Visiter le sixième arrondissement de Paris

Visiter le sixième arrondissement de Paris

Nous voici dans le sixième arrondissement, où se mêlent galeries d’art et marchands de livres plus ou moins anciens. Pour ce qui nous intéresse, le sixième arrondissement, c’est surtout le palais du Luxembourg et son jardin ainsi que l’église Saint-Sulpice. En tout cas, c’étaient les deux monuments que je situais dans cet arrondissement bien avant la visite. Mais il y en a bien d’autres ! Voyons cela dans cet article et commençons dès maintenant à visiter le sixième arrondissement de Paris.

Comme d’habitude, j’ai relié tous les endroits à visiter par un unique itinéraire. Cependant, il est impossible de tout voir en un jour. C’est pourquoi je vous propose trois parties dans cet itinéraire : entre le boulevard Saint-Germain et la Seine, entre le boulevard Saint-Germain et le Palais du Luxembourg, ainsi qu’autour du Palais du Luxembourg et du quartier Notre-Dame des Champs.

Entre le boulevard Saint-Germain et la Seine

Nous commençons la visite entre la place Saint-Germain et la rue de Rennes. Nous retrouvons ici le boulevard Saint-Germain, que nous avons déjà arpenté durant notre visite du cinquième arrondissement.

Un petit tour dans le boulevard Saint-Germain

Nous commençons par des cafés. Les Deux Magots est une adresse réputée dans l’un des thèmes du sixième arrondissement : la littérature. En effet, plusieurs écrivains tels que Verlaine, Rimbaud, ou Hemingway y prenaient un verre, ou y écrivaient, comme Simone de Beauvoir et Sartre. Depuis 1933, on y décerne le prix Deux Magots. Histoire littéraire aussi pour le café de Flore, situé non loin, au numéro 172.

Au numéro 184, la Société de géographie, créée en 1821, s’est installée dans un immeuble à la belle façade sculptée. En parlant de façade, celles des numéros 159 et 173 sont celles d’anciens hôtels du XVIIIe siècle. L’immeuble au numéro 169 possède une curieuse grande fenêtre à son dernier étage. Au numéro 151, la brasserie Lipp vient s’ajouter aux adresses littéraires précédemment citées.

Enfin, la rue de Rennes offre un long panorama sur la tour Montparnasse, visible au loin.

La place et l’église Saint-Germain des Prés

Les squares autour de l’église

Avant de rentrer dans l’église, attardons-nous dans les deux squares attenants. Dans celui entre l’église et le boulevard Saint-Germain, un arbre cacherait presque un grand haut-relief. C’est un portique monumental provenant du pavillon des Manufactures nationales. Le pavillon des Manufactures nationales a été réalisé pour l’exposition universelle de 1900, Risler et Coutant ayant construit ce portique monumental que nous observons ici.

Entre l’église et la rue de l’Abbaye, en après avoir traversé la place Saint-Germain des Prés, une statue de Picasso en hommage à Apollinaire occupe le centre du square Laurent-Prache, où on trouve également des vestiges de la chapelle de la Vierge de l’église adjacente.

L’église Saint-Germain des prés

Le nom de Saint-Germain-des-Prés m’évoquait surtout l’une des stations de métro de la ligne 4, que j’empruntais pour retourner à Bordeaux après des vacances dans ma famille, en Seine-et-Marne. Je n’avais jusqu’ici jamais visité l’église dont la station tire son nom. Mais au moins, comparé à Saint Sulpice et Saint Placide, Saint-Germain était un nom plus courant. 

Un peu d’histoire

Saint-Germain “des Prés”, puisque cette église a longtemps été dans les faubourgs de Paris. A la construction du premier édifice, elle se trouvait même à la campagne ! Il faut remonter à l’époque des Mérovingiens pour voir la construction d’un premier édifice religieux en ces lieux. Au VIe siècle, le roi Childebert revient d’Espagne où il a fait la guerre. Il en profite alors pour ramener quelques souvenirs de voyage : un morceau de la Croix et la tunique de Saint-Vincent. Il construit un monastère afin de les y abriter.

Mais son isolement par rapport à l’intérieur de la capitale l’expose aux raids vikings, qui détruisent le monastère à quatre reprises. Ces destructions suite à des conflits expliquent sûrement l’aspect du clocher du XIe siècle, dont la base carrée fait un peu penser à un donjon. Cependant, la flèche est quand à elle un ajout du XIXe siècle. La majeure partie de l’édifice actuel date des XIe et XIIe siècles. A partir de cette époque, l’église Saint-Germain-des-Prés devient un important centre religieux du pays. La Révolution endommage l’édifice, qui perd notamment les tombeaux des rois mérovingiens qu’il contenait. Par ailleurs, de la poudre de canon, entreposée alors dans l’abbaye, explose et détruit de larges parties de l’édifice. Enfin, les architectes Victor Baltard et Etienne-Hippolyte Godde restaurent l’église dans la première moitié du XIXe siècle.

Visite de l’église
église Saint-Germain-des-Prés
De l’extérieur, l’église Saint-Germain-des-Prés paraît pauvrement décorée.

De l’extérieur, les façades, dépourvues d’arcs-boutants du côté du clocher, sont d’un style épuré. Les arcs-boutants ne se trouvent que dans la partie sud, près du chœur. En entrant dans l’église, la première salle à droite est la chapelle Saint-Symphorien, où se trouvaient les tombeaux des rois mérovingiens jusqu’avant Dagobert, enterré à Saint-Denis comme ses successeurs. En entrant dans la nef de l’église, on découvre un intérieur peint, avec un ciel étoilé au plafond et de multiples peintures sur les murs. Les colonnes, rouges, bleu clair, sont surmontées de chapiteaux sculptés. De plus, les murs, en plus des peintures, disposent de vitraux colorés.

intérieur de l'église Saint-Germain-des-Prés, entièrement peint
Une église haute en couleurs !

Je ne m’attendais pas du tout à tout ça quand je suis entré ! La visite du sixième arrondissement commençait ainsi très bien.

Autour de la rue de l’Abbaye

En sortant de l’église Saint-Germain des Prés, la rue Bonaparte se trouve à droite. Des hôtels de l’époque de Louis XIII se trouvent aux numéros 20, 22 et 28. Mais nous ne continuons pas sur cette route pour le moment et retournons vers la place Saint-Germain des Prés. Nous avançons dans la rue de l’abbaye jusqu’au numéro 5. Le bâtiment sur la droite est le palais abbatial, construit en 1586 pour l’abbé Charles de Bourbon. Construit en pleine Renaissance, ses murs sont composés de briques rouges et rappellent l’Hôtel de Canillac, que nous avions vu lors de notre visite du troisième arrondissement, et qui date de la même époque.

Palais abbatial Saint-Germain
Le Palais Abbatial Saint-Germain, et sa façade de pierres blanches et briques rouges, est caractéristique de l’époque Henri IV.

La rue de Furstenberg mène à une petite place calme et ombragée. Au numéro 6, le musée national Eugène Delacroix a pris place dans l’ancien atelier de l’artiste de 1857 à 1863. Il présente des œuvres… de Delacroix.

A droite, la rue Cardinale, bordée d’immeubles du XVIIIe siècle, nous ramène à la rue de l’Abbaye. L’angle au croisement entre cette dernière et la rue de l’échaudé présente un curieux renfoncement, facilitant le virage des calèches.

Plusieurs jolies façades se trouvent dans la rue de Buci. Vous pouvez voir une étoile sculptée au numéro 12, avant de prendre la rue de Buci. Sur la droite si vous êtes allés voir l’étoile, sur la gauche sinon.

De la rue de la Seine à l’Institut de France

Dans l’autre sens, la rue de Tournon prolonge la rue de la Seine et mène jusqu’au Sénat. Du côté où nous sommes, vous verrez de nombreuses boutiques d’art. Le quartier est en effet un lieu historique de l’art à Paris et l’Association Art Saint-Germain-des-Prés y siège.

Tournons à gauche dans la rue Visconti, où un petit jardin se trouve à droite. Avec ses 80 m², c’est le plus petit jardin de Paris ! Nous retournons ensuite dans la rue Bonaparte, que nous prenons sur la droite, vers la Seine. Sur la gauche nous découvrons l’Académie de médecine, puis l’École nationale supérieure des Beaux Arts.

L’école nationale supérieure des Beaux Arts

L’école nationale supérieure des Beaux-Arts occupe un ensemble hétérogène de bâtiments, certains du couvent des Petits-Augustins, du XVIIe siècle, et d’autres du XIXe siècle. Elle succède en 1816 au musée des Monuments français.

Apparemment, l’école nationale supérieure des Beaux Arts n’est pas ouverte aux visiteurs. Mais ne le sachant pas, j’ai franchi la porte et je suis rentré. J’ai ainsi pu visiter notamment la cour du Palais des Études, abritée sous une grande verrière. Je n’ai en revanche pas vu le cloître.

Il semblerait que certains bâtiments soient ouverts lors d’expositions. Ce qui explique que j’ai pu y rentrer !

Le maréchal Lyautey vécut au numéro cinq de la rue Bonaparte.

L’Institut de France

Le pont en face de l’Institut de France, le pont des Arts, offre une belle vue sur l’île de la Cité. Premier pont en métal de Paris, il a ensuite été reconstruit à deux reprises. C’est sur ce pont que de nombreux touristes accrochaient des cadenas, avant leur retrait en 2015 et la mise en place de panneaux de verre. J’ai lu qu’il y en avait alors 45 tonnes !

institut de france
Il a fallu attendre longtemps pour éviter de prendre la photo en contre-jour. Et encore plus longtemps pour pouvoir prendre une photo après le retrait de l’œuvre contemporaine qui se trouvait juste devant le bâtiment principal.

L’Institut de France rassemble cinq académies : l’Académie française, l’Académie des sciences, l’Académie des sciences morales et politiques, l’Académie des inscriptions et belles-lettres et l’Académie des beaux-arts. On peut lire une explication sur chacune d’entre elles à l’intérieur du bâtiment. Parlons-en, du bâtiment. L’Institut a été créé en 1795 et a pris place dans un collège bâti sous ordre du cardinal Mazarin et sous les plans de Louis le Vau, de 1662 à 1688. C’est en 1805 que l’Institut de France, alors installé dans le Louvre, déménage dans ce monument et installe sa salle de séances solennelles dans la chapelle. Cette dernière, bâtie en 1661, est de style jésuite et possède un grand dôme, visible depuis la cour du Louvre où il y a les pyramides.

La bibliothèque Mazarine

A gauche en entrant dans la cour se trouve la bibliothèque Mazarine. Première bibliothèque publique de France, la bibliothèque Mazarine dispose de nombreux ouvrages dans une salle à laquelle on accède par un escalier de style néoclassique. Mazarin ouvrit au public sa collection de livres en 1643, qu’il lègue au collège des Quatre-Nations, installé dans l’actuel Institut de France, afin qu’elle ne soit pas dispersée.

salle de lecture de la bibliothèque Mazarine
Des livres sur des étagères en bois, sur toute la surface des murs, exactement ce qu’il me faut pour mon futur chez-moi !

De l’institut de France au musée de la Monnaie

Un petit détour

Rebroussons légèrement chemin pour revenir sur le quai Malaquais puis tournons à gauche pour pénétrer dans la rue de Seine puis encore à gauche pour parcourir la rue Mazarine. Elle offre une belle vue sur la coupole de l’Institut de France. Moins visible, un vestige du mur d’enceinte de Philippe-Auguste se cache dans le parking au numéro 27.

La Monnaie de Paris

administration des monnaies à Paris
L’Hôtel des Monnaies fait face à la Seine.

La rue Guénégaud longe la Monnaie de Paris, qui se trouve sur la gauche. Plusieurs hôtels particuliers se sont succédé ici, dès le XIIIe siècle avec l’hôtel de Nesle. Finalement, la Monnaie s’installe en ces lieux sous Louis XV. L’édifice actuel est bâti entre 1768 et 1775 dans un style néoclassique. Le musée de la Monnaie se trouve entre les murs de l’imposant édifice, de même qu’un intéressant escalier d’honneur ainsi qu’un salon d’honneur.

Contrairement à ce que son nom semble indiquer, la Monnaie de Paris est un institut national. Sa mission est de fabriquer la monnaie française. C’est l’une des plus anciennes entreprises encore en activité. En effet, un édit du roi Charles le Chauve la crée en 864 !

Dans la deuxième cour de gauche, on trouve une méridienne datant de 1777 et indiquant midi grâce à la course du soleil.

Retour au boulevard Saint-Germain

De la Monnaie de Paris à la place Henri-Mondor

En sortant le l’Hôtel de la Monnaie, tournons à droite puis empruntons la rue de Nevers. Puis nous passons sous l’arcade d’un immeuble dont le plafond est sculpté. Jetez également un coup d’œil à la façade de l’immeuble en question ! Faîtes tout de même attention en traversant. En effet, un célèbre physicien, dont le nom devrait vous rappeler le musée Curie, visité lors de notre précédente promenade, est mort à ce croisement, entre la rue de Nevers et la rue Dauphine. Il s’agit de Pierre Curie, renversé par une voiture. Ou plutôt un “camion” tiré par des chevaux, tel que le Petit Parisien du 20 avril 1906 le relate.

Un fragment de l’enceinte de Philippe-Auguste se trouve au fond de la rue. A gauche, la rue de Nesle mène à la rue Dauphine. Tout comme la place Dauphine, sur l’île de la Cité, elle a été nommée en honneur de Louis XIII. Bel hôtel du XVIIIe siècle au numéro 31. En se rapprochant de la Seine, nous tournons à droite dans la rue du Pont de Lodi puis de nouveau à droite, rue des Grands Augustins. Au numéro 8, il reste des traces des anciens allumages à huile.

Un cinéma d’arts et essais, le Christine Cinéma Club, se trouve dans la rue du même nom. Cette rue fût ouverte en 1601 et porte le nom de la fille d’Henri IV et de Marie de Médicis. Elle nous ramène à la rue Dauphine. En face, le passage Dauphine date de 1825 et traverse l’ancien axe de l’enceinte de Philippe-Auguste. En compilant toutes les fois où nous avons vu un vestige de cette enceinte au cours de cette visite et des précédentes, nous commençons à avoir une bonne vue du périmètre qu’elle entourait sur la rive sud de Paris.

Nous remontons la rue Dauphine et tournons à gauche, rue Saint-André-des-Arts. Plusieurs immeubles intéressants se trouvent dans cette rue : l’hôtel de Villayer au numéro 47, l’hôtel de Navarre au numéro 49, un immeuble au numéro 46… Au numéro 45, le lycée Fénelon fût le premier lycée pour filles, en 1883. Au numéro 52 se trouve l’hôtel du Tillet de la Bussière, datant du XVIIIe siècle tandis qu’au numéro 27 se dresse un immeuble au balcon baroque, comme ceux d’autres immeubles de cette rue.

balcon baroque de l'hôtel Duchesne
Un balcon plus original que la plupart des balcons vus lors de nos promenades parisiennes.

Nous arrivons à la place Saint-André des Arts et entrons dans la rue Danton. Au numéro 1, un imposant immeuble attire l’œil. Cet immeuble, construit en béton armé par François Hennebique et Edouard Arnaud, est décoré de mosaïques Art nouveau.

immeuble au 1 rue Danton
Plus récente que le reste du quartier, la rue Danton est entourée d’immeubles novateurs, tels que cet immeuble en béton armé, une première à l’époque, et orné de mosaïques Art nouveau.

D’autres immeubles valent le coup d’œil : aux numéros 2, 5, 7, 8 ou encore 13.

Au retour sur le boulevard Saint-Germain, la place Henri-Mondor se trouve tout de suite à droite.

Autour de la place Henri-Mondor

A droite, une entrée mène à la Cour du Commerce-Saint-André, où se trouvent le Procope, longtemps un des plus célèbres cafés-restaurants ouvert en 1686, et la Cour de Rohan, du XVe siècle, maintenant fermée.

café Procope
Mais qui sont ces personnages scrutant la rue ?

Le numéro 115 fait partie de ces nombreux immeubles avec des pilastres. De l’autre côté du boulevard, l’ancien siège du Cercle de la librairie (syndicat patronal des industries du livre), construit en 1879, fait l’angle avec la rue Grégoire de Tours. Une statue de Danton – debout tel un tribun – trône au milieu de la place, rappelant que ce dernier habitait ici lors de son arrestation.

statue de Danton sur la place Henri Mondor
Pas facile de distinguer les détails sur cette statue sombre. Mais on distingue le bras tendu de l’orateur.

Remarquez à gauche de la place l’immeuble aux grandes fenêtres. 

Entre le boulevard Saint-Germain et le jardin du Luxembourg

La rue de l’Ecole de Médecine

En empruntant la rue de l’Ecole de la Médecine, nous arrivons vite à la faculté de médecine Paris-Descartes. Des colonnes ioniques ainsi que des hauts reliefs ornent le bâtiment, et il est possible de voir la cour intérieure. Une statue de la Mort s’y cache. Le musée de l’Histoire de la médecine se trouve également ici.

Au numéro 15 se trouvait le couvent des Cordeliers dont le réfectoire est de style gothique flamboyant. Construit au XIVe siècle, il fût un haut lieu de la Révolution française : le club des révolutionnaires s’y rassemblait. Au numéro cinq, l’amphithéâtre d’anatomie des Chirurgiens à robe longue subsiste. Mais pourquoi à robe longue ? Au Moyen-Âge, le métier de chirurgien était proche de celui de barbier, les chirurgiens à robe courte. Progressivement, les premiers vont devoir passer des examens plus complexes et se focaliser sur les interventions sévères.

Jusqu’au théâtre de l’Odéon

A droite, la rue Racine date de 1770 et au numéro 3, la brasserie Bouillon-Racine possède une décoration Art nouveau. Nous tournons à droite dans la rue Monsieur le Prince. Tout d’abord, nous pouvons voir une belle façade au numéro 4 de la rue Casimir Delavigne, à gauche. Ensuite, Auguste Comte, fondateur du positivisme, habita au deuxième étage de l’immeuble au numéro 10. Souvenez-vous, nous avions vu sa statue sur la place de la Sorbonne et un temple positiviste dans le troisième arrondissement. L’entrée du numéro 4 passe par la porte cochère de l’ancien hôtel de Bacq. A voir également : la porte du numéro 14. En effet, elle comporte des décorations : des galeries sculptées en perspective.

Tournons à gauche dans la rue de l’Odéon. Avant d’arriver au théâtre, remarquons la présence de librairies, résistant encore aux assauts du e-commerce. J’ai encore des milliers de pages à lire chez moi, mais il faudra que j’y aille faire un tour !

Profitons de la vue sur le théâtre de l’Odéon avant d’arriver devant celui-ci.

Le théâtre de l’Odéon

Des immeubles à la façade concave entourent ce théâtre à l’italienne à l’extérieur néo-classique, inauguré en 1782. Il accueille alors la Comédie-Française. C’est en 1796 qu’il prend le nom d’Odéon, un mot provenant du mot grec signifiant “ode”. Il existe plusieurs Odéons dans le monde. C’étaient des bâtiments dédiés aux représentations de chants ou de poésie. Malheureusement victime d’un incendie en 1818, le théâtre de l’Odéon est reconstruit à l’identique. Il est ensuite au centre de l’insurrection lors des Trois Glorieuses, en 1830.

Du théâtre de l’Odéon à l’église Saint-Sulpice

Prenons la rue Crébillon puis la rue de Condé sur la droite. Ensuite, tournons à gauche dans la rue des Quatre Vents. Au 33 rue Grégoire de Tours se trouve un bâtiment à la façade de métal, peinte en bleu. 

De retour sur la rue des Quatre-Vent, nous continuons notre chemin avec la rue Lobineau. Cette dernière longe le marché Saint-Germain avec ses 112 arcades. Le bâtiment actuel remplace en 1811 celui de 1511, détruit par un incendie en 1762, et qui se trouvait lui-même sur les terres d’une foire du XIIe siècle. A partir de 1970, sa démolition est envisagée mais le marché y échappe et le site est classé et accueille des magasins d’enseignes telles qu’Apple ou Nespresso.

Tournons à droite, rue Mabillon, puis à gauche, rue Guisarde, pour arriver dans la rue des Canettes, existant depuis le XIIIe siècle. Elle nous mène à la place Saint-Sulpice.

L’église Saint-Sulpice et ses alentours

Le place Saint-Sulpice

Le théâtre du Vieux-Colombier se trouve dans la rue éponyme. Au centre de la place Saint-Sulpice, la fontaine Saint-Sulpice a été réalisée par Visconti en 1844. Les statues sont celles des grands orateurs chrétiens du XVIIe siècle : Bossuet, Fénelon, Fléchier et Massillon. Servandoni est l’auteur de la façade de l’immeuble au numéro 6.

La place Saint-Sulpice est également le siège de la mairie du sixième arrondissement et du service des impôts, qui a pris place dans le cloître de l’ancien séminaire de Saint-Sulpice.

L’église Saint-Sulpice

Au XIIe siècle, une petite chapelle gothique est construite dans le faubourg Saint-Germain-des-Prés. Six siècles plus tard, il y a cent mille habitants dans le quartier. Autant dire que la petite chapelle, déjà agrandie, se retrouve exiguë. En plus du séminaire de Saint-Sulpice, on décide de quadrupler la surface de l’église. Dans ce cadre, on édifie une nef avec déambulatoire. De nouvelles constructions entourent l’ancienne église, qui continue à être utilisée pendant ce temps. Cela est fort pratique, puisque la construction de la nouvelle église prend du retard. Les travaux sont même stoppés pendant quarante ans, à cause de problèmes d’argent. Au début du XVIIIe siècle, une loterie est organisée. Une sorte de loto du patrimoine qui permet de financer la suite de la construction. La nef est terminée en 1745, puis vient le tour de la façade. Les travaux sont à nouveau interrompus pour cause de Révolution.

Depuis la place, l’église Saint-Sulpice impressionne avec son immense façade à deux étages, le premier dorique et le deuxième ionique. Réalisée par l’architecte italien Giovanni Servandoni, la façade supporte deux tours, dont celle côté sud reste inachevée. Des balustrades remplacent les lanternons Renaissance, initialement prévus par Servandoni.

église et fontaine saint-sulpice
Perspective originale.
façade de l'église Saint-Sulpice
Le fronton triangulaire a été détruit par la foudre.

L’intérieur est tout aussi imposant. Dès l’entrée dans l’église, le regard du visiteur est attiré par trois œuvres représentant la Vierge, la crucifixion et la résurrection. De nombreuses décorations antiques sont présentes, telles que, par exemple, des pilastres corinthiens avec une base en marbre. L’orgue est le plus grand de France et une démonstration est donnée lors des journées du patrimoine. Aussi, des concerts ont lieu régulièrement. Les vitraux de la nef, plus récents que ceux autour du chœur, sont blancs avec une image au centre, renforçant ainsi la luminosité de l’intérieur.

intérieur de l'église Saint-Sulpice
Il y a moins de couleurs que dans l’église Saint-Germain-des-Prés, mais c’est ici la taille de l’édifice qui est très impressionnante.

Plusieurs éléments sont à remarquer. Tout d’abord, la chapelle des Anges, première chapelle à droite en entrant, dans laquelle se trouvent trois tableaux d’Eugène Delacroix. Si ce dernier a déménagé son atelier à l’emplacement de l’actuel musée national Eugène Delacroix, c’était justement pour se rapprocher de l’église Saint-Sulpice, où il travaillait sur ces œuvres, réalisées de 1855 à 1861. Les peintures, dont les deux sur les murs ont été peintes directement sur les murs, représentent trois scènes de la Bible. Plus précisément, les trois tableaux mettent en scène des anges en combat. Sur le tableau de droite, représentant Héliodore chassé du temple, les  couleurs choisies font penser à une inspiration orientaliste, qui pourrait provenir du voyage de Delacroix en Afrique du Nord en 1832. Malheureusement, ces trois tableaux n’attirent pas foule lors de leur inauguration.

Le monument funéraire de Jean-Baptiste Joseph Languet de Gerga mélange les styles italiens et français. Les statues se livrent à un jeu de regard, le prêtre regardant le ciel tandis que l’immortalité regarde l’autel de l’église. Dans l’aile gauche du transept, nous remarquons la rosace avec les initiales “SP” et le gnomon, outil astronomique permettant d’indiquer midi ainsi que le solstice d’été et le solstice d’hiver. Enfin, la chapelle de la Vierge se trouve derrière l’autel, tandis que deux autres chapelles ne sont accessibles que pendant les journées du patrimoine : la sacristie des mariages et la chapelle de l’assomption.

Pour finir, ne pas rater la chaire et les bénitiers près des deuxièmes piliers en partant de l’entrée, offerts par Venise à François 1er. Le support a été sculpté par Jean-Baptiste Pigalle.

C’est rare que l’on parle d’animaux sur ce blog, mais sachez qu’un couple de faucons pèlerins niche sur l’église Saint-Sulpice. Pas évident à voir, mais j’ai par hasard croisé un passionné qui vient souvent leur rendre visite, et j’ai pu les apercevoir. Il faut lever la tête, espérer qu’ils ne sont pas partis en promenade, et avoir une bonne vue (et un peu de chance aussi !).

Entre l’église Saint-Sulpice et le jardin du Luxembourg

Faisons d’abord un détour dans la rue Bonaparte jusqu’au jardin du Luxembourg. De belles façades se trouvent aux numéros 2 et 4. Le style de la première fait penser à celui de du palais abbatial, près de l’église Saint-Germain. Intéressante façade au numéro 52 de la rue Vaugirard également. Empruntons la rue Férou jusqu’à la rue Palatine. A droite, prenons ensuite la rue Servandoni, bordée d’immeubles à portes cochères.

De retour dans la rue de Vaugirard, un mètre étalon se cache au numéro 52, sous la galerie couverte en pied d’immeuble. La rue Garancière offre quant à elle une vue sur le chevet de l’église Saint-Sulpice. Une petite fontaine se trouve au numéro 12, installée ici par la princesse Palatine, belle sœur de Louis XIV. Au numéro 8 se trouve l’hôtel de Sourdéac, datant du XVIIe siècle, tandis qu’un numéro 1096 se trouve derrière l’église Saint-Sulpice. Ce n’est pas une erreur de numérotation, mais plutôt un vestige du système de la numérotation expérimentée sous Louis XVI. La numérotation se faisait alors par district et non par rue.

Aux numéros 36 et 40 de la rue Saint-Sulpice se trouvent deux curieux bâtiments. L’hôtel de Fougères, au numéro 27, date du XVIIIe siècle et son tympan mériterait une restauration. Enfin, la rue Tournon offre une belle vue sur le palais du Luxembourg. Aux numéros 6 et 8, on admirera de belles portes cochères. Enfin, remarquons l’habitation du numéro 4 est assurée contre l’incendie, comme l’indique l’inscription “MACL” (maison assurée contre l’incendie) au-dessus de la porte. Les trois ont de belles façades sculptées. Nous sommes désormais de retour dans la rue Vaugirard, qui s’étend sur 4360 mètres ! C’est ainsi la plus longue rue de Paris. Certains bâtiments en face du palais du Luxembourg servent de bureaux pour le Sénat.

Le palais du Luxembourg

Le palais

Palais du Luxembourg siège du Sénat
Peu de pirates en mer ce jour là, mais énormément de promeneurs dans le jardin !

Au XIIIe siècle, une communauté de moines chartreux s’installent sur ce terrain, non sans avoir exorcisé les lieux. Puis au début du XVIIe siècle, Marie de Médicis, la femme d’Henri IV, mère du futur Louis XIII, se déplaît au Louvre. Elle décide de se faire construire un palais et charge l’architecte Salomon de Brosse des travaux. Elle agrémente les lieux d’une série de 24 tableaux retraçant sa vie, aujourd’hui exposés au Louvre, dans l’aile qui porte son nom. Plus tard, au XIXe siècle, Chalgrin réaménage l’intérieur de l’édifice. Finalement, son organisation se caractérise par une cour d’honneur carrée entourée de pavillons et d’une entrée surmontée d’un dôme. L’intérieur se retrouve riche en décorations (peintures du plafond de la bibliothèque par Delacroix, salons de Boffrand…).

Le palais du Luxembourg tient son nom de l’hôtel que Marie de Médicis a acheté avant de faire construire son palais. Cet hôtel, alors propriété de François de Luxembourg, est désormais la résidence du président du Sénat.

Les visiteurs affluent lors des journées du patrimoine. Ainsi, quand je suis passé devant, il y en avait pour plus de trois heures d’attente… J’ai souvent entendu dire que c’était la seule option pour visiter le palais du Luxembourg. Suis-je donc condamné à devoir faire preuve d’une très grande patience ?

Tous les citoyens peuvent assister aux séances du Parlement, qui sont publiques. C’est donc un moyen facile d’entrer dans le palais du Sénat. Des visites groupées sont organisées, ainsi que des visites individuelles, par le Centre des monuments nationaux. Il y a également des portes ouvertes lors de la journée du Livre d’économie et celle du Livre d’histoire.

Des informations se trouvent sur le site du Sénat.

Le jardin du Luxembourg

De nombreux promeneurs parcourent les 21 hectares de ce grand jardin à la française. L’ancien couvent des chartreux a maintenant disparu et a laissé sa place à un grand bassin octogonal, en face du palais, où des générations d’enfants font naviguer de petits bateaux, à des serres et aussi à la fontaine Médicis avec ses sculptures en marbre et en bronze.

fontaine Médicis dans le jardin du Luxembourg
Pour la petite anecdote, je ne l’avais pas vue lors de ma première visite. Contrairement à beaucoup de personnes, toutes placées à gauche de la photo.

Autour du jardin du Luxembourg et quartier de Sèvres-Babylone

Près du jardin du Luxembourg

En sortant du jardin du Luxembourg par là où nous y sommes entrés, nous tournons à droite et nous nous arrêtons sur la place Edmond Rostand. Une belle perspective sur le Panthéon, que nous avons visité dans l’article précédent, s’offre à nous. Puis en remontant le boulevard Saint-Michel, nous passons devant le musée de minéralogie de Mines-ParisTech. L’école des Mines est créée en 1783 et s’installe dans l’hôtel de Vendôme, construit au tout début du XVIIIe siècle, en 1815. Le musée ouvre en 1793, ce qui en fait l’un des plus anciens de France. En effet, son ouverture n’a lieu qu’un an après celle du musée du Louvre et du musée d’histoire naturelle. Il expose environ 5000 minéraux. C’est beaucoup, mais ce n’est qu’une petite portion par rapport aux 100 000 objets dont le musée dispose !

L’avenue de l’Observatoire

Au centre de l’avenue de l’Observatoire, l’esplanade Gaston Monnerville offre un autre choix pour les promeneurs. Mais portons plutôt notre attention sur les côtés de l’avenue, où il y a plusieurs choses intéressantes à voir.

Tout d’abord, l’immeuble au numéro 1 possède tout un bestiaire parmi les nombreuses statues qui ornent sa façade.

immeuble au 1 rue de l'Observatoire
Immeuble avec une façade hétérogène par les sculptures diverses et variées, mais aussi par la présence de bow-windows, qui semblent plus modernes que le reste de l’édifice.

En face, au numéro 2 la porte de style mauresque  est celle de l’ancienne école coloniale, construite entre 1894 et 1896. C’est là qu’étaient formés les cadres administratifs travaillant dans les colonies.

ancienne école coloniale
L’ancienne école coloniale, avec sa porte, rappelle le style marocain. C’est certes un peu moins flagrant que la Grande Mosquée de Paris, mais tout est là !

Au numéro 4, le musée de la matière médicale ne se visite que pendant les journées du patrimoine (mi-septembre) et la fête de la science (début octobre). Nous sommes comme transportés dans un laboratoire de chimie, entre les étagères en bois contenant des milliers de flacons. La faculté de pharmacie abrite également un jardin botanique, mais qui n’est ouvert qu’en semaine. Dommage, car les photos promettent une ambiance calme et de campagne.

Au numéro 3 de la rue Michelet, l’Institut d’Art et d’Archéologie est un étonnant immeuble construit tout en briques rouges et abritant une immense bibliothèque d’art.

institut d'art et d'archéologie
Alors si on m’avait dit que je croiserai un tel bâtiment à Paris, je n’y aurai pas cru. Ce n’est pas une usine russe du début du XXe siècle, mais l’Institut d’Art et d’Archéologie.

Enfin, au bout de l’avenue de l’Observatoire, la fontaine de l’Observatoire, réalisée par Davioud en 1873, est également nommée “fontaine des Quatre-Parties-du-Monde”. Quatre statues, sculptées par Jean-Baptiste Carpeaux, représentent les quatre continents.

Les quatre continents ? Mais il y en a cinq pourtant !

Effectivement, mais l’Océanie n’a pas été représentée ! Les statues de femmes semblent en mouvement afin de faire tourner le globe terrestre, qu’elles portent ensemble. Quelques messages se cachent dans les représentations, par exemple la statue représentant l’Amérique marche sur le pieds de celle représentant l’Afrique, clin d’œil au mouvement d’abolition de l’esclavage.

Au centre du croisement, se dresse une autre statue. C’est le monument à Francis Garnier, un officier de la marine ayant beaucoup exploré le Mékong et mort au combat à Hanoï. A droite, sous les arbres, la statue est celle du maréchal Ney, fusillé sur la place de l’Observatoire en 1815.

Entre l’avenue de l’Observatoire, le boulevard Montparnasse et le boulevard Raspail

D’originales sculptures

Nous prenons la rue d’Assas jusqu’au numéro 100 bis. Le musée Zadkine y présente 300 œuvres de l’artiste Ossip Zadkine, d’origine russe, renommé dans la sculpture cubiste. Nous rebroussons légèrement chemin pour emprunter la rue Joseph Bara, où se trouve un bel immeuble au numéro 9 avec des pilastres. En tournant à droite dans la rue Notre-Dame-des-Champs, une façade avec deux grandes cariatides se trouve au numéro 82, à quelques mètres de la rue Joseph Bara.

La rue de Chevreuse débouche sur le carrefour Vavin. A droite se trouve le boulevard Raspail, où se dresse une statue de Balzac réalisée par Rodin, et qui en son temps a fait polémique. L’écrivain porte en effet une robe de chambre. De plus, l’art de la sculpture de Rodin était bien différent de ce qui était exposé à l’époque.

statue de Balzac par Auguste Rodin
C’est surtout le visage de Balzac qui me perturbe. On dirait celui d’un mammifère, un renard, un furet ou quelque chose comme ça.

Faisons un petit peu demi-tour pour tourner à gauche, rue de la Grande-Chaumière. Rue d’artistes, elle accueille l’Académie de la Grande Chaumière, fréquentée par des artistes. Zadkine ou encore Bourdelle y ont enseigné.

Le curieux immeuble de la rue Vavin

De retour rue Notre-Dame-des-Champs, nous continuons jusqu’à la rue Vavin. Au numéro 26 se trouve un curieux immeuble, dont les murs rappellent ceux des couloirs des stations de métro. Réalisé par l’architecte Henri Sauvage en 1912, cet immeuble dispose de balcons-terrasses qui permettent une meilleure luminosité à l’intérieur.

immeuble du 26 rue Vavin
Henri Sauvage et Charles Sarazin bâtissent cet immeuble de 1912 à 1914. A se demander s’ils n’avaient pas trop pris le métro !

Henri Sauvage est un architecte français ayant vécu de 1873 à 1932. Il a construit dans de nombreux styles, dont Art nouveau et Art déco, dont il est l’un des précurseurs. Il a bâti de nombreux bâtiments à Paris et en province. Nous pouvons en citer quelques-uns que nous avons déjà vus : les magasins 2 et 3 de la Samaritaine, ou la villa Majorelle à Nancy.

De nouveau sur la rue Notre-Dame-des-Champs, nous passons devant le Lucernaire, un cinéma d’art et essais. Nous arrivons ensuite au boulevard Raspail.

Autour du boulevard Raspail

La place Pierre-Lafue et la rue de Fleurus

Nous commençons par la place Pierre-Lafue, où se trouve une statue en hommage au capitaine Dreyfus. Une fois au niveau du croisement avec la rue de Fleurus, nous remarquons une statue sculptée en haut de la façade du bâtiment à l’angle des deux rues (au numéro 38). Nous nous engageons ensuite dans la rue de Fleurus, où vécut l’écrivaine, poétesse, dramaturge et féministe américaine. Gertrude Stein. A gauche, la rue d’Assas nous fait revenir sur la rue de Vaugirard.

Le couvent des Carmes

Au numéro 74, le couvent des Carmes date de la première moitié du XVIIe siècle. L’église possède une dôme de style jésuite, le premier à avoir été réalisé à Paris, ainsi que de nombreuses œuvres baroques. Depuis 1875, l’institut catholique de Paris y enseigne la théologie. Il abrite deux musées. Tout d’abord, le musée Edouard Branly, qui réalisa en 1890 la première transmission télégraphique sans fil, exposé dans le laboratoire de ce musée. S’il est exposé ici, c’est parce qu’Edouard Branly était enseignant-chercheur à l’institut catholique de Paris. Le musée Bible et Terre Sainte présente une collection d’objets de Palestine, Jordanie et Syrie.

La rue de Rennes et des immeubles du boulevard Raspail

La rue de Vaugirard coupe la rue de Rennes, que nous empruntons en tournant à droite. De nombreuses petites statues se trouvent au-dessus de chacune des fenêtres du numéro 112 bis. A gauche, boulevard Raspail, se dressent des immeubles de plusieurs périodes, comme au numéro 70, au numéro 73 avec un style néo-gothique, ou au numéro 60 avec deux cariatides sur la façade. Je ne vais pas tout lister, mieux vaut profiter de la promenade en laissant son regard se promener d’immeuble en immeuble. Ces numéros correspondent seulement aux photos que j’ai prises, et que j’ai donc pu facilement retrouver lors de la rédaction de cet article.

La rue du Cherche-Midi et la rue de Sèvres

La rue du Cherche-Midi

En tournant à gauche depuis le boulevard Raspail,nous commençons notre découverte de la rue du Cherche-Midi au numéro 37. La statue d’une opératrice téléphonique rappelle l’ancienne fonction de l’immeuble : un central téléphonique. En face, le numéro 42 a une belle façade, peut-être de style classique, comme de nombreuses autres de la rue. En croisant la rue Saint-Placide, remarquons l’immeuble au numéro 28, très étroit ! Le musée Ernest-Hébert, présentant des œuvres de ce peintre du XIXe siècle, se trouve au numéro 85, dans un hôtel du XVIIIe siècle. Un autre hôtel de la même époque, l’hôtel de Montmorency, accueille l’ambassade du Mali et celle du Bénin. Il y avait de nombreux policiers tout autour quand j’ai visité cette partie du sixième arrondissement.

Enfin, l’abbé Grégoire habita au numéro 44 et donna son nom à l’une des rues coupant la rue du Cherche-Midi. L’abbé Grégoire est connu pour avoir rejoint le Tiers Etat durant la Révolution.

Nous prenons la rue Saint-Jean-Baptiste de la Salle pour rejoindre la rue de Sèvres. Nous passons ainsi devant la chapelle des sœurs auxiliatrices du purgatoire, du XIXe siècle, possédant une coupole néo byzantine, très colorée.

La rue de Sèvres

A gauche, la fondation Dubuffet a investi le numéro 137 et  présente des œuvres de l’artiste. Jean Dubuffet était un peintre, sculpteur et plasticien français. A droite, il nous reste plusieurs choses à voir.

La chapelle Saint-Vincent-de-Paul

Au numéro 95, la chapelle Saint-Vincent-de-Paul est surprenante ! En effet, cette petite chapelle passerait presque inaperçue, semblant incrustée dans l’immeuble. Pourtant, en entrant, nous découvrons un édifice très coloré. La chapelle est colorée en doré, avec du bleu, surtout sur le plafond. L’autel ressort de l’ensemble, grâce au rouge, la couleur dominante. A droite de l’autel, il est possible d’accéder à un escalier qui donne accès à la châsse de Saint-Vincent-de-Paul, ornée de sculptures en argent réalisées par l’orfèvre Odiot et financée par les habitants de Paris.

intérieur de la chapelle saint-vincent-de-paul
Impossible de deviner la richesse de l’intérieur de la chapelle Saint-Vincent-de-Paul lorsque l’on se trouve à l’extérieur, rue de Sèvres !

L’autre côté de la rue se trouve dans le septième arrondissement. Nous aurons donc l’occasion d’en reparler plus tard. Belles façades aux numéros 47 et 29. La rue de Sèvres longe le square Boucicaut avant de couper le boulevard Raspail.

L’hôtel Lutetia

En face, au numéro 45, l’hôtel Lutetia arbore des guirlandes et des grappes de raisin sur sa façade. Il fût construit en 1910 par les propriétaires du Bon Marché afin de loger leurs clients. Ils font appel aux architectes Henri Tauzin et Louis-Hippolyte Boileau et aux sculpteurs Léon Binet et Paul Belmondo. Nous sommes passés devant le magasin Le Bon Marché, mais celui-ci se trouvant dans le septième arrondissement, nous aurons l’occasion d’en parler dans le prochain article. Cet hôtel Art nouveau, avec un bar de style Art déco, fût fréquenté par des personnalités politiques et des artistes. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les victimes de la déportation furent réunies ici. N’hésitez pas à longer la façade dans le boulevard Raspail pour en admirer tous les détails.

hôtel lutetia
Le Centaure de César

Pour terminer cette visite, nous continuons à parcourir la rue de Sèvres jusqu’à la place Michel-Debré. On trouve une curieuse statue de bronze, un centaure réalisé au XXe siècle par le sculpteur César. Une petite statue de la liberté se cache sur la cuirasse de la créature.

centaure de césar
Bon courage pour trouver la statue de la Liberté !

En continuant tout droit par la rue du Four ou en tournant à gauche, rue de Rennes, nous retournons sur le boulevard Saint-Germain, non loin de l’église Saint-Germain des Prés.

A ne pas manquer

Les églises : l’église Saint-Sulpice pour sa taille et son style, l’église Saint-Germain des prés, pour les couleurs
Le jardin du Luxembourg
L’Institut de France et la bibliothèque Mazarine
Une petite promenade dans la rue de l’Odéon, la rue de Seine, la rue de Buci, pour s’imprégner de l’ambiance du quartier

Le mot de la fin

Le sixième arrondissement possède deux très belles églises aux styles différents : l’église Saint-Sulpice et l’église Saint-Germain des Prés, et des monuments tels que le palais du Luxembourg et l’Institut de France, qui valent le détour. Mais visiter le sixième arrondissement, c’est aussi profiter d’une ambiance particulière, entre galeries d’art et librairies, qui font tout son charme. Ces promenades permettent de découvrir des choses inattendues, telles que l’avenue de l’Observatoire ou la chapelle Saint-Vincent-de-Paul.

D’un point de vue historique, nous avons constaté l’agrandissement de Paris, : seulement une partie du sixième arrondissement se trouve dans l’enceinte de Philippe-Auguste. Alors que l’église Saint-Germain des Prés date du Moyen-Âge, les monuments près de la Seine  datent plutôt du XVIIe siècle. Mais parmi ces bâtiments, des bâtiments plus récents, comme ceux de la rue Danton, amènent une touche architecturale plus récente.

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