Visiter le troisième arrondissement de Paris

Visiter le troisième arrondissement de Paris

Le troisième arrondissement est à voir pour la partie Nord du Marais, où on trouve de nombreux hôtels particuliers. C’est d’ailleurs l’arrondissement des hôtels particuliers, je n’en avais jamais vu autant en une seule visite ! Mais c’est aussi dans le nord de cet arrondissement que les templiers avaient installé leur temple au XIIe siècle. Enfin, ceux qui se sentent scientifiques dans l’âme ne devront pas rater le Conservatoire des Arts et Métiers !

Ici, on trouve de nombreux musées, et beaucoup valent le détour. J’ai fait le choix, lors de ma première visite, de ne pas les visiter. Je préfère les visiter lors d’un week-end pluvieux ou pour les premiers dimanches du mois, lorsque la visite est gratuite. Ainsi, la visite m’a pris une journée complète. Il faut donc bien deux jours, suivants les musées que vous voulez voir. Je présente dans cet article certains d’entre eux, déjà visité un premier dimanche du mois.

Le quartier Arts et Métiers

Rendez-vous à la station de métro Arts et Métiers pour débuter la visite du troisième arrondissement. Elle commence fort puisque la station en elle-même constitue une curiosité à voir, avec ses murs de couleur cuivre avec des sortes de hublots laissant voir des pièces comme celles se trouvant dans le musée du Cnam. Un avant-goût de la visite de ce dernier !

paris station métro arts et métiers
Sûrement l’une des stations de métro les plus pittoresques de Paris !

Autour de la station, il y a plusieurs monuments à voir.

Le Conservatoire national des arts et métiers

En empruntant la rue Réaumur, la première surprise est de longer une église : l’église Saint-Martin des Champs, de style roman. En effet, le Cnam se trouve dans l’ancien prieuré fortifié de Saint-Martin des Champs depuis 1794. Le musée du Cnam présente de nombreuses inventions scientifiques. C’est fascinant de voir comment les sciences ont évolué et de découvrir ces nombreux outils qu’on est capable de produire pour répondre à toutes nos interrogations sur le monde, ou pour répondre à des problèmes du quotidien !

L’entrée se situe au numéro 270. En face, au numéro 235, on peut admirer un hôtel du XXe siècle.

La Gaîté-Lyrique

En face du square Emile Chautemps, bordant la rue Papin, le théâtre de la Gaîté-Lyrique est un beau bâtiment Haussmannien de 1862. Les colonnes sont en faux marbres. Mais pour un théâtre, je suppose que c’est approprié, on pourrait dire que les colonnes jouent un rôle, le rôle de colonnes en marbre… Quoi qu’il en soit, inutile de chercher la date de la prochaine représentation : c’est un lieu dédié aux arts numériques désormais.

paris - théâtre de la Gaîté Lyrique
Les colonnes colorées ajoutent un peu de gaîté parmi toutes ses façades en pierres blanches !

L’église Saint-Nicolas des Champs

Cette église de style gothique flamboyant (portail Renaissance) se trouve rue Saint-Martin, après avoir traversé la rue Réaumur. Les amateurs de peintures seront comblés par la visite de cette église. Le samedi, elle n’est ouverte que de 10h45 à 13h et de 17h30 à 19h30. Je me suis donc contenté de prendre une photo de la façade ! Avant de revenir pour voir l’intérieur, plusieurs semaines plus tard.
D’ailleurs c’est un conseil général si vous souhaitez entrer dans des églises à Paris le week-end, pensez à regarder les horaires ! Ce n’est pas la première fois que je trouve porte close en plein après-midi…

façade de l'église saint nicolas des champs
La façade de l’église Saint Nicolas des Champs semble un peu décalée par rapport à son axe principal, avec le clocher sur la droite.

Retournons maintenant à la station de métro Arts et Métiers. Avant de continuer la visite, faîtes attention au mur au numéro 57 de la rue de Turbigo. Nous avons déjà vu des cariatides au cours de nos visites. Mais avez-vous déjà vu une cariatide qui s’étire sur trois étages? C’est exactement ce qu’a réalisé Auguste Emile Delange en 1851 pour le concours des Beaux-Arts ! Pour ce concours, il fallait réaliser un phare en hommage au fondateur de l’optique moderne, Augustin Fresnel. Je me demande s’il a remporté le concours avec sa grande cariatide, qui est au moins devenue la cariatide phare de la rue de Turbigo.

Habitations du Moyen-Age et autres

Une maison pas si ancienne

Depuis la rue Réaumur, rejoignons la rue Volta. Au numéro 3, une maison à colombage attire notre regard. Un bourgeois du XVIe siècle, peut-être nostalgique d’une époque révolue, y a construit cette maison. Aucun problème, me direz-vous, mais plusieurs siècles plus tard, voilà qu’on y voit la plus ancienne maison de Paris ! Avant que des recherches historiques ne dévoilent qu’elle était un peu plus récente que ce que son style laissait croire ! Je ne sais pas vous, mais moi ça me rappelle une maison sur l’île de la Cité et un certain Fernand Pouillon

La plus ancienne maison de Paris

Pour voir la plus ancienne maison de Paris, il faut marcher. Voici l’itinéraire à suivre :
Tout d’abord, prendre à droite dans la rue au Maire. Il faut remonter au XIIIe siècle pour trouver l’origine du nom de cette rue : le maire du prieuré de Saint-Martin-des-Champs y avait établi son siège. La première communauté chinoise arrivée à Paris s’y installa dans les années 1930. Si vous voulez manger dans un restaurant chinois, vous êtes au bon endroit !

Tourner ensuite dans la rue Beaubourg puis à droite dans la rue de Montmorency. Au numéro 51, nous sommes enfin devant la plus ancienne maison de Paris. Elle date en effet de 1407 ! Et quiconque connaît Harry Potter (c’est-à-dire presque tout le monde, n’est-ce pas !) reconnaîtra le nom de son propriétaire d’alors : Nicolas Flamel. Et si dans le roman, Nicolas Flamel fabrique la pierre philosophale, le rendant immortel, en réalité il n’était que copiste, juré de l’Université et libraire. C’est déjà pas mal ! Mais sa fortune augmenta si rapidement que la rumeur selon laquelle il avait trouvé la pierre philosophale, capable de changer les métaux ordinaires en or, se répandit petit à petit. Plusieurs ouvrages d’alchimie lui ont été attribués, à tort ! Les signes sur sa maison évoquent tout de même un peu l’alchimie.

maison de nicolas flamel
L’intérieur semble avoir une ambiance de taverne.

Un quartier plus moderne et un passage

En reprenant la rue Saint-Martin à gauche, nous arrivons devant un passage du 3e. C’est le passage Molière, avec ses vitrines colorées. En face, plus austère, le quartier des Horloges date de 1970. Au milieu de ces bâtiments, dont le style contraste avec tout ce que nous avons vu jusque-là, on trouve une sculpture de Jacques Monestier : le Défenseur du temps.

Le quartier du Temple

Le quartier du Temple, au Nord du troisième, doit son nom à la commanderie des templiers qui s’y trouvait. L’Ordre du Temple, fondé en 1129, avait pour but de protéger les pèlerins en route vers Jérusalem. Cet ordre avait également une vocation militaire en participant aux croisades et à la reconquête de la péninsule ibérique. Très vite, ils se constituèrent un réseau de commanderies à travers l’Europe et amassèrent une manne financière par des dons ou des remboursements de prêts. Même si le prêt avec intérêts était interdit, les templiers utilisaient les changements de valeurs entre monnaies lors des différentes conversions pour compenser le manque des intérêts. Peu après la perte de Saint-Jean d’Acre, dernière place forte chrétienne en Terre Sainte, en 1291, l’Ordre du Temple fut dissous et ses membres en France arrêtés le 13 octobre 1307.

En route pour le quartier du Temple

Il faut prévoir un peu de marche avant d’y arriver. Tout d’abord, en longeant le musée Beaubourg par la rue Rambuteau jusqu’à la rue du Temple. Nous semblons être sur la bonne voie ! Rapidement, à gauche, vous verrez le musée d’art et d’histoire du Judaïsme, installé dans l’hôtel de Saint-Aignan, datant du XVIIe siècle.

Au numéro 4 de la rue Chapon, l’ancien hôtel Jean Bart, lui aussi du XVIIe siècle. Caché derrière le mur le séparant de la rue, on aperçoit seulement le toit…

Nous finissons par arriver à destination avec le square du temple sur notre droite.

C’est ici que se trouvait le donjon des Templiers. Aujourd’hui, il a disparu et a laissé sa place à un grand jardin à l’anglaise. Très agréable, ce square serait également très calme si sa grande surface de verdure n’attirait pas toute une foule le week-end ! Et on les comprend bien, en les voyant installés confortablement près du bassin d’eau.

paris square du temple
On ne se croirait pas à Paris sur cette photo !

Autour du square du Temple

De l’autre côté du square, la mairie du troisième arrondissement fut commencée sous l’égide d’Haussmann en 1862. La façade en jette, il paraît que la salle des fêtes aussi. Si quelques personnes sont partantes pour organiser un événement, nous pourrions peut-être en profiter une soirée…

mairie du troisième arrondissement de paris

Les connaisseurs d’Henri Cartier-Bresson pourront faire un tour dans la fondation exposant ses photographies, rue des archives.

Du côté de la rue Perrée, il y a de nombreuses choses à voir. Tout d’abord, le Carreau du Temple. Ce marché couvert du XIXe siècle a bien failli disparaître. Un référendum d’initiative locale lui a donné une nouvelle vie : il accueille désormais des événements, des espaces de sport, de création artistique…
A savoir qu’il y avait déjà un marché en ce lieu au Moyen-Age. Les artisans travaillant sur les terres des Templiers étaient exonérés de certaines taxes.

carreau du temple
Vu comme ça, le carreau du temple a tout perdu de l’époque médiévale !

Entre les rues Gabriel Vicaire et Paul Dubois, l’hôtel de la Garantie est un bel exemple de l’architecture du XXe siècle (il date en effet de 1925). On y garantissait l’authenticité des métaux utilisés dans les bijouteries et orfèvreries de la ville.
A l’arrière de l’édifice, à l’angle entre les rues Gabriel Vicaire et Dupetit-Thouars, un plan sur pierre représente le quartier à l’époque des Templiers. Pratique, surtout si vous n’avez pas remarqué les lignes bleues indiquant l’emplacement du donjon des Templiers !

L’église Sainte-Elisabeth de Hongrie et un autre passage

La rue Dupetit-Thouars nous ramène à la rue du Temple que nous prenons en tournant à droite. L’église Sainte-Elisabeth de Hongrie se trouve presque en face quand on arrive à la rue du Temple. Cette église de la première moitié du XVIIe siècle est à voir pour ses cent bois sculptés représentant des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

façade de l'église sainte elisabeth dans le troisième arrondissement de Paris
L’église Sainte Elisabeth est de style baroque.

Tournons à gauche dans la rue Béranger. Le passage Vendôme date de 1827 et n’a pas le panache de la place du même nom. L’autre côté débouche sur la place de la République, mais il va falloir encore attendre quelque temps pour la visiter, puisqu’elle se trouve dans le dixième arrondissement ! Son nom provient d’un duc de Vendôme, un grand prieur de France.

Le Nord du Marais

Au XIIe siècle, la zone est marécageuse et occupée par l’Ordre des Templiers et l’abbaye Saint-Martin-des-Champs (dont le nom même nous indique qu’elle se situait en dehors de la ville). Au XVIIe siècle, la noblesse s’y installe et y construit ses logements. Ces nouveaux habitants se rapprocheront ensuite de Versailles et laisseront leur place aux artisans et ouvriers. Ces derniers installent ici leurs ateliers et sont rejoints par des immigrants au XXe siècle.

Vers le quartier des Marais

Nous arrivons à la place Olympe de Gouges. La fontaine à un angle date de la toute fin du XVIIe siècle. Nous prenons la rue Charlot, adjacente à cette fontaine. Juste après la rue de Bretagne, nous arrivons au marché des Enfants Rouges. Pas d’enfants en colère ou poignardés jusqu’au sang après avoir fait des bêtises ici, mais des orphelins portant des habits rouges, hébergés dans l’hospice à proximité de ces lieux au XVIe siècle. Au siècle suivant, on construit ce qui est maintenant le plus ancien marché couvert de Paris. J’y aurais bien mangé pour le déjeuner, mais pour trouver de la place, il vaut mieux arriver tôt !

Deux églises et des hôtels

Nous tournons à droite rue Pastourelle puis prenons la rue des Archives à gauche. Le musée de la Chasse et de la Nature se trouve dans un hôtel particulier construit par François Mansart au milieu du XVIIe siècle pour Jean-François Guénégaud, alors conseiller d’Etat. A l’intérieur, le visiteur découvre une collection d’animaux empaillés, d’armes de chasse, mais aussi des expositions temporaires d’art contemporain.

En prenant la rue des Quatre-Fils à gauche, nous retrouvons la rue Charlot. Nous arrivons vite au niveau de la cathédrale Sainte-Croix des Arméniens, aussi appelée l’église Saint-Jean-Saint-François. Dans la cour devant l’entrée de l’église, on remarque vite la statue de Saint François d’Assise, très expressive. L’église, datant du XVIe siècle, a été agrandie au XIXe. Le porche date de 1855 et est de Victor Baltard (souvenez-vous, il a restauré plusieurs édifices et a notamment réalisé les Halles de Paris).

Un peu plus loin, le passage de Retz mène à un hôtel du XVIIe siècle.

La rue du Perche quant à elle mène à la rue Vieille du Temple que l’on emprunte en tournant à gauche. Le côté droit de la rue est bordé d’hôtels particuliers, par exemple aux numéros 106 et 110. Ce ne sont que deux hôtels d’une longue liste dans le Marais !

Mais éloignons-nous un peu du Marais pour nous rendre rue de Turenne en passant par la rue Debelleyme.

En tournant à droite, nous arrivons devant l’église Saint-Denys du Saint-Sacrement. Et, chose rare dans cet article, elle était ouverte lors de mon passage !

Ce qui surprend, dans cette église datant de la Restauration (1826), ce sont les grosses colonnes devant l’entrée. On dirait un temple antique. Et c’est bien le but du style néo-classique, qui utilise des éléments gréco-romains, remis à la mode par la découverte de sites archéologiques antiques tels que Pompéi. Dans la première chapelle à droite, Delacroix aurait peint la Pietà en dix-sept jours.

façade de l'église saint denys du saint-sacrement
Une affiche vient apporter un peu de couleur et rompre l’uniformité de l’ensemble. Une touche d’art contemporain de la part de la paroisse ?
nef de l'église saint denys du saint-sacrement
Encore plus de colonnes dans l’intérieur d’un style par ailleurs assez épuré.

Des hôtels particuliers et des squares

La rue de Turenne et la rue du Parc Royal

Tout au bout de la rue Saint-Claude, au numéro 1, l’hôtel est peu visible mais les vantaux de la porte proviendraient de la commanderie des Templiers…

La rue Turenne dispose de belles façades et elle aussi de ses hôtels particuliers aux numéros 60 (hôtel du Grand Veneur) et 52-54 (hôtel de Montrésor, du XVIIe siècle).

A droite, la rue du Parc Royal présente une succession d’hôtels particuliers : l’hôtel de Canillac (numéro 4), les hôtels Duret-de-Chevry (numéro 8), l’hôtel de Vigny (numéro 10) et l’hôtel de Croisilles (numéro 12). Ils datent du XVIIe siècle, l’hôtel Duret-de-Chevry étant parmi les derniers hôtels en brique de la période d’Henri IV.

hôtel duret de chevry

La rue Payenne

Après les hôtels, place aux parcs et à un peu de verdure ! Tout d’abord avec le square Léopold-Achille, qui est pour la majorité de la population un square banal. Les connaisseurs des différentes essences d’arbres reconnaîtront un orme de Sibérie et un faux houx du Japon. C’est trivial. En réalité, je ne savais pas quoi dire sur ce square et j’ai erré sur internet, ce qui m’a permis d’obtenir cette information. Je l’admets, il n’y avait pas grand-chose à dire sur ce square !

Concernant le suivant par contre, il y a davantage de choses à dire. Pour visiter le square Georges Caïn, suivre un chemin en cercle organisé autour d’un point d’eau. Il abrite des vestiges du palais des Tuileries ! Ils sont adossés au mur à droite du square, au milieu d’éléments de l’ancien Hôtel de Ville et de sarcophages mérovingiens. C’est un peu le square fourre-tout. Si vous avez un morceau de la Bastille qui encombre votre jardin, vous savez désormais où le mettre…

paris troisième arrondissement square georges caïn
J’ai réussi à prendre une photo sans aucun chien dessus, ce qui n’était pas gagné ! Le chemin semble être leur petit cinquante mètres pour se défouler.
vestiges du palais des tuileries dans le square georges caïn
Un vestige des Tuileries, reste à savoir de quelle partie exactement !

Autre chose : vous pouvez remarquer au sommet de l’orangerie, le bâtiment à gauche du parc, une statue allégorique de la Vérité. Elle regarde vers le bâtiment en face de l’entrée, où se trouve une statue représentant le Temps. Ce dernier n’y fait pas attention et détourne le regard. Ce square semble être aussi celui de la philosophie !

Au numéro 9, le jardin Lazare-Rachline donne sur la façade arrière de l’hôtel Donon abritant le musée Cognacq-Jay, dont il sera question plus loin. Ce petit jardin à la française passerait presque inaperçu pour ceux ne faisant pas très attention ! Pour information, Lazare Rachline est un résistant qui a cofondé la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme.

Au numéro 5, la maison de l’architecte François Mansart accueille maintenant le temple de l’Humanité. Cette chapelle est donc dédiée à la religion de l’Humanité, autrement appelée “Église positiviste”, un mouvement religieux initié par Auguste Comte dont je n’ai pas compris grand-chose, si ce n’est que cette chapelle est l’un des derniers lieux du monde qui lui est dédié. Il dérive d’un mouvement de pensée basé sur la confiance dans les sciences et le progrès.

Les musées du Marais

Le musée Carnavalet

Nous revenons rue des Francs Bourgeois. A gauche, la mercerie parisienne ravira les couturiers. A droite, le musée Carnavalet se trouve à l’angle avec la rue de Sévigné. L’architecte François Mansart finalise ce bel hôtel du XVIIe siècle, et nos yeux sont ravis dès l’entrée. Et à vrai dire, rien que l’extérieur est déjà superbe. Mais comme ça ne suffit pas, il abrite deux millénaires d’histoire de Paris entre ses murs ! Il y en a tellement que le musée occupe en fait plusieurs hôtels.

La rue des Francs Bourgeois vous propose encore d’autres hôtels particuliers, notamment l’hôtel d’Albret du XVIe siècle.

3e arrondissement - hôtel albret

Le musée Cognacq-Jay

La rue Elzevir mène rapidement au musée Cognacq-Jay. Dans cet hôtel du XVIe siècle, le fondateur de la Samaritaine, Ernest Cognacq et son épouse Louise Jay ont rassemblé leur collection d’art du XVIIIe siècle. Le musée étant gratuit, je suis rentré pour faire un tour rapidement et prendre quelques photos de l’intérieur.

3e arrondissement - hôtel donon
La cour intérieure est au calme, entre les murs de l’hôtel, tout comme le jardin de l’autre côté.

Le musée Picasso

Plus loin, la rue de la Perle dispose également de ses hôtels particuliers du XVIIe siècle aux numéros 1 et 5. Quelques mètres plus loin, l’hôtel Salé, lui aussi du XVIIe mais d’apparence plus vaste que les précédents, contient des milliers d’œuvres de Picasso. C’était à la base la demeure du collecteur de l’impôt sur le sel, d’où son nom.

hôtel salé hébergeant le musée picasso
Un grand bâtiment classique pour abriter les œuvres d’un peintre au style pas du tout classique !

On en fait le tour par la rue des Coutures Saint-Gervais. Vous pouvez voir que la gravure du nom de la rue a été altérée : on a enlevé l’abréviation “st” à la Révolution, comme dans plusieurs rues de la capitale. De retour dans la rue Vieille du Temple, nous tournons autour du jardin de l’hôtel Salé, sans grand intérêt si ce n’est de nous offrir une vue sur l’une des façades de l’hôtel-musée.

Au numéro 87, l’hôtel Rohan date du tout début du XVIIIe siècle. Il est maintenant rattaché aux archives nationales.

Terminer la visite jusqu’aux archives nationales

Et pour clore cette visite, quoi de mieux et de plus représentatif qu’une série d’hôtels particuliers ?

La rue des Francs Bourgeois

Une fois de retour sur la rue des Francs Bourgeois, allons jusqu’à la rue Elzevir. Tout d’abord, découvrons au numéro 26 l’hôtel de Sandreville, de la fin du XVIe siècle, au numéro 35-37 l’hôtel de Coulanges, du siècle suivant et au numéro 30 l’hôtel d’Alméras, du XVI et XVIIe siècle. Au milieu de tout ça, l’impasse des arbalétriers semble provenir de temps encore plus anciens. Il n’y a pas d’hôtel particulier dans cette impasse. Mais le 23 novembre 1407, Louis d’Orléans, le frère du roi Charles VI meurt assassiné. Une histoire qui nous a été contée lors de notre visite de la Tour Jean sans Peur.

impasse des arbalétriers dans le troisième arrondissement de paris
Petite impasse médiévale, avec des témoignages plus récents…

Aux numéros 32-38, le Centre culturel Suisse occupe l’hôtel Poussepin.

Le musée des archives nationales

Vous en avez assez des hôtels ? C’est bien dommage, car notre visite se termine dans non pas un, non pas deux mais plusieurs hôtels rassemblés dans ce qui est devenu le musée des archives nationales.

L’hôtel de Soubise-Clisson date du XIVe siècle. On peut voir des vestiges de cette époque dans la rue des archives, avec une entrée ornée d’une tour ronde médiévale. C’est que l’hôtel appartenait au connétable de France ! Ensuite, ses propriétaires, tels que la famille de Guise, très influente dans la deuxième partie du XVIe siècle et les guerres de Religion, embellissent la demeure. Au début du XVIIIe siècle, on réalise une façade classique et la magnifique cour d’honneur avec ses péristyles. L’intérieur, aménagé quelques années plus tard, comporte de belles pièces. Ces dernières, réalisées sous Louis XV et non Louis XIV comme la façade principale, ont donc un style différent. Et effectivement, ce sont deux architectes différents qui ont œuvré pour leur réalisation : Delamair pour la façade classique puis Germain Boffrand pour l’intérieur à partir de 1732.

cour du musée des archives nationales
hôtel de soubise salon de la princesse
La plus belle salle est le salon de la princesse, où le bleu des tableaux se mêle au doré de la décoration. Ce style rappelle celui de la galerie dorée de la Banque de France.

J’y suis retourné le dimanche pour pouvoir prendre des photos de l’intérieur. Mais comme j’avais une longue liste de choses à (re)voir, je ne me suis pas attardé sur l’exposition entre les murs du musée. On y trouve de nombreux documents d’archives mais aussi des explications sur la constitution et la conservation des archives au cours du temps.

Dehors, il y a des jardins dont le jardin d’Assy, jardin romantique du XIXe siècle.

A ne pas manquer

Les musées : le musée des archives, et le musée Picasso si vous vous intéressez à l’art.

Les hôtels particuliers : en dehors de ceux qui accueillent les musées (qui sont en général ceux qui méritent le plus la visite), je conseille d’aller voir ceux qui sont situés rue des Francs Bourgeois et rue du parc Royal. Plusieurs avantages à mes yeux : variété des styles architecturaux de tous ces hôtels, ils sont de plus situés assez proches les uns des autres dans deux rues qui sont faciles à inclure dans une promenade d’un musée à un autre.

Les squares : le square du Temple, qui permet aussi de découvrir facilement la mairie du 3e arrondissement ainsi que les principaux lieux du quartier du Temple.

Le petit mot de la fin

Cet article touche à sa fin, c’est qu’il est bien rempli le troisième arrondissement ! En plein cœur de Paris, j’ai apprécié me promener à la recherche des meilleurs hôtels ou de petits squares cachés au détour d’une rue. Le Nord du Marais est un endroit assez calme, tandis que les quartiers près de la station Arts et Métiers et de la mairie sont traversés par de plus larges rues. Vous l’aurez peut-être relevé, les hôtels dataient souvent du XVI-XVIIe siècle. Ils nous renseignent sur l’urbanisation de cette partie de la ville, comme nous l’avons mentionné en introduction de la partie sur le Nord du Marais.

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