Cap au nord de Tamatave

Cap au nord de Tamatave

Au nord de Tamatave, il n’y a pas que le départ pour l’île Sainte-Marie. De nombreuses villes peuvent être des destinations de choix pour passer un moment à la plage. Il y en a pour tous les goûts et je vais m’attacher à présenter celles dans lesquelles j’ai été.

 

Foulpointe l’animée

 

Que faire à Foulpointe

A 50 km au nord de Tamatave se trouve Foulpointe. Vous pouvez passer un week-end dans cette station balnéaire, comme le font les malgaches qui en ont les moyens. La ville est ainsi très animée et on y trouve de nombreux hôtels et bars-karaokés. D’ailleurs, les hôtels proposent également cette activité.

Rue à Foulpointe
Une rue de Foulpointe. Un peu banale, mais je vous la mets quand même ! Les plages arrivent bientôt…

La journée, vous pouvez profiter de la plage mais aussi des promenades en pirogue pour plonger voir les massifs coralliens. Le tarif donné concerne la pirogue, donc vous pouvez vous partager les frais, c’est pratique ! Je n’ai malheureusement pas pu le faire puisque je n’avais pas assez d’argent sur moi lors de mon passage à Foulpointe, qui est dépourvue de banque. Quand vous partez en voyage hors des grandes villes, prévoyez votre budget ! Pour la petite histoire, j’avais accepté qu’un cyclo-pousse m’attende lors d’une course. Évidemment, il m’a facturé l’attente… Du coup, quand je suis parti à Foulpointe et Mahambo, j’avais un budget assez serré !

Le Fort Manda

Vous pouvez visiter le fort Manda, situé à trois kilomètres au nord de Foulpointe. Il date de la première moitié du XIXe siècle. Il a été construit pour défendre la côte Est des attaques des pirates qui étaient attirés par les navires chargés de richesses qui revenaient d’Inde. Mais aussi contre les Français. D’ailleurs, si mes souvenirs sont bons, ce sont nos chers amis anglais qui ont fourni les canons ! Quand je vous disais ici que les deux pays rivalisaient pour s’attirer les faveurs des rois malgaches.

Il est accessible en cyclo-pousse (5 000 Ar). La visite (5 000 Ar) se fait avec les explications du guide. A l’entrée se trouve un petit panneau explicatif. Le guide est investi dans son travail, dont il est fier. Cela ferait 7 générations que sa famille assure les visites…

Batiment à l'intérieur du Fort Manda
A l’intérieur, vous pouvez voir quelques objets comme un boulet de canon
Mur du fort Manda
Ces murs, assez imposants, sont constitués de pierres de poudre de corail. Le tout est lié par du blanc d’œuf !

C’est à peu prêt tout ce qu’il y a à voir ici, mais sur notre route vers le nord, c’est loin d’être fini. Prochaine étape : Mahambo.

 

Le calme de Mahambo

 

Se rendre à la plage de Mahambo

A 30 km de Foulpointe, Mahambo accueille tous les amateurs de belles plages dans une ambiance bien plus relaxante.

Le lendemain de mon arrivée à Foulpointe, je décide d’y faire un tour pendant que les collègues sont occupés pour la journée mondiale de l’environnement. Nous traversons de somptueux paysages de rizières avec parfois un zébu, des arbres du voyage et côté terre, au loin, j’aperçois des montagnes. Quelquefois, nous traversons un petit village avec ses maisons en bois. Payez vous la place de devant ! Sur la route, de jeunes enfants rebouchent les trous avec de la terre. Il espèrent ainsi obtenir une maigre rémunération des automobilistes passant par là. Après une heure, soit vingt kilomètres, nous nous arrêtons dans la commune rurale de Mahambo.

Le village principal est situé au bord de la route. Il pleut intensément, mais heureusement, un couple de malgaches nous prend en voiture, moi et une touriste québécoise.  Elle a d’ailleurs raté son bateau pour l’île Sainte-Marie. Il faut toujours prendre d’énormes marges de temps quand on prend le taxi-brousse ! On accède à la plage par une route de quelques kilomètres (à vue d’œil – je ne l’ai pas faite à pieds – ça semblait assez long quand même). Voyez si l’hôtel que vous avez réservé organise des transferts si vous êtes paresseux ! A l’arrivée, ce sont des plages de sable blanc au calme qui vous attendent.

Plage à Mahambo
Ce n’est que la première de la série, dommage qu’il ne fasse pas beau !

Il n’y a pas énormément de choses à faire mais quand on est de passage, l’arrêt est toujours sympathique. Cependant, j’aurais préféré ne pas être en T-shirt sous la pluie ! Heureusement, elle s’est arrêtée assez rapidement. Je peux ainsi vous dire qu’il y a pas mal de distance entre le bout de la route qui donne sur la plage et la rivière que vous ne pourrez pas traverser à pieds. Ainsi, vous devriez trouver un coin tranquille.

Un retour difficile

Voici une petite anecdote à présent. Je suis allé à Mahambo un dimanche, il n’y avait que peu de taxi-brousse sur la route. En plus, je n’avais pas beaucoup d’argent disponible (c’est là que ce dont je vous ai parlé au début a une conséquence). Je souhaitais alors retourner à Foulpointe. Un motard me conduit de la plage jusqu’à la route principale. Mais je ne peux le suivre jusqu’à Foulpointe : en général c’est le genre de service rémunéré que je ne peux vraiment pas payer. Oui, j’aurais été vraiment trop juste pour payer l’hôtel ensuite ! Je décide donc d’attendre un taxi-brousse. C’est une décision totalement absurde, puisque j’aurais pu emprunter de l’argent aux collègues. Mais bref, passons.

Les rares taxis-brousses qui passent sont surchargés. Le temps passe, une heure, et toujours rien. Je fais carrément du stop, voitures, camions, j’arrête tout. Ma stratégie est simple : je me suis placé à coté d’un contrôle de police. Comme ils arrêtent les voitures, j’en profite pour demander s’ils n’ont pas une petite place !

Mais le trafic est si faible, que la tâche est d’autant plus difficile. Au bout de deux heures, alors que je me demande comment je vais pouvoir dormir sans rien dans la ville, les policiers, qui sont au courant de ma situation, ont arrêté une conductrice. Ils me préviennent qu’elle est d’accord pour m’amener jusqu’à Foulpointe. Je suis sauvé ! Le hasard ne s’arrête pas là : quand nous discutons, elle m’apprend qu’elle est en couple avec un français !

Rizières à Madagascar, entrecoupées d'arbres
Le riz est ici aussi la principale source de nourriture !
Des rizières à Madagascar
On est encore loin de l’agriculture intensive !

J’ai ainsi pu faire le plein de photos sur la route, puisqu’elle s’arrêtait pour me laisser les prendre. Elle m’a ensuite gentiment proposé de profiter de son futur voyage jusqu’à Fénérive-est. C’est ainsi que plus tard, j’ai rencontré René Lavigne, que vous connaissez peut-être si vous avez suivi les championnats de moto dans les années 80.

 

Fénérive-est : la petite Tamatave

 

Tout est dans le titre ! Cette ville me fait vraiment penser à Tamatave : une ville au bord de la mer, de taille assez importante, avec l’avenue de l’Indépendance qui donne tout droit sur l’océan qui ressemble beaucoup à celle de Tamatave !

Ici, il y a des banques, et aussi bien sûr des hôtels, des endroits où manger, des plages où se ressourcer avec des promenades en pirogue, notamment vers l’île en face et une piscine naturelle. On peut donc se baigner, contrairement à Tamatave. Par contre, là où Tamatave n’est pas très loin du parc Ivoloina, du canal des Pangalanes, Fénerive-est n’a pas ce genre d’activités à proximité.

L'avenue de l'indépendance à Fénérive-est
Ne reconnaissez-vous pas un peu Tamatave ?

Elle reste cependant une ville assez intéressante. Promenez-vous dans les rues, vous apercevrez différents immeubles de couleurs très variées, trouverez des gargotes avec une multitude de petits gâteaux qui, pour certains, diffèrent de ceux trouvés à Tamatave.

J’y suis allé deux fois : la première, je suis tombé malade, sûrement à cause du milk-shake que j’avais consommé à l’hôtel. La deuxième fois, lors de mon dernier week-end à Madagascar, en revenant d’une fête traditionnelle. Je ne vous en dis pas plus, vous n’avez que quelques lignes à lire avant d’y arriver !

Plage à Fénérive-est
Après l’article sur l’île Sainte-Marie, on élira la plus belle plage. D’accord ?

On termine notre route avec l’article suivant : direction Soneirana-Ivongo !

 

Soneirana-Ivongo : la dernière étape vers l’île Sainte-Marie

 

Je ne suis passé à Soneirana-Ivongo que pour embarquer dans le bateau en direction de l’île Sainte-Marie. je ne sais donc pas trop ce qu’il y a à y voir. A vrai dire, si vous souhaitez aller à la plage, c’est quand même très éloigné de Tamatave !

En revanche, je peux vous conseiller, comme d’habitude, de regarder par la fenêtre durant le trajet si vous le pouvez pour admirer les paysages sur les montagnes cette fois-ci, ce qui change grandement de ce que l’on a vu sur cette même route plus au sud.

La ville semble assez animée et sur la route qui mène à l’embarcadère pour l’île Sainte-Marie, il y a un grand nombre de stands où vous trouverez une multitude de souvenirs à ramener à votre famille et vos amis restés en France. Si vous vous arrêtez dans ce village, ça peut être sympa d’y faire un tour. Sinon, ne vous inquiétez pas, vous pourrez en trouver à Tamatave, au Bazar Be

C’est ainsi que s’achève notre voyage au nord de Tamatave, qui peut se poursuivre vers l’île de Sainte-Marie, ou encore plus au nord. Je ne l’ai pas fait, peut-être est-ce votre but, attention tout de même en saison des pluies, les routes ne sont pas forcément très accessibles.

 

Une fête traditionnelle

 

Les raisons de faire la fête sont multiples. La fête particulière à laquelle j’ai assisté avait lieu à l’occasion de la fin de la construction du caveau d’une personne décédée. L’inauguration de nouveaux bâtiments donne souvent lieu à ce genre d’événements.

Elle a lieu dans un petit village au nord de Fénérive-est. Je m’y rends en taxi-brousse et je suis tout seul devant avec les chauffeurs ! J’arrive un peu en retard mais avant la mise à mort du zébu. Pour l’instant, il est allongé sur le flanc droit, les pattes liées, pendant les bénédictions. Ainsi, il apportera santé et succès financier à ceux qui en consommeront la viande. L’animal est tué à coups de machettes (on tape jusqu’à ce que le crâne cède) et est dépecé de sa viande. Les danses commencent et c’est tout le village qui participe aux festivités.

Découpage de la viande du zébu
Je ne vous ai pas mis d’image du sacrifice cette fois-ci !

Je passe mon temps près de la route à déguster des gâteaux au manioc et sur la plage. Pendant ce temps, le riz et la viande sont cuites dans de grandes marmites et des morceaux de viande sont distribués dans des sachets aux participants. Ce n’est qu’aux alentours de 15h que nous commençons à déjeuner. Bien que nous ayons le droit à des couverts (privilège), je choisis de manger comme tout le monde. Ce sera sur une feuille et avec une cuillère en feuille de ravenala. Petite précision : le ravenala est un arbre que l’on trouve partout dans la région, et qui sert dans la construction des maisons en bois.

Repas lors d'une fête d'inauguration d'un caveau
Je suis prêt, à la bouffe !!!

Le riz, collant, se mange même plus facilement avec les mains. L’accompagnement se constitue d’un morceau de filet et d’un bouillon servi dans un tronc de bambou, creux. Chaque invité emportera également un morceau à consommer plus tard. La fête continue le soir mais comme je l’ai déjà dit, la danse n’est pas trop mon truc.

Bouillon dans du bambou lors du repas suivant le sacrifice du zébu
Verre traditionnel pour une fête traditionnelle !

Le petit mot de la fin

 

Cet article essaie d’être le plus exhaustif possible. Cependant, je doute qu’il y ait beaucoup de personnes qui iront à la plage à Soneirana-Ivongo depuis Tamatave. Ce pourrait être un arrêt pour des personnes se rendant plus au nord, et qui ne reviennent pas à Tamatave. L’état de la route se dégrade au fur et à mesure que l’on va vers le nord. Elle donne de belles vues sur l’est de Madagascar, ses forêts et montagnes, ses plages et ses rizières. Malheureusement, on constate sans mal la déforestation dont ces forêts sont victimes.

Les collines sont colonisées par une espèce de fougère qui empêche tout arbrisseau de pousser. C’est une espèce envahissante dont la lutte est un grand enjeu pour le reboisement de Madagascar. J’ai d’ailleurs rencontré non loin du parc Ivoloina une ONG travaillant sur ce sujet. Matt, le chef, a d’abord fait fortune à Wall Street avant de venir ici mener ses expériences afin de déterminer quel est le moyen le plus efficace pour éradiquer cette plante sans recourir à des produits chimiques.

En fait, cette fougère ne pousse pas bien à l’ombre mais une fois installée sur un terrain déboisé, elle cache la lumière au plantes plus petites. Les arbres ne peuvent donc pas repousser. Matt essaie de savoir quelles espèces d’arbres sont les plus susceptibles de prendre le dessus sur cette fougère et de l’empêcher de pousser. Il essaie aussi de comprendre s’il est plus efficace de la brûler ou de la couper avant de planter des arbres.

Son association n’est financée que par lui-même et des anciens collègues. Son argent lui permet de payer des travailleurs pour mener ces études fastidieuses. En effet, il est capable d’identifier chaque arbre et de les suivre individuellement. il sait exactement quand les arbres meurent et lesquels meurent. Cela lui permet d’établir des statistiques précises pour les besoins de son étude.

Pour en revenir au sujet initial, cette partie du voyage m’a permis de partir un peu à l’aventure (c’était la première fois !). Mais aussi de découvrir des éléments de la culture locale. Il y a eu quelques imprévus qui, finalement, ont débouché sur de grandes rencontres. C’est ça, le voyage ! C’est une conclusion cliché au possible, surexploitée et j’en passe, mais je suppose qu’il fallait bien la caser quelque-part sur ce blog, c’est chose faite !

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