Un séjour à Séville d’exception de l’Alcazar à la Giralda

Un séjour à Séville d’exception de l’Alcazar à la Giralda

Ce voyage en Andalousie commence avec Séville, la capitale de la région andalouse. Une ville au riche patrimoine, hérité notamment du Siècle d’Or espagnol, durant lequel Séville fut la plaque tournante du commerce avec l’Amérique. Quelle meilleure façon de commencer ce voyage que de s’ébahir devant la majesté de la cathédrale, découvrir l’histoire et l’architecture de l’Alcazar, de visiter les églises baroques ainsi que les monuments aux beaux tableaux, ou encore de s’imprégner de la culture flamenco ? Je vous propose de découvrir sans plus tarder mon programme de trois jours à Séville.

Un peu d’histoire

La légende raconte que Séville fait partie de ces villes construites par Héraclès. Il recherchait la déesse Astarté qui refusait ses avances. Ne la trouvant pas, il fondit Séville. A chacun sa façon de surmonter ses chagrins amoureux ! En réalité, Séville devient un important port romain, une activité qu’elle va conserver pendant plusieurs siècles. La ville d’Italica, à quelques kilomètres de Séville, voit naître deux empereurs : Trajan et Hadrien. La ville change de mains à trois reprises lors de la période dite des Grandes invasions. D’abord les Vandales, puis les Suèves et enfin Wisigoths. Les byzantins l’occupent aussi quelque temps. Séville devient un important centre culturel, dont deux archevêques développent la bibliothèque.

Les troupes musulmanes conquièrent la ville en 711. Ils mettent en valeur les terres environnantes et en font le centre politique du pays. Mais en 756, Abd al-Rahman Ier fonde l’émirat omeyyade à Cordoue et Séville devient un foyer d’insurrection contre lui. La ville est aussi au centre de luttes internes pour le pouvoir.

A la fin du XIe siècle, Séville est la plus puissante des taïfas, où l’émir Al-Mu’tamid rassemble les poètes de son temps. La dynastie des Abbadides, dont il fait partie, en font un important centre culturel. Puis au siècle suivant, les Almohades y construisent une grande mosquée ainsi que plusieurs autres édifices. Mais la défaite des Almohades à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212 ouvre la voie de Séville aux royaumes chrétiens. Le roi castillan Ferdinand III prend le contrôle de la ville en 1248. Les rois chrétiens y construisent des églises et de nouveaux palais. Itinérants, ils ne séjournent pas tous durablement à Séville. Elle devient l’une des plus grandes villes d’Europe, bénéficie des réseaux d’irrigation mis en place par les Arabes ainsi que d’un commerce fluvial florissant.

A partir de 1503, Séville connaît un âge d’or. En effet, elle se voit attribuer un monopole sur le commerce espagnol avec l’Amérique récemment découverte. Séville devient ainsi l’une des villes les plus riches du monde. Mais en 1649 survient un terrible contrecoup. Une épidémie de peste tue la moitié de la population. Le Rio Guadalquivir s’ensable, ce qui gêne la navigation. Le commerce avec l’Amérique se fait désormais avec le port de Cadix. En 1755, le séisme de Lisbonne cause des dégâts dans les monuments de la ville. Au siècle suivant, les colonies en Amérique prennent leur indépendance.

Au milieu du XIXe siècle, Séville connaît un important développement industriel et de nombreux travaux de construction. Elle s’étend au-delà de l’ancien mur d’enceinte almohade, qui est détruit. En 1929, l’exposition ibéro-américaine est un important événement qui capte un temps l’attention des pays européens, même si la crise financière l’empêche d’être le succès espéré. Lors de la guerre civile espagnole, les nationalistes s’emparent de Séville dès 1936.

Désormais, Séville est la capitale de la région autonome d’Andalousie et connaît une importante croissance, qu’a soutenue l’Exposition universelle de 1992.

Se rendre à Séville

Avant de commencer la visite de Séville, encore faut-il y aller ! Tout d’abord, il semblerait qu’un vol Paris-Séville ne soit pas la solution la plus économique pour rejoindre l’Andalousie. Cela dépend sûrement de la période ou d’autres facteurs, mais si c’était à refaire, je considérerais d’autres options. Depuis l’aéroport de Séville, un bus permet de rejoindre le centre. Mais il souffre d’un problème que je constate dans tous les bus urbains de la région : il n’y a rien qui indique quelle est la prochaine station ! Je n’ai jamais vu cette information. Si bien que pendant mon voyage, l’une de mes plus grandes questions sera de savoir comment les espagnols font pour savoir où descendre… Ainsi, je suis descendu tantôt trop tôt, tantôt trop tard.

La navette reliant l’aéroport de Séville au centre-ville dispose bien d’un écran qui, contrairement à bien d’autres bus, est allumé, mais il se contente de diffuser de la publicité pendant 95% du temps. C’est la seule fois où j’ai vu, durant un court moment, une indication sur les stations desservies. Mais il faut regarder au bon moment, et avoir une bonne mémoire ! Le plus simple est certainement de descendre au terminus, la gare routière de Séville se trouvant près du centre-ville. Et comme c’est le terminus, c’est plus simple !

Une petite promenade et de premières découvertes

Quinze heures, et je suis déjà prêt à commencer les visites ! C’est inattendu, si bien que je n’ai rien prévu pour ce premier après-midi. Je commence donc par une petite promenade, afin de prendre l’air et de laisser Séville m’ouvrir ses portes. En parlant de portes, celles de plusieurs palais vont me rester pour l’instant fermées. Le palacio de las Duenas est fermé ce samedi, le palacio de la condesa de Lebrija voit sa visite guidée commencer dans une heure, je continue donc mon chemin. Mais ne vous inquiétez pas, nous reviendrons sur ces deux endroits plus tard au cours de la visite. Commençons par les sites visités lors de ce premier après-midi.

Setas de Sevilla

Depuis la gare ferroviaire, en rejoignant l’auberge de jeunesse où je loge, je passe devant les Setas de Sevilla. Aussi appelés “Metropol Parasol”, les champignons de Séville sont une immense structure en bois inaugurée en 2011. Au sous-sol se trouve un musée de l’antiquité, qui présente entre autres les vestiges romains découverts lors de la construction de l’édifice. A 28 mètres de hauteur, le visiteur bénéficie d’une vue sur la ville. A en croire le nom, la structure ressemblerait à un champignon. Je ne dois pas avoir beaucoup d’imagination !

L’église collégiale du Divin Sauveur

Après avoir déposé mon sac à l’auberge de jeunesse, je me lance dans une première exploration du centre-ville. Après une première déconvenue au palais de la comtesse de Lebrija, me voici devant l’église collégiale du Saint-Sauveur. Une très jolie église, que je manque de payer deux fois ! En effet, j’ai acheté mon ticket pour la cathédrale sur internet, il y a plusieurs semaines. Ainsi, j’ai complètement oublié que ce ticket inclut l’entrée dans l’église Saint-Sauveur ! Heureusement, je m’en suis rappelé juste avant d’arriver devant le guichet. Autrement, le prix pour visiter l’église collégiale du Divin Sauveur est de 6€.

L’église du Divin Sauveur occupe l’emplacement de la première grande mosquée de Séville. Peu après la reconquête de Séville, la grande mosquée devient une église. En 1671, l’édifice se dégrade et on décide de construire une nouvelle église. Tous les éléments musulmans seront effacés dans cette nouvelle église de style baroque dont la construction, commencée en 1674, s’achève en 1712. Seuls subsistent la base du minaret, supportant aujourd’hui le clocher, et le patio des ablutions.

Nous entrons dans l’église par l’une des portes de style néo-Renaissance italienne datant du XIXe siècle. A l’intérieur de l’église, nous découvrons de très beaux retables dorés, dont le style baroque et l’éclat caractérisent un grand nombre d’églises que nous visiterons durant tout ce voyage en Andalousie. Ceux de l’église du Divin Sauveur sont fort notables et annoncent le maître-autel de la cathédrale. Mais gardons cela pour plus tard !

L’Hôtel de ville

A quelques mètres au sud-ouest de l’église du Divin Sauveur se trouve l’hôtel de ville, ou Ayuntamiento en espagnol. Je n’ai pas bien compris s’il était possible de le visiter. Mais en passant à côté, difficile de ne pas s’attarder devant sa façade sculptée, notamment de statues de style Renaissance du début du XVIe siècle.

façade de style plateresque de l'hôtel de ville de séville
Avec la façade de l’hôtel de ville, nous faisons connaissance avec le style plateresque.

La torre del Oro

Surplombant de Guadalquivir, cette tour emblématique de Séville est la dernière grande construction musulmane de la ville. Au début du XIIIe siècle, les Almohades améliorent les fortifications de la ville. La torre del Oro était l’un des deux points d’attache d’une chaîne qui fermait l’accès au port. Cela représente une prudence bienvenue quand on pense qu’ils perdront le contrôle de la ville en 1248. Un navire renforcé réussit à briser la chaîne ! La tour aurait été colorée d’or, qui lui aurait donné son nom. A moins que son nom soit un rappel de sa fonction initiale : stocker les marchandises ramenées du Nouveau Monde. Aujourd’hui, la Torre del Oro ne renferme plus d’or mais abrite un musée maritime où l’on peut voir des modèles réduits de navires, des tableaux ou des instruments de navigation. Belle vue au sommet sur Séville. Le prix de la visite est libre (3€ suggérés).

vue sur la tour de l'or depuis un pont
La torre del Oro, qui a perdu tout son or !

Le parc Maria Luisa

Présentation générale

En 1893, l’infante Maria Luisa offre à la ville de Séville ce grand jardin, qui faisait alors partie du palais de San Telmo. L’ingénieur et paysagiste français Jean-Claude Nicolas Forestier le réaménage en 1929, juste avant l’exposition ibéro-américaine ayant lieu la même année. Il conserve un grand nombre d’espèces végétales, faisant de ce parc un véritable jardin botanique. Il couvre aujourd’hui 38 hectares, une grande surface d’ombre bienvenue alors que la température atteint 34°C en ce début de mois d’octobre.

Qu’est-ce donc que l’exposition ibéro-américaine ?

Voici une question très pertinente juste avant les deux prochaines parties. Vous n’êtes sûrement pas sans savoir qu’au XVIe siècle, l’Espagne s’est lancée dans une vaste opération de colonisation du continent américain, dont elle tire de nombreuses richesses durant le Siècle d’or espagnol. Mais au XIXe siècle, ces colonies vont peu à peu prendre leur indépendance. Apparaissent alors des pays comme la Bolivie, la Colombie, l’Argentine, le Chili, etc. En 1898, une guerre entre l’Espagne et les Etats-Unis entraîne la perte de Cuba et de Porto Rico. Connu sous le nom de “désastre de 1898” en Espagne, ce conflit consacre la perte d’influence mondiale de l’Espagne.

Au début du XXe siècle, le pays cherche à organiser une grande exposition afin de renforcer ces liens avec le Nouveau Monde et à mettre en valeur la civilisation espagnole. Bien qu’indépendant, de nombreux pays d’Amérique partagent en effet la même culture que l’ancienne métropole. L’organisation n’est pas aisée, la situation économique de cette période étant troublée, notamment par une période de dictature et par la Première Guerre mondiale. Mais en 1929, l’Exposition a lieu et plusieurs bâtiments en témoignent encore aujourd’hui.

La place d’Espagne

Un grand bâtiment entoure en partie la place d’Espagne, sur une longueur de 170 mètres. Il accueillait alors une exposition retraçant l’histoire de la colonisation espagnole de l’Amérique. Aujourd’hui, il n’y a plus d’exposition mais l’endroit reste très fréquenté. Et pour cause, c’est un joyaux architectural, dont les murs en briques et céramiques présentent des images en azulejos de chaque province espagnole. Deux tours sont des répliques de la Giralda, nom du clocher de la cathédrale de Séville. Devant le bâtiment se trouve un canal, sur lequel il est possible de se promener en barque en passant sous les quatre ponts représentant la Castille, la Navarre, l’Aragon et Léon.

palais de la plaza de espana avec répliques de la giralda et canal entourant la place
Venise à Séville !

Des représentations de flamenco ont lieu à l’entrée du bâtiment. Il y en avait lors de mes deux passages en fin d’après-midi le week-end.

Le musée des Arts et de la culture andalouse

L’autre grande place est la place d’Amérique, située au sud-est du parc. Trois monuments entourent cette place qui, malgré son nom, fait la part belle à l’Espagne. Au nord-est de la place se trouve le pavillon royal, de style néogothique. Au sud-est se dresse le musée archéologique, fermé lors de ma visite, dans un édifice de style plateresque. En face, le musée des Arts et des coutumes andalouses occupe un pavillon de style mudéjar.

J’ai visité ce musée, qui est intéressant mais long à parcourir en entier. Ma visite fût trop rapide, car j’espérais arriver à une petite église avant sa fermeture. Malheureusement, je n’ai pas pu la visiter et aurais mieux fait de me consacrer à la visite de ce musée. Il renferme tout d’abord des photos d’artisanat ou de fêtes locales. Puis, au sous-sol, de nombreux objets issus de l’artisanat traditionnel andalou, ou de machines utilisées pour les réaliser.

La visite est gratuite pour les citoyens européens. 

De premières visites autour de la cathédrale

La plaza de las Armas

Pour le lendemain de mon arrivée en Espagne, j’ai réservé ma visite de la cathédrale de Séville pour 14h40. Je prévois d’occuper la matinée par la visite des Archives des Indes. Mais comme elles ouvrent à 10h, je commence par une petite promenade vers le Guadalquivir, qui me mène à la Plaza de las Armas. A l’est de la place, on trouve maintenant un centre commercial. Il occupe l’ancienne gare de Séville, installée dans un édifice de style néo-mudéjar, dans lequel s’insère une galerie en acier et verre.

maisons au bord du fleuve
La rive sud du Guadalquivir…

Les Archives des Indes

Les Archives des Indes étant classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO, je comptais les visiter lors de mon séjour à Séville. Comme elles sont situées à quelques mètres de la cathédrale, il paraissait donc logique de placer ces deux visites le même jour. En 1785, Charles III d’Espagne décide de centraliser en un seul lieu des archives relatives à la conquête du Nouveau Monde. Jusqu’alors, les différents documents étaient dispersés en Espagne et les sites les abritant commencaient à saturer. Mais il est possible qu’au-delà de cet aspect organisationnel, Charles III fût motivé par un meilleur contrôle des textes relatifs à cette conquête. En effet, au nord des Pyrénées par exemple, un ouvrage fait grand bruit : l’Histoire des Deux Indes, de l’abbé Raynal. Un livre dans lequel plusieurs auteurs critiquent la colonisation espagnole du continent américain (mais pas que).

bâtiment avec fontaine devant
Il y a assez de place pour mettre quelques centaines de fois ma bibliothèque !

Pour accueillir tous ces documents, qui s’étalent tout de même sur neuf kilomètres, l’ancienne Maison des Marchands s’avère appropriée. Des cartes, des documents ou des livres, provenant de plusieurs administrations ou personnes impliquées dans la colonisation, constituent les archives les plus importantes sur l’histoire ou l’économie de l’ancien empire colonial espagnol. Seuls quelques documents peuvent être vus pendant la visite. Celle-ci présente l’histoire de la colonisation espagnole de l’Amérique. Une colonisation qui s’est faite de façon organisée, puisque les colons devaient remplir certains critères et être de nationalité espagnole pour avoir le droit de s’y établir. Des statues et quelques tableaux complètent les documents. On profite de la visite pour découvrir ce grand bâtiment construit selon les plans de Juan de Herrera de 1586 à 1638.

Bien que le site soit classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et bien que l’entrée soit gratuite, il n’y avait pas foule lors de mon passage. La visite est plutôt rapide et ne prend pas une heure.

Le palacio de la condesa de Lebrija

A la sortie des Archives des Indes, il reste plusieurs heures avant mon horaire de visite de la cathédrale. Je décide donc de retourner au palacio de la condesa de Lebrija, que j’avais laissé de côté la veille car il y avait trop de temps d’attente avant la visite guidée. En effet, l’étage supérieur, qui est privé, n’est accessible que lors des visites guidées. Mais en attendant, nous pouvons nous promener au rez-de-chaussée, afin de découvrir… Plusieurs mosaïques de l’époque romaine !

Des mosaïques romaines ! Je ne m’attendais pas à ça. Mais que font-elles ici ?

Le palais de la comtesse de Lebrija est construit aux XVe et XVIe siècles. A l’époque, c’est un palais de style Renaissance comme il en existe d’autres, construits par les familles de la noblesse sévillane ou par de riches marchands. En 1901, la comtesse de Lebrija en fait l’acquisition. Elle est la première femme membre de l’Académie royale des Beaux-Arts de Hongrie. Elle devient également membre de celle de Madrid et est envoyée à Séville.

Dona Regla Manjon Mergelina est une femme cultivée et entretient une passion pour l’archéologie et la Rome antique. Et ça tombe bien : sa nouvelle demeure se trouve non loin d’Italica, des ruines romaines découvertes dans la province de Séville. A l’époque, il n’y a pas encore de lois protégeant des sites archéologiques, si bien que la comtesse peut faire retirer plusieurs mosaïques pour les ramener chez elle et décorer les pièces de son rez-de-chaussée. Heureusement pour la postérité, la comtesse est une véritable passionnée et va soigneusement entretenir ses possessions, qui aujourd’hui encore, cohabitent avec les éléments mudéjar et Renaissance de ce palais du XVIe siècle.

patio avec mosaïque au sol
Je vous laisse découvrir la mosaïque de la cour lors de votre visite !

La visite guidée permet d’en savoir plus sur l’histoire de cette belle demeure sévillane, qui s’est transmis aux descendants de la comtesse. Elle permet de découvrir des tableaux, du mobilier, ainsi que d’en savoir plus sur la vie dans cette maison. La visite se fait en espagnol et en anglais. Son prix est de 12€.

La chapelle Saint-Joseph

En allant vers la cathédrale par la rue Cuna, tournons à droite, rue Sagasta puis continuons tout droit, rue Jovellanos. Nous arrivons devant la chapelle Saint-Joseph. Un peu cachée, cette chapelle du XVIIIe siècle est un très bel exemple d’église de style baroque qu’il serait dommage de rater. Elle est accessible le matin jusqu’à 12h30 et le soir, de 18h30 à 20h30.

chapelle baroque riche en décorations couleur or
Une chapelle impressionnante !

La cathédrale de Séville

Nous l’avons déjà mentionnée plusieurs fois, il est maintenant temps de visiter la cathédrale de Séville. En 1248, on transforme la mosquée de Séville en église. La mosquée était déjà un édifice imposant qui se devait de rivaliser un tant soit peu avec celle de Cordoue. Mais un tremblement de terre endommage l’église en 1356. Le premier architecte résume l’ambition du projet de nouvelle cathédrale : “Nous construirons un temple si grand que ceux qui le verront terminé nous prendront pour des fous”. Mais il faudra attendre presque deux siècles après la reprise de la ville pour que ce projet se concrétise. Les autorités sévillanes font donc construire, de 1434 à 1517, la plus grande cathédrale gothique du monde. La Giralda, le clocher de la cathédrale, culminant à 107 mètres, est emblématique de la ville.

cathédrale de séville avec clocher ressemblant à un minaret
Un clocher qui a un petit air marocain !

L’intérieur de la cathédrale est grandiose. Outre le fait qu’il renferme plusieurs tableaux de maîtres tels que Francisco de Goya, Francisco de Zurbaran ou Bartolome Murillo, on peut y admirer plusieurs chapelles et retables baroques, qui malgré leur beauté sont éclipsés par l’immense retable derrière le maître-autel. Commencé par le sculpteur flamand Pieter Dancart, ce retable, qui serait le plus grand du monde, contient 44 scènes de la Bible, le tout sous un calvaire gothique du XIIIe siècle. Plusieurs sculpteurs ont travaillé à sa réalisation qui a duré 82 ans.

retable majeur avec panneaux d'or relatant des scènes de la vie de jésus-christ
Imaginer que ce retable d’or est tellement grand, qu’il ne tient pas en entier sur la photo !

Autres éléments notables : le choeur dont les stalles représentent des personnages bibliques ou des allégories ; la chapelle de saint André et son Christ de la Clémence, sculpté par Juan Martinez Montanes, grand sculpteur baroque sévillan, la sacristie des Calices, avec des tableaux de Goya, Luis de Morales ou Alejo Fernandez ; la sacristie majeure, avec plusieurs tableaux d’importance et le trésor de la cathédrale ; la salle capitulaire Renaissance réalisée par Hernan Ruiz le Jeune et décorée par Murillo… Sans oublier la Giralda, qui doit son nom au Girardillo, une statue allégorique du Triomphe de la Foi, se tenant au sommet de la tour.

Il n’y a pas moins de 38 paliers pour atteindre le sommet de cette tour inspirée de la Koutoubia de Marrakech. Si vous trouvez que ça fait beaucoup, pensez au muezzin, qui s’y rendait cinq fois par jour pour appeler à la prière. Bon, d’accord, il était à dos de mulet, ce qui lui simplifiait sûrement la tâche ! Et ce qui explique la largeur du chemin.

J’ai passé près de trois heures à visiter la cathédrale. La réservation n’est pas nécessaire mais je préférais réduire le temps d’attente, étant donné que la cathédrale de Séville est très visitée. La visite de la cathédrale et de l’église collégiale du Divin Sauveur coûte 12€, plus 5€ si vous prenez l’audioguide. Je l’ai pris et j’ai trouvé cela intéressant.

De l’Alcazar à l’hôpital

Pour cette deuxième journée complète, j’avais réservé avant de partir mon entrée à l’Alcazar de Séville. En effet, celui-ci est très fréquenté et la réservation est de toute façon nécessaire pour visiter les appartements royaux. J’ai délibérément choisi un créneaux sur une journée différente de la visite de la cathédrale, car les deux peuvent prendre plusieurs heures.

L’Alcazar de Séville

Les Arabes occupent cet ancien site romain puis wisigoth dès leur conquête de Séville. Ils y construisent une forteresse et un palais aux XIe et XIIe siècles, notamment sous l’impulsion des Almohades. Lorsque le roi Ferdinand III conquiert Séville en 1248, il fait de l’Alcazar une demeure royale. Plusieurs aménagements ont lieu, notamment sous Alphonse X le Sage, qui fait construire trois grands salons de style gothique, et sous Pierre Ier de Castille, qui fait construire le palais mudéjar. Le séisme de Lisbonne, en 1755, endommage grandement l’Alcazar. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que le palais abandonné soit restauré.

cour et palais de style mudejar
La cour de la Vénerie donne accès à trois parties de l’Alcazar. Par laquelle commençons-nous ?

La visite de l’Alcazar permet de découvrir de nombreuses pièces et patios, typiques de l’architecture andalouse. Le palais mudéjar est sûrement le plus bel exemple du mélange entre l’architecture espagnole et l’architecture islamique. En effet, Pierre Ier entretient une solide alliance avec l’émir de Grenade. Ce dernier effectue d’importants travaux dans son palais de l’Alhambra et envoie à son ami Pierre ses meilleurs artisans. Cette association d’artisans explique un mariage de styles et la curieuse cohabitation de deux phrases inscrites en plusieurs endroits : l’indication comme quoi le “majestueux, noble et conquérant Don Pedro, par la grâce de Dieu roi de Castille-Léon” a fait construire ce palais cohabite avec celle affirmant “il n’est de conquérant qu’Allah”.

chapelle avec retable et tableaux
Quelques tableaux et céramiques… Ce n’est que le début des églises et chapelles de notre voyage en Andalousie !
pièce allongée avec plafond en bois et murs aux décors de stuc finement sculptés
Un intérieur qui nous rappelle nos voyages au Maroc !
plafond de couleurs rouge et or
Un plafond avec un début de muqarnas ! Et une couleur dorée.
rangée de trois arcades en fer à cheval encadrée d'un arc en fer à cheval plus grand
L’entrée du salon des Ambassadeurs est digne de la beauté de la salle !
coupole hémisphérique dorée
Le salon des Ambassadeurs possède une somptueuse coupole hémisphérique dorée !

En plus de ce palais mudéjar où les styles se mêlent, d’autres bâtiments permettent d’apprécier d’autres styles (gothique, Renaissance…). Dans le palais gothique, de style Renaissance à la suite d’un remaniement par Charles Quint, plusieurs tapisseries flamandes racontent la prise de Tunis par l’empereur. Les cours et jardins complètent magnifiquement ces palais, dans un mélange exquis entre l’eau des bassins et les plantes de multiples espèces.

cour rectangulaire entourée d'arcs sur deux étages
L’une des plus belles cours du palais mudéjar, malheureusement pas avec son meilleur éclairage !
Le XIXe siècle a ajouté une verrière pour couvrir la cour des Poupées. Une prémonition pour une future mauvaise météo ?
fenêtre donnant sur les jardins qui lui donnent une lumière verte
Petite lumière verte depuis la fenêtre donnant sur les jardins !
L’un des jardins de l’Alcazar.
vue sur les jardins de l'alcazar de séville
Vue depuis la galerie du Grotesque.
galerie surélevée offrant une vue sur les jardins
Pas si grotesque que ça, la galerie !

Enfin, notez que la famille royale occupe parfois les lieux. En leur absence, il est possible de visiter les appartements royaux lors d’une visite guidée, et encadrée par un vigile. La réservation est obligatoire pour cette visite, mais le reste est accessible sans réservation. Il faudra cependant plus d’attente, le temps d’acheter le ticket d’entrée. J’ai passé trois heures et trois quarts d’heure dans cette visite envoûtante. Mais si mon regard s’est perdu dans les stucs sculptés, je dois dire qu’une partie de ce temps a été de l’attente pour essayer de prendre de belles photos sans trop de monde. Il faudra débourser 19€ pour visiter l’Alcazar (13.5€ pour l’entrée principale et 5.5€ pour les appartements royaux). 8€ supplémentaires sont nécessaires pour bénéficier d’un audioguide.

Serait-ce l’afflux tellement important de touristes qui m’a rendu fou, ou tous ces motifs sculptés qui me montent à la tête ? Toujours est-il que la journée continue dans un hôpital, et même un deuxième. Ou bien est-ce simplement un intérêt touristique pour deux sites mélangeant patios et jolies chapelles ?

L’Hospice des vénérables

L’hospital de los Venerables Sacerdotes est un édifice de style baroque construit dans la seconde moitié du XVIIe siècle pour offrir une résidence aux prêtres âgés. Nous y découvrons un bâtiment construit autour d’une jolie cour centrale. Mais ce qui différencie l’hospice des Vénérables des autres demeures à patios de Séville, c’est certainement la présence en ses murs du Centre de recherche Diego Velazquez, qui présente des œuvres de ce peintre, ainsi que de Murillo ou de Francisco Pacheco.

L’église de l’hospice se distingue grâce à ses peintures murales et ses retables dorés, dont le principal arbore quatre tableaux, dont un de Herrera l’Ancien et une Apothéose de saint Ferdinand par Lucas Valdés, fils de Juan de Valdés Leal, auteur de la fresque recouvrant le plafond.

dôme de la chapelle couvert de peintures
Pas de décors dorés ici, mais beaucoup de peintures sur les murs et le plafond !

J’ai passé quarante minutes à visiter l’hospice des Vénérables. Je n’ai pas pris d’audioguide car je trouve que le prix est déjà élevé sans. 12€ soit autant que la cathédrale, alors que les deux monuments ne sont pas du tout dans la même catégorie que ce soit en termes d’intérêt touristique ou de temps passé à le visiter… 

L’hôpital de la Charité

Pour se rendre à l’hospital de la Caridad, direction le bord du Guadalquivir. Au XVe siècle, la Confrérie de la Sainte Charité a pour but d’offrir une sépulture aux personnes noyées, aux condamnés à mort et aux indigents. Un groupe de population n’en bénéficiant jusqu’alors pas. L’activité portuaire de Séville se développant, la Confrérie a de plus en plus de travail. Elle change à deux reprises d’église et se rapproche du fleuve. Ses missions s’élargissent et le nouvel hôpital accueille et soigne les malades que les hôpitaux n’acceptent pas (car atteints de maladies incurables).

cour avec fontaines et panneaux de céramiques

Situé dans la rue Temprado, cet hôpital construit de 1645 à 1682 dans un style baroque s’organise autour d’un double patio. Des céramiques ornent les murs entourant les cours au centre desquelles trônent deux fontaines Renaissance. L’église contient de nombreux tableaux, dont plusieurs œuvres de Murillo et deux vanités de Juan de Valdés Leal, ornant des retables ou les murs.

Vous ne le remarquerez sûrement pas, mais plusieurs tableaux sont en fait des copies. Lors de la guerre d’Espagne, le général Soult et ses officiers pillent les tableaux. Certains se trouvent désormais au musée du Louvre ou au musée du Prado, à Madrid. Soult en garde aussi certains pour lui. Il fît de même avec l’église de l’hospice des Vénérables, et avec un grand nombre de monuments de Séville. Ces spoliations participent à une politique plus large de l’armée française de 1810 à 1812, qui entraînera le vol de presque mille tableaux.

Le fondateur de l’hôpital, Miguel de Manara, se trouve sous la pierre tombale juste après la porte. Oui, la pierre sur laquelle vous avez marché en rentrant dans l’église ! Indiquant la sépulture du “pire homme qu’il y eut jamais”, c’est Miguel de Manara qui l’a fait placer ici à dessin. Paraît-il qu’il avait prévu les piétinements des passants.

La visite, avec audioguide cette fois, a duré 1h10 et a coûté 8€. L’audioguide offrait des explications bienvenues sur les tableaux de l’église notamment.

Le calme des patios m’ayant guéri, quoi de mieux que d’aller faire la fête aux arènes ? Plusieurs centaines de mètres de marches m’amènent au centre de la scène, sans le taureau, bien heureusement !

La plaza de Toros de la Real Maestranza

Ou arènes de Séville, mais c’est une appellation tellement plus commune.

La construction de l’arène de Séville débute en 1758, ce qui en fait la plus ancienne d’Espagne. Mais elle ne se finit qu’en 1881 ! Ici, les toréadors ont commencé à affronter les taureaux à pied bien que pendant longtemps, la corrida opposait le taureau à un homme à cheval. La visite audio guidée permet d’en apprendre plus sur la corrida et son histoire. En plus des arènes, on découvre des tableaux, des vêtements de toréadors et d’autres objets. Car il y a plusieurs salles où les toreros se préparent, une chapelle et même un bloc opératoire, sait-on jamais ! La visite de trois quarts d’heures est intéressante car, que l’on aime ou non la corrida, elle reste une tradition espagnole. C’est pourquoi j’ai visité les arènes, bien que j’aie du mal à comprendre l’intérêt de la corrida…

gradins et piste des arènes de la real maestranza de caballeria de séville
Je me promène sur le ruedo (piste au centre de l’arène) tant qu’il n’y a pas de taureau !

La visite dure en trois quarts d’heure et une heure et coûte 10€.

Mais au fait, d’où vient la corrida ?

La corrida tient son origine dans des courses de taureaux au XIe siècle. Puis, de même que les chevaliers français s’affrontaient lors de joutes, les chevaliers espagnols affrontaient des taureaux, portant leurs attributs guerriers. D’ailleurs, la plaza de Toros de la Real Maestranza était au Moyen-Âge un lieu où les nobles s’entraînaient aux batailles et faisaient des corridas. Plusieurs textes viennent ensuite codifier la pratique, afin de définir le comportement chevaleresque des participants.

Parallèlement se développe une corrida populaire, moins organisée mais tout aussi populaire. Pas de chevaliers en armures ici, mais des combattants professionnels équipés de piques ou d’épées, aveuglant le taureau avec une cape et aidés de chiens pour le final. Au XVIIIe siècle, il ne reste plus que la corrida populaire. La pratique moderne apparaît, une famille de toreros de Ronda, les Romero, codifient les règles de la corrida. Le combat contre le taureau se déroule suivant des étapes prédéfinies. Il se déroule à pied, la cape devient un instrument important de la pratique.

Dernières visites culturelles entre patios et musées artistiques

Alors que ma troisième journée à Séville débute, j’ai découvert les principaux endroits que je voulais voir. Je décide tout d’abord de marcher vers le nord-ouest, voir un quartier dans lequel je ne suis jamais allé. J’arrive sur une grande place encadrée par quatre colonnes : les colonnes d’Hercule. Malgré le nom de cette place créée en 1574, César se trouve sur l’une des colonnes. J’ai ensuite continué mon chemin vers les murailles de la ville.

La basilique de la Macarena

Au nord-est de la place des colonnes d’Hercule se dresse une portion d’un mur d’enceinte almoravide, du XIIe siècle. Par hasard, j’ai repéré la basilique de la Macarena sur un guide et décide de la visiter. En arrivant depuis la rue saint Louis, le grand mur attire tellement mon regard que j’en oublie de regarder à gauche, et manque la basilique. Je longe le mur en direction de l’est puis fait demi-tour. C’est alors que je repère la façade néo-baroque de cette église construite de 1941 à 1949.

La basilique de la Macarena permet de découvrir une interprétation plus contemporaine du baroque, dans laquelle on observe toutefois toujours une profusion de retables dorés. La pièce maîtresse de la basilique est la Vierge de l’Espérance Macarena, se trouvant au milieu du retable principal, avec laquelle la Confrérie de l’Espérance Macarena défile en procession durant la semaine sainte. Elle a beau se trouver dans un retable doré, elle envoie du lourd avec ses broches d’émeraudes et de diamants.

icône de la vierge marie dans un décor or et argent
Une icône au décor somptueux !

Après cette visite, il est 10h passées et il est temps de visiter le palacio de las Duenas, qui était exceptionnellement fermé lors de mon passage le samedi après-midi en arrivant à Séville. Avant de sortir de l’auberge de jeunesse, la grande question était de savoir s’il valait mieux visiter le palacio de las Dueñas ou la Casa de Pilatos. Toutes les deux sont en effet des demeures aristocratiques de Séville des XVe et XVe siècles. La conclusion s’était portée sur le palacio de las Dueñas, mais le temps dont je dispose me permettra de visiter les deux.

Le palacio de las Dueñas

Le palacio de las Dueñas se constitue d’un ensemble d’édifices et de cours. Construites au cours des XVe et XVIe siècles, plusieurs parties de bâtiments de styles gothico-mudéjar et Renaissance entourent une grande cour carrée et se dressent au milieu des jardins. De grands jardins qui ont plus attiré mon attention que dans la casa de Pilatos, de même que les patios en dehors du patio principal.

patio central avec des arches et des décors mudéjars
Une jolie cour intérieure au centre du palacio de las duenas !

La visite avec audioguide a duré 1h15 et a coûté 12€.

La Casa de Pilatos

J’ai en réalité visité la Casa de Pilatos après le musée du Flamenco, mais il est plus logique de placer la partie la concernant juste après celle présentant le palacio de las Dueñas.

La Casa de Pilatos, construite à la même période que le palacio de las Duenas, présente les mêmes styles architecturaux que celui-ci. C’est également un ensemble d’édifices comprenant une cour carrée. J’ai trouvé les jardins plus organisés dans leur composition, et moins grands que ceux du Palacio de las Duenas. J’ai davantage remarqué les détails architecturaux, ce qui se constate quand je regarde les photos que j’ai prises des deux demeures.

cour intérieure entourée d'arcs en plein cintre
Une cour intérieure sévillane.
Un peu d’ombre dans le jardin !

Le musée du Flamenco

Le flamenco est un art emblématique de l’Andalousie et pour le découvrir, j’ai tout d’abord visité le musée du Flamenco. En 2006, la danseuse sévillane Cristina Hoyos a ouvert ce musée présentant une collection d’objets tels que des robes, des photographies, ainsi que l’histoire du flamenco et des pas de danse, qui peuvent différer selon la région. Car le flamenco s’est étendu au-delà de Séville ! En bonus au sous-sol, on peut voir le fragment d’un ancien mur. C’est peut-être un vestige d’un mur romain du IIIe siècle ou un reste de l’ancienne muraille arabe du XIe siècle.

J’ai parcouru le musée pendant une heure et la visite m’a coûté 10€.

Le musée organise des spectacles de flamenco tous les soirs. On en trouve également à d’autres endroits dans Séville, mais aussi dans les autres villes andalouses. Je comptais y assister au musée mais j’ai d’abord privilégié les promenades nocturnes. Chose que j’ai faite dans chaque ville, ce qui fait que le dernier soir de mon voyage approchant, je n’avais toujours pas assisté à un spectacle de flamenco ! Cependant, de la pluie était prévue. Je n’ai donc pas réservé la soirée au musée du flamenco mais à un emplacement plus proche de l’auberge de jeunesse où je logeais.

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu ! Finalement, il ne pleuvait pas. Je suis allé manger en ville et j’ai terminé dans un bar à tapas proche du musée du Flamenco… J’aurais donc pu y aller pour voir le spectacle de Flamenco ! Néanmoins, la représentation à laquelle j’ai assisté, à la “Casa de la Memoria”, m’a beaucoup plu.

Les origines du flamenco sont encore mystérieuses. Il pourrait provenir d’influences gitanes et andalouses, mélangées à des éléments byzantins et arabes. Un mélange incertain qui fait débat. Son histoire remonte au XVIIIe siècle, époque à laquelle il s’est structuré autour du chant, de la guitare et de la danse. Ces trois éléments se mariant pour raconter une histoire de joie, de douleur ou de révolte. Le flamenco se caractérise par des rythmes complexes, marqués par les zapateados, les percussions des pieds, des mouvements de bras et de mains et une forte expressivité corporelle. Cette alliance donne au flamenco une grande intensité émotionnelle. Au siècle suivant, le flamenco se formalise et sa pratique se démocratise jusque dans les classes sociales supérieures. Enfin, ce n’est pas qu’une danse, c’est presque un mode de vie et pour le spectateur, une riche expérience émotionnelle.

Le musée des Beaux-Arts

Après toutes ces visites, il me restait encore du temps avant le départ du bus en direction de Cordoue. Je décide donc de visiter le musée des Beaux-Arts, à mi-chemin entre l’auberge de jeunesse et la gare routière. Occupant l’ancien couvent de la miséricorde, il expose des œuvres sévillanes (et aussi plus généralement espagnoles) réalisées entre le XVe et le XXe siècle. Les œuvres du Siècle d’or espagnol occupent une belle place, notamment dans l’ancienne église. Elles représentent divers artistes tels que Murillo, Zurbaran, Velázquez, ou encore Juan de Valdés Leal.

patio avec fontaine centrale vers laquelle converge quatre chemins
Un patio à l’ombre pour faire une pause entre deux tableaux !

L’importance de Séville dans les arts peut s’expliquer par le fait que les différents ordres religieux devaient s’y installer pour étendre leurs activités au Nouveau Monde avec l’objectif de convertir les populations locales. Grands acheteurs d’œuvres d’art, ils stimulent l’effervescence artistique de Séville.

La visite du musée des Beaux-Arts de Séville est gratuite pour les résidents de l’Union Européenne et coûte 1.5€ pour les autres, autant dire que c’est très peu pour les belles œuvres que l’on peut y admirer !

Où dormir à Séville ?

J’ai ajouté cette partie avant de publier l’article, soit plus d’un an après mon voyage ! J’ai réussi à retrouver le nom de l’auberge de jeunesse grâce à un détail : ils ont deux établissements avec presque le même nom. Evidemment, je m’étais trompé, si bien que je suis arrivé au mauvais hôtel ! Mais ce n’est pas très grave, le JOY Plaza de Armas Hostel Sevilla se trouve à 650 mètres des Setas de Sevilla. Et à autant de la gare routière. Par contre, il est plus éloigné des monuments principaux, tels que la cathédrale et l’Alcazar, pour lesquels il faudra marcher environ 1.5 km. Ça permet de découvrir la ville au passage ! Je suis très satisfait de mon séjour.

A ne pas manquer

L’incontournable Alcazar et l’emblématique cathédrale et sa giralda.

Le parc Maria Luisa et la place d’Espagne.

Un palais comme le palacio de las Dueñas.

L’église du Divin Sauveur, d’autant plus qu’elle est incluse dans le ticket de la cathédrale.

Le mot de la fin

Séville a constitué une formidable introduction à ce voyage en Andalousie. En effet, en trois jour, elle offre une bonne vue sur plusieurs monuments majeurs de la région : un Alcazar avec son style mudéjar typique, entre autres, une cathédrale, des églises aux retables baroques, colorés en doré et présentant des statues richement décorées, et de riches demeures aristocratiques avec patios et jardins d’orangers. Des orangers qui bordent de nombreuses rues de la ville, et sont d’ailleurs peut-être des clémentiniers ? Les fruits étaient plus petits que des oranges, mais j’avoue ne pas avoir prêté trop attention à la question… Ces trois premiers jours ont été riches en découvertes, entre des repas de tapas, des visites et le tout dans une ville accessible à pied.

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