
Bilan de mon voyage de deux semaines et demi en Andalousie
Après deux voyages au Maroc, le choix de découvrir l’Andalousie s’est imposé comme une évidence. En effet, plusieurs monuments qui sont aujourd’hui des sites touristiques majeurs ont été construits par les royaumes musulmans de la péninsule ibérique, souvent en lien direct avec le Maroc. L’Andalousie a ensuite été pendant près de 250 ans à la frontière entre les royaumes chrétiens comme la Castille et l’émirat de Grenade. L’architecture de ses monuments constitue une transition entre ces états, et donc potentiellement entre nos découvertes marocaines et nos futures découvertes espagnoles. Enfin, les histoires des deux pays ayant été liées pendant plusieurs siècles, ce nouveau voyage complète ainsi les précédents de façon bienvenue.
Mes ressentis durant mon voyage
Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce voyage en Andalousie a tenu ses promesses. J’étais là pour découvrir le charme des patios et l’architecture inspirée de celle découverte précédemment au Maroc, et c’est exactement ce que j’y ai vu. Mais en plus de cela, le voyage a été riche en découverte avec les visites de nombreuses églises baroques, offrant par là même un large panorama architectural. La deuxième partie du voyage, à la campagne, a été l’occasion de promenade dans des villages, un peu plus au calme. Malheureusement, je n’ai pas pu faire autant de randonnée que je l’aurais souhaité, et j’ai dû me contenter de visites citadines. Ces dernières visites m’ont tout de même permis de m’immerger un peu plus dans l’histoire de la région.
L’Andalousie est une région très touristique, et ce n’est pas avec mon itinéraire que je suis sorti des sentiers battus. Mais au moins ai-je l’impression d’avoir vu les incontournables d’Andalousie, tout en me faisant plaisir dans le programme. Peut-être un jour reviendrai-je pour effectuer une grande randonnée de village blanc en village blanc, verrai l’Alhambra sous le soleil et n’aurai pas à me soucier des lieux renommés que j’aurai ratés. Je conserve même quelques destinations un peu moins connues sous le chapeau. Espérons que je m’en souvienne si je retourne en Andalousie dans le futur !
Les bons points du voyage
Une météo propice aux vacances
Visiter l’Andalousie en octobre, c’était un peu comme prolonger l’été. Un été qui n’a jamais vraiment commencé à Paris en 2023. J’ai ainsi pu profiter d’une bonne luminosité pour les photographies, et c’est toujours plus agréable de voyager sous le soleil. De plus, en octobre, celui-ci n’était pas trop violent. A part au début, car malheureusement la canicule s’est abattue sur l’Espagne, comme à Paris.
Une riche architecture
Les fins décors sculptés des édifices de style mudéjar, rappelant ceux que l’on retrouve dans les monuments marocains, ont toujours suscité mon admiration. Je reste toujours émerveillé devant la délicatesse des ornementations et le talent de leurs auteurs. Mais en Andalousie, ce style se trouve confronté à une concurrence redoutable. C’est celle de la magnificence baroque, qui s’exprime dans les retable des majestueuses églises et cathédrales. Symbolisant la victoire du Christianisme, gardiennes du catholicisme face à la Réforme protestante, les églises andalouses rivalisent de somptuosité et de grandeur. Au milieu de tout ça, les patios offrent un coin tranquille et non moins enchanteur. Un calme que j’apprécie particulièrement, mais qu’il faut parfois imaginer, avec la forte affluence de visiteurs.
De bons repas
J’ai trouvé la scène gastronomique plus riche qu’en Belgique ou au Maroc. J’ai ainsi pu goûter des spécialités différentes dans chaque ville que j’ai visitée. Et il va sans dire qu’un bon repas est indispensable pour un bon voyage ! Chacun a judicieusement accompagné de sa saveur les découvertes historiques de la journée. Et de même, chacun a fourni un réconfort bienvenu après une longue journée de marche.
Les mauvais points du voyage
La pluie à l’Alhambra
Je parlais de beau temps précédemment, c’était sans compter la visite de l’Alhambra sous la pluie. C’était le jour où j’aurais le plus aimé qu’il y ait un temps ensoleillé, mais la météo en a décidé autrement. Je trouverai toujours fascinant le fait qu’il pleut pile quand il ne faut pas en Andalousie, que j’arrive à visiter Merzouga le seul jour où il pleut après deux ans sans pluie, mais que je passe une semaine en Belgique en Octobre sous un soleil presque ininterrompu. De prochaines vacances en Bretagne pour l’automne prochain ?
Les bus de ville
Comme vous le savez peut-être, je voyage sans voiture et utilise donc les transports en commun. Au bout de deux semaines, je ne comprends toujours pas comment les Espagnols font pour descendre au bon arrêt. En effet, je n’ai jamais vu, une fois dans un bus, une quelconque information m’indiquant le nom du prochain arrêt. C’était très compliqué de descendre au bon endroit ! Mais quand j’y réfléchis, je me rends compte que ce n’est pas forcément le cas à Paris non plus. A l’heure des intelligences artificielles, de la physique quantique, il serait bon de pouvoir disposer d’informations aussi basiques…
Les transports dans les villages blancs
Aucun bus en week-end, et certains ne circulant qu’une fois par jour, on ne peut pas dire que les villages blancs soient bien desservis par les transports en commun. Cela complique grandement la découverte de ces villages de campagne. Néanmoins, quand je vois que nous étions à chaque fois quatre dans un grand car, je comprends et accepte qu’il n’y en ait pas davantage.
Une rétrospective sur le voyage
La découverte du Siècle d’Or espagnol à Séville
Débuter son voyage en Andalousie par Séville, c’est l’assurance d’en prendre plein les yeux. Entre la cathédrale et l’Alcazar, nous découvrons deux monuments majeurs représentatif du Siècle d’Or espagnol, cette époque où le commerce florissant avec l’Amérique a fait émerger une richesse propice au développement de l’art. Ainsi, il serait dommage de limiter une visite de Séville aux seuls Alcazar et cathédrale, tant la ville a de choses à nous offrir. Des chapelles baroques et des hôpitaux expriment avec charme les splendeurs du baroque, tandis que la place d’Espagne notamment, montre que Séville n’a pas perdu sa superbe au XXe siècle, alors que les colonies américaines sont devenues indépendantes.
Une promenade dans une médina espagnole à Cordoue
Après Séville qui a placé la barre bien haut, il était difficile pour la ville suivante de se montrer à la hauteur. C’est pourtant ce qu’a fait Cordoue, bien aidée par sa splendide mosquée-cathédrale. Une découverte incroyable qui ne se prive d’aucun superlatif de la part d’un voyageur se perdant dans la multitude de ces colonnes. Mais ce serait dommage de s’arrêter là et de se priver de la visite envoûtante de l’Alcazar au petit matin. Enfin, perdons nous dans les ruelles du centre historique de Cordoue, semblable à une médina, et qui cache plusieurs surprises, parmi lesquelles des chapelles et des musées, qui permettent de mieux appréhender l’histoire ce qui fût un centre culturel majeur de l’Europe au Moyen-Âge.
Visiter l’incontournable Alhambra de Grenade
Comment envisager un voyage en Andalousie sans passer à Grenade ? Cette ville, qui ne fût reprise qu’en 1492, fût le centre de l’émirat nasride, qui y développa l’Alhambra. L’Alhambra, c’est tout à la fois une kasbah et des palais. C’est l’expression la plus aboutie de l’architecture musulmane en Andalousie, où les émirs ont rivalisé d’ingéniosité pour bâtir et décorer ce qui est maintenant l’un des sites les plus visités d’Espagne. Si la visite de l’Alhambra est incontournable, on le découvre également de plus loin au détour d’une ruelle de l’Albaicin. Et ici aussi, le faste du baroque se déploie dans les églises, les chapelles, les couvents, les anciens hôpitaux…
Une étape au bord de mer à Malaga
Avant d’aller à la campagne, j’ai fait halte à Malaga, une ville qui a vu fleurir plusieurs musées ces dernières années. Mais ce sont surtout des visites historiques qui ont été au programme. Malaga ayant été un important port commercial, une kasbah puis un château ont été construits pour la défendre. Mais au-delà de l’architecture militaire de ces deux bâtiments, un palais agrémente l’Alcazaba, afin de ne pas oublier les fins décors de l’architecture nasride. Reste à choisir quel musée visiter parmi la quarantaine présents en ville.
Sur les traces des voyageurs romantiques à Ronda
Ronda, c’est avant tout un grand pont ayant attiré certaines des grandes figures du mouvement romantique au XIXe siècle. Perchée sur un éperon rocheux fendu en deux par une rivière, Ronda nous offre parmi les plus beaux de vue de notre voyage. Plusieurs anciennes demeures et musées complètent la visite de cette ville au riche patrimoine depuis le Moyen-Âge.
Une promenade entre villages blancs
Au nord-ouest de Ronda, de nombreux villages blancs parsèment la campagne. C’est une véritable ode à la blancheur, et un terrible dilemme pour le voyageur qui doit choisir quels villages explorer et quels villages laisser de côté. La première étape nous conduit à Setenil de las Bodegas, réputé pour ses maisons troglodytes. Puis Zahara de la Sierra se dévoile avec son lac enchanteur. Et pour finir, la découverte d’Arcos de la Frontera, où les retables baroques se cachent dans des petites ruelles au sommet d’un éperon rocheux. Ce village regorge également d’anciennes demeures de la noblesse, qui attendent le promeneur curieux.
Une introduction à Jerez de la Frontera
Incertaine au début, la visite d’une journée de Jerez de la Frontera clôt ce voyage avec deux monuments intéressants : l’Alcazar avec ses jardins, sa petite mosquée et son palais baroque, ainsi que la cathédrale et autres monuments, où l’on dit adieu au baroque caractéristique espagnol. Un court séjour sans visite d’un chai de xérès, qui offre tout de même une délicieuse dégustation dans l’assiette.
Découvrir Jerez de la Frontera
Quelques chiffres pour faire le bilan de mon voyage en Andalousie
En deux semaines et demi de voyage en Andalousie, j’ai dépensé 1422,17€. Ou plus exactement 1669.57€ avec le billet d’avion (qui coutait donc 247.4€). Je dépense de plus en plus ! En effet, on est bien au dessus de ce que j’avais dépensé pendant mon voyage de trois semaines dans le sud du Maroc ! Cela fait une moyenne de 79€ par jour. Ce n’est que 4€ de moins que ce que j’avais dépensé lors de mon voyage d’une semaine en Belgique. Il faut tout de même préciser que j’ai dépensé pour 206,49€ de souvenirs, et que je semble avoir été plus généreux avec mes proches cette fois-ci. Etant donné que cette dépense va beaucoup varier en fonction de chacun, on peut considérer que j’aurais pu m’en tirer pour 1215.68€ pour deux semaines et demi. Ce qui donne une moyenne journalière de 67.54€ par jour. Quand je regarde certains sites qui donnent des estimations sur le coût d’un voyage, je me débrouille plutôt bien, surtout que j’ai fait des activités payantes, et pas qu’un peu ! Etant donné que je visite beaucoup d’endroits chaque jour, j’ai forcément un dépense assez élevée à ce niveau là.
Voici deux graphiques pour illustrer cette partie :


Quelques photos

















Le mot de la fin
Un peu plus de deux semaines en Andalousie, c’était tout juste suffisant pour voir tout ce que je souhaitais. Néanmoins, ces deux semaines (et deux jours !) ont été riches en découvertes dans des domaines variés : architecture, arts, culture, gastronomie… Un voyage qui a représenté une continuité avec les deux voyages au Maroc. Des excursions qui se déroulent à chaque fois un petit peu plus au nord, est-ce le signe d’un futur voyage à Madrid avant la découverte du sud-ouest de la France ?


