
Visiter Malaga de la hauteur des châteaux à la mer
Après la découverte de Grenade et avant d’aller me promener dans les villages blancs, je fais halte à Malaga. Une étape d’une journée seulement, car je ne considère alors pas Malaga comme une visite très importante de mon voyage. C’est d’abord un arrêt me permettant d’arriver à Ronda tôt le matin. Mais il y a tout de même plusieurs sites historiques et musées à Malaga. Je profite donc de ma journée pour les découvrir de plus près.
Un peu d’histoire
Ce sont les Phéniciens qui, au VIIIe siècle avant J.-C, baptisèrent la ville de Malaga. Malaka signifiant “saler”, on devine la principale activité économique que la ville avait alors. Durant l’Antiquité, Malaga est un important port romain, qui exporte des condiments à base de restes de poissons, de l’huile d’olive, du fer, du cuivre et du plomb. Elle conserve son activité portuaire sous le contrôle des maures, devenant le principal port de l’émirat de Grenade. Ils développent l’irrigation dans la région et exportent des céramiques dans toute l’Europe de l’ouest.
Les armées chrétiennes reprennent la ville en 1487. La ville connaît un lent développement jusqu’au XIXe siècle. Malaga est en effet une ville pionnière de la Révolution industrielle en Espagne et se spécialise dans la sidérurgie. Elle continue également à exporter des produits agricoles : huile, vin, raisins secs…
Les troubles sont nombreux au début du XXe siècle. Le premier député communiste d’Espagne est élu à Malaga en 1933. Quatre ans plus tard, les nationalistes s’emparent de la ville. Malaga entre en crise dans les années 1940 et il faudra attendre vingt ans avant d’observer une reprise économique et un développement du tourisme, la ville étant située sur la fameuse Costa del Sol.
Visiter les bâtiments militaires de Malaga
Le Castillo de Gibralfaro
Le Castillo de Gibralfaro est le premier site que je visite à Malaga. Un peu par hasard car je me rendais initialement à l’Alcazaba. Pour y aller, mieux vaut avoir les jambes solides et être prêt à une longue montée. La pente est abrupte pour rejoindre ce château qui domine Malaga à 130 mètres de hauteur ! Finalement, c’est plutôt une bonne chose d’y être allé tôt le matin pour ne pas faire l’ascension en pleine journée sous le soleil. Si vous avez peur d’avoir du mal à gagner ces hauteurs, le bus n°35 s’y rend depuis le centre-ville.



C’est Yusuf Ier qui fait construire ce château au XIVe siècle. Malaga est alors un important port de l’émirat de Grenade. L’Alcazaba défend déjà la ville, mais avec l’arrivée de l’artillerie, le souverain grenadin décide de la renforcer avec la construction de ce nouvel édifice. Le site est désormais épuré et la visite consiste à arpenter les remparts, qui offrent une belle vue sur toute la ville et ses alentours. Le visiteur découvre aussi la cour d’armes, ainsi qu’un musée présentant une maquette de l’Alcazaba, des plans présentant l’ancienne disposition de la ville et des équipements militaires.

La visite avec audioguide dure cinquante minutes et coûte 5.50€, avec l’Alcazaba comprise. L’audioguide donne une présentation générale du château et détaille davantage l’Alcazaba. Le chemin qui relie les deux édifices est fermé au public. Il faut donc faire un petit détour pour rejoindre l’Alcazaba depuis le Castillo de Gibralfaro.
L’Alcazaba
L’Alcazaba de Malaga est construite au XIe siècle, durant la période des taïfas, sur le site d’une ancienne forteresse romaine. C’est une particularité notable, car nous n’avons pas encore vu de monuments construits pendant cette période au cours de notre voyage en Andalousie. Bâtiment militaire, dont nous découvrirons les tours et remparts, l’Alcazaba est aussi la résidence du gouverneur de la ville. Ainsi, on y trouve aussi des éléments palatiaux.

L’Alcazaba s’organise avec trois murs d’enceinte et un système de doubles parois. Au centre, la résidence du gouverneur est un petit palais nasride du XIVe siècle décoré de stucs, disposant de belles vues sur la ville et la mer, et comprenant de charmantes cours intérieures. Dans le palais, une exposition présente la poterie à Malaga du XIe au XIVe siècle. Au XIXe siècle, le palais était occupé par des habitations et a subi de nombreuses dégradations au cours du temps. Ce que nous pouvons voir pendant la visite provient de travaux de reconstitution avec des éléments provenant d’autres monuments de la ville ou d’autres parties de l’Alcazaba.








Plus longue que celle du castillo de Gibralfaro, la visite de l’Alcazaba m’a pris 2h15. Un billet coûtant 5.50€ comprend la visite des deux forteresses. Si vous ne disposez pas d’assez de temps, je vous conseillerais la visite de l’Alcazaba plutôt que celle du castillo de Gibralfaro. La visite dun seul des deux monuments coûte alors 3.50€.
Le théâtre romain
Devant l’Alcazaba, on remarque les restes d’un théâtre romain. Ce théâtre construit au Ier siècle est longtemps resté enfoui sous terre, jusqu’à sa découverte en 1951 alors que l’on faisait les premiers aménagements pour construire en ce lieu un bâtiment culturel. Ses pierres ont en partie été réutilisées pour construire des bâtiments dans l’Alcazaba. Il est maintenant possible de le visiter, ainsi qu’un petit musée explicatif. Malheureusement, celui-ci était fermé lors de mon passage, un lundi. Quelques mètres au nord du théâtre romain, un passage partant vers la droite mène vers un point de vue sur la ville. On y remarque la cathédrale de Malaga.

Visiter la cathédrale de Malaga
Cinq minutes à pied suffisent pour rejoindre la cathédrale depuis le théâtre romain. C’est dire à quel point les trois monuments principaux de Malaga sont proches les uns des autres.
La construction de la cathédrale de Malaga débute en 1528 et se poursuit jusqu’en 1782. Elle se fait selon les plans de l’architecte Diego de Siloé, qui est déjà intervenu sur la cathédrale de Grenade et a dirigé les travaux du monastère royal de San Jeronimo. Les travaux menant à l’édification de cet édifice de style Renaissance ont coûté cher, si bien qu’ils ne vont pas jusqu’à leur terme. La tour sud reste ainsi inachevée, d’où le surnom de “Manquita” (manchotte) donnée à cette cathédrale de styles Renaissance et baroque. Le patio des orangers est le seul témoignage de la mosquée qui se trouvait là avant l’édification de la cathédrale.


La disposition du lieu se rapproche de celui de la cathédrale de Grenade, dont elle ne jalouse pas les dimensions. On est frappé par les grandes colonnes soutenant le plafond et prenons plaisir à découvrir les retables dans les différentes chapelles. Là aussi, le maître-autel se trouve devant un ciborium entouré par des colonnes et des tableaux, mais il n’y a pas la lumière dorée qu’il y avait dans la cathédrale de Grenade. Plus globalement, j’ai trouvé qu’elle était moins jolie que la cathédrale de Grenade et l’intérieur est moins bien décoré. L’élément distinctif de la cathédrale de Malaga est sûrement le chœur et toutes ses stalles sculptées.


Il y a également un musée avec des tableaux, compris dans le billet d’entrée. J’avais mal compris et pensais que ce n’était pas le cas, je suis donc sorti sans l’avoir visité. J’y aurais découvert des objets rituels et des tableaux des XVIe et XVIIe siècles.
La visite de la cathédrale, avec audioguide, dure 1h45 et coûte 8€.
Les musées de Malaga
En un jour, je n’avais pas le temps de visiter tous les musées. Je suis allé faire un tour au musée Picasso, mais pas davantage. Je vais tout de même évoquer les musées que j’aurais visités si j’étais resté un jour de plus.
Le musée Picasso
Dans la ville natale de Picasso, il faut bien visiter le musée Picasso, non ? L’ouverture de ce musée s’est faite en 2003, ce qui est encore assez récent. Il présente trois-cents œuvres qui retracent l’évolution de cet artiste emblématique du mouvement cubiste. Majoritairement des tableaux, mais aussi des statues, des plats… Le musée accueille aussi des expositions temporaires. Lors de ma visite, l’exposition temporaire mettait en relief le travail d’artistes contemporains inspirés par le style de Picasso en les présentant au milieu des œuvres de leur source d’inspiration.
La visite du musée Picasso coûte 13€ et j’y ai passé une heure et demie. Cependant, cela n’était pas suffisant et j’ai dû terminer rapidement, car le musée fermait.
La maison natale de Picasso
Une autre possibilité, à laquelle j’avais fortement pensé, aurait été de visiter la maison natale de Picasso. Une fondation occupe maintenant les lieux et propose des expositions trimestrielles présentant les œuvres de l’artiste. On découvre également des objets lui ayant appartenu et son enfance passée à Malaga.
Le musée Carmen Thyssen
Dans un bâtiment de style Renaissance du XVIe siècle, le musée Carmen-Thyssen présente plus de 250 œuvres ayant appartenu à la collection de la baronne Carmen Cervera. Cette collection, agrandie par la suite, est l’une des plus riches concernant l’art andalou du XIXe siècle et du début du XXe siècle. On y découvre notamment le style costumbrismo, un courant artistique qui vise à faire des œuvres d’art une représentation fidèle des coutumes et des traditions. Ces tableaux ont donc donné une image fiable de l’Andalousie du début du XXe, mais ont tout de même participé à créer un imaginaire romantique. Le musée organise également des expositions temporaires qui viennent compléter la collection principale. J’aurais pu visiter ce musée à la place du musée Picasso. J’y avais pensé mais il fallait bien faire un choix ! Cela aurait été pour le deuxième jour, s’il avait existé.
Le musée de Malaga
Le musée de Malaga a pris place en 2016 dans le Palais de la douane, un édifice de style néoclassique situé près du port. C’est également un musée d’art, dans lequel on découvre des tableaux de paysages andalous et des peintures de genre du XIXe siècle. Une période qui se retrouve bien représentée à Malaga ! Cependant, il y a aussi des œuvres plus récentes et toute une collection archéologique léguée par une famille noble, comprenant par exemple des fragments néolithiques provenant de la Cueva de Nerja, située à 60 km à l’est de Malaga. C’est une grotte dans laquelle on trouve d’impressionnantes formations de stalactites et de stalagmites et de l’art rupestre.
Le centre Pompidou
Enfin, près du port de plaisance, qui constitue une plaisante promenade, se trouve le centre Pompidou. C’est alors que je marche le long du port que je tombe nez-à-nez avec, non pas un bâtiment aux tuyaux colorés, mais un cube dont les quatre parois sont colorées avec des carrés bleus, rouges, verts et jaunes. C’est que le Centre Pompidou de Paris fait des émules. Naissent alors le Centre Pompidou-Metz en 2010, puis le Cube à Malaga en 2015. Il présente des œuvres provenant du centre Pompidou de Paris. Le musée connaît un certain succès, puisque prévu initialement comme un musée temporaire avec un partenariat de cinq ans, renouvelé depuis lors.

La plage de la Malagueta
A Malaga, au bord de la mer, je suis allé à la plage. Il y avait du sable, de l’eau, des grands immeubles, et pas grand monde. Normal à 8h30. Voilà tout. Bon, et pour ne pas être taxé de mauvaise fois, je signale quand même la vue sympathique sur les montagnes à l’est de Malaga.


Où loger à Malaga ?
J’avais pris un lit dans un dortoir de 4 places dans l’auberge de jeunesse Chinitas Urban Hostel. C’était sympa, j’ai pu rencontrer d’autres voyageurs avec qui j’ai discuté. Cependant, le dortoir était petit et la porte de la douche (douches communes à l’étage) ne se fermait pas à clef. C’est peut-être réglé depuis mon passage en octobre 2023 ! Enfin, le Chinitas Urban Hostel est très bien situé, près de l’Office de tourisme et de la cathédrale

Le mot de la fin
Un article inhabituellement court, mais difficile de faire plus concernant un lieu où je n’ai passé qu’une journée ! Il faut plutôt prendre cet article comme une introduction à la ville, puisque je n’ai pas conçu ma visite de Malaga comme devant être exhaustive. Mais j’ai tout de même été surpris car j’ai fait pas mal de découvertes intéressantes. J’avais plutôt entendu dire qu’il n’y avait pas grand-chose à voir à Malaga, et c’est inexact. Désolé papa ! Je dois dire, en tant que rédacteur des articles, que ce court article me convient bien. En effet, il me donne l’impression d’avancer rapidement dans l’écriture de cette série d’articles ! Et me donne un peu de repos avant la rédaction d’un autre long article.


