Visiter le quatrième arrondissement de Paris

Visiter le quatrième arrondissement de Paris

Le quatrième arrondissement, j’y ai déjà un peu mis les pieds dans le deuxième article sur Paris. En effet, j’avais visité la partie est de l’île de la Cité et l’île Saint-Louis. Puis lors de ma visite de la partie Nord du Marais, j’avais terminé ma route au musée des archives, après avoir plusieurs fois frôlé l’entrée dans le quatrième arrondissement. Car la partie Sud du Marais s’y trouve. Mais ce n’est pas le seul endroit à voir. Nous allons également découvrir Beaubourg et son quartier. Au programme donc, des hôtels particuliers, une place royale, des vestiges médiévaux et un musée d’art. Et pas de temps pour s’ennuyer ! Car le quatrième arrondissement est plein de vie et d’activité !

Petit historique du quatrième arrondissement

A l’Antiquité et au début du Moyen-Âge, le Marais se situe hors des enceintes de la ville (le quartier actuel est coupé par l’enceinte de Philippe Auguste, érigée à la fin du XIIe siècle). Des marchands s’y installent afin d’échapper aux taxes qui concernent les habitants intra-muros. La nouvelle enceinte de Charles V (deuxième moitié du XIVe siècle) inclut le quartier dans la ville. A cette époque, le quartier du Marais devient le quartier du pouvoir. En effet, Charles V s’installent à l’hôtel Saint-Pol., aujourd’hui entièrement détruit. Suivant le roi, les nobles et les courtisans vont se faire bâtir des hôtels particuliers dans ces environs. A leur départ, lorsque Louis XIV déménage à Versailles, des familles d’artisans réinvestissent les lieux et permettent la conservation de ces nombreux hôtels particuliers.

Le quartier Beaubourg et son musée

Lors de la visite du troisième arrondissement, je nous ai fait terminer la visite par le musée des archives, afin de pouvoir établir une continuité entre le présent article et le précédent. Cependant, le principal casse-tête à la rédaction de ce nouvel article a été de placer la visite du quartier Beaubourg. Je n’ai pas trouvé d’autre façon de faire que de le placer au début ou à la fin.

Avant le XIIe siècle, le beau bourg attire les habitants en quête de verdure. Son emplacement entre les Halles et la place où on décharge les marchandises amenées par la Seine en fait un quartier commerçant. Cependant, il devient misérable du fait de l’accroissement de la population. Un premier réaménagement a lieu sous Napoléon III qui y trace de grandes avenues. Puis à partir de 1924, on détruit les maisons insalubres. En 1969, sur un grand espace laissé vacant, Georges Pompidou y fait construire un nouveau musée, dédié à l’art moderne, la photographie et le cinéma.

Le musée d’art contemporain

Pour héberger un tel musée, pas question de recourir à un bâtiment trop classique. Les architectes Richard Rogers et Renzo Piano réalisent ce qui pourrait être considéré comme la toute première œuvre du musée. Ce bâtiment et son ossature d’acier, ses escaliers extérieurs et ses tuyaux colorés à l’arrière fait parler de lui !

La “chenille” est un escalier qui longe la façade. Le fait qu’il soit à l’extérieur permet de laisser plus de place à l’intérieur pour les expositions. Les tuyaux de différentes couleurs on chacun un usage : bleu pour la climatisation, jaune pour l’électricité, vert pour l’eau, blanc pour la ventilation et rouge pour les ascenseurs.

musée Beaubourg
On ne risque pas de le confondre avec un hôtel du XVIIe siècle !

Il ne faut pas hésiter à faire le tour pour les voir ! De l’autre côté de la rue du Renard, des hôtels du XVIIe siècle se trouvent dans la rue Merri (au numéro 9 par exemple).

La fontaine Stravinski

De ce que j’en ai vu, c’est plutôt une étendue d’eau. Elle accueille les sculptures colorées de Niki de Saint-Phalle et les mobiles de Jean Tinguely qui sont bien assorties avec le Centre Georges Pompidou.

L’atelier Brancusi et l’hôtel de Beaufort

En longeant la façade principale du musée Beaubourg, nous arrivons devant l’atelier Brancusi. C’est une reconstitution à l’identique de l’atelier de l’artiste roumain Constantin Brancusi, situé à l’origine dans le 15e arrondissement.

Tournons à gauche dans la rue Rambuteau. Nous arrivons dans la rue Quincampoix. Le percement de la rue Rambuteau a entraîné la démolition de l’hôtel de Beaufort où habita le financier John Law. On trouve quelques mascarons sur les façades autour du numéro 12. Au numéro 22, le portail a changé de place et était celui d’un hôtel situé non loin!

L’église Saint-Merri

Bien que bâtie au XVIe siècle, à la Renaissance, cette église est de style gothique flamboyant. Ne ratez pas la curieuse statue de diablotin androgyne au sommet du portail principal. En plus de cela, la chapelle du Saint-Sacrement-Sacré-Cœur abrite plusieurs grands tableaux.

diable de l'église saint-merri
Il ferait presque peur. Presque !

La tour Saint-Jacques

Continuons sur la rue Saint Martin puis tournons à droite dans la rue des Lombards. La rue Nicolas Flamel offre une belle vue sur la tour Saint-Jacques.

Cet ancien clocher du XVIe siècle a servi au physicien Pascal pour ses expériences sur la pesanteur de l’air en 1648. Elle a accueilli à plusieurs reprises une station météorologique et désormais, elle offre un beau panorama sur les toits de Paris, du haut de ses 62 mètres !

tour saint-jacques
De style gothique flamboyant, mais beaucoup moins lorsqu’il y a des nuages !

Le Sud du Marais

Depuis le Musée Georges Pompidou, nous suivons la rue Rambuteau jusqu’à arriver devant le Musée des Archives Nationales.

La rue des Francs Bourgeois

Notre visite commence le long de la rue des Francs Bourgeois, qui s’étire sur 705 mètres et fait la séparation entre le troisième et le quatrième arrondissement. Nous avions d’ailleurs déjà vu plusieurs hôtels particuliers lors de notre précédente visite, dans le troisième arrondissement.

Au numéro 57, une tour de l’enceinte de Philippe Auguste se cache entre deux façades. Il faut dire que malgré sa taille, on pourrait passer devant sans la voir ! Au croisement avec la rue Vieille-du-Temple, l’hôtel Jean Hérouet, datant de 1510, était la demeure du trésorier du roi Louis XII. La tourelle date de cette époque.

Au numéro 39, on trouve une autre tour datant de 1866, celle de l’ancienne Société des Cendres. Cette usine de fonderie récupérait des métaux précieux parmi des déchets issus des bijouteries et des orfèvreries. Il en reste la cheminée mais aussi des machines utilisées à l’époque au sous-sol de ce magasin de vêtements.

intérieur de la société des cendres
Un peu de modernité dans ces photos.

Au carrefour de la rue Pavée, l’hôtel de Lamoignon fût bâti par Diane de France, la fille légitimée d’Henri II, au XVIe siècle. La façade avec ses pilastres corinthiens est d’ordre colossal. Diane de France y laisse notamment les décorations d’arcs et de flèches, en référence à la déesse romaine Diane. L’hôtel accueille ensuite plusieurs personnalités telles que Guillaume 1er de Lamoignon, le premier président du Parlement de Paris, qui fait appel à l’architecte Robert de Cotte pour l’aménager.

bibliothèque historique de paris
Bel hôtel de style Renaissance ! Nous retrouverons plus loin ce style de fenêtres.

La place des Vosges

Nous commençons à l’apercevoir en nous en approchant : la place des Vosges ! Avant d’être une place royale, cet endroit accueillait l’hôtel des Tournelles. Le roi Charles VII y vivait. Mais après la mort d’Henri II lors d’un tournoi qui a eu lieu sur l’actuelle rue Saint-Antoine, Catherine de Médicis fait détruire l’hôtel et part s’installer aux Tuileries. Elle initie ainsi un mouvement qui établira le centre du pouvoir royal dans l’actuel premier arrondissement.

Henri IV fait aménager une place carrée aux façades symétriques. Les couleurs dominantes y sont le rouge, avec les murs en fausse briques, le blanc et le bleu (le toit, avec un peu d’imagination, la couleur passe du noir au bleu). De nombreuses personnalités vécurent ici : Richelieu, Mme de Sévigné, Théophile Gautier, Alphonse Daudet, ou encore Victor Hugo. Ce dernier a même un musée à son nom au numéro 6 !

place des vosges
J’y suis repassé au printemps, il y avait beaucoup plus de monde, c’était incomparable !
place des vosges

Mais pourquoi cette place royale porte elle le nom de “place des Vosges” ?

La place acquit ce nom en 1800, car les Vosges furent le premier département français à payer leurs impôts à l’Empire !

L’hôtel de Sully

Cet hôtel date de 1625. L’ancien ministre d’Henri IV, Sully (de son nom complet Maximilien de Béthune, duc de Sully) en fait l’acquisition en 1634 et lui donne son nom actuel.

Côté jardin, deux statues surplombent l’entrée : l’automne et l’hiver. De l’autre côté, le printemps et l’été admirent une cour intérieure entourée de murs richement sculptés. Sur le mur de gauche, l’eau et la terre font face au feu et à l’air. Au XIXe siècle, l’hôtel comporte plusieurs boutiques et habitations. C’est ainsi que seront conservés de nombreux hôtels du Marais. Il demeure l’un des plus beaux hôtels du Marais et accueille désormais le Centre des Monuments Nationaux, après une période de restauration.

hôtel de sully
L’hôtel de Sully est de style Louis XIII. Moins anciens que d’autres hôtels dont je présente les photos, il permet de constater les évolutions architecturales des époques caractéristiques du quatrième arrondissement.

Nous arrivons dans la rue Saint-Antoine.

La rue Saint-Antoine

Nous allons d’abord en sortir en empruntant la rue Caron, qui mène à la place Sainte-Catherine. Cette place, aux façades homogènes mais cachées par les arbres pour quiconque se trouve en son centre, doit son nom au prieuré de Sainte Catherine du Val des Escoliers au XIIIe siècle.

Un peu plus loin dans la rue Saint-Antoine, l’église Saint-Paul-Saint-Louis surplombe les lieux et attire le regard. Si vous devez visiter cette église jésuite de 1627, ce n’est pas pour ses vitraux. En effet, les éléments d’intérêt sont les riches décorations sculptées des murs ainsi que des tableaux du XVIIe siècle illustrant la vie de Saint-Louis ainsi qu’un tableau de Delacroix : le Christ au jardin des oliviers. Et la façade, qui ressemble à une façade d’église baroque italienne.

église Saint-Paul-Saint-Louis
L’église Saint-Paul-Saint-Louis a elle aussi deux saints patrons.
intérieur de l'église Saint-Paul-Saint-Louis
Ca manque de couleurs, les sculptures murales remplaçant les vitraux colorés.

On trouvait également dans l’église les reliquaires qui contenaient les cœurs de Louis XIII et Louis XIV. Si les reliquaires furent fondus à la Révolution, les cœurs connurent un destin plus inattendu. Deux peintres les achetèrent afin de les utiliser pour peindre leurs tableaux !

Nous verrons le dernier endroit de la rue Saint-Antoine tout à l’heure. Passons plutôt par le passage à gauche quand on regarde le chœur de l’église. Le passage Saint-Paul nous mène ainsi à la rue du même nom. Tournons à gauche.

Autour de l’église Saint-Paul-Saint-Louis

Les jardins Saint-Paul

La rue Charlemagne nous mène à la rue des Jardins Saint-Paul. Quelle n’est pas notre surprise de découvrir ici le plus grand vestige de l’enceinte de Philippe Auguste ! Huit siècles plus tard, elle se dresse encore pour regarder les sportifs courir sur la grande place adjacente. Cette grande place permet également de dégager une belle vue sur le chevet de l’église Saint-Paul-Saint-Louis.

Le village Saint-Paul

Entre les jardins Saint-Paul et la rue Saint-Paul se trouve le village Saint-Paul (on commence à comprendre je pense…). On ne devinerait pas que se cache ici un petit quartier dont les ruelles en pierres font penser à un village de campagne.

Lors d’une visite guidée, la guide craignait de voir cet espace fermé par des accès par digicode. Etant donné qu’on y trouve des commerces, je n’en suis pas sûr mais ça pourrait être une possibilité. En effet, plusieurs voies autrefois accessibles ont été fermées au public.

Le musée des automates

De l’autre côté du village, le musée des automates se trouve au 11 rue Saint-Paul. Musée des automates et de la magie ! Sûrement intéressant pour les enfants, mais pas que.

L’hôtel de Sens

A droite, la rue de l’Ave Maria mène à l’hôtel de Sens.

Tout de suite à gauche, avant de traverser vers l’hôtel, remarquez le square Marie Trintignant à l’atmosphère “sauvage”. Je précise car je suis passé devant sans le voir. Ce n’est que durant une visite guidée sur les jardins du Marais que je l’ai remarqué !

Malgré ses airs médiévaux, cet hôtel a presque entièrement été reconstruit. Il datait de la fin du XVe siècle et servait de résidence aux archevêques de Sens.

Il faut savoir que Paris dépendait de l’archevêché de Sens jusqu’en 1622 !

Le style médiéval est également troublé par la présence d’un boulet de canon encastré dans un mur. Ce dernier commémore en quelque sorte les Trois Glorieuses et la date de son tir figure gravée en dessous.

Les Trois Glorieuses, ou Révolution de juillet, ont lieu les 27, 28 et 29 juillet 1830, voient la victoire des libéraux et débouchent sur un changement de régime. La monarchie de Juillet succède à la Seconde Restauration, Charles X abdique et Louis-Philippe devient roi des français.

hôtel de sens
Ce bâtiment de style gothique flamboyant va dans le sens de la Renaissance (fenêtres).

De l’hôtel de Sens à l’hôtel d’Aumont

Contournons l’hôtel de Sens par la rue du Figuier, qui rappelle la popularité de son fruit au Moyen-Âge et à la Renaissance. On en retrouve plusieurs dans cette zone. Au XIIIe siècle, il y en aurait eu un gros situé juste devant l’hôtel de Sens, à l’entrée de la rue du Figuier.

Nous passons devant le jardin de l’hôtel de Sens. Le jardin Albert Schweitzer se trouve de l’autre côté de la rue des Nonnains d’Hyères.

Ce jardin à la française, le plus grand jardin du Marais, permet de dégager une belle vue sur la façade de l’hôtel d’Aumont.

L’hôtel d’Aumont

Côté jardin, nous constatons que l’hôtel n’est pas symétrique. Cela témoigne sûrement de plusieurs étapes de constructions successives. L’hôtel fait intervenir de grands noms. En effet, les plans sont de Louis Le Vau, tandis que l’architecte François Mansart l’agrandit, que Le Brun et Simon Vouet le décorent et que Le Nôtre réalise les jardins. Le nom du duc d’Aumont, lui, est tombé dans l’oubli. Il faut sûrement être un initié pour savoir qui était le duc d’Aumont. Je n’en ai aucune idée !

hôtel d'aumont
Avec autant de fenêtres, les frais d’éclairage devaient être très réduits.

En admirant la façade du côté de la rue de Jouy, prêtez attention au rémouleur du Marais, cette petite statue à l’angle des rues de Jouy et de Fourcy.

Mais qu’est-ce qu’un rémouleur ?

C’était un artisan qui aiguisait les objets tranchants.

L’original se trouve dans le musée Carnavalet.

Des hôtels jusqu’au quartier des Blancs Manteaux

La maison européenne de la photographie

Dédié à la photographie contemporaine, ce musée dispose également d’un jardin japonais ! Ne me demandez pas ce qu’il fait là !

Retour sur la rue Saint-Antoine

Au numéro 133, nous remarquons un air de ressemblance avec l’hôtel de Chenizot sur l’île Saint-Louis

Un passage dans le Judaïsme

Une synagogue occupe le numéro 10 de la rue Pavée. Sa façade ondulée Art Nouveau réalisée par Hector Guimard contraste avec les autres bâtiments de la rue.

Nous arrivons dans la rue des Rosiers, où se trouvent de nombreuses enseignes juives et du Proche Orient. C’est au numéro 7 qu’un attentat survint en 1982.

Au numéro 10, un passage très discret mène au jardin des Rosiers ou Joseph-Migneret. Avant de pénétrer dans le jardin, nous pouvons voir un vestige de l’enceinte de Philippe-Auguste. Il faut dire que la rue des Rosiers était mitoyenne de l’enceinte !

Le jardin Joseph-Migneret se divise en trois parties, chacune de style très différent et se trouvant en face de trois hôtels : les hôtels de Coulange, de Barbe et l’Albret.

La rue du Trésor

La rue des Rosiers débouche sur la rue Vieille-du-Temple. A gauche, la rue du Trésor mérite le coup d’œil. Ce n’est pas pour la fontaine rescapée de l’hôtel d’Effiat du XVIIe siècle, mais plutôt pour l’ambiance qui s’en dégage. A l’ombre des arbres et à l’écart de la circulation parisienne, on se croirait là aussi à la campagne !

La rue du Trésor doit son nom à la découverte d’un vase en cuivre contenant des pièces d’or lors de la démolition de l’hôtel d’Effiat en 1882. Il se trouve désormais au Musée Carnavalet.

Le quartier des Blancs Manteaux

Au numéro 47, l’hôtel Amelot-de-Bisseuil ou hôtel des Ambassadeurs de Hollande dispose d’un portail richement décoré.

Au numéro 48, un marché construit sous Napoléon 1er succède à un énième hôtel.

La rue des Blancs Manteaux nous emmène rapidement à l’église du même nom, à droite. Cette église date du XVIIe siècle. La façade n’est pas d’origine. C’est en fait celle de l’église Saint-Eloi-des-barnabites que Baltard ajoute ici en 1863. Elle succède à une première église de la deuxième moitié du XIIIe siècle qui était celle d’un ordre mendiant, dont les membres étaient vêtus d’une robe noire et d’un manteau blanc. L’église des Blancs Manteaux est à voir pour sa magnifique chaire flamande.

Du quartier des Blancs Manteaux à l’Hôtel de Ville

Marchons jusqu’à la rue du Temple. Au numéro 41, l’hôtel “Auberge l’Aigle” date de 1640 et est maintenant le Café de la Gare.

La rue du Plâtre nous amène à la rue des Archives. Au numéro 40, ce qui est maintenant une école est un hôtel du XVe siècle où vécut Jacques Coeur, le Grand Argentier du roi Charles VII.

Au numéro 24, le cloître des Billettes est le dernier cloître médiéval restant à Paris. Il date du XVe siècle et doit son nom aux figures dessinées sur les vêtements des frères hospitaliers de la Charité-Notre-Dame qui y avaient leur couvent. L’église adjacente, reconstruite au milieu du XVIIIe siècle, est une église protestante depuis 1808.

L’Hôtel de Ville de Paris

La rue des Archives débouche sur l’arrière de l’Hôtel de Ville de Paris. Ce dernier vaut le coup d’œil avec ses statues et ses décors verts et dorés alternant avec les fenêtres rondes.

La façade avant, à l’est, est encore plus impressionnante. Ses statues représentent de nombreuses personnalités célèbres de Paris.

Les institutions municipales de Paris s’installent en ce lieu dès le XIIIe siècle. Mais c’est au milieu du XVIe siècle que l’on construit ce bâtiment de style Renaissance. Le bâtiment est détruit par un incendie lors de la Commune et reconstruit à l’identique entre 1874 et 1882 dans un style dit “néo-Renaissance”.

Il est possible de visiter l’intérieur lors des journées du patrimoine, ayant lieu le troisième week-end de septembre. A ce jour, il n’est en revanche plus possible de le visiter en dehors de ces deux journées du patrimoine. Je me demande bien quand cela va reprendre !

hôtel de ville de paris

J’admets qu’il est plus joli que l’hôtel de ville de Melun !

L’église Saint-Gervais-Saint-Protais

Derrière l’Hôtel de Ville, un orme cache la façade d’une église. Ou du moins la cachera quand il aura grandi !

église Saint-Gervais-Saint-Protais
L’orme n’est pas encore assez grand pour cacher toute l’église !

Cette église de style gothique flamboyant date du milieu du XVIIe siècle. Cependant, sa construction s’étale sur 150 ans, et à commencé à la fin du XVe siècle. Elle se trouve dans l’une des plus anciennes paroisses de Paris. Sa façade de style classique possède trois styles : dorique, ionique et corinthien, un par étage. Le 29 mars 1918, un obus allemand tombe sur le toit de la nef et tue 92 personnes.

L’orgue est le plus ancien de Paris (il date de 1601) et a servi à la famille Couperin, des célèbres organistes. François Couperin (1668-1733) est un compositeur et claveciniste français. Et bien sûr, un organiste.

A l’intérieur, il ne faut pas manquer la chapelle de la Vierge et sa clef de voûte flamboyante, la chapelle derrière le chœur ainsi que les nombreux vitraux. Ces derniers, plus colorés que ceux des églises que nous avons visitées dans cet article, sont également plus récents. Ces vitraux modernes de Sylvie Gaudin et Claude Courageux n’ont pas vingt ans !

Les saints Gervais et Protais n’ont jamais existé ! C’est Saint Ambroise qui, en 386, découvre deux jambes. Ca aurait pu être deux jambes comme il en a existé des milliards. Mais il les découvre après une vision, tout de même ! Ce seront donc les jambes de deux saints, rien de mieux pour stimuler la ferveur populaire. C’est que tous ces païens nouvellement convertis ont bien besoin d’un ou deux modèles de plus pour les guider dans leur foi !

Attends, il reste une question ! Que fait un orme ici ?

La sève de l’orme est de couleur rouge, comme le sang des martyrs. Il arrivait que la justice soit rendue sous un orme, dont le grand feuillage fournissait aussi de l’ombre pour des rassemblements. L’orme actuel a poussé à la place de l’originel abattu à la Révolution. D’ailleurs, si nous observons les ferronneries des fenêtres de la rue François Miron, sur la droite, nous remarquons que l’orme est présent ici aussi !

Maisons médiévales et autres hôtels

Tournons à droite dans la rue des Barres. A l’intersection avec la rue Grenier sur l’Eau, la maison à colombages date du XVIe siècle. Presque médiévale !

La rue Grenier sur l’Eau, puis l’allée des Justes de France, mènent au mémorial de la Shoah, à droite.

A gauche, l’hôtel de Chalons-Luxembourg date de 1620 et doit son nom au négociant Châlons et à Mme de Luxembourg, une amie de la sœur de Louis XVI. Pour ceux qui oublieront le nom le temps d’y aller, il est indiqué au-dessus du portail d’entrée sur une pierre sombre surplombée d’une tête de lion. Le haut du portail dispose de fins éléments sculptés.

Retournons à la rue François Miron. Aux numéros 11 et 13 se trouvent d’autres maisons à colombage. Cette fois, ce sont d’authentiques maisons médiévales, datant majoritairement du XVIe siècle mais dont les origines remontent au XIVe. Le caractère médiéval de ses deux habitations a été perdu au cours de l’Histoire. Ce n’est que lors de leur restauration en 1967 que l’on découvrit les pans de bois, recouverts de plâtre. Le plâtre fût ajouté au XVIe siècle suite à un édit visant à limiter les risques d’incendie. La restauration des maisons leur rendit leurs pans de bois. Elles sont quand même plus médiévales que la maison du 3 rue Volta, dans le troisième arrondissement, non ?

maisons à colombages sur la rue François Miron
Deux maisons médiévales entre des immeubles qui ne le sont pas !

Aux numéros 44 et 46, la maison d’Ourscamp est un édifice du XVIe siècle dont la façade présente une jolie symétrie.

Attends, tu nous parles encore d’une maison du XVIe siècle là. Qu’est-ce que ça a à voir avec le Moyen-Âge ?

Si nous entrons dans ce bâtiment, des membres de l’Association pour la sauvegarde et la mise en valeur du Paris historique peuvent nous faire visiter la maison avec son cellier gothique du XIIe siècle au cours d’une visite d’une demie-heure à 8€.

L’hôtel de Beauvais

Les abbés de Chaalis font construire ici leur maison parisienne, dont il reste aujourd’hui les caves gothiques. Catherine Bellier, première femme de chambre d’Anne d’Autriche, y élut domicile avec son mari. L’architecte Antoine le Pautre leur bâtit ce bel hôtel, utilisant au passage des pierres initialement destinées au Louvre. L’hôtel de Beauvais se remarque par sa cour intérieure ovale mais sa façade n’est pas en reste. Malheureusement, il n’est ouvert qu’en semaine de 9h30 à 16h30 (avec une pause d’une heure entre 12h30 et 13h30). Il accueille aujourd’hui la Cour administrative d’appel de Paris.

Le quartier de l’Arsenal

Pour se rendre au quartier de l’Arsenal depuis l’hôtel de Beauvais, il faut revenir un peu sur ses pas pour emprunter la rue de Jouy puis la rue des Nonnains d’Hyères. Enfin, le quai des Célestins qui longe la Seine. Sur la gauche, nous arrivons devant le square Henri Galli. Pas de vestige du palais des Tuileries ici, mais des restes de la Bastille. On découvrit ses blocs de pierres lors du percement de la première ligne de métro en 1899.

L’hôtel Fieubet se trouve à l’intersection entre le quai des Célestins et la rue du Petit Musc. Cet hôtel de la fin du XVIIe siècle, réalisé par l’architecte Jules-Hardouin Mansart, présente de riches décorations de cariatides et autres sculptures.

Le Pavillon de l’Arsenal (21 boulevard Morland), bâtiment de 1878, accueille des expositions sur l’architecture et l’urbanisme dans Paris.

Enfin, la rue de Sully longe la Bibliothèque de l’Arsenal. D’abord résidence de Sully lorsqu’il était maître de l’artillerie, le bâtiment gagne peu à peu sa vocation actuelle de bibliothèque grâce aux collections de livres de ses propriétaires.

Le quartier de l’Arsenal est aussi le lieu hébergeant la cavalerie de la garde républicaine. Ses membres se trouvent dans le quartier des Célestins depuis 1892.

Le quartier doit son nom à l’arsenal construit en ces lieux par Louis XIII. Mais une explosion en 1538 entraîna la destruction de cet arsenal et sa reconstruction en dehors de la ville. Il aurait fallu y penser dès le début !

A ne pas manquer

Les plus beaux hôtels : L’hôtel de Sens, l’hôtel d’Aumont et l’hôtel de ville.
La plus belle église : l’église Saint-Paul-Saint-Louis. J’aime bien aussi l’église Saint-Gervais-Saint-Protais.
Et bien sûr, la place des Vosges et le musée Beaubourg.

Le mot de la fin

Que de choses à voir dans cette deuxième partie du Marais ! Là aussi, le grand nombre d’hôtels particuliers témoigne de l’histoire des lieux. Mais ce ne sont pas les seules choses à découvrir ici. La place des Vosges est sûrement le lieu emblématique de cette visite. De plus, les différentes églises ont chacune des particularités qui nous en apprennent plus sur l’architecture. Enfin, le quatrième arrondissement est de mon point de vue très animé. On voit qu’on est au cœur de Paris, même si les principaux monuments se trouvent dans le premier arrondissement.

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