de l’avenue des Champs-Elysées, que nous avons vues lors de notre visite du huitième arrondissement. Il a également réalisé la mairie du premier arrondissement, le Cirque d’Hiver dans le 11e, ou encore la Fondation Eugène-Napoléon dans le 12e.

Vers le boulevard de la Chapelle

Dans le bâtiment du numéro 9 de la rue Fénelon, bâti en 1858, se trouvait l’atelier de François Gillet. Inventeur d’un procédé permettant de réaliser des décors colorés en lave émaillée, il semble avoir testé son invention sur les murs extérieurs de l’immeuble, à moins qu’il ait cherché, une fois le procédé mis au point, à se faire un peu de publicité !

Nous marchons dans la rue d’Abbeville jusqu’aux numéro 14 et 16. Ici se cachent deux immeubles de style Art nouveau. Bien moins connus que ceux de l’avenue Rapp, on ne s’attend pas à les trouver là ! L’immeuble au numéro 14 allie des briques oranges et des décorations végétales vertes, avec des chimères au dernier étage. Il a été réalisé par les architectes Edouard et Alexandre Autant, aidés par le céramiste Alexandre Bigot, en 1901. Il ressemble un peu au bâtiment Art nouveau de Lavirotte, situé au numéro 29 de l’avenue Rapp.

immeuble art nouveau du 14 rue d'abbeville
Des lianes comme dans une forêt tropicale. Le soleil en moins !

L’immeuble au numéro 16 date de 1899. Il est moins coloré que son voisin, étant construit avec les pierres blanches caractérisant nombre d’immeubles parisiens. Les décorations végétales sont plus discrètes, et ce sont les sculptures représentant des femmes que l’on remarque davantage.

Tournons à droite, rue du Faubourg Poissonnière, puis encore à droite, rue de Maubeuge. Nous arrivons dans le large boulevard de Magenta, que nous empruntons à gauche jusqu’à arriver sur le boulevard de la Chapelle. Le Louxor est le plus ancien cinéma de Paris. Il date en effet de 1921 ! A cette époque, l’Art déco domine et le cinéma le Louxor l’adopte donc. En plus de son nom, c’est dans ses décors que l’Egypte occupe une grande place : pyramides, papyrus et mosaïques représentant des cobras et des scarabées…

cinéma le louxor
Un bel extérieur pour de beaux films. Vous pensez que les salles sont pareil ?

Nous parcourons le boulevard de la Chapelle jusqu’au croisement avec la rue du Faubourg Saint-Denis. De nombreuses voitures parcourent ce boulevard, mais aussi la ligne de métro 2, dont la voie surplombe la large voie. Les lignes 2 et 6 du métro comportent la majorité des stations aériennes du réseau parisien. Cela s’explique par le fait que leur tracé suit l’ancien mur des Fermiers généraux, construit en 1780. Après la destruction de celui-ci, il devient moins cher de construire une voie de métro surélevée plutôt que de creuser les habituels tunnels et réseaux souterrains.

Entre les deux gares

Le quartier tamoul

Le quartier tamoul, Little Jaffna, se trouve entre le boulevard de la Chapelle, la rue du Faubourg Saint-Denis, la rue Cail et la rue Philippe de Girard. Dans les années 1980, la guerre civile sri-lankaise provoque l’émigration de nombreux habitants. A Paris, ils installent leurs quartiers entre la gare du Nord et la gare de l’Est. Ici, les magasins vendent des produits de la région, proposent des DVD de Bollywood, des abonnements aux chaînes qui, je suppose, sont de la région également, et de nombreux éléments décoratifs de divinités hindoues.

Le nord de la rue du Faubourg Saint-Denis

Nous parcourons la rue du Faubourg Saint-Denis. Façades notables aux numéros 184 et 182. Des guirlandes décorent le premier, tandis que le deuxième a des décors végétaux sur les rampes de ses balcons. A gauche, rue de Dunkerque, l’immeuble au numéro 5 est probablement de style Art déco. A droite, rue La Fayette, le numéro 145 passerait presque inaperçu pour le promeneur inattentif. Les fenêtres sont sales, sans volets, et l’immeuble paraît inhabité. En bas, il n’y a pas d’interphone et les portes ne semblent pas avoir été ouvertes dans une période récente. Et pour cause : derrière ses murs, il n’y a pas d’appartement à trois millions d’euros mais une bouche d’aération du tunnel du RER B.

immeuble du 145 rue la fayette
Avouez que ce faux immeuble passerait inaperçu !

Nous continuons notre chemin sur la rue du Faubourg Saint-Denis. Au numéro 145, l’immeuble est lui aussi de style Art nouveau, avec des éléments végétaux sculptés sous le balcon du cinquième étage.

Nous tournons à droite, rue de Valenciennes, puis à gauche, rue de Saint-Quentin. Nous revenons dans le boulevard de Magenta, devant le marché Saint-Quentin. Ce marché remplace la foire Saint-Laurent, située à côté de l’emplacement de la gare de l’Est au XVIIe siècle. En 1866, on construit ce marché sous une halle en briques et aux arcades en fonte.

Nous prenons le boulevard de Magenta à gauche puis tournons à gauche, rue du 8 mai 1945.

La gare de l’Est et ses environs

La gare de l’Est et autour

L’ancienne gare de Strasbourg, dont le nom subsiste avec le boulevard de Strasbourg, l’une des deux voies offrant une perspective sur la gare, a été construite de 1847 à 1849 et agrandie entre 1928 et 1931. Dans le hall Alsace, un grand tableau d’Alexandre Herter présente le départ des poilus (les soldats ayant combattu durant la Première Guerre mondiale). Il a en effet fallu faire preuve d’une grande logistique pour faire parvenir sur la ligne de front tous les soldats. La gare de l’Est était souvent leur point de départ.

gare de l'est
Curieux de mettre des palmiers sur une gare qui dessert l’Alsace et les Ardennes !

On trouve également un ancien bunker, dont la construction a débuté moins de deux mois avant la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne nazie. Il est prêt à l’utilisation, de nombreux objets restants tels qu’on les avait préparés. Il y a même un vélo pour faire fonctionner le réseau électrique ! On peut le visiter pendant les Journées du Patrimoine, le troisième week-end de septembre.

L’Association Française des Amis des Chemins de Fer s’est installée au sous-sol de la gare de l’est, en descendant par la rampe Alsace. Jusqu’à très récemment, les membres de l’association accueillaient le public le samedi après-midi, de 14h30 à 18h. J’y suis au début de l’année 2024, et une publication sur internet venait tout juste de présenter ce “musée” gratuit. Si bien qu’il y avait plus d’une demi-heure d’attente pour y accéder ! Ils ne peuvent pas accueillir tout ce monde (et ne sont pas un musée, simplement un regroupement de passionnés du train !), c’est pourquoi il était question, lors de ma visite, de n’accueillir le public que le premier samedi de chaque mois, aux mêmes horaires.

réseau de trains miniatures de l'association française des amis du chemin de fer
Ce qu’il se passe sous la gare de l’est.

Des passionnés utilisent des réseaux de trains miniatures. Les membres de l’association les ont construits et les entretiennent. Ils sont d’une grande aide pour les profanes de découvrir le sens de toutes ces mystérieuses signalisations que l’on voit sur les voies.

Face à la gare, un hôtel se trouve dans un grand immeuble avec une belle façade décorée de nombreuses guirlandes.

Le couvent des Récollets et le jardin Villemin

L’ancien couvent des Récollets se trouve au numéro 148 de la rue de Faubourg Saint-Martin. Fondé en 1603, il abrite désormais la Maison de l’architecture en Île-de-France, qui ne se visite pas. On ne peut entrer que dans la cour qui donne accès à un restaurant. Entre le bâtiment, dont des parties restantes du cloître, et le canal Saint-Martin, le jardin Villemin invite à la promenade.

L’église Saint-Laurent

De l’autre côté de la rue du Faubourg Saint-Martin, nous apercevons le chevet de l’église Saint-Laurent, dont l’entrée se trouve devant l’intersection entre les boulevards de Strasbourg et de Magenta. La première église Saint-Laurent est construite au Ve siècle. Détruite par les Vikings en 885, sa reconstruction intervient en 1180. Car il est devenu trop petit, une église de style gothique flamboyant remplace cet édifice dans la seconde moitié du XVe siècle.

Nous trouvons donc ici une parenthèse dans les églises de style néoclassique ! Cependant, l’église s’est vue dotée d’une façade de style classique, puisque les travaux n’étaient toujours pas terminés alors que le XVIIe siècle débutait. En revanche, le toit au-dessus de la nef, réalisé à la même époque, conserve le style gothique flamboyant original. Et pour cause, il aurait sinon fallu refaire les fondations de l’église. La façade actuelle date de 1862-1865. L’ajout d’une travée puis la reconstruction de la façade a permis l’alignement de l’église avec le boulevard de Strasbourg nouvellement aménagé.

L’église Saint-Laurent est ainsi la dernière église construite en style gothique flamboyant. Celui-ci se retrouve notamment dans les grandes voûtes et clés de voûte. Parmi les éléments d’intérêt, je citerai la coupole et le fronton en lave émaillée se trouvant à l’extérieur, au-dessus de la porte d’entrée.

nef de l'église Saint Laurent
Je me demande ce qui a bien pu amener à la construction de ces grandes clés de voûtes, dont on espère qu’elles ne vont pas nous tomber dessus !

Nous tournons à droite,  boulevard de Magenta, puis tournons à gauche, rue du Faubourg Saint-Denis.

L’ancienne maison Saint-Lazare

A droite, le square Alban Satragne se trouve devant la médiathèque Françoise Sagan. Elle a pris place sur l’un des terrains de l’ancienne maison Saint-Lazare. Cette ancienne maladrerie accueillait les lépreux de Paris au Moyen-Âge. La lèpre se raréfie à Paris au XVIIe siècle. Saint Vincent de Paul y fonde les Prêtres de la Mission, les Lazaristes, et y meurt en 1660. La Société des prêtres de la Mission a pour but l’évangélisation, notamment à destination des plus démunis, la formation des laïcs et la réalisation de Missions à l’étranger. Sous la Révolution, la maison Saint-Lazare devient une prison. Des arcades à l’italienne décorent la médiathèque Françoise Sagan De plus, un cloître inspiré de ceux de la région méditerranéenne s’y cache.

Le quartier Porte Saint-Denis

Marchons maintenant dans la rue du faubourg Saint-Denis. Cette rue était déjà très animée au IXe siècle Elle menait à la basilique Saint-Denis, alors nécropole royale. Désormais, la rue du Faubourg Saint-Denis est un lieu multiculturel, comme en témoignent les restaurants et magasins qui la bordent. C’est aussi le retour des passages, avec le passage du Désir au numéro 84, que l’on aimerait voir ouvert. Il serait au moins possible de juger si une visite vaut le coup. Nous allons donc plutôt revenir sur nos pas pour nous promener dans la rue de Paradis.

La rue de Paradis

Si le nord du boulevard de Magenta est consacré aux magasins de tenues de mariage, c’est la porcelaine et la faïence qui occupent une grande partie de la rue de Paradis. Au 7 bis se trouve un immeuble aux briques jaunes et décoré de guirlandes. Décidément, c’est Noël avant l’heure !

Au numéro 18 se trouve un immeuble du XIXe siècle, ancienne maison de vente d’une faïencerie. A ce titre, des panneaux de faïence colorés et des mosaïques couvrent en partie sa façade. On y trouvait jusqu’à peu le Manoir de Paris, une attraction déconseillée aux âmes sensibles. Ou parfaite pour ceux qui auraient envie de vivre Halloween à n’importe quel jour de l’année ! Mais il est désormais fermé, alors on se contentera des panneaux de mosaïques. Aux numéros 30 et 32, le Centre international des arts de la table regroupe les enseignes connues de porcelaine ou de cristallerie. Au numéro 36, l’immeuble est de style Art nouveau et fait un peu penser à l’Art déco.

La rue d’Hauteville

La rue d’Hauteville offre une belle perspective sur l’église Saint-Vincent-de-Paul. Elle ne doit pas son nom au fait qu’elle serait en hauteur, mais à un comte d’Hauteville, prévôt des marchands de Paris de 1772 à 1777. Non loin, vers la droite, la gendarmerie de la Garde Nationale se trouve dans un bâtiment en briques, typique de la première moitié du XXe siècle. Nous faisons demi-tour pour nous éloigner de l’église, toujours sur la rue d’Hauteville. Au numéro 58, l’hôtel de Bourrienne date du XVIIIe siècle. Il était possible de le visiter mais il semblerait que ce ne soit plus le cas désormais. Il était alors possible de voir un intérieur de style Directoire et Consulat, ce qui est assez rare à Paris. A l’angle entre la rue d’Hauteville et la rue des Petites-Ecuries, au numéro 37 de cette dernière, l’immeuble possède des motifs Art nouveau au dernier étage.

La rue des Petites Ecuries

A droite, l’hôtel Botterel de Quintin date lui aussi de la fin du XVIIIe siècle. Il témoigne de l’âge d’or du quartier Poissonnière. De dehors, on ne voit pas grand-chose. Le principal intérêt se trouve dans les peintures de style pompéien autour de l’escalier principal et dans la décoration de la salle à manger. Au numéro 48, deux cariatides de fonte se trouvent sur la façade de l’immeuble. 

De l’autre côté, l’immeuble au numéro 11 de la rue est peut-être de style Art déco, tandis que le New Morning, aux numéros 7 et 9, est un célèbre club de jazz. Revenons maintenant sur nos pas. Le passage des petites écuries mène à la cour des petites écuries. Deux alsaciens y ouvrent la brasserie Floderer au début du XXe siècle par deux alsaciens. Son nom à sonorité allemande lui pose quelques problèmes lors de la Première Guerre mondiale, mais elle parvient à rester ouverte et accueille toujours ses clients dans son décor Art nouveau.

Le nom des rues précédentes tient au fait qu’ici se trouvaient des écuries royales, avant le percement de la rue des Petites Ecuries au XVIIIe siècle.

Le sud de la rue du Faubourg Saint-Denis

En face de la Cour des Petites écuries, le passage Reilhac dispose d’une entrée sculptée, mais aussi d’une grille qui nous empêche de le visiter. D’autres passages se trouvent dans la rue du Faubourg Saint-Denis, comme le passage de l’Industrie, qui ressemble plus à une route comme les autres, le passage Brady où on trouve de nombreux restaurants et magasins indiens, ou le passage du Prado avec des arcs-boutants et une verrière Art déco. Le plus marquant est sans aucun doute le passage Brady, ouvert en 1828. Dans les années 1970, des indiens venus des comptoirs français tels que Pondichéry investissent le lieu, puis des Sri-Lankais fuyant la guerre civile les rejoignent. Ce passage est ainsi surnommé Little India, bien qu’il y ait également des commerces réunionnais et mauriciens.

passage brady
Un petit voyage hors de Paris, le temps d’un passage !

Au numéro 16, le bouillon Julien a un décor Art nouveau. Le maître verrier Louis Trezel, s’inspirant de l’iconographie d’Alfons Mucha, le céramiste Hippolyte Boulenger, Charles Buffet et Louis Majorelle collaborèrent dans la réalisation de ce somptueux décor.

La porte Saint-Denis est le premier arc de triomphe de Paris. Construite en 1672, elle célèbre les victoires de Louis XIV sur le Rhin et dans le nord-est. On y retrouve ainsi des bas-reliefs du passage du Rhin, de la prise de Maastricht, des figures allégoriques du Rhin et des Pays-Bas. A cette époque, Louis XIV décide de faire abattre les enceintes de fortifications du XIVe siècle et de faire remplacer les portes par des portes triomphales. Il a laissé son nom sur cette porte. En effet, il est gravé en haut de la porte : Ludovico Magno.

porte saint denis
Un arc de triomphe très représentatif du style de l’époque.

Le boulevard de Strasbourg

Au numéro 2 du boulevard de Strasbourg, le musée de l’éventail est très discret. Ce musée est aussi un grand atelier dans lequel la famille Hoguet fabrique des éventails haut de gamme. Il permet de découvrir le processus de création des éventails depuis le XVIIe siècle, le tout dans un appartement avec de belles boiseries.

Au croisement avec la rue de Metz, un immeuble de style Art déco attire l’œil avec ses murs en béton armé ornés de motifs décoratifs, de têtes de lion, et présentant des bow-windows, c’est-à-dire des pièces en saillie par rapport à la façade.

immeuble au 1 rue de metz
Une belle façade en béton armé pour cet immeuble qui accueillaient plusieurs entreprises, telles que Gaston Verdier, un fabriquant de bonneterie.

En face, le théâtre Antoine est l’un des nombreux théâtres du boulevard de Strasbourg. Ancien théâtre des Menus-Plaisirs, il est inauguré en 1866. Je l’ai remarqué grâce aux mosaïques qui se trouvent sur sa façade.

théâtre antoine
Qui a dit que les pigeons n’étaient pas fervents de théâtre ?

Ce sont les Menus-Plaisirs du roi qui ont inspiré l’ancien nom de ce théâtre. Les Menus-Plaisirs du roi, ce sont les services qui étaient responsables de tous les spectacles et fêtes de la cour du roi.

Le quartier de la Porte Saint-Denis

La rue du Château d’eau

Le boulevard de Strasbourg coupe la rue du Château d’eau, que nous prenons sur la droite. Ici, c’est la rue africaine de Paris. De nombreuses guirlandes décorent l’immeuble du numéro 45 ! Mais c’est surtout son bow-window, en légère saillie, qui se remarque. La rue du Château d’Eau ne doit pas son nom à un château d’eau mais au fait qu’elle menait à une fontaine située sur la place de la République.

A l’intersection de cette rue et de la rue du Faubourg Saint-Martin se trouve la mairie du dixième arrondissement. Après trois déménagements, elle s’installe dans l’ancienne caserne de la garde municipale en 1849. En 1892, l’architecte Eugène Rouyer construit un nouvel édifice, et s’inspire de l’Hôtel de Ville de Paris, pour lequel il était arrivé deuxième lors du concours. Il réalise des décors plus abondants. Mais tout cela sera très coûteux. En effet, la construction de la mairie du dixième arrondissement sera la plus onéreuse de Paris !

mairie du 10e arrondissement
Reconnaissez-vous des similitudes avec l’hôtel de ville de Paris ?

Au numéro 39 se trouve une curieuse maison. C’est la plus étroite maison de Paris, qui se trouve à l’emplacement d’un ancien passage.

La maison mesure seulement 1.20 mètres de large et 5 mètres de haut ! Un conflit familial lié à un héritage aurait été résolu en bouchant le passage avec cette construction. Ainsi, personne ne se serait retrouvé lésé de voir le passage légué à un autre membre de la famille… 

maison la plus étroite de Paris au 39 rue du château d'eau
Qu’on se rassure, l’habitation au dessus du magasin est en fait une pièce d’un immeuble mitoyen !

Au numéro 50, les pompiers ont fait décorer leur caserne avec des bas-reliefs représentant des blasons. Faisons demi-tour et tournons à gauche, rue du Faubourg Saint-Martin.

Du boulevard Saint-Martin à la place de la République

La porte Saint-Martin

porte saint martin
A noter que l’architecte de la porte Saint Martin est l’élève de celui de la porte Saint Denis.

La porte Saint-Martin s’élève elle aussi en l’honneur de Louis XIV, afin de célébrer ses victoires sur le Rhin. Quatre ans après la construction de la porte Saint-Denis, en 1674 donc, l’architecte Pierre Bullet réalise cet arc de triomphe de style classique, avec un attique en marbre et quatre bas reliefs sur les écoinçons, représentant la prise du Limbourg (une région entre Aix-la-Chapelle, Liège et Maastricht), la défaite du Saint Empire Romain Germanique, la rupture de la Triple Alliance (Angleterre, Provinces-Unis, et Suède) et la prise de Besançon.

Le boulevard Saint-Martin

Comme le reste des Grands Boulevards, le tracé du boulevard Saint-Martin suit celui de l’enceinte de Charles V. La principale curiosité de ce boulevard se trouve dans ses trottoirs surélevés de deux mètres par rapport à la route. Les buttes qui le constituent résultent de la présence d’une ancienne décharge publique. On a construit le boulevard par-dessus !

Au numéro 91, le Monoprix se trouve dans un bâtiment qui me semble de style Art déco. Il date cependant de 1947. Une date un peu tardive, mais il est toujours possible que certains architectes aient continué le style alors qu’il n’était plus à la mode.

immeuble du 91 rue du faubourg saint denis
Ceci n’est pas un placement de produit ! On va éviter de voir les tags pour constater ces motifs présents sur des immeubles Art déco, alors que ce bâtiment est plus ancien.
Le théâtre de la Renaissance

A l’angle du boulevard Saint-Martin et de la rue René Boulanger, le théâtre de la Renaissance date de 1873. Le nommage avait juste un peu de retard ! Alexandre Dumas et Victor Hugo, désirant disposer d’une troupe pour leurs drames romantiques, fondent ce théâtre en 1838. Ils s’installent dans un théâtre à l’italienne en 1872, à un emplacement laissé vide par un incendie lors de la Commune. Trois étages composent la façade du théâtre de la Renaissance. Quatre duos de cariatides portent le deuxième, tandis qu’autant de duos de colonnes corinthiennes soutiennent le troisième. A cet étage; deux statues allongées tiennent un écusson indiquant l’année : 1872 .

Le théâtre Saint-Martin

Le bâtiment à côté (au numéro 18 du boulevard Saint-Martin donc), est lui aussi un théâtre. Mais son nom est beaucoup moins énigmatique : théâtre de la porte Saint-Martin. Ils ne sont pas allés chercher bien loin ! Après l’incendie de la salle du Palais-Royal, le théâtre de la porte Saint-Martin est inauguré en 1781. Il n’aura fallu que deux mois pour bâtir ce théâtre pouvant accueillir mille huit-cent personnes ! On y joue des comédies et des ballets, avant sa fermeture en 1807. En 1810, elle rouvre avec des règles assez strictes, et qui nous paraîtraient aujourd’hui étranges : deux acteurs au maximum qui parlent sur la scène par exemple. En 1814, les acteurs abandonnent cette pratique et présentent des mélodrames et des comédies chantées et dansées.

Lors de la reconstruction du théâtre après l’incendie survenu pendant la Commune, le sculpteur Jacques-Hyacinthe Chevalier conçoit des sculptures représentant la Comédie, le Drame et la Tragédie sur la façade actuelle. Quatre atlantes supportent l’étage où est fixé le nom du théâtre, au-dessus duquel se trouvent trois fenêtres colorées. Enfin, qui sont sûrement colorées, vues de l’intérieur !

D’autres façades sur le boulevard Saint-Martin

Au 8 boulevard Saint-Martin, l’immeuble n’est pas de style Art nouveau, mais les céramiques, réalisées par l’artiste tchèque Alfons Mucha, le sont.

céramiques sur la façade du 8 boulevard saint-martin
Je ne sais pas ce que ces deux céramiques font ici. Un détail surprenant de Paris !

Façade sculptée au numéro 33. Tournons ensuite à gauche, rue de Lancry.

La rue de Lancry

Une porte cochère se trouve au numéro 17 et possède un fronton sculpté sur lequel on trouve des putti et des cornes d’abondance. Un putto, putti au pluriel, est un mot savant pour dire “statue d’un enfant nu”, que l’on trouve essentiellement sur les bâtiments de style Renaissance italienne. La porte est celle d’un hôtel particulier datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au croisement avec la rue Albert Thomas, nous remarquons un immeuble de style Art nouveau. Ce style se reconnaît aux motifs à l’angle de l’immeuble entre les deux rues, l’immeuble n’étant autrement que peu décoré.

Tournons ensuite à droite, rue Yves Toudic. Au numéro 34, la boulangerie de 1870 possède de beaux panneaux en verre. A l’intérieur, j’ai pu observer des céramiques au plafond.

boulangerie du 34 rue yves toudic
Je ne sais pas si le pain est bon, mais en tout cas j’approuve la décoration !

Le boulevard de Magenta

Des statues sur les immeubles

Revenons sur nos pas jusqu’au boulevard de Magenta et tournons à gauche. Au numéro 11, l’immeuble de 1887 est doté de grandes fenêtres et surtout de deux statues représentant la Science et l’Industrie.

porte du 5 boulevard de magenta
Deux cariatides discutent tranquillement au dessus de la porte d’entrée du numéro 5. A votre avis, elles se disent quoi ?
La Bourse du Travail

Au 3 rue du Château d’Eau, au croisement entre cette rue et le boulevard de Magenta, la Bourse du Travail a été construite de 1888 à 1896 par l’architecte Joseph-Antoine Bouvard, alors architecte de la ville de Paris. La façade présente de nombreux pilastres corinthiens et une horloge de style Renaissance. L’intérieur dispose d’une grande verrière recouvrant une salle avec des colonnes métalliques et divers symboles de plusieurs métiers. Par chance, le gardien m’a laissé entrer mais l’endroit n’est normalement pas ouvert au public à part peut-être lors des journées du patrimoine ?).

intérieur de la bourse du travail
Une architecture typique des bâtiments de l’ère industrielle.

Une bourse du travail était un bâtiment géré par des syndicats où on trouvait du travail aux ouvriers. Plusieurs décennies avant, sa construction avait déjà été envisagée mais abandonnée. En effet, on a alors estimé que rendre les salaires publics aurait attiré à Paris trop de travailleurs venus des campagnes !

La place de la République

place de la république
Je m’étonne d’avoir réussi à prendre une photo avec aussi peu de voitures !

A la fin du XVIIe siècle et alors que l’enceinte de Charles V est démolie, on aménage une place triangulaire à l’emplacement du bastion du Temple. En 1811, l’ingénieur Girard dessine une fontaine, installée au centre de la place, qui s’appelle alors place du Château d’Eau. La place se transforme sous le Second Empire. On construit la caserne Vérines, alors la plus grande de Paris. Son emplacement permet d’intervenir rapidement au faubourg Saint-Antoine. L’architecte Gabriel Davioud construit le bâtiment des Magasins réunis, une grande chaîne de magasins fondée à Nancy, dans une place agrandie en 1866. L’année suivante, une fontaine de 25 mètres de haut remplace celle de Girard.

D’ailleurs, tant qu’on parle de Nancy, j’ai écrit un article sur cette ville si ça vous intéresse pour un prochain week-end.

Ce n’est qu’en 1879 que la place prend son nom actuel. Les frères Morice remportent le concours pour la construction d’un monument à la République. Celui-ci présente des statues allégoriques de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité. Au sommet, une statue colossale de Marianne en bronze de 9.5 mètres de haut, réalisée par la fonderie d’art Thiébaut Frères, domine toute la place. Enfin, douze hauts reliefs représentent autant de dates marquantes de la République française.

Le dernier réaménagement date de 2010 et des années qui ont suivi. Des miroirs d’eau ont été installés, comme sur les quais de Bordeaux. Mais c’est sûrement la limitation de la circulation au côté ouest de la place qui a sûrement le plus fait parler d’elle. La place de la République, de par son emplacement aux croisements de grands boulevards, et de par son nom, est le point de départ de nombreuses manifestations.

Le canal Saint-Martin et ses alentours

Le début de la rue du Faubourg du Temple

Dans le prolongement de la rue du Temple (que nous avons parcourue lors de notre visite du troisième arrondissement), la rue du Faubourg du Temple menait au village de Belleville. Au XVIe siècle, c’était l’une des voies principales sortant de Paris, via la porte du Temple. On y trouve des boîtes de nuit, telles que Gibus au numéro 18. Au numéro 37, le Palais des Glaces est une salle de spectacles depuis 1876. Il se remarque avec son nom écrit en toutes lettres sur sa façade, mais aussi grâce au grand haut relief sur lequel on peut voir une tête d’éléphant.

Le canal Saint-Martin

Avant d’aller voir le Palais des Glaces, nous avons traversé le canal Saint-Martin. A droite, le canal s’enfonçait sous terre mais à gauche, nous avions une vue sur l’une des écluses du canal. Revenons sur nos pas pour voir cela plus en détail.

En 1802, Napoléon Ier décide la construction d’un canal pour relier l’Ourcq à la Seine. Un projet en ce sens avait déjà été envisagé au XVIe siècle. L’objectif est l’approvisionnement de Paris en eau, les habitants n’ayant pas un accès suffisant à cette ressource, qui est souvent de mauvaise qualité. Cela entraîne ainsi des maladies, que le Premier consul souhaiterait éviter. Mais entre-temps, les guerres napoléoniennes retardent les travaux. Louis XVIII relance le projet et fait appel à des compagnies privées. Ainsi, la Compagnie du canal Saint-Martin voit le jour. En 1825, Charles X inaugure le canal.

En 1860, les travaux d’Haussmann incluent le canal Saint-Martin, qui se retrouve recouvert sur 1.8 km. Le canal Saint-Martin est alors vu comme une gène dans la circulation entre le centre de Paris et les nouveaux quartiers dans le nord-est de la ville. Dans cette deuxième partie du XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe siècle, le canal permet d’approvisionner Paris en marchandises, notamment agricoles et de construction. Deux ports sont présents : le port de l’Arsenal et le port de la Villette. L’activité décline ensuite, concurrencée par le transport ferroviaire et le transport routier. Les ouvriers déménagent et les abords du canal Saint-Martin connaissent un processus de gentrification rapide. Le site classé Monument historique attire maintenant de nombreux promeneurs, longeant le canal à l’ombre des arbres et parcourant les passerelles permettant de le traverser. Certains touristes empruntent les bateaux-mouches, qui parcourent le canal puis la Seine, jusqu’au musée d’Orsay.

canal saint martin
L’une des écluses que les bateaux-mouches doivent franchir.
canal saint-martin
Est-ce qu’il est prévu de pouvoir nager dans le canal Saint Martin comme dans la Seine ?

Au numéro 102 du quai de Jemmapes, l’Hôtel du Nord apparaît dans le livre éponyme d’Eugène Dabit, qui s’inspira de ses observations de tous les jours pour écrire son roman. Il fait également référence au film L’Hôtel du Nord de Marcel Carné.

Ne pas hésiter à traverser les passerelles pour bénéficier de vues sur le canal, comme par exemple celle au niveau du square des Récollets.

Le quartier de l’hôpital Saint-Louis

Autour de l’hôpital Saint-Louis

Juste avant l’Hôtel du Nord, nous prenons la rue de la Grange aux Belles. Avec la rue Louis Blanc et le canal Saint-Martin, elle délimite la zone où se trouvait le gibet de Montfaucon, édifié au début du XIe siècle et en service jusqu’à la première moitié du XVIIe siècle. A droite se trouve l’hôpital Saint-Louis. Henri IV le créa en 1607 pour accueillir les malades de la peste de 1605-1606. Construit à l’extérieur de la ville, il vise à isoler les malades. Il devient ensuite un hôpital permanent à partir de 1773. La cour principale, carrée et entourée de toits à lucarnes, rappelle la place des Vosges. Malheureusement, je n’ai pas pu rentrer, le gardien à l’entrée me disant que l’hôpital ne se visite pas.

L’hôpital Saint-Louis tient une place importante dans le développement de la dermatologie. C’est certainement pour cette raison qu’on y trouve le musée des moulages dermatologiques. Le musée, créé en 1865, présente des milliers de moulages de peaux présentant des symptômes divers et variés. Il est possible de le visiter sur rendez-vous en semaine, de 9h à 16h30, ou pendant les Journées du Patrimoine. D’ailleurs, ce serait sûrement une bonne occasion pour accéder à la cour carrée…

Faisons le tour de l’hôpital à partir de la rue de la Grange aux Belles, en tournant ensuite à droite, rue Juliette Dodu. Au numéro 21 se trouve un mur en trompe-l’œil.

Mur en trompe l'œil du 21 rue Juliette Dodu
Je ne sais pas s’ils espéraient faire disparaître ce grand immeuble dans le paysage en dessinant des maisons dessus !

Nous tournons ensuite à gauche, avenue Claude Vellefaux, puis parcourons l’avenue Parmentier, qui nous ramène à la rue du Faubourg du Temple, que nous avons quittée tout à l’heure.

De retour dans la rue du Faubourg du Temple

Nous prenons la rue du Faubourg du Temple sur la gauche. Au numéro 105, le club La Java se trouve au sous-sol de la galerie marchande le Palais du Commerce. Construite en 1923 et 1924, cette galerie marchande, éclairée grâce à une verrière et des briques de verre, a été réalisée dans le style Art déco, en vogue à l’époque.

intérieur de la galerie marchande palais du commerce
Et dire que si j’y allais en soirée, je raterais sûrement les détails de ce magnifique intérieur !

Tournons à gauche, boulevard de la Villette.

Le long du boulevard de la Villette

La rue Sainte-Marthe

A gauche, la rue de Sambre-et-Meuse nous permet d’atteindre la rue Sainte-Marthe, la première à gauche. Cette rue débute par une grande peinture murale et continue avec de nombreux magasins colorés.

un magasin coloré de la rue sainte marthe avec un dessin de lucky luke
Un peu d’art de rue dans le 10e arrondissement.

Si nous continuons sur le boulevard de la Villette, nous arrivons sur la place du Colonel Fabien.

La place du Colonel Fabien

Cette place porte le nom d’un militant communiste, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale en utilisant le nom “Fabien”. C’est d’ailleurs sur cette place que se trouve le siège du Parti Communiste français. Pour le reconnaître facilement : c’est le bâtiment aux airs les plus récents de la place, réalisé par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer en 1968-1971 puis 1979-1980. L’architecte a voulu réaliser un bâtiment aux formes nouvelles tout en le gardant simple. Façade notable au numéro 39 de l’avenue Claude Vellefaux, avec de grandes fenêtres au centre.

Oscar Niemeyer est connu pour la construction de la ville nouvelle de Brasilia, au Brésil, réalisée conjointement avec l’urbaniste Lucio Costa et inaugurée en 1960.

Nous prenons la rue Louis Blanc puis tournons à droite, rue La Fayette.

L’église Saint-Joseph l’Artisan

Nous finissons donc notre visite du dixième arrondissement sur la rue La Fayette, l’une des premières que nous avons parcourue lors de cette visite. Au numéro 214, rue La Fayette, l’église Saint-Joseph l’Artisan se trouve en retrait par rapport à la rue. Il ne faut donc pas manquer le numéro de la rue !

L’architecte Lucien Douillard, qui sera plus tard auteur de l’église Saint-André-de-l’Europe, dans le huitième arrondissement, érigea cet édifice de style néogothique en 1865. Du style gothique, l’église possède son plafond aux arcades brisées et les vitraux de l’abside, offerts par l’empereur François-Joseph d’Autriche. Sur le mur du côté droit, les vitraux colorés sont quant à eux bien plus modernes. Ils ont en effet été réalisés par un artiste coréen d’origine dominicaine en 2005. L’église est cependant plus sombre que nombre d’édifices gothiques. Il faut néanmoins remarquer les fresques sur les murs latéraux, tout autour de la nef. De plus, les vitraux modernes se reflètent parfois sur les murs d’en face, créant un intéressant jeu de lumière.

vitrail de l'église saint joseph l'artisan
Un vitrail contemporain !
nef de l'église saint joseph l'artisan
Une église plutôt sobre en dehors des fresques de la nef.

L’église Saint-Joseph l’Artisan appartenait à la Mission allemande de Paris, et aidait les ouvriers allemands à s’intégrer. Ceux-ci sont venus à Paris dans la période d’industrialisation de la deuxième moitié du XIXe siècle.

L’église Saint-Joseph l’Artisan a échappé de peu à la destruction. En 1918, un obus de la Grosse Bertha, un canon allemand, tombe dans la cour de l’église, heureusement sans exploser.

Un bel immeuble de style Art nouveau se trouve au numéro 231 bis de la rue.

A ne pas manquer

La plus belle église : l’église Saint-Vincent-de-Paul.
Les plus belles façades : les immeubles Art nouveau de la rue d’Abbeville.
Le plus beau passage : le passage Brady (nous n’en avons de toute façon pas visité des masses !)
Les deux gares et la rue du Faubourg Saint-Denis. Et bien sûr, une promenade le long du canal Saint-Martin !

Le mot de la fin

Dix arrondissements ! Nous finissons donc avec cette visite la moitié de notre périple parisien. Ou du moins, le principal, car nous n’aurons pas fini de parcourir la ville ! Il apparaît de plus en plus clair que nous avons désormais quitté le centre historique de Paris. Cela se traduit par une quantité moindre de sites de grand intérêt. En effet, notre visite n’a pas été ponctuée de lieux “immanquables”, mais de lieux plus confidentiels. Le dixième arrondissement témoigne cependant d’une certaine époque de Paris, avec les Grands Boulevards, ainsi que les deux gares qui ont conservé de nombreux éléments d’origine. 

Autrement dit, le dixième arrondissement nous a emmené dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec ses gares, mais aussi au début du XXe avec ses bâtiments de style Art nouveau. Enfin, le dixième arrondissement retrace les différentes vagues d’immigration que Paris a connues au cours de la seconde moitié du XXe siècle, et qui ont fait de cet arrondissement un lieu cosmopolite, dont l’ambiance constitue l’un des principaux points d’intérêt.

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