Découvrir Boulogne-Billancourt et l’architecture moderne

Découvrir Boulogne-Billancourt et l’architecture moderne

Après avoir visité les vingt arrondissements de Paris, nous continuons notre tour par la proche banlieue. Cela a l’avantage de ne pas être très loin de chez moi. Depuis le bus qui me mène au travail, j’ai réalisé qu’il y a de quoi voir, au moins dans le centre-ville. Alors que je visite le musée des années 30, j’y achète un guide touristique. Le guide parisien, désormais à la retraite, a trouvé son remplaçant, un livre certes plus petit, mais bien fourni. Il est donc temps de partir visiter non pas Boulogne, non pas Billancourt, mais Boulogne-Billancourt. Soit deux villes pour le prix d’une, on en a de la chance !

Un peu d’histoire

Les premières traces écrites de Boulogne et de Billancourt remontent au XIIe siècle. L’abbaye de Saint Victor possède une ferme, Billancourt, proche du village de Boulogne, que le roi Louis VI a donné à l’abbaye de Montmartre. Un premier pont relie Boulogne à Saint-Cloud en 1189 et la sœur de Saint-Louis fait construire l’abbaye de Longchamp au nord au milieu du XIIIe siècle.

Au XIVe siècle, Philippe IV le Bel fait construire à Boulogne une église, qu’il dédie à Notre-Dame de Boulogne. Impressionné par la ferveur des pèlerins vers Boulogne sur Mer, il décide de susciter un autre pèlerinage, mais un peu plus proche de la capitale. Le village de Boulogne devient une paroisse et prend le nom de Boulogne-la-Petite. Il profite de l’afflux de pèlerins, comme quoi, l’idée de Philippe IV fonctionne ! Mais le pèlerinage faiblit lors des guerres de Religion, qui ravagent le village. Il se repeuple à partir du milieu du XVIIe siècle à la suite de l’acquisition par de frère du roi du château de Saint-Cloud et par le déménagement de la cour à Versailles.

Les terres sont majoritairement agricoles. On y cultive du seigle, des légumes et des fruits et on y produit du vin. Au XVIIIe siècle, on utilise les boues des rues de Paris comme engrais. Déjà l’économie circulaire ! Les champs de céréales remplacent progressivement la vigne. La population augmente fortement, ce qui entraîne un morcellement du parcellaire à chaque héritage. Par conséquent, les petits propriétaires s’appauvrissent. Ils se retrouvent obligés de vendre leurs terrains à de riches Parisiens, qui constituent de vastes propriétés agricoles. Des nobles et des bourgeois viennent s’y faire construire des maisons de campagne.

Les blanchisseurs sont à l’origine d’un agrandissement de la ville. Ils achètent des terres près du pont de Saint-Cloud, afin d’avoir un accès au fleuve pour exercer leurs activités. Ils s’installent dans une nouvelle rue afin de se rapprocher de leurs clients parisiens.

La Révolution entraîne la disparition des seigneuries et des remises de chasse de la noblesse. Cela permet de créer de nouvelles terres agricoles. On fixe les limites de Boulogne, qui devient Boulogne-sur-Seine, en 1791. Un promoteur immobilier, Marie Casimir Auguste de Gourcuff, rachète une partie de la ferme de Billancourt en 1825. Il y aménage un lotissement avec une église, des rues et des maisons. L’eau courante arrive en 1836, le pavement des trottoirs en 1840 et les réverbères à gaz en 1843.

Après que la construction de l’enceinte de Thiers eut séparé Billancourt d’Auteuil, les autorités la rattachèrent à Boulogne en 1860. C’est ainsi que naît Boulogne-Billancourt, qui connaît un fort développement démographique. La population passe de 2481 habitants en 1801 à 44416 habitants en 1901. Les 500 entreprises de blanchisserie emploient 5000 personnes. L’industrialisation entraîne un développement anarchique de la ville. Malgré les usines, on y trouve également des lieux de villégiature. La bourgeoisie parisienne se fait construire des villas à Billancourt, tandis que les Parisiens rejoignent des guinguettes pour s’amuser le week-end.

Les industries sont nombreuses à s’installer grâce au faible coût du foncier, la proximité de Paris et l’abondance de la main-d’œuvre. Même les blanchisseries deviennent mécanisées. Mais cela ne les empêche pas de disparaître face à la concurrence de la machine à laver familiale. Parmi les industries à succès, celle de Louis Renault, qui vend ses voitures et cible la classe moyenne après la Première Guerre mondiale. Les pionniers de l’aviation Robert Esnault-Pelterie et les frères Voisin, installent leur usine à Billancourt. Peu d’entreprises parviennent cependant à être rentables et les faillites sont nombreuses. Après la Première Guerre mondiale, l’Etat va déplacer les activités aéronautiques dans le Sud-Ouest de la France.

Aux alentours de 1925, Boulogne-Billancourt est l’une des villes les plus peuplées de France. Elle se partage entre zones industrielles au sud et zones résidentielles au nord. Mais le développement de la ville s’est fait de façon anarchique. Ainsi, les usines se trouvent au milieu des habitations, parmi lesquelles on trouve de nombreux logements insalubres, la voirie est dans un très mauvais état. André Morizet devient maire de Boulogne-Billancourt en 1919. Il consacre le début de son mandat à l’aménagement de crèches et d’écoles, puis à l’amélioration de la santé et de l’hygiène et la reconstruction des routes. Il lance ensuite un grand programme d’urbanisme. Les services de la mairie mettent en place un zonage fonctionnel. Ils créent de nouvelles voies de circulation, répartissent les équipements dans toute la ville, bâtissent des immeubles de logements sociaux et aménagent des espaces verts.

Boulogne-Billancourt devient un modèle de la modernité, tant dans l’architecture que dans l’art ou l’industrie. Les équipements et services sont bien développés pour répondre aux besoins de la population. André Morizet parvient à bâtir une ville à la fois ouvrière et résidentielle. Cependant, la crise économique de 1929 frappe durement la ville, tandis que la forte croissance de la population fait toujours craindre un manque de logements.

Durant la Seconde Guerre mondiale, des bombardements visent la ville, en particulier les usines de Renault, qui travaillent pour l’effort de guerre de l’armée allemande. La ville évacue les enfants dans des villages de campagne afin de leur offrir de meilleures conditions. En 1943, le maire Robert Colmar fait fermer toutes les écoles. C’est à Alphonse Le Gallo, qui devient mairie en 1945, que revient la tâche de reconstruire les bâtiments détruits par la guerre. L’urbaniste André Gutton se met au travail. On construit de nouvelles écoles, équipement sportifs et logements, sur notamment sur d’anciens terrains industriels. L’activité économique se réoriente vers le secteur tertiaire, surtout à partir de la décennie 1970. La surface des espaces verts passe de 6.2 ha à 32 ha et le métro 10 va désormais jusqu’au pont de Saint-Cloud.

Le départ de Renault laisse 72 ha à aménager. Un programme de modernisation avait débuté au début des années 1980 mais il n’avait que peu abouti. La fermeture des usines Renault le 31 mars 1992 est l’occasion de faire émerger un nouveau quartier. Enfin, Boulogne-Billancourt compte en 2023 35 000 entreprises et est la commune la plus diplômée de France.

L’ancien Boulogne

Autour de la place Rhin-et-Danube

La place Rhin-et-Danube

Notre visite de Boulogne-Billancourt débute à l’arrêt de bus auquel je descends pour aller au travail. Autrement dit, pas à un endroit que je fréquente d’habitude durant le week-end ! Plusieurs grands axes routiers se rejoignent sur cette place, dont la route de la Reine. Elle porte ce nom car en 1786, la reine Marie-Antoinette fît construire une nouvelle route pour rejoindre plus facilement le château de Saint-Cloud qu’elle avait acheté l’année précédente. L’urbanisation se développa le long de cette route à partir de 1860. Au début du XXe siècle, les habitants s’y retrouvaient dans une fête foraine. Mais progressivement, le rond-point Rhin-et-Danube devient un grand nœud de circulation. C’est toujours le cas aujourd’hui, comme le témoignent les nombreux bus qui se retrouvent bloqués juste avant mon arrêt pour rentrer chez moi…

Le musée Albert Kahn

Albert Khan fait fortune dans les mines et la spéculation sur les actions d’or et de diamants. Il ouvre sa propre banque en 1898 et fait de nombreux placements en Asie, notamment au Japon. En 1895, il achète une demeure au 6 quai du Quatre-Septembre à Boulogne-sur-Seine. Pendant quinze ans, il rachète les terrains qui jouxtent sa propriété. Il y aménage plusieurs jardins : un jardin français, un jardin anglais et un jardin japonais. De plus, il aménage une forêt vosgienne, souvenir de son enfance en Alsace. Albert Kahn souhaite, dans ces jardins, exprimer son rêve de monde vivant en paix. Il accueille chez lui les grandes personnalités de l’époque, aussi bien les grands industriels que les artistes ou les scientifiques.

Si sa propriété est maintenant un musée, c’est parce-que le 13 novembre 1908, Albert Kahn part au Japon et en Chine pendant plusieurs mois. Durant son voyage, il fait réaliser plus de 4000 photos stéréoscopiques. A son retour, il part pour deux mois en Amérique du Sud. Sûrement occupé par son travail, il engage des professionnels pour parcourir le monde et prendre d’autres clichés. En 1931, il dispose ainsi de 72000 photos et d’une centaine d’heures de films ! Ainsi, Albert Kahn peut réaliser son rêve, un projet de connaissance mutuelle des peuples, qu’il voit comme une condition essentielle pour lui au maintien de la paix mondiale. Il crée la fondation des Archives de la Planète qui se constitue d’un inventaire d’images du monde. Mais le krach boursier de 1929 entraîne la faillite de sa banque en 1932.

Quatre ans avant son décès en 1940, le Département de la Seine rachète sa collection d’images. Outre leur nombre, le grand intérêt de ces images est que le directeur scientifique du projet, Jean Brunhes, un géographe très intéressé par le quotidien des différents peuples, ne s’est donc pas contenté de photographier les plus grands monuments mais a photographié les habitants dans leur environnement.

Le visiteur du musée découvre également les différents jardins. Dans le jardin japonais, teinté d’une vision idéalisée malgré les voyages de Kahn au Japon et l’intervention de paysagistes japonais, il est possible d’assister à une cérémonie du thé, sur réservation. J’ai visité le musée plus d’un an après mes promenades dans Boulogne-Billancourt. Au début du mois de février, sous la pluie, les jardins n’étaient pas sous leur meilleur jour. Je me serais attendu à voir plus de photos, même si je me doute bien que ça aurait été des copies, pour des raisons évidentes de conservation. Cependant, c’est intéressant de pouvoir comment ce projet a été mené.

Prenons l’avenue Jean-Baptiste Clément pour rejoindre l’ancien centre-ville. Arrêtons-nous place Bernard Palissy.

Dans l’ancien centre-ville

La salle des fêtes

Alexandre Barret, alors architecte de la ville de Boulogne-Billancourt, construit une salle des fêtes pour la commune en 1896. Il distingue deux parties dans ce bâtiment : l’une pour la salle des fêtes et l’autre pour un théâtre. L’édifice se compose de pierres de taille et d’ardoises pour la salle des fêtes, de briques et de métal pour la partie du théâtre. Cinq baies éclairent la salle des banquets. Seule ombre au tableau : la construction de ce nouveau bâtiment communal à Boulogne au lieu de Billancourt. Enfin, ça dépend du point de vue. Les habitants de Boulogne devait en être satisfaits !

L’ancienne mairie

Tant que nous parlons des édifices communaux, mentionnons l’ancienne mairie, de 1845 à 1880. Après la Révolution, elle se trouvait au 55 avenue Jean-Baptiste Clément. Puis en 1804, elle déménage dans le presbytère à côté de l’église Notre-Dame. Mais l’augmentation de la population va de paire avec l’augmentation de besoins de services publics. La mairie déménage donc en 1845 dans cette maison bourgeoise, au 3 rue de Montmorency. Elle y restera 35 ans, avant de déménager de nouveau, cette fois à l’hôtel Guaita. La municipalité ne laisse aucune trace de son passage, seuls les connaisseurs de l’ancienne maison auraient remarqué les modifications qu’elle y a apportées.

La maison Walewska

Cet hôtel particulier date du XVIIIe siècle et ne conserve presque aucun aménagement intérieur d’époque. Il porte le nom de Marie Walewska, qui y habita. Elle fût la maîtresse de Napoléon Ier, qui passait parfois son temps dans le château de Saint-Cloud, de l’autre côté de la Seine. Il se situe au 7 rue de Montmorency.

Continuons avenue Jean-Baptiste Clément.

L’église Notre-Dame de Boulogne

église avec haute flèche à la croisée du transept
L’année suivante, l’église s’est couverte d’échafaudages !

Nous nous trouvons maintenant devant l’église que Philippe IV le Bel a fait construire à Boulogne. L’église Notre-Dame-des-Menus attire un grand nombre de pèlerins et participe ainsi à la prospérité de la paroisse et de la ville. Mais cet afflux populaire prend progressivement fin au XVIe siècle. Les rois continuaient la dévotion, de ce fait Louis XV guéri d’une fièvre offre à l’église un tableau de Charles de la Fosse, la Glorification de la Vierge. La Révolution cause d’importants dommages à l’édifice. En 1858, l’église devient un monument historique. La ville charge Eugène Louis Millet, élève d’Eugène Viollet-le-Duc et d’Henri Labrouste, de mener des travaux de restauration. Millet préconise un agrandissement de l’édifice, ainsi que le retrait des éléments ajoutés au fil du temps, afin de rendre à l’église l’apparence qu’elle avait au XIVe siècle.

Les travaux de restauration débutent en 1860 et durent trois ans. Le porche du XVIe siècle disparaît dans l’opération. En revanche, le portail ouest se voit enrichi d’un tympan représentant la Vierge et les anges voguant sur un navire. A l’intérieur, l’église présente une abside à sept pans. L’architecte Juste Lisch restaure le décor intérieur entre 1872 et 1879. Le peintre verrier Emile Hirsch (élève de Delacroix et de Flandrin) crée un nouveau programme iconographique pour les vitraux. Charles Lameire exprime son talent dans les peintures murales. Il parvient à magnifier la structure de l’édifice en différenciant les éléments structurels des murs, plus clairs. Les habitants décrièrent un temps ces changements radicaux. Néanmoins, l’église apparaît désormais comme l’aboutissement de deux périodes distinctes : le XIVe et le XIXe siècle.

Prenons l’avenue Charles de Gaulle puis tournons à droite, rue du Parchamp.

L’école Saint Joseph du Parchamp

Les sœurs de Saint-Joseph-du-Bourg fondent l’école Saint-Joseph-du-Parchamp dans la décennie 1870. L’école peut accueillir 250 jeunes filles. Apparemment, les éléments les plus intéressants sont les arcades sur colonnes à chapiteaux entourant la cour intérieure. Ils ne sont donc pas visibles depuis la rue…

Faisons maintenant demi-tour sur la rue du Parchamp.

La cour du puits

Cette petite cour semble avoir échappé à la forte urbanisation de Boulogne au XIXe siècle. Un puits s’y cache et révèle l’ancienne disposition des habitations : des logements, lieux de stockage agricole et ateliers autour d’une cour centrale.

Continuons tout droit, rue de l’Abreuvoir. A droite, la rue des Victoires mène au parc de Boulogne Edmond de Rothschild.

Le parc de Boulogne Edmond de Rothschild

Le banquier James de Rothschild fait aménager ce domaine au milieu du XIXe siècle. En 1856, il se fait construire un château à la place d’une habitation du XVIIIe siècle. Quelques années plus tard, sir Joseph Paxton réalise le projet qui donne naissance au parc du château. Le peintre Eugène Lami dessine un jardin français, tandis que le baron Edmond de Rothschild fait appel à un marchand de bonzaïs qu’il a rencontré lors de l’Exposition universelle de 1900 pour aménager un jardin japonais. La construction de l’hôpital Ambroise Paré en 1969 et du raccordement du périphérique et de l’autoroute A13 en 1974 ampute le parc, qui devient propriété de la ville de Boulogne-Billancourt en 1982. Un lac avec grotte et cascades se trouve au centre du parc de 15ha, où le jardin japonais se cache. Il se trouve au fond du parc, autour de deux ponts rouges.

pont rouge au milieu des arbres
Petite promenade au Japon…

Le musée Paul Belmondo

En 2010, la Ville de Boulogne-Billancourt crée un musée exposant des œuvres du sculpteur Paul Belmondo. Elle l’installe dans le château Buchillot, une folie datant du XVIIIe siècle. L’édifice se compose d’un corps central et de deux ailes. Des mascarons ornent la façade, annonçant peut-être la future activité du site. Au XIXe siècle, James de Rothschild incorpore progressivement plusieurs terrains autour du château Buchillot. En 1951, il se retrouve inscrit à l’inventaire des monuments historiques pour ses façades et sa toiture. Mais il est dans un mauvais état et sa localisation près de l’autoroute n’attire pas les éventuels acquéreurs. En 1982, la Ville de Boulogne-Billancourt en fait l’acquisition. C’est en 2007 qu’elle lui trouve sa vocation : accueillir le musée Paul Belmondo.

château du 18e siècle avec deux ailes et deux statues devant
Deux statues annoncent le thème du musée.

Paul Belmondo naît à Alger en 1898. Son père est forgeron et il habite à côté d’un marbrier. C’est sûrement pour cette raison que le fils il prend goût à la sculpture. Il suit d’abord des études d’architecture à l’Ecole des beaux-arts d’Alger puis continue ses études à Paris. Il suit l’enseignement du sculpteur figuratif Charles Despiau et remporte ses premiers succès dans l’entre-deux-guerres : grand prix artistique d’Afrique du Nord et prix Blumenthal (prix artistique que décerne une organisation philanthropique de 1919 à 1959). L’Etat lui passe des commandes, par exemple pour le palais de Chaillot en 1937 ou le pavillon de la France à l’Exposition universelle de New-York en 1939.

Après la Seconde Guerre mondiale, Paul Belmondo devient professeur à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, puis membre de l’Institut de France. Il continue son œuvre entre classicisme et modernité. Il réalise par exemple la copie de la statue La Danse de Jean-Baptiste Carpeaux à l’Opéra de Paris, l’original se trouvant au musée d’Orsay. Après sa mort en 1982, il représente avec Maillol la sculpture figurative du XXe siècle dans le jardin des Tuileries.

Si la ville prend la décision d’ouvrir un musée Paul Belmondo, c’est parce-que les héritiers du sculpteur lui donnent la quasi-totalité de ses œuvres. Forcément, ça aide ! Reste à la Ville de trouver un lieu où l’on peut présenter toute cette collection. Les architectes Karine Chartier et Thomas Corbasson réaménagent l’intérieur du château. Les sculptures étincellent au milieu de grandes salles blanches tandis que les dessins, plâtres et médailles se cachent dans un cadre plus petit et sombre. En tout, ce sont 259 sculptures, 900 dessins et croquis et 444 médailles et travaux préparatoires que le public peut admirer dans le musée.

Le musée se trouve au 14, rue de l’Abreuvoir. Plus loin, nous tournons à gauche, rue des Abondances.

Sur les bords de Seine de Boulogne

La synagogue de Boulogne

Le baron Edmond de Rothschild et sa femme financent en 1911 la construction de la synagogue de Boulogne. La communauté juive de la ville se charge quant à elle d’acquérir le terrain. L’architecte Emmanuel Elisée Pontremoli construit un édifice s’inspirant du style byzantin. Il établit un plan centré, avec une salle de culte carrée que recouvre une coupole octogonale. Les murs extérieurs ont peu d’ornementation : on notera tout de même la présence d’une frise de ceps de vigne sous la corniche du toit. A l’intérieur, les décors se composent de motifs géométriques et d’inscriptions hébraïques. La Seconde Guerre mondiale fût fatale pour la communauté et le contenu de la synagogue.

édifice en briques présentant différentes formes et différents volumes
Beaucoup de formes différentes composent cette synagogue.

La maison familiale de Robert Esnault-Pelterie

Dans l’introduction historique de Boulogne-Billancourt, nous avons mentionné l’importance de l’industrie aéronautique pour la ville au début du XXe siècle. C’est ici que Robert Esnault-Pelterie, ingénieur, constructeur et pilote, met en point son premier aéroplane, qu’il teste pour la première fois en 1907. Ce fils d’industriels du textile commença très tôt ses inventions dans l’atelier que son père aménage dans leur logement parisien.

Quand la famille déménage à Boulogne, il bénéficie d’un atelier dans un grand jardin, qui va alors jusqu’à la Seine ! Avec son père, il crée son entreprise au 149 rue de Silly, à Billancourt, en 1905. Quelques années avant la Première Guerre mondiale, il vend son usine et part pour Lyon. Il arrête son aventure industrielle en 1920 et se consacre dès lors à la rédaction d’un livre : l’Astronautique, dans lequel il vulgarise le concept de vol spatial. Un rêve qu’il ne pourra pas réaliser, faute d’un financement suffisant avant la Seconde Guerre mondiale.

Au 35 rue de l’Abondance, il ne reste de la grande propriété familiale qu’un petit bâtiment en briques, pierre de taille et toit en ardoise. Si le livre de parcours touristique de Boulogne-Billancourt ne le mentionnait pas, il serait bien difficile de relier cet édifice à l’histoire de cet acteur majeur de l’aéronautique française ! 

La maison de repos Les Abondances

A quelques mètres de là, au 56 rue de l’Abondance, se dressent les bâtiments de la maison de repos Les Abondances, bien plus imposants. L’architecte Alexandre Barret reconstruit et agrandit le complexe du XIXe siècle en 1894. L’administration occupe le pavillon central, tandis que les pensionnaires logent dans les bâtiments de part et d’autre. Si l’administration occupe le bâtiment en pierre, les pensionnaires n’ont le droit qu’à la brique. Alexandre Barret se sert tout de même de briques de différentes couleurs pour apporter de la décoration à l’ensemble. Notons également l’horloge au-dessus du pavillon central.

corps de bâtiment central avec petite tourelle au milieu sur laquelle se trouve une horloge
Un repos aux airs de campagne…

De là, il est possible de rejoindre la place Rhin-et-Danube en continuant tout droit, où rejoindre le bord de Seine par la droite (ce que j’ai fait) et aller vers le sud pour arriver devant le pont de Saint-Cloud.

petit chemin sous les arbres au bord de l'eau
Petite promenade en bord de Seine, toujours à Boulogne-Billancourt !

Le pont de Saint-Cloud

Dans la revue L’Architecture d’aujourd’hui, André Morizet explique l’importance de Boulogne-BIllancourt en tant que sortie sud-ouest de Paris. Pour ce faire, il fait construire, à partir de 1937, le pont de Saint-Cloud. Celui-ci doit permettre de relier Paris à l’autoroute de l’Ouest. L’architecte Théo Sardnal construit un pont de sept travées, traversant la Seine sur 186 mètres. Ce n’est pas le premier pont de Saint-Cloud, loin de là ! En effet, il y avait déjà un pont au XIIe siècle.

Continuons notre promenade au bord de Seine, quai Alphonse Le Gallo.

L’usine Le Matériel Téléphonique

S’il ne reste rien de l’usine de Robert Esnault-Pelterie, les bâtiments de l’Usine Le Matériel Téléphonique se dressent toujours au 46, quai Alphonse Le Gallo. G. Aboilard fonde l’usine treize ans après l’invention du téléphone par Alexander Graham Bell, en 1876. En 1911, l’usine prend comme nom Le Matériel Téléphonique et commercialise un système central téléphonique automatique, que l’on retrouvait dans les centraux parisiens. Le Matériel Téléphonique fît construire ces bâtiments de 1925 à 1928. Ce ne sont pas moins de 6000 personnes qui travaillaient dans ces locaux. En 1976, Thomson CSF Téléphone rachète les bâtiments. Cinquante ans plus tard, ils pourraient devenir un campus d’entreprises.

Intéressons-nous à ces bâtiments, dont nous ne connaissons malheureusement pas l’architecte. Il s’inspira sans doute d’immeubles américains. Deux tours à dômes rectangulaires encadrent un corps de bâtiment de quatre étages. Les façades se composent de larges fenêtres éclairant les ateliers. L’ensemble va de la Seine jusqu’à la rue de Sèvres, où les ateliers sont faits de béton et de briques.

grand bâtiment blanc avec très nombreuses fenêtres
Je pense que l’intérieur est suffisamment éclairé !

En continuant la promenade le long du quai Alphonse Le Gallo, on découvre deux immeubles des années 1960, construits par Jean Ginsberg et Bernard Zehrfuss. Ils se trouvent respectivement aux 21 quai Alphonse Le Gallo, 16, 18 et 20 rue de Sèvres.

immeuble avec des balcons tout le long de la façade
Il y a un peu de couleur pour rompre l’homogénéité de la façade de cet immeuble.

L’école Jean-Baptiste Clément

L’école située au 36 bis rue de Sèvres porte le nom de l’auteur du Temps des Cerises, né en 1836, peut-être dans un moulin à eau flottant près du pont de Saint-Cloud. L’architecte Jacques Debat-Ponsan construit cette école en 1930 avec comme mot d’ordre “De l’air et de la lumière”. Il réalise un bâtiment en béton armé qui s’organise par des lignes nettes. Il aménage un préau sous lequel débute un escalier qui rejoint les salles de classes. Les couloirs se trouvent au nord et desservent les salles de classes qui sont au contraire toutes du côté sud. Parfait pour l’éclairage, mais peut-être moins pour la température dorénavant ! Mais il a dû penser aux deux mois de vacances se déroulant lors de la période la plus chaude.

L’habitat communautaire du 14 rue de Sèvres

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs familles fondent une association : l’Habitat communautaire. Leur but est simple : mettre en place une organisation communautaire dans leur logement afin de d’améliorer leurs conditions de vie. L’association fait appel à l’architecte Raymond Adda pour construire cet ensemble de logements. L’architecte livre le dernier en 1955 et aménage des cuisines-laboratoires, plusieurs emplacements de rangement, des vides-ordures qui évitent de descendre pour jeter la poubelle… Un parc de 6000 m² entoure l’ensemble. L’association Habitat communautaire ne s’arrêta pas là et proposa à ses membres des activités festives et culturelles ou des services communs.

De retour à la place Rhin-et-Danube, nous rejoignons le square Léon Blum par la route de la Reine.

L’ancien Billancourt

Le square Léon Blum

Le square Léon Blum était à l’origine le jardin de la mairie. Une fonction qu’il a conservé jusqu’en 1934. On y trouve plusieurs statues : la Fontaine des Nymphes d’Émile Peyre, la fontaine d’Echaillon d’Eugène Molineau et la Fontaine du rire, du sculpteur boulonnais Paul Moreau-Vauthier.

La rue de l’Ancienne mairie nous amène devant l’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus.

L’église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus

Je vois cette église à chaque fois que je vais faire des courses après le travail, il est enfin temps de la visiter ! L’architecte Paul Legriel construit une première chapelle en 1911, avec des influences Art nouveau. Malheureusement, il n’y en a plus de traces aujourd’hui ! En effet, nous nous trouvons à l’époque dans un quartier populaire à la démographie galopante. Le cardinal Dubois et l’abbé de la paroisse lancent un concours en 1925 dans le but de bâtir une église plus grande. Charles Bourdery remporte le concours avec un projet d’église avec une entrée monumentale et un tour-clocher, s’inspirant du style gothique. Quatre ans plus tard, le constat est amer. Le projet avait bien retenu l’attention de tous, jusqu’à remporter le concours, mais c’est parce-que l’architecte avait vu trop grand et trop cher ! Un projet finalement inadapté aux capacités de la paroisse.

En 1931, le cardinal Verdier lance les Chantiers du cardinal, afin de promouvoir la construction et l’entretien des églises de Paris et de sa région. Avec l’abbé Maurice Brasdu, ils réunissent des fonds pour reprendre les travaux. Charles Bourdery va pouvoir reprendre son travail, mais on le prie de modérer ses ardeurs ! La tour-clocher domine bien les environs du haut de ses 35 mètres, mais l’édifice présente cette fois un plan basilical. Des briques rouges couvrent les murs extérieurs tandis qu’à l’intérieur, on remarque le béton, l’autre matériau de construction de l’église.

A l’extérieur, une statue de sainte Thérèse présente le Christ en croix aux passants. L’auteur de cette statue est Jean Lambert-Rucki, un sculpteur d’origine polonaise habitant rue Campagne-Première, dans le quartier de Montparnasse. A l’intérieur, il réalise le chemin de croix, les sculptures des chapelles et le Christ en croix près de l’autel. Les statues illustrent des thèmes ouvriers, en lien avec le public que l’église se destine à accueillir. Les vitraux utilisent un procédé novateur à l’époque : la technique de la dalle en verre, qui consiste à enchâsser des morceaux de verre dans un réseau en ciment.

A quelques mètres de là se trouve le square des Frères Farman.

Le square des Frères Farman

Le square des frères Farman se tient à l’emplacement d’immeubles détruits par des bombardements durant la Seconde Guerre mondiale. Il porte le nom de trois pilotes et industriels de l’aéronautique. Maurice, Henri et Dick Farman avaient leur usine au 167 rue de Silly. Le principal élément d’intérêt du square, ce sont ces quatre lions, répliques en fonte de statues égyptiennes se trouvant au Louvre. A l’origine, ces répliques se trouvaient à l’Institut de France mais la ville de Boulogne-Billancourt les a achetées pour les placer dans le square des frères Farman.

Au bout de la rue de l’Ancienne Mairie, tournons à droite, rue Gallieni.

La villa des Platanes

A quelques mètres du square des frères Farman, cette charmante cour aux airs de campagne se cache derrière un portail, au numéro 160. Il y a un peu moins d’un siècle, il y avait des vignes ici. Puis le viticulteur décida, en 1933, de faire construire ces habitations autour d’une petite ruelle. Six maisons en briques se dressent donc ici, chacune comprenant quatre pièces, une cuisine et une cave dans un rez-de-chaussée et un premier étage. Un petit jardin sépare chaque maison de la cour.

Tournons à droite, rue de Silly, puis à gauche, rue Reinhardt.

Une blanchisserie au 42 rue Reinhardt

Dans le paragraphe historique, nous avons parlé de l’industrie aéronautique. Mais avant cela, nous avons mentionné une autre activité : les blanchisseries. En effet, deux siècles avant les premier avions, elles fleurissent au nord de Boulogne. Au début du XXe siècle, des blanchisseries artisanales voient le jour à Billancourt. C’est le cas de la blanchisserie devant laquelle nous nous trouvons, qui date de 1909. Avec un atelier et un logement, c’est un témoin représentatif des blanchisseries de Billancourt.

maison couverte de briques rouges et jaunes
Mis à part la fenêtre en bas à gauche, cette maison semble assez commune et on ne devinerait pas l’ancienne blanchisserie !
maisons couvertes de briques et de plantes grimpantes
Après la Campagne à Paris, la Campagne à Boulogne-Billancourt ! Ici au 38 rue Reinhardt.

Nous faisons ensuite demi-tour, tournons à gauche, rue de Silly, puis de nouveau à gauche, rue Fernand Pelloutier.

Une maison de maître au 17 rue Fernand Pelloutier

En 1909 également, A. Chauchat, architecte boulonnais, construit cette maison pour l’entrepreneur Boniface Roffi. Il utilise pour cela la pierre meulière et décore l’ensemble par une alternance de briques rouges et jaunes.

Au bout de la rue Fernand Pelloutier, nous tournons à droite, rue de Billancourt, et rejoignons rapidement le numéro 151.

L’ancienne usine Elizabeth Arden

Au début du XXe siècle, une blanchisserie se trouvait ici. Puis en 1936, les établissements de parfum Elizabeth Arden rachètent la blanchisserie, font surélever le bâtiment et y installent une usine. L’édifice se compose d’un soubassement en pierre puis de grandes travées. Une ossature de linteau de métal et l’utilisation de briques rouges, peu chères et légères, permettent d’aménager de larges baies pour faire entrer la lumière.

Ensuite, la rue Carnot est la première rue à gauche. Nous nous arrêtons devant le numéro 61.

Un HBM rue Carnot

Au tournant du XIXe siècle vers le XXe, plusieurs lois, telles que la loi Siegfried de 1894, la loi Strauss de 1906 ou la loi Ribot de 1908, encouragent la construction de logements sociaux. Ainsi, la fondation philanthropique Pomar-Mariategui fait construire ici, en 1929 par l’architecte G. Laurent, un hébergement bon marché. Deux immeubles se font face de part et d’autre de la cour. L’ossature en béton, visible, délimite plusieurs espaces que des briques rouges remplissent. Les ferronneries apportent un petit peu d’éléments décoratifs à ces deux immeubles.

Remarquons, de l’autre côté de la rue Carnot, l’immeuble également en briques, mais bien moins austère.

Le groupe scolaire Billancourt

Le groupe scolaire Billancourt, au 174 rue de Billancourt, comportait une école maternelle pour garçons et une autre pour filles. L’architecte municipal Ferdinand-Georges Loiseau la construit pendant la Première Guerre mondiale. Ce n’est toutefois pas la meilleure période pour la construction ! L’école se situe au centre des bâtiments. L’architecte utilise des briques et des pierres blanches et fait appel à la maison Gentil et Bourdet pour la réalisation d’une mosaïque en céramique pour annoncer “Groupe scolaire 1914-1916”.

Tournons ensuite à gauche, avenue du Général Leclerc.

Un HBM avenue du Général Leclerc

Dans une ville ouvrière, la construction de logements sociaux est un très bon argument électoral. Mais déjà dans la première moitié du XXe siècle, les promesses électorales s’oublient au gré des envies une fois l’élection terminée. Ainsi, André Morizet ne fait pas preuve d’une grande motivation quant il s’agit de construire des logements sociaux. C’est cependant ce qu’il fait ici, en 1929, sur un terrain qui lui appartient.

L’Office public d’habitations à bon marché du département de la Seine fait appel à l’architecte Jacques Debat-Ponsan pour construire un ensemble de HBM. Ceux-ci comportent 73 appartements avec salles de bains et ascenseurs. Cependant, l’immeuble est orienté côté nord. L’architecte va donc aménager les pièces de vie côté cour, afin qu’elles bénéficient d’un meilleur ensoleillement. Il emploie une ossature en béton armé et recouvre la façade de briques rouges, décidément caractéristiques des HBM ! L’immeuble est assez banal, avec des fenêtres carrées, de hautes ouvertures laissant deviner les ascenseurs et des balcons à l’angle.

Tournons à droite, rue Liot puis de nouveau à droite, rue du Hameau Fleuri.

La rue du Hameau Fleuri

S’il ne reste pas grand chose du hameau fleuri, du moins le nom de la rue témoigne de la présence ancienne de la campagne en ces lieux. La bourgeoise locale venait s’y reposer le week-end. Mais tout cela prit fin en 1910, lorsque les usines Renault s’agrandirent et mirent un terme à ce lieu bucolique. Dans la rue du Hameau Fleuri se trouvent désormais plusieurs immeubles sur lesquels les briques forment divers motifs décoratifs. Le marché couvert, de l’autre côté de la rue, est sûrement ce qui fait le plus penser à une ambiance de campagne.

Nous rejoignons par la gauche la rue du Vieux Pont de Sèvres, que nous prenons à droite, jusqu’à la rue Yves Kermen. Nous tournons à droite dans cette rue, puis à gauche, avenue du Général Leclerc.

Un quartier moderne : le quartier Seguin – Rives de Seine

Dans cette partie, on change complètement d’atmosphère puisque nous visitons l’un des quartiers les plus modernes que l’on ai jamais vu sur le blog ! 

Le quartier du Pont de Sèvres

Le quartier du Pont de Sèvres est typique de l’urbanisme des décennies 1960 et 1970. De récents aménagements ont permis de le relier au Trapèze, dont nous allons parler juste après, et à l’île Seguin. On aurait désormais peine à croire que le quartier fût un jour classé comme une zone urbaine sensible !

Depuis l’avenue du Général Leclerc, marchons en direction du sud-est. Une passerelle mène à la place Georges Besse.

La crèche de la girafe

Au pied de la tour Horizons, une girafe pointe le bout de son nez. On la voit depuis le passage qui vient du pont de Sèvres, ainsi qu’un ours blanc. Hondelatte et Laporte, qui ont construit cette crèche peu avant 2012, ont voulu créer un lieu enfantin, ce qui va plutôt bien avec la fonction du bâtiment. La crèche a obtenu le label “Zéro énergie Effinergie”, notamment grâce à l’utilisation de brise-soleils en casquette tout en profitant de l’orientation côté sud pour la luminosité.

girafe dont le cou et la tête dépassent du bâtiment au pied de la tour horizons
Une girafe s’est échappé du zoo. Vincennes est pourtant loin !

La tour Horizons

L’architecte Jean Nouvel construit la tour Horizons de 2009 à 2011. Elle se compose de trois parties distinctes, qui sont en fait trois bâtiments empilés. Comme l’explique Jean Nouvel sur son site, il cherche à proposer ici une nouvelle vision de l’immeuble de bureaux, sur lequel il crée des horizons fictifs et des terrasses marquant les différences entre les trois espaces.

C’est moins monotone que les gratte-ciel de la Défense !

Le pavillon des Projets

L’architecte Norman Foster est une figure de l’architecture high-tech et remporte le prix Pritzker en 1999. Il construit l’immeuble Khapa, au rez-de-chaussée duquel se trouve aujourd’hui le pavillon des Projets. Le but de cet espace est de présenter au public un ensemble d’urbanisme et d’architecture durables tel qu’il s’exprime dans le quartier. Il comprend également une partie historique traitant des anciennes usines de Renault. Ainsi qu’une petite animation qui nous fait prendre un peu de hauteur pour avoir une belle vue sur tout le quartier. Ce que permet également la maquette devant la vitrine, d’une autre façon.

Métal 57

Nous avons déjà parlé plusieurs fois des ateliers Renault dans cet article. En 1984, Claude Vasconi livre ici un bâtiment pour accueillir l’atelier de métallerie industrielle de Renault. Dominique Jakob et Brendan MacFarlane le transforment, en 2004, en un centre de communication. En 2021, Dominique Perrault réhabilite le bâtiment. Il adjoint à celui-ci un immeuble neuf, portant la surface de l’édifice à 37 000 m², afin d’accueillir des bureaux, un auditorium, ou encore un jardin potager urbain. Dominique Perrault conserve les traces de l’activité passée du site. En effet, il conserve les sheds (toitures à redents), les poteaux en béton et refait la structure métallique à neuf. L’édifice est résolument moderne : il aménage une rue intérieure servant de puits de lumière, aménage des vitrages électrochromes qui se teintent en fonction de l’ensoleillement et utilise du zinc micro-perforé pour réguler la température tout en laissant la lumière pénétrer à l’intérieur.

bâtiment avec façade en verre et toiture à redents
Reconnaît-on l’ancien atelier des usines Renault ? Autre question, pourquoi « 57 » ?

En plus du jardin partagé permettant d’impliquer les salariés travaillant dans l’immeuble dans la production de légumes en circuit très court, le bâtiment met l’accent sur une approche responsable. Ainsi, une zone où se trouvent des habitats pour la biodiversité occupe une partie du toit terrasse. De plus, le vitrage a été pensé pour réduire le risque de collision par les oiseaux en raison de la transparence habituelle du verre. Enfin, le bâtiment réutilise des matériaux de l’édifice précédent et expérimente en son sein des principes d’économie circulaire en son sein. Beaucoup de thématiques à l’ordre du jour !

Quelques explications de certains termes s’imposent avant de continuer.

Le vitrage électrochrome est un vitrage qui se compose de cinq couches de matériaux sur un panneau de verre. On applique une faible tension électrique, qui provoque le transfert de lithium d’une couche à l’autre. Cela entraîne un changement de couleur du vitrage parmi huit teintes possibles. Cela permet également de réguler la chaleur et la lumière sans utiliser de stores ou de volets, et de réduire les besoins en climatisation ou en chauffage, améliorant ainsi l’efficacité énergétique des bâtiments.

L’île Seguin

Petite histoire de l’île

Au Moyen-Âge, l’île Seguin dépend de la ferme de Billancourt. Des fermiers cultivent la terre. Louis XIV fait construire un premier pont en bois traversant la Seine au niveau de la pointe aval de l’île. Cela lui offre une alternative à la route par Vaugirard, Issy et Meudon, ainsi que celle par Boulogne et Saint-Cloud, pour rejoindre Versailles. En 1795, le chimiste Armand Seguin achète l’île afin d’y établir une tannerie où il met en place une nouvelle méthode de tannage du cuir. Au cours du XIXe siècle, l’île devient un lieu de villégiature pour les artistes, et aussi un lieu de loisirs. Louis Renault en fait l’acquisition en 1919, y construit des usines dix ans plus tard. Celles-ci ferment en 1992.

Depuis 2010, ce haut lieu de l’industrie européenne est de nouveau accessible au public. Elle retrouve peu à peu sa vocation culturelle et de loisirs. 

La Seine Musicale

A la pointe aval de l’île Seguin, la Seine musicale se dresse fièrement depuis 2017. L’architecte japonais Shigeru Ban, qui a remporté le prix Pritzker en 2014, le conçoit avec Jean de Gastines. Ils élèvent l’Auditorium dans une coque en bois et en verre. Des panneaux photovoltaïques suivent la course du soleil sur des rails. A l’intérieur, l’Auditorium peut accueillir 1150 personnes pour assister à des spectacles d’orchestres aussi bien de musique classique que de musique contemporaine. La Grande Seine peut quant à elle accueillir 6000 personnes pour différentes représentations, telles que des concerts, des comédies musicales, des pièces de théâtre ou des conférences.

Et s’il y a une Grande Seine, il y en a aussi une Petite. Sous l’Auditorium, elle peut rassembler 200 personnes dans une ambiance plus intimiste. En plus de ces trois salles, on trouve un studio d’enregistrement, des salles de répétitions, des restaurants, des commerces culturels… S’y produisent Insula Orchestra, un orchestre en résidence, la Maîtrise des Hauts-de-Seine, ainsi que l’Académie musicale de Philippe Jaroussky. Un grand escalier permet de rejoindre le jardin Bellini, sur le toit, qui offre un beau point de vue sur le quartier Seguin.

auditorium de la seine musicale dans une coque en bois et en verre
L’île Seguin a bien changé par rapport à la photo de 2011 se trouvant sur la page Wikipedia la concernant !

Le prix Pritzker est un prix d’architecture qu’un jury indépendant décerne annuellement. Jay Pritzker et sa femme le créent en 1979 pour récompenser le travail d’un architecte ayant eu un apport significatif à l’architecture par ses réalisations.

Les ponts de l’île Seguin

Comme vu précédemment, Louis XIV fait construire un premier pont. Depuis, l’eau a coulé dans la Seine et ce sont cinq ponts qui rejoignent l’île Seguin.

Le pont Renault

Marc Barani construit le pont Renault qui parcourt d’un seul jet les 205 mètres qui séparent l’île Seguin de la rive de Sèvres.

Le pont Daydé

Ce pont porte le nom de l’entreprise qui l’a construit en 1928. Il servait de point d’entrée et de sortie aux usines Renault, mais aussi de lieu de manifestations des ouvriers. 2016 a été pour lui l’année de sa rénovation, qui lui a permis de gagner une nouvelle jeunesse.

Le pont Seibert

Le premier pont Seibert est construit en 1931. Il relie les usines Renault, l’île Seguin et le bas Meudon. Mais en 2018, on remarque une forte corrosion de l’acier qui le compose. Le groupement d’architectes RCR Arquitectes, qui a remporté le prix Pritzker en 2017, et l’agence AEI le reconstruisent. Il permet de relier le futur pôle artistique et culturel de l’île Seguin à la ville de Boulogne-Billancourt.

La passerelle sud de l’île Seguin à la berge de Sèvres

Ce sont les ateliers de Jean Nouvel qui ont conçu cette passerelle de 97 mètres de long ne reposant sur aucun pilier intermédiaire. Une barge l’a transportée jusqu’ici depuis une usine alsacienne où six mois furent suffisant pour terminer l’ouvrage.

La passerelle de la Seine musicale

Jean-Marie Duthilleul construit cette passerelle reliant la Seine musicale à la gare du Grand Paris Express. Je n’ai pas fait attention à la gare, par contre la passerelle arrive (ou démarre selon le point de vue) devant la tour Horizons.

Le pôle artistique et culturel de l’île Seguin

Du côté amont de l’île Seguin, le paysagiste Michel Desvigne s’est associé à plusieurs cabinets d’architecture (RCR Arquitectes, CALQ Architecture et Baumschlager Eberle) afin d’aménager un grand pôle culturel. L’ouverture est imminente en ce début d’année 2026 et l’on pourra profiter d’un centre d’art pluridisciplinaire, d’un cinéma, d’un hôtel. Des bureaux verront également le jour. Les architectes ont voulu faire de ce complexe un lien entre Boulogne-Billancourt, Meudon et Paris. Il sera principalement tourné vers l’art contemporain. D’ailleurs, chacune des 221 chambres du futur hôtel abritera une œuvre originale d’art contemporain. Une tendance artistique qui se retrouve dans l’architecture, qui fait paraître l’hôtel comme une structure en mouvement.

Ce pôle artistique, ainsi que la Seine Musicale, s’inscrivent dans la Vallée de la Culture. Ce projet a été initié en 2008, afin de mettre en valeur la boucle de la Seine entre Issy-les-Moulineaux et Suresnes. Pour ce faire, le projet vise à promouvoir la richesse naturelle, architecturale et culturelle du lieu.

Retournons maintenant à Boulogne-Billancourt et marchons dans le parc qui se trouve à droite.

Le quartier Rives de Seine

Le parc de Billancourt

L’agence Ter a aménagé ce parc du 7 ha. Il offre bien plus que de la verdure et des aires de jeux au quartier. En effet, ses sols perméables et la conception des jardins permettent un bon stockage de l’eau. Plusieurs milieux sont présents, en fonction du besoin en eau des plantes. De plus, des vannes permettent de créer, au besoin, un plus grand espace de rétention d’eau. En 2021, l’Agence régionale de la biodiversité récompense le jardin avec le label EcoJardin. Ce sont 23 espèces d’oiseaux qui profitent ici d’une végétation très riche.

Le Macro-lot B4

Cette parcelle en trapèze se trouve au milieu de plusieurs espaces végétalisés. En retrait par rapport aux autres ilôts, il dégage un parvis qui peut servir de place de village. Les architectes Brenac et Gonzalez, qui ont réalisé le projet, le décrivent comme “des rochers dans un jardin zen”. On ne doit pas avoir vu la même chose ou je ne dois pas avoir assez d’imagination… Le Macro-lot B4 se compose de logements, commerces et bureaux, ainsi que de l’église Saint-François-de-Sales. Les architectes ont recouvert l’édifice de zinc prépatiné. Il se trouve entre l’avenue Emile Zola, la rue Marcel Bontemps et la traverse Jules Guesde.

Tournons à gauche, traverse Jules Guesde.

Le groupe scolaire des Sciences et de la Biodiversité

Ce groupe scolaire a pour vocation d’éduquer les enfants à l’observation de la nature et aux problématiques environnementales. Pour ce faire, les architectes ont intégré la biodiversité dans la conception du bâtiment. Cela facilite la mise en place d’ateliers pédagogiques. Par exemple, les élèves peuvent expérimenter le jardinage ou faire des observations scientifiques. Le groupe scolaire des Sciences et de la Biodiversité fait partie d’un réseau international d’observation dans le cadre de l’inventaire naturaliste Grooves de l’Agence régionale pour la biodiversité. Il se trouve dans un quartier très moderne et le bâtiment semble être un empilement de parallélépipèdes plus ou moins anarchiques.

Continuons jusqu’à la place Jules Guesde.

La place Jules Guesde

Cette place porte le nom de place Centrale, puis place Nationale en 1880. André Morizet la renomme en hommage à Jules Guesde, le responsable de mouvements ouvriers. Elle a en effet un fort lien avec le monde ouvrier puisque les salariés de Renault se sont beaucoup rassemblés sur cette place.

Le lycée Simone Veil

Le lycée Simone Veil a pris la place d’une usine de Renault, dont elle a conservé la porte d’entrée. Selon les concepteurs du projet, elle symbolise le passage du monde de l’industrie à celui des nouvelles technologies et autres industries du futur. La conception du bâtiment est moderne et l’a doté de brises-soleils par exemple.

L’ancienne sirène Renault

La ville de Boulogne-Billancourt fait l’acquisition de cette ancienne sirène de Renault lors d’une vente aux enchères en 2009. Des collectionneurs privés se chargent ensuite de sa restauration. La ville la place enfin au milieu d’un square occupant le centre de la place Jules Guesde, faisant le lien avec le passé ouvrier du site. Une face présente l’histoire de la place, tandis qu’une autre évoque la célèbre 4CV.

sirène composée de haut-parleurs sur une petite tourelle métallique
Ca aurait quand même été mieux une 4CV comme souvenir de Renault !

Pour rejoindre le prochain quartier, il va falloir marcher un peu. Tout d’abord, sur la rue du Pont du Jour, puis à gauche, rue de Solférino. Nous continuons tout droit, rue du Dôme, jusqu’à l’église Notre-Dame de l’Immaculée Conception, au numéro 63.

Le quartier du Point du Jour

Le XXe siècle au quartier du Point du Jour

L’église Notre-Dame de l’Immaculée Conception

Une première chapelle voit le jour en 1834 et dépend de l’église d’Auteuil. Elle devient paroisse en 1860, alors que Boulogne et Billancourt s’unissent. En 1903, l’architecte Georges Pradelle agrandit l’édifice pour faire face à l’augmentation de la population. Mais les bombardements de 1942 contre les usines Renault détruisent l’église. En 1946, on construit une église en bois, mais un incendie la détruit en 1966. L’architecte Maurice Grandjean bâtit un édifice en béton sur un plan rectangulaire, avec une nef à tribune. L’église se dote d’un campanile à trois cloches. Isabelle Rouault réalise des vitraux abstraits que pourront admirer les fidèles qui peuvent assister à la messe à partir de 1968.

Un passage mène à la résidence du Point du Jour. La rue du point du jour divise l’ensemble d’immeubles en deux.

La résidence du Point du Jour

Alors que la Seconde Guerre mondiale vient de se terminer, la décision est prise de remplacer à Boulogne-Billancourt les usines polluantes par des immeubles d’habitation. Les usines Salmson inaugurent ce grand déménagement. En 1957, l’architecte Fernand Pouillon, auteur d’une curieuse maison d’apparence médiévale sur l’île de la Cité à Paris, établit les plans d’une résidence comprenant plus de 2200 logements. Les bâtiments s’organisent autour de cours. Les immeubles qui suivent l’axe est-ouest sont plus hauts tandis que ceux qui suivent l’axe nord-sud sont longitudinaux et leurs façades présentent des lignes horizontales. On peut accéder à la rue Neuve par une porte monumentale, qui se trouve face à la sculpture de François Stahly. C’est l’exemple le plus intéressant d’architecture d’après-guerre se trouvant à Boulogne-Billancourt.

Nous ressortons du côté de l’avenue Pierre Grenier, que nous prenons en direction du Nord. Le groupe scolaire Ferdinand Buisson se trouve au numéro 29 avenue Pierre Grenier.

Le groupe scolaire Ferdinand Buisson

La ville de Boulogne-Billancourt fait construire cette école en 1929. Cependant, les architectes Emile Cauwet et Jacques Ogé travaillent sur une parcelle étroite, peu pratique. Ils parviennent néanmoins à orienter le bâtiment vers le sud et aménagent les cours de récréation sur les terrasses.

Le square de l’Avre et des Moulineaux

Tout autour du square de l’Avre et des Moulineaux se dresse un ensemble d’immeubles des années 1930 que j’ai trouvé très intéressant. La construction de ces habitations bon-marché attire l’attention de la revue L’Architecte, que dirige Michel Roux-Spitz. L’Office public des habitations à bon marché du département de la Seine fait appel à trois architectes : Paul de Rutté, Paul Sirvin et Joseph Bassompierre. Sur un peu plus de 27500 m² de terrains, ils bâtissent de 1929 à 1932 des immeubles avec une orientation nord-ouest/sud-est. Ils mettent en place une ossature en béton armé, qu’ils remplissent de jaunes de Paris, d’un très bon rapport qualité-prix. Ils revêtent les murs du rez-de-chaussée d’éclats de grès cérame.

Les immeubles témoignent des préoccupations hygiénistes des architectes. Ainsi, chaque logement bénéficie d’eau chaude, de radiateurs, de sanitaires avec bac à laver et douches, de cuisines standardisées… Alors que la décennie 1930 débute, 1000 logements sont présents ici, autour de cours ombragées. Les habitants disposent d’une école et de commerces à proximité.

bâtiments couvert de jaunes de paris, d'éclats de grès cérame et avec une surélévation d'attiques métalliques en zinc
Il y a des ajouts dans cet ensemble de HBM des années 1930 !

A l’origine, il y avait plus d’immeubles mais l’on a détruit les bâtiments centraux pour aménager les cours. Il faut dire qu’on se sentait un peu enfermés au milieu de ces immeubles. Au cours de ce même réaménagement, en 1992, on ajoute des attiques métalliques en zinc pour rehausser les bâtiments et on aménage des parkings au sous-sol, ce qui laisse davantage de place à l’extérieur des bâtiments. Sur les façades, on visualise aussi très bien les ascenseurs.

Après cela, direction le cimetière de Billancourt, au numéro 48 de l’avenue Pierre Grenier.

Le cimetière de Billancourt

Le premier cimetière de Boulogne se trouvait à côté de l’église Notre-Dame des Menus. Le suivant était à l’emplacement de l’hippodrome de Longchamp. A la construction de celui-ci, la ville de Paris dut transférer à ses frais toutes les tombes dans le nouveau cimetière de 1860, route de la Reine. Mais bientôt, il n’y eût plus de place, si bien que la ville ouvrit un nouveau cimetière, à Billancourt cette fois. Mais il fallût d’abord vaincre les réticences liées au choix de l’emplacement du site, près de la Seine et d’une usine. Ce cimetière ouvre finalement en 1889 et fait l’objet de plusieurs agrandissements. Parmi les tombes, on trouve celles d’Albert Kahn et du sculpteur Paul Landowski, qui est d’ailleurs l’auteur du monument aux morts.

Par la suite, nous empruntons le boulevard de la République pour rejoindre la Seine.

La partie moderne du quartier du Point du Jour

L’Espace Lumière

L’atelier de Christian Portzamparc construit cet immeuble de bureaux à l’emplacement des anciens studios de Billancourt. Soit au 48 quai du Point du Jour. L’ensemble se compose d’immeubles en décroché afin que chacun ait une vue sur la Seine, certains reposant sur des pilotis métalliques.

Le quai du Point du Jour

Plusieurs groupes internationaux se sont installés sur ce quai et sur celui d’en face. Ils occupent l’emplacement d’anciens ateliers de Renault. L’architecte Jean-Louis Pujol aménage cette ZAC (zone d’aménagement concerté) au cours de la décennie 1990. Il y installe des bureaux et des logements, que desservent des rues portant le nom de réalisateurs ou de films, en hommage aux anciens studios de Billancourt. Dans ce royaume du verre et du métal, Saubot et Julien construisent une tour pour TF1, avec Pujol ils bâtissent plusieurs édifices sur le quai…

La place Abel Gance

Au 6, place Abel Gance, Viguier et Jodry élèvent un immeuble avec un grand atrium.

Pour atteindre le point de départ de la prochaine partie de la visite, il faut rejoindre le boulevard de la République et s’éloigner de la Seine. Il mène ainsi à la place Marcel Sembat.

Le centre-ville de Boulogne-Billancourt

La place Marcel Sembat

Huit rues se rejoignent sur cette place depuis 1934. Ca fait beaucoup, et en effet, il lui arrive d’être complètement bloquée ! C’est très frustrant… Comme j’y suis longtemps passé tous les jours, j’ai pu remarquer l’immeuble au 3, avenue André Morizet. Des carreaux couvrent toute sa façade et des mosaïques la décorent.

L’immeuble commercial du 148 avenue Jean Jaurès

Ce bâtiment date de 1936 et était un magasin Prisunic. Étant donné que ces magasins dépendaient du Printemps, c’est l’architecte de ce dernier, Georges Wybo, qui construisit ce bâtiment. La façade se compose de pierres blanches et de briques en nid d’abeilles, sous les fenêtres. A l’intérieur, les comptoirs de vente incluaient chacun un poteau porteur.

Tournons ensuite à droite, rue Georges Sorel, puis à gauche, rue de la Belle Feuille.

Le Carré Belle-Feuille

En 1935, André Morizet prévoit de faire construire ici un groupe scolaire. L’architecte Robert Mallet-Stevens se voit confier le projet. Mais le maire puis l’architecte décèdent avant que la construction ne puisse débuter. A la fin de la décennie 1950, le maire Alphonse le Gallo reprend le projet, qu’il confie à l’architecte Georges-Henri Pingusson. Finalement, à l’école et au gymnase a dû s’ajouter une salle de spectacle, le futur Carré Belle-Feuille. L’architecte l’aménagea en sous-sol. Il mit en place une ossature métalliques, qu’il recouvrir de dalles en béton. Les grandes bandes blanches de la façade soulignent l’emplacement des couloirs, tandis que la façade côté cour a une organisation verticale, suivant les rayons du soleil.

Retournons au boulevard Jean Jaurès pour trouver le numéro 140.

Un immeuble de rapport au 140 boulevard Jean Jaurès

L’architecte Bimen Beurekdjian construit ce petit immeuble pour un médecin en 1935. Pour décorer la façade, il emploie des carreaux de quartzite. Le rez-de-chaussée sert au médecin de locaux professionnels, tandis que ses appartements privés se trouvent au premier et au deuxième étages. Les autres étages comportent chacun un appartement avec séjour côté rue et chambre côté cour.

La rue Georges Sorel nous mène, à droite, à l’avenue André Morizet, qui passe devant plusieurs magnifiques bâtiments.

Autour de la mairie de Boulogne-Billancourt

La mairie de Boulogne-Billancourt

bâtiment moderne avec rangée de fenêtres rectangulaires ordonnées
Je suis passé devant trois ou quatre fois par semaine pendant plusieurs années !

Voici une autre mairie de Boulogne-Billancourt, et quelle mairie ! Le projet de nouvelle mairie naît dans les esprits en 1925. Ni une, ni deux, André Morizet envoie des membres du conseil municipal en Belgique, chercher un peu d’inspiration quant à la disposition et l’architecture de la future mairie. Ce sera ainsi la mairie de Schaerbeek, dans la proche banlieue de Bruxelles, qui servira de modèle. Quand on voit les deux édifices de l’extérieur, on a bien du mal à le croire. C’est parce-que nos voyageurs, qui ont eu la chance d’y entrer, en retiennent surtout la commodité du hall central avec des guichets correspondant à  chacun des services de la mairie. L’année suivante, ils partent pour Lyon, avec le même objectif. Ils y découvrent les bâtiments de Tony Garnier, qu’André Morizet voudrait bien faire venir à Boulogne-Billancourt pour construire la nouvelle mairie.

Tony Garnier accepte ce travail et se voit donner comme instructions de construire quelque-chose de simple et de pratique. Le sénateur-maire doit juger les onze projets proposés. Il est pour cela épaulé de son beau-frère Jacques Debat-Ponsan, lui aussi architecte. Tony Garnier reprend l’idée du hall central avec les services alignés, puis met en place deux parallélépipèdes pour accueillir respectivement les services municipaux et les salons d’honneur ainsi que la salle du conseil municipal. La construction dure trois ans, de 1931 à 1934.

Le bâtiment des services, le plus grand, se trouve du côté opposé à l’avenue. Ce vaste édifice est de style fonctionnaliste. La façade en béton présente pas moins de trente-cinq travées, ce qui fait de très nombreuses fenêtres. A l’intérieur, le hall des guichets s’étend sur 65 mètres de long ! Pour la décoration, Charles Bigot réalise des faïences, tandis que Gentil et Bourdet se chargent du carrelage au sol.

Le bâtiment de réception, du côté de l’avenue, offre une façade d’organisation classique. J’ai vu quelques photos de l’intérieur. L’édifice devait peut-être être simple, mais ça avait l’air très joli. Lors de mon passage, il y avait un mariage civil à la mairie. Je sais ce qu’il me reste à faire…

La mairie de Boulogne-Billancourt se trouve au centre de la ville, entre Boulogne et Billancourt. Comme ça, pas de jaloux !

La Poste de Boulogne-Billancourt

L’hôtel des Postes à pris place en face de l’hôtel de ville de Boulogne Billancourt. Pour sa construction, qui se termine en 1938, Tony Garnier recommande Charles Giroud. L’édifice présente une entrée vitrée avec des ferronneries. Les services internes occupent les parties du bâtiment ne se trouvant pas face à l’avenue André-Morizet. Dans les années 1960, on suréleva l’édifice. Je sais d’où je vais envoyer ma prochaine carte postale !

L’annexe Delory

La ville de Boulogne-Billancourt organise un concours en 1936. Le but est de construire un bâtiment pour accueillir pêle-mêle les organismes de soin, de dépistage ou encore de propagande. L’architecte Roger-Léopold Hummel conçoit un projet dans le prolongement de l’hôtel de ville, puisque l’ensemble doit avoir une apparence cohérente. Il présente deux projets, dont un seul respecte les spécifications établies. Finalement, il devra réaliser l’autre projet ! Il bâtit donc un bâtiment de style fonctionnaliste en forme de Z, ce qui augmente la surface des façades. De plus, il profite ainsi d’une orientation sud-ouest/nord-est. Les fenêtres et les plaques de béton longent toute la façade. Cependant, une immense baie vitrée rompt ces lignes, avec un bas-relief au sommet. Un jardin sépare l’édifice médical de l’hôtel de ville. Finalement, la construction du bâtiment se termine en 1946 et devient une annexe d’un lycée, puis accueille divers services municipaux.

L’Espace Landowski

L’Espace Landowski est plus récent que la mairie et la Poste. S’inscrivant dans la continuité des édifices déjà présents, l’atelier sévrien d’architecture Josic le construit au cours de la décennie 1990. Ses façades se composent de grandes baies vitrées et de bandes de béton horizontales. Un curieux élément se dresse non loin de la porte d’entrée monumentale de l’Espace Landowski. C’est une réplique de l’un des arbres que les frères Joël et Jan Martel présentent à l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925. Une souscription publique a permis la réalisation de cet arbre, censé symboliser la modernité de Boulogne-Billancourt. A l’intérieur de ce centre culturel : une médiathèque et deux musées, entre autres.

Ici aussi, un arbre se dresse devant le bâtiment. Mais il est moins facile à repérer…
Le musée des années 1930

En se promenant dans Boulogne-Billancourt, on constate que les années 1930 ont représenté un foisonnement créatif dans l’architecture de la ville. Quoi de plus normal que d’y trouver un musée des années 1930, qui de plus, ne se limite pas qu’à l’architecture ? André Morizet ouvre dans la mairie le premier musée municipal en 1939. Mais ce n’est qu’en 1958 que le public peut y venir pour découvrir, un jour par semaine, des gravures et des cartes postales.

En 1998, le musée s’installe dans l’Espace Landowski. Entre-temps, il s’est enrichi et propose de découvrir trois domaines : les beaux-arts, les arts décoratifs et l’architecture d’une décennie clef pour le patrimoine de la ville.

Pour vous donner une idée, j’ai visité le musée des années 1930 en 1h20.

Le musée Paul Landowski

Paul Landowski naît à Paris, dans le neuvième arrondissement. Il étudie aux Beaux-arts et remporte le grand prix de Rome en 1900. Trois ans plus tard, il participe à son premier Salon des artistes français. En 1906, il s’installe à Boulogne-Billancourt et y reste jusqu’à sa mort, en 1961. Il devient célèbre grâce aux nombreuses commandes privées qu’il effectue avant la Première Guerre mondiale. Après celle-ci, il reçoit plus de quatre-vingts commandes de monuments aux morts, ce qui lui assure du travail régulier ! Sa carrière s’internationalise, avec par exemple le Christ Rédemteur de Corcovado, qui domine la baie de Rio de Janeiro, en 1931. Il devient directeur de l’Ecole des beaux-arts de Paris, où il tente de mettre en place une réforme pour enseigner l’art comme une synthèse de la peinture, de la sculpture et de l’architecture.

Au cours de sa carrière, il exprime un style académique, influencé par la tradition gréco-romaine. Son style est classique, mais empreint d’humanité, représentant des personnages avec force et sérénité. Cependant, certaines critiques lui reprochent de ne pas avoir embrassé les dernières innovations modernistes.

Le visiteur découvre dans ce musée des statues de toutes tailles, aussi bien que des maquettes pour de plus grands projets. En effet, il aurait été compliqué d’amener le Christ rédempteur de Rio de Janeiro jusqu’ici ! La pièce maîtresse du musée est certainement la maquette du Temple de l’Homme, œuvre dans laquelle le sculpteur comptait retracer l’histoire de l’humanité, rien que ça !

La visite dure une vingtaine de minutes.

Nous rejoignons la Grand-Place par la rue Gallieni, à droite, puis en tournant à gauche, rue de la Saussière.

Autour de la Grand-Place

La Grand-Place

Cette place naît dans les esprits en 1989. Il s’agit d’aménager des commerces dans le centre-ville. Ce n’est que dix ans plus tard qu’Alexandre Chemetoff aménage cette place, de 1998 à 2000. On y trouve des cafés et restaurants, un cinéma et des commerces dans une version moderne des passages couverts. Plusieurs immeubles entourent la place, avec chacun des villas à leur sommet.

place entourée d'immeubles contemporains
C’est d’un tout autre style que les Grand-Place de Belgique !

L’immeuble d’habitation à l’angle du boulevard Jean Jaurès et de la rue de la Saussière

L’architecte Pierre Riboulet construit cette résidence universitaire en 2003 (37 rue de la Saussière et 104 boulevard Jean Jaurès). Sa façade se constitue d’un mélange de briques blanches et d’huisseries en bois verni. Cet ensemble vient apporter un renouvellement de population dans le centre-ville de Boulogne-Billancourt.

Nous continuons sur la rue de la Saussière, mais en direction du Nord. Puis nous tournons à droite, route de la Reine.

En route pour le quartier des Princes

Une maison d’Alexandre Barret

Alexandre Barret réalise plusieurs constructions sous le mandat du maire Jacques Clément. Avec cette maison, au 62 route de la Reine, il prouve sa maîtrise de la pierre meulière et de la brique. Cette maison bourgeoise comprend trois chambres familiales, deux chambres de domestiques, et une salle de billard ! Aujourd’hui, elle se perdrait presque dans cette grande avenue passante.

Continuons notre promenade, route de la Reine, puis passons faire un petit tour dans l’avenue Victor Hugo, à droite.

Des mosaïques sur un immeuble

En plus du groupe scolaire Billancourt, voici une autre réalisation de la maison Gentil et Bourdet, qui réalise ici des mosaïques sur cet immeuble au 53 avenue Victor Hugo. Élèves de Victor Laloux à l’Ecole des beaux-arts de Paris, Alphonse Gentil et Eugène Bourdet suivent les travaux d’Alexandre Bigot et Emile Muller pour créer en 1905 leur entreprise de céramique décorative. L’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris en 1925 leur permet de se faire remarquer. Ils rédigent un Manuel d’application des grès de Gentil et Bourdet pour présenter leur travail. Ce manuel permet aux architectes d’apporter un peu de décorations aux façades de leurs immeubles. Mais avec l’avènement de l’architecture moderne qui met l’accent sur le fonctionnalisme au détriment des décors superflus, Gentil et Bourdet se réorientent sur la production de carrelage.

De retour sur la route de la Reine, nous continuons mais tournons à gauche, rue de la Tourelle, peu avant la place de la Porte de Saint-Cloud. Nous commençons maintenant la dernière partie de notre promenade, et pas des moindres !

Le quartier des Princes

Le secteur des stades

Des immeubles collectifs

Constant Lefranc construit l’ensemble d’immeubles au 60-62 rue de la Tourelle pour les compagnies Urbaines et Seine et Urbaine-vie de 1929 à 1931. Je n’ai pas vu la signature de l’architecte, en revanche, on ne peut pas manquer les U des grilles qui ornent les balcons, des grilles… La façade que l’on voit du côté de la rue de la Tourelle, en pierre, présente de nombreux bow-windows. En revanche, côté cour, l’architecte a utilisé des briques rouges et de l’enduit blanc.

immeubles couverts de briques rouges et d'enduit blanc

En face, remarquons l’immeuble Art déco avec sa façade couverte de briques grises. Les éléments distinctifs sont les ferronneries des balcons et des portes, riches en décor, ainsi que les bas-reliefs près des portes d’entrée.

Au 52, rue de la Tourelle, l’architecte Urbain Cassan construit un immeuble d’habitation en 1923 et 1924. Avec un plan en T, l’immeuble a une structure en béton armé, que l’architecte recouvre de pierres. A l’intérieur, il aménage plusieurs types d’appartements (studio ou appartement à plusieurs pièces), ce que souligne la disposition des fenêtres. Les studios se trouvent à droite. Reste à savoir pourquoi il y a cette grande baie vitrée au dernier étage.

Rebroussons chemin sur quelques mètres pour découvrir la rue du Belvédère.

La rue du Belvédère

rangée d'hôtels particuliers illustrant le mouvement moderne
Une rangée d’hôtels particuliers illustrant le mouvement moderne !
Des hôtels particuliers

Raymond Bornay construit un hôtel particulier pour le comte Albert de Pourtalès en 1928-1929 au 5, rue du Belvédère. Cet édifice épouse la courbe de la rue. La façade présente un attique et des pilastres, pas très développés. Cela traduit un style néoclassique. En face, au numéro 4, se trouve la villa Godfray, que Raymond Fischer construit en 1927.

Du numéro 6 au numéro 12, Jean Hillard construit une série de villas de style régionaliste. Il différencie les maisons par l’emploi de briques et d’enduits de couleurs différentes. Néanmoins, elles se composent toutes de deux travées et de deux étages, avec pièces de réception au premier et chambres au second. Cette répétition fait penser aux villes anglaises.

La résidence-atelier de Froriep de Salis

André Lurçat construit cet atelier pour le sculpteur Froriep de Salis en 1927. Au rez-de-chaussée, il aménage le séjour et à l’étage, deux chambres et un atelier, que la grande baie vitrée éclaire. Le jardin derrière l’atelier se prolonge par une terrasse. Avec cet atelier, André Lurçat démontre son savoir-faire et son importance dans le courant moderne.

La résidence-atelier de Dora Gordin

Auguste et Gustave Perret construisent l’atelier de la sculptrice Dora Gordin en 1929. L’atelier fait face à la rue, comme témoignent les grandes baies vitrées. Celles-ci couvrent une bonne partie de la façade en béton armé, qui s’organise en trois travées. Les architectes disposent des briques verticales et horizontales pour décorer la façade. Les pièces privées se trouvent côté jardin.

Tournons à droite, rue du Pavillon.

hôtel particulier blanc avec une petite tourelle d'angle vitrée sur deux côtés
Avec ses grandes fenêtres, cet hôtel particulier (10 rue du Pavillon) a peut-être été construit pour un peintre.

Un hôtel particulier au 1 rue du Pavillon

Marcel-Victor Guilgot construit cet hôtel particulier en 1937 pour l’acteur Albert Préjean. Il réalise une façade concave, reprenant la courbe du rond-point, avec un balcon central convexe. Des différences de tailles entre les niveaux permettent la présence de terrasses. Les entrées se trouvent sur le côté, tandis que la fenêtre centrale se cache derrière des buissons, donnant l’impression d’un mur aveugle !

hôtel particulier avec façade concave et balcon convexe sur une façade semblant aveugle
Un hôtel particulier d’apparence originale !

Allons en direction du Nord, rue Nungesser-et-Coli.

L’immeuble collectif Molitor

Quand j’ai visité la résidence-atelier du Corbusier, un échafaudage recouvrait la façade de l’immeuble ! Mais il restait possible, heureusement, de visiter l’atelier. Le Corbusier construit cet immeuble de rapport de quatorze appartements sur sept étages en 1933 et 1934, entre Paris et Boulogne-Billancourt. Il y exprime ses grands principes, en utilisant des matériaux industriels et standardisés, tels que le béton armé pour la structure et le verre et acier peint pour la façade. Lors de la visite, on constate que cela permet une très bonne luminosité à l’intérieur.

La visite est aussi l’occasion de voir un trop rare intérieur et de découvrir le mobilier que Le Corbusier a installé chez lui. Ils sont un bon exemple de ce qui pouvait se faire dans un appartement moderne. Avec cet immeuble, Le Corbusier effectue une transition de son style puriste, qu’il a mis en place dans ses villas, vers un style plus brutaliste qu’il mettra en œuvre après la Seconde Guerre mondiale.

Le purisme, théorisé par Amédée Ozenfant et Le Corbusier, apparaît en 1918 dans le prolongement du cubisme. Ce style se base sur une clarté formelle, avec des formes géométriques simples et des volumes lisibles, une recherche d’harmonie structurelle et un refus de l’ornementation. En architecture, cela se traduit par des volumes épurés, souvent blancs, des façades lisses, des ouvertures organisées rationnellement et une expression structurelle maîtrisée. Le style brutaliste se développe dans les années 1950-1970, en s’inspirant en partie du béton brut mis en œuvre par Le Corbusier dans ses réalisations tardives. Il repose sur l’exposition directe des matériaux, en particulier le béton brut, une monumentalité et massivité des édifices, une structure visible et assumée et un fonctionnalisme radical.

Lors de mes visites de Boulogne-Billancourt, les échafaudages avaient été retirés. Cela m’a donc permis de découvrir la façade de cette immeuble. Elle est assez originale !

bâtiment avec façade en verre et balcons en métal
Un bâtiment qui contraste avec ses voisins et qui semble en avance sur son temps !

Des immeubles collectifs de Jean Fidler

Ce sont deux groupes d’immeubles que Jean Fidler construit ici en 1929 et 1930. Le premier se trouve au numéro 20, tandis que le second se dresse au numéro 14, tous deux dans la rue Nungesser-et-Coli. Le premier immeuble est très simple et se caractérise pas la forte présence d’angles droits. De l’autre côté, rue de la Tourelle, la façade se compose de deux bow-windows triangulaires s’appuyant sur un large balcon. En revanche, le deuxième immeuble se distingue par des formes arrondies et une façade qui serpente, s’étendant ainsi sur une surface plus importante.

immeuble avec façade en pierres et murs qui serpentent
Les murs zigzaguent un peu. Ont-ils trop bu ?

Les immeubles de Fidler et celui de le Corbusier s’admirent également tous trois du côté de la rue de la Tourelle. Celui du 19 rue de la Tourelle se distingue par l’alternance entre deux bow-windows triangulaires et des balcons au milieu. De plus, on profite d’être dans cette rue pour remarquer les immeubles des numéros 24 et 26. Des céramiques couvrent la façade de ces constructions de style régionaliste. Elles forment par endroits des pommes de pins ou autres motifs végétaux.

Un immeuble assez original !

Nous voici de retour sur la place devant l’hôtel particulier du 1 rue du Pavillon. La rue Marcel Loyau nous conduit devant l’hôtel particulier Renard, à l’angle avec l’avenue Robert Schuman.

Au coeur du quartier des Princes

L’hôtel particulier Renard

La famille Renard fait appel à l’architecte Jean-Léon Courrèges pour construire cet hôtel particulier de 1926 à 1928. Les caractéristiques principales de cette vaste demeure sont le toit à grandes combles, les murs en briques, les hautes fenêtres, de style régionaliste, ainsi que les ferronneries et les bas-reliefs végétaux. Deux visages sont placés au-dessus de la fenêtre de gauche. Tous ces éléments expriment le style Art déco encore en vogue dans les constructions privées. Deux appartements se partagent la maison, chacun sur un étage. On y trouve également un atelier. La maison eût un occupant célèbre, puisque André Malraux y habita de 1945 à 1962.

L’atelier de Joseph Bernard

De l’autre côté de l’avenue Robert Schuman, l’atelier de Joseph Bernard se cache, au numéro 24, derrière des bambous. Quand je dis qu’il se cache, il pourrait y arriver s’il n’était pas de couleur orange ! Le sculpteur s’installe à Boulogne en 1921 dans une maison de 1880. Il fait appel à Charles Plumet pour se faire construire un atelier dans le jardin. L’architecte défend une architecture de tradition française et apprécie la sculpture. Ainsi, il commence à collectionner un peu plus tard les œuvres de Joseph Bernard. Jacques Emile Ruhlmann se charge de l’ameublement de l’atelier. On retrouve plusieurs des meubles qu’il conçoit dans le musée des années 1930. Les héritiers de Joseph Bernard offrent l’atelier à la ville de Boulogne-Billancourt en 1990. Mais je n’ai pas l’impression que la ville en ait fait quoi que ce soit pour l’instant, si ce n’est mettre en place une surveillance des lieux.

atelier de couleur jaune orangé partiellement caché derrière les arbres
Ils auraient au moins pu peindre les volets dans la bonne nuance de vert. Il n’y a vraiment aucun effort de camouflage !

L’hôtel particulier Dujarric

Cet hôtel particulier se trouve au 2 rue Salomon Reinach. Construit de 1928 à 1930 pour M. Dujarric de la Rivière, biologiste, et son épouse, organiste, il présente une forme fortement géométrique. Une salle sur deux étages accueillait l’orgue. A l’extérieur, on remarque un jeu de volumes entre retraits au niveau du troisième étage et saillants avec par exemple les balcons du deuxième étage. L’hôtel particulier Dujarric dispose d’un toit terrasse. On y entre par une porte riche de ferronneries aux motifs Art déco.

La rue Salomon Reinach nous mène à la place Denfert-Rochereau.

La bibliothèque et la villa Paul Marmottan

Lors de mon passage, il semblerait que des travaux rendaient la bibliothèque inaccessible. Cependant, en me promenant de nouveau dans le quartier, j’ai pu voir le bâtiment à travers la grille. Étant donné le lien qui existe entre le bâtiment et Paul Marmottan, un portrait de celui-ci s’impose.

Paul Marmottan naît en 1856. Il effectue des études de droit et devient écrivain et chercheur. Il entretient une passion pour ce que l’on appellera plus tard le “style Empire”. Ainsi, il acquiert méticuleusement tous les documents imaginables de cette époque, dont il se sert pour la rédaction de ses articles. A sa mort, il lègue à l’Académie des beaux-arts le musée Marmottan, dans le 16e arrondissement de Paris, et sa bibliothèque, à Boulogne-Billancourt.

Paul Marmottan conçoit lui-même le bâtiment qui abrite sa bibliothèque. Il lui donne bien sûr un style Empire. L’intérieur est ainsi un royaume du style néoclassique. Paul Marmottan possédait plusieurs meubles, tel qu’un bureau ayant appartenu au frère de Napoléon, Joseph Bonaparte, ou deux bibliothèques ayant appartenu au maréchal Lannes.

Le cours Dupanloup

Le cours Dupanloup se trouve au 4, avenue Robert Schuman (accessible par la rue du Château, puis c’est à quelques mètres à gauche). Cette institution catholique, fondée en 1904, s’installe en 1921 dans ce qui fût la propriété du duc Paul de Russie. Il l’avait lui-même achetée à la princesse russe Zénaïde Youssoupov. Il est possible d’apercevoir les bâtiments qui dépassent des hautes grilles entourant la propriété.

Les immeubles régionalistes de la rue Gutenberg

Aux numéros 15, 17 et 19, rue Gutenberg (qui commence au croisement entre la rue du Château et l’avenue Robert Schuman), se trouve un ensemble d’immeubles de style régionaliste. Ils constituent l’investissement immobilier d’un notaire, qui les fait construire en 1929. Ces trois immeubles à la façade en briques présentent de beaux motifs Art déco, avec leurs ferronneries aux fenêtres et porte et dans les bas-reliefs au sommet des bow-windows.

immeubles art déco avec influences régionalistes
Quelle région est représentée ici ?

Les ateliers de la rue des Arts

La résidence-atelier Miestchaninoff

Le Corbusier et Pierre Jeanneret construisent la résidence-atelier du sculpteur Oscar Miestchaninoff en 1924. Depuis la rue des Pins, on en voit juste un bout. Impossible de remarquer qu’elle faisait en fait partie d’un ensemble de trois habitations-ateliers. En effet, une autre résidence-atelier était destinée au sculpteur Jacques Lipchitz et une troisième au graveur Victor Canale. Les trois devaient entourer un jardin et un pont suspendu devaient les relier. Enfin, ça, c’était dans l’esprit des architectes ! Car en pratique, les artistes décidèrent d’y ajouter leur grain de sel. Ainsi, Victor Canale modifia tout le plan original et décida de se retirer du projet !

La résidence d’Oscar Miestchaninoff est celle que l’on aperçoit par la grille. De couleur jaune, on en voit l’escalier cylindrique et la cheminée. De grandes fenêtres éclairent les ateliers qui se trouvent du côté nord, et l’on aperçoit d’en bas un grand toit-terrasse.

atelier moderne jaune caché derrière les arbres
On ne la voit pas très bien depuis la rue !
La résidence-atelier Lipchitz

La résidence-atelier Lipchitz date de la même année. Là encore, l’atelier se situe côté nord et reçoit la lumière par une grande fenêtre. Il possède un grand toit terrasse, ainsi qu’un logement avec vue sur le jardin. Le Corbusier proposa un escalier extérieur, mais Lipchitz préféra un escalier circulaire à l’angle des deux ailes.

Il est possible de voir ces ateliers de plus près, et de les visiter, lors d’une visite guidée sur Boulogne-Billancourt et les années 30. Je ne l’ai pas encore faite, mais c’est prévu ! La résidence-atelier Miestchaninoff est légèrement visible depuis la rue des Pins.

Le bouquet final débute rue Denfert-Rochereau, en direction du nord.

Un joli pavillon

Au 13 rue Denfert-Rochereau, le célèbre organiste Nizan se fit construire en 1909 un manoir, avec une tourelle médiévale. Original, mais peut-être pas autant que la dernière habitation de cet article !

hôtel particulier avec tourelle médiévale
L’arbre n’est pas encore plus grand que le tourelle, mais ça ne saurait tarder !

Un immeuble paquebot

immeuble en forme de paquebot
Il ne manque que les cheminées et nous avons ici un vrai paquebot !

L’histoire de cet immeuble commence par celle d’une maison. En 1927, Le Corbusier construit une villa pour Paul Ternisien, musicien, et sa femme, peintre. Il apprécie le défi posé par la forme triangulaire de la parcelle. Cependant, le projet fera face au manque de budget du couple, ce qui le modifiera fortement. De plus, ils firent appel à un entrepreneur en béton armé peu expérimenté. Cette première partie de l’histoire se termine par un procès envers l’architecte pour malfaçon !

Trois ans plus tard, en 1935, Georges-Henri Pingusson se voit confier par le même couple la mission de construire un immeuble de rapport sur la parcelle. L’architecte moderne conserve la base de la maison, visible à l’angle. Il élève par-dessus un immeuble de quatre étages avec un toit-terrasse. L’angle a une forme de proue arrondie et exprime pleinement le style paquebot. De même, des fenêtres rondes, telles des hublots, éclairent les pièces de service.

Le style paquebot est un style architectural privilégiant les formes géométriques et symétriques, comme l’Art déco, mais s’inspirant de plus particulièrement des paquebots transatlantiques. Ainsi, les formes de l’étrave, des balcons à bastingages en porte-à-faux, les hublots et les toits-terrasse se retrouvent fréquemment dans les immeubles de ce style.

Des hôtels particuliers et villas près du bois de Boulogne

Vous êtes un peu déçus de ne pas avoir pu voir les deux résidences ateliers de la rue des Arts ? En lot de consolation, la rue Denfert-Rochereau se termine par une succession de trois villas d’architecture moderne. Ces trois villas mitoyennes datent de 1926-1927.

La villa Collinet

Tout d’abord, Robert Mallet-Stevens construit la villa Collinet. Cet architecte joue avec les volumes en opposition à la rigueur du formalisme. La villa Collinet se compose donc de cubes prenant place à droite du bloc vertical de l’escalier. En opposition avec cet escalier vertical, de larges fenêtres horizontales prennent place sur la façade et un auvent protège une partie du toit-terrasse, ou encore la porte d’entrée. La villa se compose de quatre étages : le rez-de-chaussée pour les pièces de service, le premier et le deuxième étage pour les pièces de réception, le dernier étage pour les chambres, et un toit-terrasse pour couronner le tout.

La villa Cook

Le Corbusier et Pierre Jeanneret construisent cette villa pour le journaliste américain William Cook. Ils y expriment les cinq points d’une architecture moderne, qu’ils ont théorisés un peu plus tard. En effet, la villa Cook présente une façade libre, un plan libre, une fenêtre en longueur pour faire entrer la lumière, un toit-terrasse et des pilotis libérant plus de place pour le jardin (l’espace a par la suite été aménagé et comblé). La structure en béton et les poteaux porteurs permettent tout cela. Contrairement à Robert Mallet-Stevens avec la villa Collinet, Le Corbusier et Pierre Jeanneret inversent le plan classique et placent les salles de réception au deuxième étage et les chambres au premier. Ils jouent également des contrastes entre les fenêtres horizontales, les pilotis verticaux, l’avancement d’un unique balcon…

hôtel particulier moderne illustrant les cinq principes du corbusier

La villa Dubin

Raymond Fischer est l’auteur de la troisième villa, qu’il construit pour la créatrice de mode Suzanne Dubin. La façade est en alignement avec les deux autres. Cependant, un nouveau propriétaire, un architecte, surélève la villa en 1964. On retrouve de longues baies vitrées sur la façade, et un tout petit balcon au premier étage ! Du côté du jardin, on trouve une terrasse avec une fontaine, un élément que Raymond Fischer affectionne. A l’intérieur se déploie un plan libre et des étages non clairement délimités. Raymond Fischer se fait remarquer du public à la suite de cette construction.

L’arbre vient ajouter un peu de couleur !

L’hôtel particulier Niermans

Jean Niermans construit sa demeure en 1935. Contrairement aux trois villas précédentes, il place la cour côté rue Denfert-Rochereau et l’entrée au 3 rue Gambetta. Alors que la façade côté jardin présente un ordre colossal avec un attique, celle côté rue Gambetta se divise en deux parties. Deux travées de fenêtres se trouvent à droite, tandis qu’une cage d’escalier en légère avancée se trouve à gauche, comme on peut le remarquer avec l’étroite fenêtre toute en hauteur. L’hôtel particulier se compose de quatre étages : un rez-de-chaussée pour les pièces de service, un premier étage pour les pièces de réception, un deuxième étage pour l’appartement de la mère de l’architecte, et un dernier étage pour Jean Niermans lui-même.

hôtel particulier représentant du mouvement moderne
Ici aussi, un arbre cache partiellement la façade de l’hôtel particulier et ajoute un peu de vert !

Un hôtel particulier d’apparat

hôtel particulier néoclassique avec fenêtre centrale à fronton triangulaire
Mêmes couleurs, mais tout autre style pour cet hôtel particulier !

Après ces villas modernes, intéressons-nous à un autre style des années 1930 : le néoclassicisme. Emilio Terry construit cet hôtel particulier, au 5 rue Gambetta, de 1928 à 1931. Se réclamant de Claude-Nicolas Ledoux et d’Andrea Palladio, il s’oppose à Le Corbusier. Sa clientèle se compose de personnes fortunées, à même de pouvoir se payer le luxe de demeures comme celle devant laquelle nous nous trouvons. La façade présente un jeu de colonnes, devant un grand salon qu’une grande fenêtre éclaire. Celui-ci voit défiler la société mondaine de l’époque ! En revanche, les chambres sont modestes.

Une rangée d’hôtels particuliers et un immeuble collectif

Marcel Julien et Louis Duhayon construisent cette rangée d’hôtels particuliers en 1933 et 1934. Pour s’accorder aux demeures déjà présentes, ils réalisent des habitations Art déco et modernistes, avec de larges baies, des bow-windows et des toits-terrasses.

hôtels particuliers avec bow-windows
Cette fois, les arbres ne se trouvent pas devant les hôtels particuliers !

Au numéro 14, ce ne sont plus des hôtels particuliers mais des immeubles de cinq étages qui se dressent. Ils présentent une façade de briques rouges, de balcons arrondis couverts d’enduits ou d’autres avec des rambardes vertes.

Un hôtel particulier entre la rue Gambetta et l’avenue Jean-Baptiste Clément

A l’angle entre la rue Gambetta et l’avenue Jean-Baptiste Clément, l’architecte Pierre Patout construit, en 1928, la résidence-atelier du peintre Alfred Lombard. Patout doit composer avec une parcelle triangulaire. Il organise des pans coupés à l’angle, sur lequel il appuie l’atelier. Les entrées se trouvent sur les façades latérales. Au centre, un vestibule circulaire dessert des pièces décalées les unes par rapport aux autres et un escalier dans un angle. Au vu des descriptions que j’en ai trouvées, l’hôtel particulier mériterait bien une visite, mais cela ne semble malheureusement pas possible. A moins d’avoir la bonne personne parmi ses amis !

Patout et Lombard ont collaboré pour la décoration intérieure, tandis qu’à l’extérieur, on remarque des volumes en décalage.

Un immeuble pour classes moyenne

Léon Compoint construit cet immeuble destiné à la classe moyenne en 1928-1929, pour le compte de la Société immobilière de la porte de Boulogne. L’immeuble se classe entre le style régionaliste et l’Art déco. Il se compose de briques et de ciment, sur lequel on retrouve des motifs sculptés Art déco. Les bâtiments entourent des cours intérieures.

Les immeubles de la France Mutualiste

En continuant, avenue Jean-Baptiste Clément, on remarque sur la droite la rue Pau-Casals. Deux rangées d’immeubles encadrent la rue. La France mutualiste, une caisse de retraite d’anciens combattants, fait construire cet ensemble d’immeubles en 1933. Ils impressionnent par leur nombre, leur alignement militaire et l’enchaînement des ouvertures des cages d’escaliers.

Retournons ensuite au Carré des Anciens Combattants, là où l’avenue Jean-Baptiste Clément, la rue Gambetta et la rue Denfert-Rochereau se rejoignent. Nous allons boulevard Anatole-France puis enfin à gauche, rue d’Alsace Lorraine.

Un chalet suisse

Après ces hôtels particuliers modernes, pourquoi ne pas terminer la visite avec un châlet suisse ? Quoi, vous pensez que je délire ? Eh bien non, c’est bien ce qu’on peut trouver au 11 rue d’Alsace-Lorraine ! Ce chalet, tout en bois de mélèze, provient de l’Exposition universelle de 1878. Un notaire l’a fait reconstruire ici en 1910, au milieu d’un jardin alpin. Cela, afin d’en faire sa résidence d’été !

chalet alpin
Au centre de Boulogne, ce chalet ne s’intègrerait pas facilement ! C’est peut-être pour ça qu’il se trouve en périphérie de la ville.

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Le mot de la fin

Ainsi s’achève notre visite de Boulogne-Billancourt. Une ville qui aura été pleine de surprises, un petit paradis architectural riche en découvertes, que j’ai beaucoup apprécié visiter. Un bon début de nos visites de la proche banlieue de Paris, mais qui risque de placer la barre un peu haut pour les suivantes ! Durant ces promenades, nous avons pu retracer différentes époques dans l’évolution de cette ville. Mais ce sont surtout les amateurs d’Art déco et d’architecture moderne qui trouveront ici un manifeste de leur passion. Les autres apprendront à apprécier cette architecture, qui s’est exprimée aussi bien dans les habitations bourgeoises que dans les logements ouvriers.

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