Découvrez les saveurs de Grenade et les splendeurs de l’Alhambra

Découvrez les saveurs de Grenade et les splendeurs de l’Alhambra

Grenade est l’une des villes les plus connues d’Espagne. Riche en histoire, ce fût le dernier grand centre urbain repris durant la Reconquête. De ce fait, elle conserve un patrimoine islamique d’une grande richesse. Le monument incontournable est l’Alhambra, qui occupera une grande partie de cet article. La visite de la cathédrale, de l’Albaicin et d’autres monuments illustrera également le riche patrimoine de la ville.

Un peu d’histoire

Les Ibères fondent Grenade au Ve siècle avant J.-C. Les Romains conquièrent la ville en -202, à la fin de la Deuxième Guerre punique. Plusieurs siècles plus tard, elle tombe sous le contrôle des Wisigoths, des Byzantins et de nouveau des Wisigoths. Lors de la conquête musulmane de la péninsule ibérique, les nouveaux dirigeants s’installent plutôt à Séville ou Cordoue.

Il faut attendre le XIIIe siècle pour que la ville se développe réellement. Alors que les royaumes chrétiens du nord ont lancé la reconquête de la péninsule ibérique et ont repris Cordoue en 1236 et Séville en 1248, Mohammed ibn Yousouf ibn Nasr proclame l’émirat de Grenade, tout en devenant le vassal de Ferdinand III de Castille. Celui-ci dure pendant 250 ans. Le sultanat nasride développe l’Alhambra dans l’une des plus riches cités d’Europe. Son développement atteint son apogée sous les règnes de Yousouf Ier (1333-1354) et de Mohammed V (1354-1359 et 1362-1391).

Mais à la fin du XVe siècle, l’économie stagne et Grenade se trouve pris dans un conflit opposant l’émir Abu al-Hasan et sa concubine chrétienne Zoraya à son fils Abu Abdullah et son épouse Aixa. Celui-ci prend le contrôle de Grenade après la mort de son père en 1485. Mais l’émirat affaibli tombe sous le contrôle des Rois catholiques en 1491. Le dernier émir de Grenade se rend, en échange de la vallée des Alpujarras, 30 000 pièces d’or et la liberté religieuse et politique pour ses anciens sujets.

La victoire des Rois Catholiques donne lieu à une période de persécutions religieuses visant à imposer l’autorité catholique. Les juifs sont expulsés d’Espagne dès 1492, puis c’est le tour des morisques (musulmans convertis au catholicisme) d’être chassés en 1609, après plusieurs révoltes. A la suite de ces expulsions, la population de Grenade a grandement diminué et la ville connaît un important déclin. Elle ne s’en remet qu’au milieu du XIXe siècle. L’intérêt du courant Romantique pour Grenade réhabilite son passé et Grenade devient une importante destination touristique. A la même période, les conservateurs et les libéraux s’opposent durement à Grenade. Lors de la guerre civile (de juillet 1936 à avril 1939), les nationalistes s’emparent de la ville et commettent un massacre de sympathisants de gauche et libéraux, dont l’écrivain Federico Garcia Lorca.

Le début de la visite, de l’Albaicin aux rives du Darro

Se promener dans les ruelles de l’Albaicin

Lorsque j’arrive à Grenade, l’après-midi a déjà bien commencé. L’Alhambra est prévu pour demain et la cathédrale, ma foi, attendra également. Je me lance dans une première exploration de l’Albaicin. L’Albaicin est l’ancien quartier arabe de Grenade, dont l’origine du nom est la source de nombreuses conjectures. Il pourrait provenir de l’arabe “al-ba’isîn”, signifiant “les misérables”, en référence aux musulmans qui y vécurent après la conquête de Grenade. Ou bien dériverait-il de Baeza, une ville que ses habitants abandonnèrent au XIIIe siècle pour s’installer sur la colline de l’Albaicin ? Après un premier centre urbain en contrebas, le quartier se développe sur une colline. Rapidement, tout un ensemble de maisons aux murs blancs la recouvrent. Bien que les émirs de Grenade déménagent sur la colline d’en face, le quartier continue de se développer.

Après la prise de Grenade par les Rois Catholiques, les morisques n’étaient pas autorisés à acquérir des terres dans la plaine. Ils s’installèrent donc ici. Comme nous l’avons vu dans la partie historique, les morisques n’ont pas une bonne qualité de vie. Ils se révoltaient donc fréquemment. Lorsqu’ils sont chassés d’Espagne en 1568, le quartier se dépeuple et les souverains espagnols ne parviennent pas à repeupler l’Albaicin avec des artisans, qui seraient à même de l’entretenir. Ainsi, il ne reste que peu d’édifices mauresques remarquables. Nombreux sont ceux ayant été détruits pendant la guerre civile de 1931 à 1936. Nous aurons cependant l’occasion d’en découvrir un peu plus tard dans l’article. Les mosquées ont quant à elles laissé leur place à des églises. Mais la couleur blanche des maisons a par contre subsisté, annonçant les villages blancs que nous visiterons dans un futur article.

ruelle aux murs blancs
Des petites ruelles comme dans les médinas !
ruelle avec fleurs au bout
église vue depuis l'ouverture d'une ruelle
Une vue sur autre chose que l’Alhambra depuis une ruelle de l’Albaicin.

L’Albaicin est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cela lui apporte une certaine renommée, mais il n’est néanmoins pas très compliqué d’échapper aux touristes. Ceux-ci se concentrent en effet majoritairement dans la rue Caldereria Nueva et près du mirador San Nicolas. Avec ses petites rues, le quartier invite à la promenade sans but précis. Attention cependant : la côte peut être ardue.

maisons blanches de l'albaicin
Objectif : trouver le mirador San Nicolas. Sur la photo ? Nous sommes ici au mirador de la Churra.

Le sud de l’Albaicin

Même si nous aurons l’occasion d’évoquer le haut de l’Albaicin à plusieurs reprises dans cet article, il me paraît important de mentionner le bas de l’Albaicin. La rue Caldereria et ses alentours sont les rues où l’ambiance orientale est la plus forte.

boutiques de souvenirs avec objets d'artisanat marocain
Une boutique comme dans les médinas marocaines. Vous pensez qu’il faut marchander ?

Au sud de l’Albaicin se trouve la place neuve. On y remarque tout d’abord l’église Sainte Anne, où je n’ai pas eu l’occasion de rentrer. De l’extérieur, on peut déjà admirer son style mudéjar, dont le clocher est le plus beau représentant, et sa façade de style Renaissance. Près de la place se trouve également l’ancien bâtiment de la Chancellerie royale, construit dans un style Renaissance dans la seconde moitié du XVIe siècle. Au cours de mes promenades dans l’Albaicin, je suis passé devant le couvent de la Conception, datant du XVIe siècle. Derrière sa façade gothique, le bâtiment abritait un fontaine nasride et un cloître de style mudéjar.

Un premier musée le long du Darro: le musée archéologique de Grenade

petite rivière encadrée de maisons
Attention aux voitures !

Le Darro est une petite rivière qui sépare l’Albaicin de la colline de la Sabika, sur laquelle se dresse l’Alhambra. La fréquentation du quai du Darro est très importante. En effet, c’est une rue commerçante, l’un des accès à l’Alhambra et une charmante ruelle. Plusieurs sites d’intérêt s’y trouvent et le premier que je visite est le musée archéologique de Grenade.

Le musée archéologique de Grenade occupe le palais de Castril, un édifice de style plateresque ayant appartenu à la famille du secrétaire des Rois catholiques. Il ne lésine pas sur la décoration de la façade et se représente en héros chrétien triomphant de la mort. Le musée était au départ un simple cabinet d’antiquités. Puis en 1879, il devient la mairie et la Commission des monuments de Grenade. En 1917, le musée emménage à son emplacement actuel, dans cette maison organisée autour d’une cour centrale. Ses collections couvrent une période qui va de la Préhistoire à la fin du Moyen-Âge. Elles proviennent de la province de Grenade. L’accent est mis plutôt sur les périodes anciennes, mais la période islamique est déjà bien représentée dans le musée de l’Alhambra.

Le style plateresque s’est développé en Espagne de la fin du XVe siècle à la fin du XVIe siècle. A cette époque, le style Renaissance se répand en Europe. Mais en Espagne, on développe plutôt un style issu des styles gothique et mudéjar. Il se caractérise par une structure gothique, qui sert de toile de fond à un extérieur décoré souvent de façon presque exubérante. Les murs se retrouvent couverts de reliefs complexes et de fins détails. Une richesse de décors qui a donné à ce style son appellation de “plateresque”, de l’espagnol plata, qui signifie “argent”.

façade richement sculptée représentant le propriétaire en héros chrétien triomphant de la mort
Le style plateresque a du faire la joie des sculpteurs !

La façade de l’église Saint Pierre et Saint Paul présente elle aussi ce style. Mais elle le mêle avec le style classique. Et ce n’est pas le seul élément à être hétérogène ! L’église mélange en effet également de style mudéjar et les consignes du Concile de Trente.

Tout le long du quai, plusieurs anciens ponts traversent la rivière. On pourrait qualifier l’ambiance de romantique sans la foule continue parcourant la voie et les voitures qui peinent parfois à trouver suffisamment d’espace pour avancer.

Visiter l’Alhambra de Grenade

La journée de samedi marque le début de la validité de ma Granada Card, et donc de la majorité de ma visite de la ville. Malheureusement, cette visite ne va pas bien débuter. En effet, le temps plaisant jusque-là a laissé place à une forte pluie. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour mes photos. La découverte de l’Alhambra débute donc à 8h30 sous la pluie, alors qu’il fait encore un peu nuit.

Je passe devant la statue de Washington Irving, puis de la fontaine de Charles Quint, dont on reconnaît le blason, construite en 1545 par Pedro Machuca. Enfin, j’entre dans le périmètre de l’Alhambra par la porte de la Justice, construite en 1348. On la franchit par un passage coudé, une disposition que l’on retrouve dans certaines portes de Marrakech.

Que fait Washington Irving dans l’Alhambra ?

En 1829, l’écrivain vécut quelques mois dans l’Alhambra, qui l’inspirèrent pour l’un de ses romans phares : Les contes de l’Alhambra.

La découverte de l’Alhambra se fait librement le jour de la réservation. Cependant, la visite du palais nasride se fait à une heure sélectionnée lors de la réservation obligatoire en ligne. Ayant réservé pour 10h, j’avais donc un peu d’attente, que j’ai mis à profit pour visiter le musée de l’Alhambra.

Le musée de l’Alhambra

Le musée de l’Alhambra expose divers fragments (chapiteaux, dalles funéraires, portes, céramiques…) de bâtiments d’architecture islamique, aussi bien des périodes almohade et almoravide que de la période nasride. La visite m’a pris un peu plus d’une heure, c’est dire le nombre d’objets exposés !

Le musée des Beaux-Arts

En sortant du musée de l’Alhambra, il me restait vingt minutes avant le palais nasride. J’ai donc décidé de visiter le musée des Beaux-Arts. Une visite au pas de course qui ne m’a pas permis de bien en profiter. Mais cela valait mieux que d’attendre sous la pluie à ne rien faire.

Le musée des Beaux-Arts de Grenade, tout comme le musée de l’Alhambra, se trouve dans le palais de Charles Quint. Il présente de nombreuses œuvres couvrant une période du XVe au XXe siècle.

Le palais de Charles Quint

Le palais de Charles Quint est un imposant édifice de forme carrée. L’empereur désire se faire construire une résidence dans l’Alhambra et lance la construction d’un palais de style Renaissance en 1526. Le bâtiment est en avance sur son temps grâce à sa disposition. En effet, sa forme carrée dissimule une cour intérieure circulaire s’élevant sur deux étages. C’est Pedro Machuca qui est chargé de la construction de ce palais, bien qu’il ne fût pas très renommé pour ses peintures. Il fait néanmoins preuve d’un certain talent pour l’architecture, mixant un style toscan en bas et un style Renaissance tardive à l’étage.

Pour financer la construction de cet édifice, on utilisa l’argent provenant des impôts que les mauresques payaient pour continuer à vivre selon leurs coutumes. Pour rappel, les mauresques sont les habitants musulmans qui vivaient en Espagne après la Reconquête et qui continuaient à suivre la religion islamique et leurs coutumes.

Les Palacios Nazaries

Les palais nasrides sont les plus beaux bâtiments de l’Alhambra. En tout cas, ceux qui disposent des sculptures les plus fines entourant des cours intérieures avec fontaines. Ils se composent de trois palais.

Après le jardin de Machuca, visible à gauche en attendant d’entrer, le Mexuar ouvre la visite des palais nasrides. Malgré les transformations malheureuses effectuées par les rois chrétiens, ce premier palais nous en met déjà plein la vue. La cour du Mexuar donne accès à la chambre dorée. Alors soit elle a perdu sa couleur, soit je n’y suis pas allé, car je n’ai pas souvenir d’une salle dorée… Après avoir étudié un livre, il semblerait que ce soit plutôt la première option. Ou en tout cas, elle ne semblait pas tant dorée que ça !

La palais des Comares fait face à la Chambre Dorée. Il est lui aussi richement décoré. La cour des Myrtes, avec en son centre un bassin reflétant les murs qui l’entourent, constitue le centre de ce palais construit par Yusuf Ier.

cour avec bassin et pavillon à colonnes et arcs
Je ne sais pas quel miracle j’ai réussi à prendre la photo sans que le ciel soit tout blanc et saturé !

Elle donne accès à la tour de Comares, qui renferme la salle des ambassadeurs, la plus grande du palais. L’intérieur est richement décoré de stucs représentant de nombreux décors. En plus des motifs végétaux, on y remarque des écritures coufiques et cursives, ainsi que des azulejos. Le tout se trouve sous une imposante voûte en bois de cèdre. Les fenêtres éclairent l’intérieur et apportent un jeu de lumière dont l’émir tirait parti lorsqu’il recevait ses visiteurs.

Le palais des Lions, dont la construction débute en 1377 et est commanditée par Muhammad V, le fils de Yusuf Ier, était l’endroit où se déroulait la vie privée de l’émir. Il s’organise autour de la cour des Lions, une cour symbolisant le paradis. Au centre se trouve une fontaine portée par des statues de lions. La cour est entourée par quatre murs présentant chacun une grande ouverture, parcourue par 124 colonnes, tels des palmiers autour d’un oasis. Un oasis dont l’eau est amenée par quatre rigoles, telles les quatre rivières du paradis.

En revanche, la symbolique apportée par les douze lions demeure sujette à interprétation. Ils pourraient faire écho à la Mer de Bronze du temple de Salomon, où douze lions soutiennent la mer, autant de lions que de tribus d’Israël. Ces statues de lions pourraient en effet provenir du palais d’un vizir juif du XIe siècle. Difficile cependant d’imaginer la symbolique des lieux au calme !

patio avec colonnes et au centre fontaine avec lions
Sûrement le plus beau patio des palais nasrides ! Avec des colonnes dont le style diffère de celui de la mosquée-cathédrale de Cordoue.

Plusieurs salles entourent la cour des lions : la salle des Muqarnas et la salle des Abencérages, avec sa petite fontaine au milieu, sous un toit orné de stalactites et d’une grande étoile. Si ces deux salles vous impressionnent, vous n’êtes pas prêts pour la salle des rois et la salle des deux sœurs ! La première se distingue par ses décors gravés et ses stalactites bien sûr, et ses peintures sur cuir aux plafonds, dépeignant des chevaliers et des dames, sûrement influencées par des chrétiens, ainsi que les dix premiers souverains nasrides. La deuxième accueillait les favorites du sultan. Il se caractérise par les détails de ses ouvrages en plâtre et sa somptueuse coupole. Au bout de la salle se trouve le mirador de Lindaraja. Il offrait une vue sur le quai du Darro, avant que Charles Quint ne fasse construire un pavillon devant la fenêtre.

coupole en forme d’étoiles et décorée de stalactites de nid d’abeille
Une belle coupole qui rivalise avec le patio de Lions juste à côté !
grande pièces avec muqarnas et panneaux de stucs sculptés
A première vue, le palais des Rois présente le même style de décors que le reste des palais nasrides.
peinture au plafond représentant les dix premiers rois de Grenade
Mais quelques surprises se cachent au plafond ! Ici, nous faisons connaissance avec les dix premiers souverains de la dynastie nasride.

Si de nombreuses personnes font désormais leur voyage de noces dans des destinations aussi lointaines que Bali ou la Réunion, Charles Quint a beau être à la tête d’un immense empire, c’est à Grenade qu’il passe ses premiers moments de vie commune avec Isabelle du Portugal. Il apprécie tout de même le séjour et s’installe dans l’ancien palais royal. Mais ce bâtiment, aussi beau soit-il, n’est plus aux goûts de l’époque, surtout depuis la reconquête chrétienne de Grenade ! Mais au lieu de faire construire un nouveau palais royal, il décide d’ajouter des dépendances à l’ancien. Parmi ces ajouts, on compte le boudoir de la reine, la cour de Lindaraja, un petit jardin italien au centre duquel trône une fontaine, et la cour des cyprès. Les bains arabes subsistent, car Charles Quint a souhaité les conserver pour son usage personnel. Ils n’étaient cependant pas ouverts au public lors de ma visite.

jardin avec fontaine en étoile
Un patio à Grenade (la cour de Lindaraja). Digne de l’Alhambra ?
intérieur riche en décors de panneaux de faïence, panneaux de stuc, arcs festonnés et plafond en muqarnas
Nous avons déjà une belle vue dans le mirador de Lindaraja sans regarder dehors !

Visite qui se termine devant le Partal, ou tour des dames, qui se reflète dans le bassin se trouvant côté sud. Les jardins sont un ajout ultérieur. Tout comme son nom de palais des dames, qui date du XVIe siècle. Le bâtiment est au contraire le plus ancien encore debout. Il a en effet été construit au tout début du XIVe siècle.

pavillon se reflétant dans un bassin
Le Partal et l’art du reflet.

L’Alcazaba

L’Alcazaba est le plus ancien bâtiment de l’Alhambra. En 1238, l’émir Alhamar (Muhammad I) décide de déménager son palais de l’Albaicin vers la colline de la Sabika. Il débute la construction de l’Alcazaba, sur un site où existait déjà des ruines d’un ancien château. L’Alcazaba domine à 200 mètres au-dessus de la ville et ses tours s’élèvent à vingt mètres au-dessus du sol. Un double mur d’enceinte l’entoure. Par la suite, les successeurs d’Alhamar construisirent de nouveaux palais et l’Alcazaba n’a plus qu’un rôle défensif.

alcazaba à droite et maisons blanches de l'albaicin à gauche
L’Alcazaba, l’Albaicin et l’Almontagne.

Plusieurs tours sont accessibles durant la visite et permettent d’admirer le paysage, aussi bien sur l’Albaicin et le reste de Grenade que sur les montagnes de la Sierra Nevada. Au centre se trouve le quartier militaire dont seuls des ruines permettent d’imaginer la disposition des différentes habitations. Enfin, une partie du chemin de garde a été transformée en jardin au XVIIe siècle, et se découvre à la fin de la visite.

ensemble de maisons blanches du quartier historique de grenade
Il y a décidément beaucoup de nuages à Grenade. Plus que de maisons dans l’Albaicin ?
jardin longeant les murs de l'alcazaba avec vue sur grenade
Petite patrouille de long des remparts de l’Alcazaba !

Le Generalife

Une longue allée de cyprès donne accès au Generalife, un palais construit au XIVe siècle pour servir d’agrément pour le sultan. Il pouvait s’y reposer, chasser et bénéficier de jardins privés. Le Generalife est indépendant du reste de l’édifice et apparaît comme isolé au sein de l’Alhambra. En fait, l’allée des cyprès ne mène pas directement au Generalife, puisqu’il faut d’abord traverser des jardins aménagés en 1931. Un étang couvert de nénuphars et entouré de cyprès se cache au milieu des pergolas, des rosiers et autres fleurs. Les jardins du Generalife sont visibles depuis les nouveaux jardins que nous venons de traverser. Ils sont destinés à la culture potagère afin d’approvisionner l’Alhambra.

jardin avec arbres et fleurs
Il n’y a pas que des murs dans l’Alhambra, mais aussi de beaux jardins bien verts !
jardin avec pergolas et fleurs
Très joli jardin, peu fréquenté. Seulement sur la photo pour ce deuxième point !

Nous arrivons ensuite au palais du Generalife, où nous découvrons plusieurs cours et pavillons aux décors de stucs. Le principal point d’intérêt du Generalife, ce sont ses jardins, plus que les cours puisque nous en avons déjà beaucoup vu. Elles sont tout de même très jolies et méritent le détour !

patio en longueur avec étendue d'eau reliant deux édifices
La cour emblématique du Generalife.
fenêtres en arcs et décors avec écriture cursive sur les murs
Jetez un coup d’œil par les fenêtres si vous n’êtes pas trop absorbé par les décors muraux !

Autres lieux d’intérêt

A voir également d’autres sites dans l’enceinte de l’Alhambra. L’église Sainte Marie de l’Alhambra est construite au XVIe siècle sur le site de l’ancienne mosquée. Elle est intéressante pour son retable et ses œuvres d’art. Près de l’église, on trouve des bains. Et un peu plus loin, vers le Generalife, se trouve le monastère de Saint-François. Ancien palais nasride transformé en couvent par les Rois Catholiques, c’est maintenant un hôtel. On peut cependant en voir l’extérieur. Je suppose que les clients peuvent découvrir une cour intérieure.

La visite complète de l’Alhambra de Grenade coûte 18€. J’y ai passé presque six heures ! En détails : une heure dans le musée de l’Alhambra, une heure dans Alcazaba, une heure dans le Generalife et 1h45 pour visiter les palais nasrides.

Premier tour des bâtiments religieux de Grenade

L’après-midi est déjà bien avancé quand j’entame la suite des visites. Il a entre-temps fallu trouver à manger, et en ce samedi de fête nationale, ce n’était pas aisé ! Tous les bars à tapas faisaient table pleine. Ce n’est pas la seule contrariété causée par cet événement dans mon programme. En effet, la cathédrale est fermée et il y a de l’activité devant l’entrée. Je décide donc de visiter les monuments accessibles, puis d’avancer dans mon programme du lendemain.

La chapelle royale

Nous accédons à la chapelle royale près du portail sud-est de la cathédrale de Grenade. La façade de la chapelle est de style plateresque, ce qui est assez difficile à remarquer pour le non initié que je suis. Cette chapelle est le mausolée des Rois catholiques Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, qui ont voulu se faire enterrer dans la ville qui symbolise leur reconquête de l’Andalousie. Enrique Degas se charge de l’édification de la chapelle entre 1506 et 1521 dans un mélange de styles gothique et Renaissance.

A l’intérieur de la chapelle, une grande grille en fer forgé de style plateresque sépare la nef des éléments les plus importants de cette chapelle. Ce sont les deux tombeaux, l’un représentant le couple royal et l’autre leur fille Jeanne et son mari Philippe, parents de Charles Quint, sculptés dans du marbre de Carrare. Ces deux magnifiques cercueils ne sont en fait que de l’apparat. En effet, les vrais cercueils se trouvent dans la crypte, juste en dessous. Et ils sont plutôt communs ! En tout cas, la splendeur des mausolées, impressionnants de détails, en feraient presque oublier le grand retable de style plateresque, réalisé en bois polychromé de 1520 à 1522. La conquête de Grenade est contée dans la partie inférieure du retable.

La visite se termine avec la sacristie-musée. On y trouve des pièces d’orfèvreries ayant appartenu aux Rois Catholiques, ainsi que des tableaux provenant de la collection de la reine Isabelle. Elle se compose majoritairement de tableaux de l’école flamande, bien qu’on puisse aussi en voir de l’école allemande, italienne et espagnole, bien sûr.

Isabelle Ière de Castille mourût en 1504 et Ferdinand II d’Aragon en 1516. Ils ne virent donc jamais la chapelle achevée et furent initialement inhumés au parador de San Francisco, dans le domaine de l’Alhambra.

En se faisant enterrer à Grenade, les Rois Catholique voulaient marquer la victoire du Christianisme, opérée lors de la fin de la Reconquête. Les grands monuments soulignent l’importance de l’événement.

La visite de la chapelle dure au moins une demi-heure et coûte 5€.

L’église paroissiale du tabernacle

Ou iglesia parroquial del Sagrario, en espagnol. Cette église, construite de 1705 à 1759 est accolée à la cathédrale de Grenade. Elle prend la place de l’ancienne mosquée datant du XIe siècle. Ce que l’on remarque le plus en entrant dans l’église du Sagrario, ce sont les quatres coupoles qui encadrent la coupole principale, d’où provient la lumière éclairant l’édifice, tout de même très sombre. On remarque moins la tombe d’Hernan Perez de Pulgar, qui fût pourtant l’auteur d’un coup d’éclat. Deux ans avant la prise de la ville, il pénètre dans son enceinte et cloue un parchemin sur la porte de la mosquée indiquant que la chrétienté venait de s’emparer de la Mosquée au nom de la Vierge.

Après la visite de ces deux églises et à défaut de pouvoir entrer dans la cathédrale, qui aurait été la suite logique, je me dirige vers le nord pour visiter le monastère royal de San Geronimo. Et “avancer” la découverte de la série des trois monuments prévue le lendemain matin. D’abord le monastère royal de San Geronimo, puis la basilique San Juan de Dios et enfin le Palacio Dar al-Horra. J’ai le temps de faire les deux premiers en cette fin d’après-midi !

Le monastère royal de San Jeronimo

La présence de tant de bâtiments religieux à Grenade témoigne du désir de christianiser la ville après sa reconquête. La construction du nouveau monastère pour les moines hiéronymites débute en 1519. Deux ans plus tard, l’épouse du Grand Capitaine obtient la propriété du monastère pour l’y inhumer. Cela lui est accordé en échange de son financement du chœur de l’église, dont seul le retable fût effectivement livré. Jacob Florentino commence l’édification de l’église en 1525. Puis Diego de Siloé prend la relève en 1528, avant d’entrer en conflit avec la propriétaire des lieux. Les travaux se terminent en 1547.

Mais qui est donc le Grand Capitaine ?

De son vrai nom Gonzalo Fernandez de Cordoba, il tient son nom de ses nombreuses victoires militaires, qui ont marqué le début de la Renaissance espagnole. Il soutient les Rois Catholiques face aux opposants à la montée d’Isabelle de Castille sur le trône et vainc les Portugais, participe à la reconquête de Grenade, réprime la première révolution des Maures en 1499… Mais c’est durant les guerres d’Italie qu’il gagne sa renommée, en remportant des batailles contre la France pour le contrôle du royaume de Naples. Il devient ainsi vice-roi de Naples.
Mais au décès de la reine Isabelle, il perd un grand soutien. De plus, le roi voit d’un mauvais œil sa réputation et le partage qu’il fait de son royaume, distribuant les terres trop généreusement à ses troupes. Malgré la présentation de ses comptes pour justifier ses dépenses, il rentre en Espagne et finit sa vie dans sa demeure de Grenade.

Le monastère royal de San Jeronimo est de style Renaissance. Il se compose d’un cloître entourant une grande cour avec des orangers et d’une église, dont la tour dénote un peu avec le reste. En effet, ayant été détruite lors de l’invasion napoléonienne de l’Espagne, elle n’a été reconstruite qu’en 1963 !

En plus du cloître, l’église est la pièce maîtresse du monastère. Cette église à nef unique présente une première partie de style gothique et une seconde, près du retable, de style Renaissance. La partie gothique possède un beau plafond. Puis en arrivant au niveau du transept, on remarque des statues représentant César, Pompée, ou encore Hannibal, des personnages desquels on voulait rapprocher le Grand Capitaine. Plus loin, le retable principal est sûrement l’un des plus grands de la Renaissance espagnole. Une dizaine d’artistes participèrent à la création de ce retable à quatre étages sur lequel figurent la Vierge Immaculée et plusieurs saints. Le plafond, puis la voûte du transept, complètent ce bel ouvrage.

église avec peinture et retable à plusieurs panneaux
Une église riche en peintures murales. Et le voici, le retable de Grenade !

La visite avec audioguide dure environ une heure et coûte 7€. A savoir qu’elle est incluse dans la Granada Card. J’ai ensuite visité la basilique San Juan de Dios.

La basilique San Juan de Dios

A quelques mètres à l’est du monastère royal de San Jeronimo se trouve la basilique San Juan de Dios. Cet édifice est plus moderne : il a été construit de 1737 à 1759 en style baroque pour servir de sépulture au fondateur de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu. Le lieu est très différent du monastère : ici, pas de cour intérieure ou de cloître, mais seulement une église dont la façade s’organise de façon symétrique autour de la porte. On imagine alors mal la beauté du lieu. Bien qu’un peu sombre, l’église est richement décorée et les retables de couleur or dénotent dans le rouge ambiant. De nombreuses peintures murales complètent ces décors, magnifiques, mais presque trop chargés ! La sacristie est elle aussi riche en objets et décorations, notamment des tableaux, dont certains de grands maîtres.

intérieur doré avec peintures et retables couleur d'or
urne en argent massif dans un décor de couleur d'or
Je ne sais pas qui était ce saint Juan de Dios, mais ce devait être quelqu’un d’important !

La visite se fait également avec un audio-guide et se termine par une expérience en réalité augmentée grâce à un casque qui nous fait prendre un peu de hauteur à l’intérieur de l’église. Elle permet par exemple de mieux voir le dôme, que je n’avais pas remarqué depuis la rue, mais que j’ai ensuite reconnu en le voyant depuis des points de vue situés dans l’Albaicin.

La visite a duré cinquante minutes et coûte 7€. Elle n’est pas incluse dans la Granada Card. Cependant, j’ai beaucoup apprécié la visite de cette église qui est sûrement l’une des plus belles de Grenade !

Après ces deux visites intéressantes, le coucher de soleil approchait. Je suis allé dans l’Albaicin en faisant un détour par la porte d’Elvira. Elle se trouve à 500 mètres au nord-est de la basilique. Cette construction du XIe siècle est une ancienne porte arabe de la ville et se situait sur la muraille de Grenade. Elle devait être plus impressionnante à l’époque, car des pierres ont été utilisées pour construire le monastère de San Jeronimo.

L’église du Perpétuel Secours

A mi-chemin entre le monastère et la basilique, la congrégation de San Felipe Neri s’est établie à Grenade en 1671. L’église est tout ce qui reste d’un complexe qui comprenait cinq cours intérieures. On la transforma au XIXe siècle, avec un style d‘influence française. Le mur latéral du côté de l’Épître se distingue grâce à son style baroque. Mais un baroque plus proche de ce qui se faisait en Amérique du Sud qu’à Grenade.

L’église de San Nicolas

Après une petite marche dans l’Albaicin, qui m’a permis de découvrir d’autres ruelles, donnant accès pour certaines à une petite place où un arbre contraste avec la blancheur des murs, je suis de retour au mirador San Nicolas, dont on reparlera. J’en profite pour visiter la petite église de San Nicolas. La construction de cette église de style mudéjar, qui s’est faite à l’emplacement d’une ancienne mosquée, date de 1525. Malheureusement, l’édifice d’époque n’a pas survécu aux révoltes ayant eu lieu avant la Guerre civile. Il est possible, moyennant 3€, de monter au sommet du clocher.

Le samedi soir, des célébrations avaient lieu en ville. En effet, je visite Grenade le samedi 14 octobre. La fête nationale espagnole, le 12 octobre, célèbre la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Cette année (2023), elle avait lieu le jeudi, avec des célébrations ont lieu le week-end suivant. De ce que j’en ai vu, elles ont consisté à Grenade en des processions religieuses, avec des parades de statues religieuses, précédées de défilés de nombreux musiciens (trompettistes et percussionnistes). Je suis donc resté un peu dans les rues de Grenade ce soir-là.

Un tour dans divers bâtiments de l’Albaicin

Le dimanche, je décide de faire un tour de l’Albaicin, et notamment une promenade sur le quai du Darro, où se trouvent plusieurs sites à visiter jusqu’à la cathédrale de Grenade. Si je veux me rendre près de la cathédrale de Grenade, c’est d’abord pour visiter le palais de la Madraza. Ensuite, je fais un détour dans le nord de l’Albaicin pour visiter le palais de Dar al-Horra. Enfin, je termine cette dernière journée à Grenade avec la visite de la cathédrale.

La Casa Arabe del Horno

La casa arabe del Horno est un exemple d’habitation nasride, à laquelle un deuxième étage est venu se greffer au XVIe siècle. La maison a probablement été construite après la conquête chrétienne de Grenade, par une famille maure. Elle s’organise autour d’une cour rectangulaire au centre de laquelle se trouve un petit bassin. A l’étage, il y a d’anciennes pièces de vie. La visite est intéressante pour découvrir l’architecture, mais les pièces gagneraient à accueillir quelque chose (exposition, musée ?) et à être valorisées.

La visite dure dix minutes et elle est incluse dans un billet qui regroupe également le Banuelo, le Maristan et le palais de Dar al-Horra, coûtant 7€. Le dimanche, la visite est gratuite.

El Maristan

A 4500 mètres à l’ouest, El Maristan se trouve dans la rue Banuelo. C’est un hôpital construit au XIVe siècle, période nasride donc, près des bains. C’est alors l’un des premiers hôpitaux à accueillir les malades mentaux. Une fois Grenade conquise par les Rois catholiques, le bâtiment perdit sa fonction. Il devint un hôtel de la monnaie, puis une cave ! En 1843, on détruit l’édifice en ruines. Les fontaines représentant des lions se trouvent maintenant dans le musée de l’Alhambra.

L’année 2020 arrive avec une bonne nouvelle pour el Maristan : une rénovation débute. Il n’est possible de le visiter à nouveau que depuis quelques mois ! La restauration a permis de mettre au jour aussi bien des vestiges de sa fonction d’hôpital que d’hôtel de la monnaie.

La visite dure vingt minutes, le temps de lire les panneaux explicatifs.

Banuelo

De retour sur le quai du Darro, nous entrons dans le Banuelo, à l’angle du quai et de la rue éponyme. Ce sont des bains arabes très bien conservés datant du XIe siècle. Les bains étaient alors très importants, si bien qu’il y en avait alors 21 en ville. Leur objectif : l’hygiène, mais aussi celui d’être un lieu de sociabilisation. Se basant sur les bains romains, les bains de Grenade ont été utilisés jusqu’au XVIe siècle. Ils se composent d’une salle d’accueil et d’un hammam avec une salle froide, une salle tiède et une salle chaude. La salle chaude est ici la plus grande et est recouverte par une voûte principale encadrée par deux plus petites, chacune percée de lucarnes en forme d’étoile.

Si vous commencez à avoir l’habitude de visiter des bains en Andalousie, faîtes attention ici aux chapiteaux des colonnes, datant de l’époque califale, du siècle suivant, ou de style byzantin.

La visite m’a pris dix minutes et coûte 7€. Un billet inclut la visite des bains avec celle de la maison arabe, du maristan et du palais Dar al-Horra. Elle est gratuite le dimanche.

Le palacio de Dar al-Horra

Le palais de Dar al-Horra est une demeure nasride construite par le sultan Mulay Hasan pour sa première femme, Aicha al-Horra, dans la seconde moitié du XVe siècle. Celle-ci, avant de vivre dans les hauteurs de l’Albaicin, avait une place importante au sein de la famille royale. En effet, elle se marie déjà avec Mohammed XI, alors émir nasride de Grenade. Mais en 1455, Saad al-Mustain renverse celui-ci et marie Aicha à son fils. De ce second mariage naîtra Boabdil, le dernier émir de Grenade. Mais l’émir tombe amoureux d’Isabelle de Solis, une esclave chrétienne, qui manigance pour effacer Aicha et ses fils de la ligne de succession. L’émir finit par l’expulser de l’Alhambra, c’est ainsi qu’elle en vient à habiter le palais Dar al-Horra.

Moins somptueux que l’Alhambra, le palais de Dar al-Horra est tout de même un bijou architectural au milieu des maisons blanches de l’Albaicin. On découvre les éléments caractéristiques de l’architecture nasride : une cour intérieure avec bassin, entourée de murs avec une entrée encadrée par des colonnes, des décors en stuc… Après la conquête de la ville, Isabelle de Castille ajoute un couvent attenant au palais.

Le palais de Dar al-Horra n’est peut-être pas un incontournable, mais il ajoute de la diversité dans notre visite de l’Albaicin et des environs, tout en étant en lien avec l’Alhambra.

La visite dure une vingtaine de minutes. Elle coûte 7€, le billet incluant également la visite de la maison arabe, du maristan et des bains.

Une promenade d’un parc tranquille au sud de l’Alhambra à la cathédrale

Le carmen de los Martires

Nous nous éloignons de l’Albaicin, tout comme de la cathédrale, pour nous rendre au carmen de los Martires. Après ma visite du palais de Dar al-Horra, il n’était qu’aux alentours de midi. J’avais donc le temps de me rendre au carmen de los martires, se trouvant à une demi-heure de marche au sud. Il faut pour s’y rendre traverser l’Albaicin jusqu’à la place neuve, se diriger vers le sud-est et dépasser l’Alhambra, et ensuite grimper sur la colline pour l’atteindre.

Dans le carmen de los Martires, nous entrons dans une toute autre époque. Une maison se cache dans un jardin du XIXe siècle, où l’on se perd dans une ambiance romantique, au calme, loin du tumulte de la ville. En plus d’un étang, d’une fausse ruine et d’un jardin à l’anglaise, le carmen de los Martires reproduit les jardins de l’époque nasride. Une belle découverte, à seulement quelques centaines de mètres de l’Alhambra !

jardin avec fontaine et palmiers
Une partie des jardins qui fait penser aux patios de l’Alhambra !

Je m’y suis promené une vingtaine de minutes, mais davantage sont nécessaires pour bien profiter du lieu. Pour retourner au centre-ville, où il me restait à visiter la cathédrale, je suis passé par l’Alhambra de Grenade. Il y a toute une partie du site qui est accessible au public sans réservation. J’ai de ce fait pu découvrir le palais de Charles Quint, la porte de la justice et la porte du vin, ou l’alcazaba, sous le soleil. Allez je rajoute quelques photos, pour le plaisir des yeux !

tour et porte d'entrée en arc en fer à cheval
Le retour à l’Alhambra ! Je le préfère comme ça !
tours de l'alcazaba
L’Alcazaba est quand même bien plus belle sous le soleil !

La Madraza

Il ne reste pas grand chose de l’ancienne université datant du règne de Yusuf Ier (milieu du XIVe siècle). On y enseignait les Mathématiques, le Droit, la Littérature, la Médecine ou encore la Théologie. Les Rois Catholique modifièrent le bâtiment en profondeur. Il est finalement presque entièrement reconstruit au XVIIIe siècle, si bien qu’on remarque seulement un beau plafond mudéjar et l’oratoire, situé en face de l’entrée. Le bâtiment accueille aussi le centre de culture contemporaine, qui présentait lors de ma visite une exposition d’arts sur les Daltons dans Lucky Luke. Il y en avait de toutes les couleurs !

Le Corral del Carbon

Au XIVe siècle, le Corral del Carbon avait une double fonction : entrepôt de marchandises et auberge pour les marchands. C’était donc un caravansérail, ou fondouk si vous vous souvenez de notre visite de Marrakech, le seul subsistant dans le sud de l’Espagne. Après la conquête de Grenade par les Rois Catholiques, ceux-ci le donnèrent à l’un de leurs domestiques. A sa mort, comme il n’avait pas d’héritier, le Corral del Carbon fût mis aux enchères. Il devint un logement pour les vendeurs de charbon, un théâtre puis une maison d’habitation. Enfin, en 1933, l’Etat en fait l’acquisition et le restaure. On y entre par une porte avec un grand arc en fer à cheval, qui donne accès à une grande cour autour de laquelle on peut reconnaître les nombreuses chambres du Corral.

La place Bib-Rambla

La place Bib-Rambla se trouve à quelques mètres seulement de la façade ouest de la cathédrale, et à une distance similaire du Corral del Carbon. Cette place, aujourd’hui animée et surveillée par une statue de Neptune, doit son nom à la porte Bab al-Ramla, dont elle était mitoyenne. Elle accueillit en tout temps un grand nombre d’événements, des fêtes musulmanes aux corridas, en passant par les exécutions de l’Inquisition et la tenue du marché permanent de Grenade.

Visite de la cathédrale de Grenade

Le dimanche après-midi, je peux finalement visiter la cathédrale de Grenade.

Dès la reconquête de la ville, les Rois Catholiques prévoient de construire une cathédrale à Grenade. Mais les travaux tardent à commencer, car ils donnent la priorité à la chapelle royale. Le site sera celui de la grande mosquée et son style sera gothique. En 1518, les travaux débutent sous l’égide d’Enrique Egas et Juan Gil de Hontanon. Mais dès 1523, les plans changent. On décide de réaliser un édifice de style Renaissance, selon les plans de l’architecte Diego de Siloé, qui construisait en même temps le monastère de San Jeronimo. Finalement, la construction dure jusqu’en 1703 ! Entre-temps, même si les architectes conservent le style Renaissance, ils effectuent plusieurs modifications. Les fondations fragiles entraînent l’abandon du projet de construction de deux tours de 80 mètres autour de l’entrée principale, l’architecte Alonso Cano fait évoluer le style Renaissance vers le baroque (visible notamment sur la façade ouest, réalisée en 1667)…

Avec ses cinq nefs, l’intérieur est très vaste. De nombreuses imposantes colonnes se dressent pour soutenir l’édifice, au plafond duquel sont visibles des voûtes gothiques. Une coupole recouvre la chapelle majeure qui se distingue par sa couleur dorée, tranchant avec la blancheur du reste de la cathédrale. Ici, pas de grand et magnifique retable, comme dans la cathédrale de Séville, mais une succession de tableaux autour d’un ciborium, représentant la vie de la Vierge Marie et une autre dépeignant les Docteurs de l’Eglise. Tout le long des murs de la cathédrale se trouvent de nombreux retables, que l’audioguide décrit en détails.

chapelle majeure avec plusieurs tableaux et vitraux
Grenade n’a pas adopté la mode du retable comme Séville !

La visite, effectuée avec un audioguide, dure une heure et demie et coûte 5€.

Quels miradors pour admirer l’Alhambra de Grenade ?

L’Albaicin offre plusieurs points de vue sur l’Alhambra. Parfois au détour d’une ruelle, parfois depuis une place. Une promenade au hasard permettra toujours de découvrir des perspectives particulières sur ce monument de Grenade. Mais si vous souhaitez tout de même des conseils sur où se rendre, voici ce que je peux vous dire.

Le mirador de San Nicolas est sûrement le plus fréquenté. Et pour cause : cette large place offre un point de vue idéal sur tout l’Alhambra et permet de bien voir ses différentes parties. Aussi bien l’Alcazaba que de Generalife ou le palais de Charles Quint, ils sont tous bien visibles depuis le mirador San Nicolas. C’est le meilleur endroit pour prendre une photo de l’Alhambra au coucher de soleil. En revanche, il se trouve en contre-jour le reste de la journée. De plus, il y a vraiment énormément de monde. Arrivez donc en avance si vous voulez être devant ou faufilez-vous au milieu de la foule.

vue sur l'Alcazaba, les palais nasrides et le palais de charles quint
La vue emblématique de Grenade !

Plus bas dans l’Albaicin se trouve la place de Carvajales. Un peu moins fréquentée, elle offre également une belle vue sur l’Alhambra, mais se trouve moins en hauteur. La vue est tout de même très jolie et l’ambiance de la place vaut également le détour.

Depuis la Placeta de Carvajales, une vue principalement sur l’Alcazaba.

Le dimanche matin, je suis allé au mirador San Nicolas pour admirer l’Alhambra au lever du soleil. Mais il s’est rapidement trouvé en contre-jour et je n’appréciais pas trop le résultat des photographies que je prenais. J’ai donc marché une petite dizaine de minutes vers l’est afin de me rendre au mirador de la Vereda de Enmedio. Pourtant très proche du mirador San de San Nicolas, il était désert ! Et la vue sur l’Alhambra était très belle, les murs étant éclairés par le soleil levant. Un point de vue que je recommande chaudement.

vue sur l'Alcazaba, les palais nasrides et le palais de charles quint
Je vous laisse voir si vous préférez cette vue à celle très célèbre du mirador de San Nicolas !

Bien que la perspective ne vale pas celle du mirador San Nicolas, l’éclairage en début de matinée est bien meilleur. J’étais alors près du Sacromonte, le quartier gitan de Grenade, avec des maisons troglodytiques, mais je ne l’ai pas visité plus que ça. En deux jours et demi, je n’ai pas eu le temps, ce sera pour une prochaine fois !

Je n’y ai pas été mais si je devais retourner à Grenade, je prendrai de la hauteur et de la distance pour admirer l’Alhambra depuis le mirador de San Miguel Alto, près de l’ermitage du même nom. Je pouvais le voir depuis le palais de Dar al-Horra et il apparaît que les touristes semblent l’apprécier.

Tant qu’on parle de points de vue, il ne faut pas manquer, à l’ouest de l’Albaicin, le mirador de la Lona et le mirador Ojo de Granada. Ils vous offriront une belle vue sur la ville et vous pourrez reconnaître la cathédrale, le monastère royal de San Jeronimo et la basilique San Juan de Dios, entre autres.

Où loger à Grenade ?

J’ai logé à l’Oasis Backpackers’ Hostel, dans un dortoir pour 10 personnes. Il se situe à un très bon emplacement dans l’Albaicin, proche du principal mirador (San Nicolas), mais aussi de la cathédrale et de l’Alhambra. Les espaces communs sont sympathiques et il y a des départs pour faire le tour des bars à tapas, pour ceux qui veulent faire un peu la fête !

Acheter la Granada Card ou pas ?

Lors de mes vacances en Belgique, j’ai acheté une carte incluant plusieurs musées et activités à Gand ou Anvers. Il est vite apparu que l’opération était rentable. En revanche à Grenade, ce n’était pas évident. Par curiosité, je me suis posé la question une fois rentré en France. Pour les monuments que j’ai visités, était-il rentable d’acheter la Granada Card ?

Je vais me baser sur la carte de 48h, qui est celle que j’ai prise, dont le prix est de 49.06€.

Voici un tableau récapitulatif des visites et activités que j’ai effectuées à Grenade, leur prix et si elles sont comprises dans la Granada Card.

Site / ActivitéPrixInclus dans la carte
Alhambra18Oui
Capilla Real5Oui
Iglesia del Sagrario0Non
Monastère royal de San Jeronimo7Oui
Basilique San Juan de Dios7Non
Casa Arabe del Oro7Non
El Maristan0Non
Banuelo0Non
Palacio de la Madraza0Non
Palacio de Dar al-Horra0Non
Carmen de los Mártires0Non
Cathédrale5Oui
Train touristique6.8Oui
Billet de bus1.4Oui
Prix correspondant à la carte43.2
Prix total57.2

On observe qu’avec 43.2€, on est quand même loin d’avoir une Granada Card rentable. Et pourtant, je n’ai pris qu’une seule fois le bus et n’ai fait le parcours du train touristique que parce qu’il était inclus dans la carte…

Pour prendre les neufs voyages en bus auxquels la carte vous donne accès, rendez-vous à un arrêt de bus. Lors de l’achat des tickets, vous devrez indiquer le numéro de votre Granada Card. Ainsi, vous pouvez acheter vos billets avant le début de validité de la carte. Je n’y avais pas pensé et ai donc acheté un billet pour aller de la gare routière au centre-ville.

Le mot de la fin

La visite de Grenade est un incontournable d’un voyage en Andalousie, tant cette ville est emblématique de la période nasride. On comprend aisément pourquoi l’Alhambra attire autant de monde, mais se limiter à ce grand palais serait passer à côté d’une multitude d’endroits qui font le charme de Grenade : l’Albaicin et ses maisons blanches, ses églises et ses parcs, ses ruelles commerçantes rappelant les médinas Marocaines, de l’autre côté de la mer…

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