L’histoire du Maroc

L’histoire du Maroc

Avant de partir en voyage pour visiter le Maroc, intéressons-nous à son histoire. Dans cet article, j’essaierai donc de faire un résumé des milliers d’années qui ont vu de nombreuses dynasties se succéder pour faire du Maroc ce qu’il est aujourd’hui.

 

Des débuts de l’Antiquité à la conquête musulmane

 

C’est vers -2000 ans que les Berbères, issus de différents peuples nomades, s’installent au Maroc. Un millénaire plus tard, ils sont rejoints par des Phéniciens, puis par les Carthaginois, des Éthiopiens et des Atlantes, un peuple qui donna son nom à l’océan Atlantique. Tout ce beau monde cohabita plus ou moins pacifiquement jusqu’à l’arrivée de Romains qui détruisent Carthage en -146.

Ils pacifient la région et aménagent le pays par des voies romaines et des édifices dont on retrouve la trace à Volubilis et Tanger, par exemple. Ce sont d’ailleurs à eux que les berbères doivent leur nom, « berbère » se rapprochant de « barbare », qui désigne pour les Romains tout peuple étranger à l’Empire. Le terme est resté, pour des raisons qui ne sont pas celles des Romains, les berbères n’ont rien de barbare !

Après la chute de l’Empire Romain à la suite des invasions des différents Goths, ce sont de nouveaux envahisseurs qui arrivent aux portes du Maroc. En 682, les arabes commencent à lancer des raids sur le Maroc. En effet, il y a 60 ans, une nouvelle religion est apparue dans l’actuelle Arabie Saoudite. Ses fidèles luttent alors pour son expansion, et elle deviendra un élément important de la culture marocaine. Ils finissent par soumettre les berbères, qui se lancent avec eux à la conquête de l’Espagne.

 

Le Moyen-Âge : des Omeyyades à la fondation des capitales du Maroc

 

La dynastie des Idrissides

 

Au VIIIe siècle, l’Empire des Omeyyades s’étend de l’ouest de l’Inde au Maroc et à l’Espagne. Comme souvent avec des empires de cette taille, il va se morceler à la suite de dissensions internes. Quand je parle de dissensions internes, il y en a un qui voit très bien ce que je veux dire. Il s’agit d’Idriss Ibn Abdallah, qui rencontre quelques problèmes avec le sultan de Bagdad. Afin d’échapper à la mort, il décide de quitter la ville et de s’établir au Maroc. Le nom de Maroc signifie d’ailleurs l’extrême orient du Maghreb. Ainsi, cela semble être une destination des mieux choisies.

Ce brave Idriss, qui a toujours la notion de danger à la tête, s’emploie à réconcilier les arabes et les tribus berbères de la région. Il se fait reconnaître par ces derniers comme chef religieux, voie toute trouvée quand on est un descendant du prophète fondateur de la religion en place. Il fonde une nouvelle capitale : Fès.

Avec lui commence la dynastie des Idrissides. Il est finalement rattrapé par les tueurs du calife de Bagdad et c’est son fils qui continue la construction de la cité. Au début du IXe siècle, des familles musulmanes sont chassées de Cordoue. Elles s’installent à Fès, tout comme des tunisiens et des juifs. Ils arrivent avec leurs styles architecturaux respectifs qu’ils vont exprimer dans leurs quartiers. Nous aurons l’occasion d’en reparler, puisque Fès est accessible depuis Missour pour un week-end.

Après la mort d’Idriss II (je n’en avais pas parlé, mais c’est le fils du premier), c’est de nouveau de bazar. Les Omeyyades de Cordoue et les fatimides d’Egyptes se disputent le contrôle de la région, les tribus berbères en ont un peu marre de l’autorité des Idrissides, chacun voudrait contrôler l’or venant de Guinée… En arrivant dans la région, les Zénètes ont dû se demander ce qu’il se passait ! Mais qu’à cela ne tienne, ils fondent deux villes : Taza et Meknès.

 

Les Almoravides, Marrakech et les Almohades

 

En 1062, une tribu berbère venue de l’actuelle Mauritanie s’empare progressivement du Maroc. Ainsi commence la dynastie de Almoravides, qui fonde une ville près d’une oasis. Elle deviendra Marrakech et prendra de l’importance, grâce à sa position stratégique sur les routes commerciales permettant le transport de l’or venu du Mali. Les Almoravides se lancent à la conquête du sud de l’Espagne. Ils font de Marrakech une ville de grande renommée intellectuelle et importent au Maroc l’architecture andaloue.

Cette période ne va cependant pas durer longtemps. Un certain Ibn Toumert, après avoir étudié le Coran au Moyen-Orient, prêche une lecture austère de la religion. Il entre ainsi en profond désaccord avec les mœurs des Almoravides. C’est son disciple qui s’emparera de Marrakech en 1147. Il fonde la dynastie des Almohades et conquiert le royaume des Almoravides, non sans détruire les monuments que ces derniers avaient construit. Les souverains suivants agrandiront le royaume au Nord et bâtiront de nombreux ouvrages, comme des murailles pour les villes de Fès et de Marrakech, des mosquées. La renommée de cette ville prend de l’importance, aussi grâce à l’artisanat qui y est produit.

 

La dynastie des Mérinides

 

En 1214, les Mérinides, une autre tribu berbère, commencent à mettre le trouble dans la région nord. Ils rejettent la lecture religieuse des Almohades et s’emparent des grandes villes, jusque Marrakech. Ils la délaissent ensuite au profit de Fès, dont la renommée atteint son paroxysme. Les routes commerciales passant jadis par Marrakech sont déviées ! Mais leur dynastie finira elle aussi par décliner, à la mort du dernier souverain sans descendants. Le Royaume est alors morcelé et le Portugal installe des comptoirs sur la côte atlantique. La Reconquista est finie, et ces derniers cherchent alors un peu à renverser la donne.

 

L’après Moyen-Âge : des Saadiens aux Alaouites

 

C’est alors qu’arrivent les Saadiens, qui fondent la dynastie Saadienne. Alors, qui sont les Saadiens ? Ce sont des descendants du Prophète Mohammed qui sont un peu tristes de l’agonie de la dynastie précédente. Ils prennent le contrôle du pays, repoussent les Portugais et les Ottomans. Oui, car à l’époque, l’empire des Turcs s’étend jusqu’au Maghreb. Marrakech redevient la capitale du Maroc. Les Saadiens font même des expéditions jusqu’au Soudan et à Tombouctou pour ramener des richesses dont ils se serviront pour orner leurs temples et offrir des présents aux cours européennes, avec qui ils maintiennent ainsi de bonnes relations. Ces relations, jugées trop proches, entraîneront un nouveau mouvement plus religieux.

C’est ainsi que la dynastie Alaouite arrive au pouvoir après avoir renversé les Saadiens. Les Alaouites, qui sont-ils ? Ce sont eux aussi des descendants du Prophète. C’est compliqué les relations de famille ! Aussi, ils n’ont rien à voir avec les Alaouites de Syrie (qui eux, sont les adeptes d’une branche de l’Islam chiite). Et pour ceux qui sont perdus dans les noms, rassurez-vous : c’est la dernière dynastie.

Donc je disais, ils prennent le pouvoir après avoir conquis Fès en 1666. Cependant, ce ne sont pas de nouveaux arrivants. Ils ont un ennemi tout trouvé : les européens. Et puis, si on pouvait revenir à la religion pieuse, pauvre et rigoureuse, tant qu’à faire ! Ils choisissent d’abord Fès comme capitale, avant de décider d’un choix un peu plus original : Meknès. Menés par le souverain Moulay Ismail, ils construisent une impressionnante muraille, de somptueux monuments et agrandissent le royaume en en faisant un Etat fort.

 

L’époque moderne et la période coloniale

 

Et enfin, pendant 150 ans, il ne se passe rien de notable ! Mais dans les années 1820, le souverain Alaouite s’attire les foudres de l’état français en soutenant Abd el-Kader qui lutte contre la colonisation de l’Algérie. Les marocains sont battus à la bataille de l’Isly en 1844. Le Maroc, ainsi affaibli, attire les convoitises européennes, d’abord espagnoles à l’extrême nord du pays. En 1906, le sultan Moulay Abd el-Aziz signe le traité d’Algésiras, qui donne de grands pouvoirs aux français. La situation du pays est difficile, le traité entraîne des résistances et des émeutes anti-françaises donnent un prétexte à la France pour occuper les principales villes marocaines. Même si Moulay Hafid, le frère du sultan, jugeant son frère trop passif, le remplace, il se retrouve contraint de demander l’aide des français pour mater une rébellion berbère. Il signe alors un protectorat en 1912.

C’est d’abord le maréchal Lyautey qui est chargé d’administrer le pays pour le compte d’un sultan sans réel pouvoir. Il étend la zone contrôlée par les Français et entreprend l’aménagement du pays après la Première Guerre Mondiale. Nous aurons l’occasion de voir cela plus en détails lors des articles qui suivront. Cependant, Abd el-Karim, bien connu pour sa lutte contre la colonisation, se rebelle dans le Rif. Le maréchal Lyautey, qui en plus prenait un peu trop le terme de « protectorat » au pied de la lettre, est remplacé par le maréchal Pétain. Les derniers rebelles prêtent allégeance à un sultan sous la coupe de la France en 1934.

Le développement économique du pays ne freinera pas la vague indépendantiste qui déferle sur le monde après la Seconde Guerre Mondiale. Le futur Mohammed V rejoint le parti nationaliste Istiqlal (comme la Grande Mosquée de Jakarta, souvenez-vous, cela signifie « indépendance »). Il était le grand-père du Roi actuel.

 

De l’indépendance au XXIe siècle

 

Vers la fin de la colonisation

 

Le roi Mohammed V publie en 1944 un Manuel de l’Indépendance, ce qui lui vaudra l’exil en Corse, puis à Madagascar. Tant qu’à faire. Il en revient fin 1955 et l’indépendance du pays est proclamée en avril 1956. Son fils lui succède et devient le roi Hassan II, le 3 mars 1961. Il fait d’abord approuver la Constitution sur laquelle son père a travaillé. Il contribue à bâtir de nouvelles villes en périphérie des grandes villes pour diminuer la population de ces dernières.

Mais le Maroc n’en a pas fini avec la colonisation. En 1975 débute la Marche Verte, entreprise par 300 000 personnes. Contrairement à ce que son nom pourrait faire penser, ce n’est pas une grande marche pour l’écologie, mais une marche pour l’indépendance de la partie sud du Maroc, connue aussi sous le nom de Sahara Occidental, colonisée par les Espagnols. Et quand je dis « partie sud du Maroc », eh bien c’est encore en débat. La région revendique son indépendance des Espagnols qu’elle obtient en 1975, mais aussi son indépendance des marocains. Le référendum d’autodétermination est depuis sans cesse reporté.

 

Essor touristiques et enjeux du XXIe siècle

 

A partir des années 1990, Marrakech devient un haut lieu du tourisme dans le pays. Hassan II meurt le 23 janvier 1999, trois ans après avoir fait voter la Cinquième Constitution, qui permet notamment à l’Assemblée de débattre des programmes du gouvernement.

En ce début du XXIe siècle, Mohammed VI, le nouveau Roi du Maroc, a fort à faire. Les bouleversements du siècle précédent n’ont pas empêché la population du pays d’être multipliée par quatre, et les défis restent nombreux. Système de santé, assurance maladie obligatoire, pauvreté, chômage, système de retraite sont autant de projets sur lesquels le gouvernement doit travailler. L’essor du tourisme est aussi un enjeu, pour un pays dont la diversité ne saurait se résumer à la seule ville de Marrakech. Si des mouvements de contestation, comme le Mouvement du 20 février, sont toujours actifs, le pays continue sa modernisation.

 

Voilà pour cette partie historique. Ça vous permet de patienter jusqu’à la suite et surtout, de mieux connaître l’histoire du pays et le contexte dans lequel ont été construits tel ou tel monument dont il sera question par la suite. Car oui, nous reviendrons régulièrement à tout ça.

 

Enfin, merci à ma sœur pour le dessin ! Et désolé pour les marocains de ne pas avoir mis le Sahara occidental, ne m’en voulez pas !

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